mardi 25 novembre 2014

Dénument

Je porte haut les couleurs de l’automne
Dans le ciel envahi par les sombres corbeaux
Planant au-dessus des débris estivaux
Croassements de malheur sur le triste horizon
Un arbre famélique s’entraîne à résister
A l’inépuisable solitude qui l’entoure
Le sol repose sous la trêve agricole
L’arbre se souvient d’un été fastueux
Quand ses branches feuillues s’épanchaient dans l’azur
Rien ne dure
Le temps s’effrite sur ma peau
Écorce amère ressassant les beaux jours
Trouver le goût de miel
L’odeur sucrée d’un beau matin d’été
Parmi les bruits d’abeilles
Je deviens l’arbre aux milliers d’apparences
Et j’ose afficher dans le cours des saisons
La nudité extrême
La vraie beauté suprême


novembre 2014 


L'ombre de la passiflore

Mes nuits s’inventent en plein jour
Volutes embleuies
Où les rêves demeurent
Des petits bouts d’espoir
Avant le gris du soir

novembre 2014

Ensemble

A force de rêver
On finit par aimer
Tout ce qui porte un nom
Et raconte une histoire
Sans aucun boniment
Beauté du sentiment
Dénicher la valeur absolue
Dans l’effeuillage discret
Des souvenirs communs
Quand nous ne faisions qu’un
Unis dans le courant
Qui nous portait au loin
A la vie à la mort
Tu sais, je me souviens

Tu es loin d'être rien 

J'y tiens

novembre 2014

 

Attention chagrin

Car durant tant d’années
Quelque chose a grandi
Au plus profond de moi
Un amour infini, difficile à conter
Les mots s’enfuient parfois
Alors qu’on les voudrait
Si vrais, si pénétrants
Si éloquents
Je finis par blesser
Au lieu de consoler
Et j’en oublie parfois
Le pourquoi de l’instant
Que de temps nous assemble
Dis, c’était quand déjà ?
Trouver la bonne clé
Savoir l’utiliser
Je sais toujours ma partition
Je n’oublie pas, je n’oublie rien

Quelque chose a failli
Au plus profond de moi
Désarmée par le doute
J’ai recompté mes doigts
Dis, tant d’années
Tant d’amour à donner
Cela ne s’oublie pas
Prends ce qui te revient
Quand le soleil décline
Là-bas, à portée d’horizon
Nous ne sommes plus si loin
Regarde
Il y a mon sort entre tes mains

novembre 2014

jeudi 20 novembre 2014

Bleu de Chine


Entrevoir l'essentiel
D'un revers de la main
Velouté de la peau
Dans un lit de satin
Rêver le septième ciel
Entre deux frôlements
Aller toujours plus haut
Et déployer ses ailes
Toucher le firmament
Transcender le présent
Pour aller finalement
Vers d'autres lendemains

S'aimer beaucoup plus loin

novembre 2014

 

Eloignement

Grisaille des mauvais jours, tout a une fin
Soleil perdu et fleurs fanées
Pourriture automnale aux abords de l’hiver
Arbres décharnés où s’accrochent encore
Quelques derniers feuillages rares et parsemés
Il est temps d’y aller
Temps de quitter son rêve malgré tous ses attraits
Un visage, un regard, un sourire
Une réponse à la vie
Je regarde derrière, qu’il est dur de partir
Qu’il est dur de saisir le premier train qui passe
Refaire le chemin pour semer derrière moi
Les bribes d’une histoire encore en pointillés
Trouver le bonheur d’être même dans l’absence
L’inévitable absence
Sentence assombrissant présent et avenir
Je connais le présent mais l’avenir
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Tout devient trouble et sinueux
Privée de mes repères, je marche à l’aveuglette
Je ne distingue rien de ce qui nous attend
Trop tôt ou bien trop tard, je ne sais plus très bien
Mais il faut que j’avance, prenne de la distance
Creuse l’écart entre nous deux
Pour ne devenir qu’une
Habitée par tes mots, par ta voix, par ton corps
Retrouver un ailleurs bourré de ta présence
Ma plus belle évidence


novembre 2014


Dans l'antre

Couleur sépia
Atmosphère surannée
Roses séchées
Odeur poudrée
Mélancolie du temps
Sur les pages assombries
Des livres habités
Retenant leurs secrets
La nudité s'affiche
Et danse sur les murs
Captive le regard
Émotion de la peau
Pudeur et impudeur
Se mêlent et s'approprient
Le toit de la demeure


novembre 2014

 

Fait d'hiver

Un voile évanescent dans le jour qui se lève
Je couvre la grisaille d'un semblant de couleur
Pour échapper à la mélancolie
D'un matin sans saveur ni odeur
Je cherche un signe de douceur
Une tendre enveloppe et des bras protecteurs
L'hiver n'est pas si loin
Avec ses armes blanches couvertes de froidure

Césure
Il faut se préparer pour pouvoir affronter
La triste solitude des nuits interminables
Dans un lit délaissé par la chaleur humaine
Secrets d'alcôve qui s'effilochent
Avant de s'évanouir dans la faible lumière
Des tout premiers frimas
Novembre et ses frissons

novembre 2014

 

Sans titre

Le ciel n’en finit plus de bleuir
Nuages de passage
Avenants voyageurs
Je caresse mon rêve
Cheveux de soie entre mes doigts
Des cheveux blancs
Des cheveux d’ange
Sous la tendre auréole
D'un être en devenir
Je vois novembre luire


novembre 2014 


Sans titre

Le rire de l'univers
Résonne encore en moi
Vibrations de saison
Le nuage s'enfuit
Par la fenêtre ouverte
Je vois passer l'été
Esquivant savamment
L'ombre de mes volets

Plein soleil à midi
Et ton rire m'engloutit

novembre 2014



L'ombre du doute

Le ciel comme un buvard
Absorbe les encres de la nuit
Je compte sur mes doigts
Les heures qui nous séparent
En égrenant le temps
De photo en poème
Je rêve …
Je ne sais plus très bien
A l’aube d’un départ
Si je vais te trouver
Dans ma réalité
Bien planté quelque part
Au bout de mon chemin


novembre 214

 

Flottement

Septembre a laissé quelques traces
S’installer sous mon front
Comme un début à quelque chose
Un embryon d’histoire
Il était une fois …
Et me voilà
Flottant entre deux rêves
Jusqu’au jour
Où j’atteindrai enfin
Notre réalité
Le temps fait ce qu’il veut
Mais moi, je t’aime

novembre 2014


Bientôt

Je devine en ton antre
Comme une frénésie
Une ardeur émouvante
Une lumière particulière
Sur les murs habités
De tranches innombrables
Sous les yeux bienveillants
Des muses du logis
Me reposer dans l’âtre
En t’attendant
Et écouter le bruit du vent
Bruit d’ailes et chat-huant
La flamme de mon corps
Réchauffe l’atmosphère
Qu’il est bon d’attiser
Nos meilleurs sentiments
Au firmament de nos désirs
Patience au cœur de l’impatience
Je prends mon temps
Je traîne et je divague
Parmi les bouts de toi
Une odeur de lavande
Plane de pièce en pièce
Je la poursuis
Jusqu’à la chambre rouge
Où j’apprends l’art d’aimer
Au milieu d’une bulle
J’aperçois ton reflet
Ton regard azuré
Tout m’appelle et me porte
Tout ce que tu m’apportes
Et mes doigts s’ouvrent
Au bout des bras
Comme un soleil levant
Au plus doux de l’été
Mélangeons nos saisons
Accordons nous ce temps
Qui file droit devant


novembre 2014 



Fragments d'automne

Les traces des beaux jours s’effacent peu à peu
La nature s’offre à nous de façon plus intime
Effeuillage automnal au moindre coup de vent
La forêt se dénude
Déposant doucement son manteau mordoré
Comme des lambeaux d’été
Elle étire vers le ciel le brun de ses rameaux
Exposant sa douceur et sa fragilité
Frissons d’automne sous la voûte cendrée
J’ai froid dans le petit matin
Pouvoir me réchauffer dans des bras accueillants
Faits de chair et de sang
Bouillonnant


novembre 2014 


Acclimatation

Entre tilleul et cèdre le langage est matière
Arbre déraciné de sa terre initiale
Le cèdre du Liban demeure
Envahie par ses ombres
L’herbe s’étiole sous les branches
Fleurs atrophiées par tant de sombre
Le cèdre est là
Fier et planté
Plus rien ne pousse
Sous un ciel changeant
Il s'habitue et il apprend
Loin du Liban


novembre 2014

 

Absolu

Je file en transparence sur la route du rêve
Je t'accorde un silence, je nous offre une trêve
Entre deux solitudes je crée la multitude
Je me fiche pas mal des revers de médailles
Quand il s'agit d'aimer, d'apprendre à respirer
Nos souffles se conjuguent loin des inimitiés
Et j'abreuve nos coupes à la source du temps
Ma foi est invincible, mon amour infini
Je franchis en douceur les limites du rêve

Tout est possible, rien ne s'achève

novembre 2014


Futur proche

J’attise une seconde le temps qui se défait
Je te vois revenir, effleurer la surface
D’un proche souvenir
J’amasse sans fléchir les moments opportuns
Je favorise ainsi un beau retour de flamme
En réchauffant les braises que nous avions laissé
Séjourner dans nos corps un certain jour d'automne
Je souffle doucement sur un tendre avenir
Où viendra s'immiscer ton regard embleui


novembre 2014 



Le bon sens

Je tourne mes aiguilles dans le sens du bonheur
Un tour deux tours
Trois petits tours et puis reviennent
En plein cœur de midi
Notre destin, notre apogée
Guidée par tous nos soins
L’antre explose en mille papillons
Aux ailes de papier
Ca s’émoustille et ça s’agite
Aux dessus des racines
De notre histoire exubérante
Où prolifèrent nos deux jardins
Aux couleurs incendiaires
Le ciel est beau ce soir
Le tilleul patiente
Pleine lune à minuit
Un halo de lumière revêtira la terre
Le tilleul m’attend
Sous le bleu de novembre
Le chat s’étire près de la porte
Il m’a surprise il me regarde
Tous tes livres m’attendent
A l’odeur de tes mains
Les chevaux m’attendent
Je les entends
Ils renâclent au loin
Tous les miroirs m’attendent
La lumière est si belle
Doucement tamisée
Tous les poèmes m’attendent
Les tiens, les miens et ceux des autres
Tapis entre deux pages
J’irai les débusquer
J’irai m’en abreuver
Même les vaches attendent
Au bord de notre route
Impassibles aux yeux doux
Et puis toi tu m’attends
Sur le quai de la gare
C’est fou, c’est indéniable
Une partie en cours
Un hymne époustouflant
Je prends
Toi, moi et nos désirs
Émouvants, sous-jacents
Je te prends
Il y a le clocher qui m‘attend
Je tourne ses aiguilles dans le sens du bonheur
C’est sûr
Je l’entendrai encore longtemps


novembre 2014

 

Brumes

Les brumes matinales transportent avec elles
La trace indélébile de ton encre violette
Le regard estompé cherche parmi les ombres
Qui quelquefois transforment la vision
Je n’ai rien perdu dans la blancheur opaque
Bien au contraire
L’essentiel jaillit d’une intime lumière
La tienne


novembre 2014

Accostage

J’arrive doucement sur ta berge éclairée
Je n’ai pas pris le court chemin
Le temps de délester tous mes chagrins
Mes à peu près et mes regrets
Inutiles lambeaux d’un moment achevé
Je cours devant et je m‘enquiers
Du temps qu’il fait là-bas, chez toi
Un bout de bleu dans mes bagages
Sait-on jamais, s’il pleut …
Aucune envie de fendre l’âme
Rien que des mots, rien que des gestes
Qui subliment l’amour
Et nous emportent exactement
Au firmament de nos désirs


novembre 2014

 

Le dénument de l'âme

J’imagine un instant ce que serait ma vie
Sans amour et sans joie
Au bord d’un crépuscule avide et inquiétant
Étouffant la lumière, maquillant mes paupières
D’un bleu plus sombre que la nuit
Une vie sans étoiles à éteindre
Chaque jour dans le petit matin
Pas de chasse aux nuages, de course au firmament
Rien que des balivernes dénuées de sentiments
Rêves sans conséquences, sans aucun lendemain
Ma tête est un poids mort juchée sur un fantôme
Qui traverse le temps sans s’en apercevoir
Il est déjà trop tard
Il fait déjà trop noir pour tout recommencer
Et l’encre se déverse par flots sur les fenêtres
Qui me montraient encore il n’y a pas si longtemps
L’azur et ses secrets, le pourquoi du comment
J’étais si bien sous ton regard …
Dans le bleu de tes yeux déclinant mes espoirs
Mon futur incertain, ma vie en suspension
Mais voilà
Je continue ma traversée funèbre
Je fonds dans le cortège jusqu’au bout du chemin
Quand j’entends les défunts
Respirer doucement l’odeur des chrysanthèmes


novembre 2014

 

Sans titre

Murmures et vibrations sur la terre hors-saison
La vie nous interpelle dans un battement d’ailes
Et le bruit du bourdon accorde les violons
Dans un souffle léger aux parfums de l’été
La trémière s’épanouit dans le ciel habité
L’insecte velouté a suspendu son vol
Pour venir se nicher dans la boite à regards
Il n’est jamais trop tard pour saisir l’existence
Lui donner sans faillir toute son importance


novembre 2014

 

Automne estival

C’est l’été qui revient
Bruits de chasse au soleil
Les champs sont verts
Le fourrage à venir
Pleins feux sur novembre
Les jacinthes fleurissent
Déjà
Sous le ciel encore bleu
Je fixe la lumière par mon œil aveuglé
Traces de toi sous ma pupille
Tout s’illumine alors je cligne
Mes paupières papillonnent
Et la chaleur s’étale
Elle envahit mon corps
Encore une pensée
Pour toi
Tournoyer au-dessus des nuages
Être léger comme une feuille
Un oiseau qui s’attarde
Sur nos deux horizons


novembre 2014 


Désolation

Le soir, l’ombre s’étend un peu trop vite
La fraîcheur s’installe tandis que le soleil s’éteint
Dans les branches dorées des tilleuls endeuillés
Où s’accrochent encore quelques fleurs de l’été
Fanées
Abandonnées par les nuées d’insectes
Les bourdonnements se sont tus
Tout fout le camp dans le ciel affadi
Les oiseaux le désertent
Jour après jour
Départs vers la douceur
En escadrilles bien rangées
Bientôt il n’y aura plus que les corbeaux
Pour planer tristement sur les champs dénudés


octobre 2014

 

Volatile

Les beaux jours en profitent sous le ciel accordé
Le froid viendra pourtant dénuder les poètes
Espèce infatigable dans les courants contraires
Branche tendue vers l’azur consentant
Qui manie les couleurs et fait souffler le vent
Note animale sur la partition
Un piaillement donne le la
Oui c’est là-bas que nous allons
Beaucoup plus loin que le bref horizon
Qui met sa signature dans une ligne droite
Je suis le gai pinson qui siffle à ton oreille
Et j’apprends mes leçons
Sur ta portée céleste
Car bientôt mon plumage caressera tes ailes
A l’ombre des nuages qui peaufinent le ciel


octobre 2014 


Toussaint

Un petit vent de nostalgie
Vient s’immiscer sous mes paupières
Je regarde passer les fantômes de la vie
Et puis la chair encore si proche
Aimable et désirable
A portée de la main
Un geste aura suffi
Le petit vent s’engouffre
Fait selon son plaisir
Il s’attarde insolent sur des pensées secrètes
Des élans de chaleur, des petits abandons
Et des grandes conquêtes
Les chrysanthèmes s’allument au soleil
Et moi je suis l’allée d’un obscur souvenir
Qui se laisse entrevoir au milieu des cyprès
Quand sa main dans la tienne
Vous captez la lumière
Le petit vent me pousse toujours un peu plus loin
Comment faire pour rebrousser chemin ?
Te prendre dans mes bras, conjurer le passé
Conjuguer au présent le temps qui nous surprend
C’est sûr, je te l’assure, je te susurre des mots tendres
Je déclame en silence, mon corps en désirance
Tout vient à point qui sait attendre
Devisait le poète
A point nommé qui sait comprendre
Avait conclu la muse


octobre 2014 


Heure d'hiver

Sous le feutre du ciel les bruits semblent lointains
Le temps s’égare dans le brouillard, onze heures ou bien midi
L’horloge hésite encore à épeler l’hiver
Elle se trompe d’horaire pour égrener vaillante
Les douze coups de l’été sous l’épaisseur de brume
Qui plonge la nature dans l’uniformité
Et le regard se perd dans l’infinie blancheur
D’un automne dédié à l’heure retrouvée


octobre 2014

 

Passé décomposé

Il avait dans les mains un souvenir lointain
Un visage, une peau, résistant aux années
Et toujours un regard scrutant le spectateur
Grand amateur de toiles et de nus délavés
Il avait dans le cœur la tentation d’aimer
Une ombre dérisoire sous le velours des cils
Une fossette amie dans un tendre sourire
La couleur du pastel sur la joue dépolie
Et des trainées de bleu sur le ciel amoindri
Il avait dans le corps l’empreinte féminine
D’une ancienne blessure encore à l’état pur
Quoi qu’il fasse un chagrin qui perdure
Une entrée en matière qui ne finit jamais
Un morceau d’existence pétri d’une douleur
Illusion d’un bonheur condamné à périr
Parfois la chair a le goût de nostalgie
Et sur le cher tableau renaissant au présent
Des larmes de tristesse ont lavé la poussière


octobre 2014 



Achèvement

La paix s’est répandue sur la morte saison
Dans nos mains les restes d’un été
Couvés par la douceur d’un récent souvenir
Déjà prêt à s’enfuir
Mais la vie se prolonge sur la terre encore tiède
La fleur se renouvelle sur les talus champêtres
Et les fossés retiennent la sève de demain
L’herbe folle est toujours aussi folle
Elle court sur les chemins, avide de lumière
Sauvage et souveraine
Quelques notes perchées dans le ciel incertain
S’éparpillent à l’approche d’une ombre solitaire
Tandis que l’étang reflète les facettes troublées
Du monde qui l’entoure
La vie devient liquide et les saules pleureurs
S’abreuvent dans un ciel parcouru de nuages


octobre 2014


 

vendredi 24 octobre 2014

Teintes forestières

J’ai noyé mon dernier regard
Au fond d’un kaléidoscope
Où s’embrasait un ciel d’automne
Les couleurs étaient belles
Imprégnées de lumière
J’ai saisi mon pinceau
Estompé les frontières
Entre le chaud et froid
J’ai regardé les feuilles
S’envoler à tout va
Dans l’allée dénudée
Tourbillons et volutes
Chutes légères et silencieuses
Ramassis des beaux jours
Sur la terre accueillante
Où souffle un air d’octobre
Au parfum de châtaigne


octobre 2014


Attente entendue

La terre a son langage, les saisons se déclinent
Et le soleil là-bas, s’incline derrière un horizon cendré
Pourtant ma fenêtre est au bleu
Un bleu plus vif qu’un ciel d’été
J’ai rêvé mes couleurs à travers l’objectif
J’ai recueilli les signes d’une fin de saison
Mêlant le pur azur au pourpre de l’automne
Dans le champ verdoyant, la marque d’un printemps
Celui qui nous verra résister à l’hiver
Comme des gamins pressés de toucher au bonheur
Ailleurs


octobre 2014 


La couleur pourpre

Sentir contre l’écorce le pouls de la nature
Qui palpite à tout va et fait vibrer la terre
Odeur d’humus et de fougère
Bruits d’ailes dans les arbres
Les feuilles dansent une dernière valse
Papillons rougeoyants
Dans les faibles rayons
L’une d’elles suspend son vol
Entre deux courants tièdes
Avant de se poser sans précipitation
Sur le sol encombré d’ocre et de mordoré
L’attente a quelquefois du bon
Vivre l’automne en harmonie
Partager les effluves, les teintes chatoyantes
Dans un même regard, une même attention

Et coule la passion des jours qui nous sont chers
Bientôt je te retrouverai

octobre 2014


Ciel d'octobre

Les nuits s’étirent jusqu’à la lisière
Des grands froids à venir
Pour l’heure, l’été traîne en plein jour
Sous un ciel clément aux douceurs avérées
Mon bleu contre ton blues aux portes de l’hiver
J’exhume mes plus belles nuances
Accroche mes fragrances à tes vers en suspens
Ton regard porte au loin les reflets de mon art
Les couleurs rejaillissent dans notre azur commun
Comme un feu magnifique dénué d’artifices
Légèreté des corps à l’innocente nudité
Dévoilant leurs quatre vérités
Ensemble nous irons d’un été à un autre
Au mépris des distances et des premiers frimas

Regarde comme il fait beau
Dans notre arrière-saison

octobre 2014


Bleu partagé

Le bleu m’a consolée de tant d’incertitudes
La vie est une histoire complexe
Dont il faut éviter chaque complication
Inutile encombrement
D’une mémoire débraillée
Ma peau n’est plus la même
Je colmate les brèches
A coups d’amour et de je t’aime
Chaque mot se cisèle
Sur ta coupe déjà pleine
Nous n’avons plus le temps
Des sentiments friables
Tu veux m’être agréable
Fini l’inopportun, superflu dérisoire
Je m’adresse à tout va
A tes meilleures années
Tes rendez-vous secrets enfin illuminés
Tes amours tendres et sauvages
La part obscure de toi même
Je m’adresse à la vie
Vibrante libellule
Posée en un endroit
Où la sève circule
Virgule colorée
Apposée


octobre 2014

 

Passionnément ...

Confusion des idées
Rassemblement du corps
Profusion en un point
Le centre qui me tient
Et me soutient
Un rideau de cheveux
Contient mes certitudes
Une question d'habitude
De repli intérieur
Quand la vague ramène
D'anciennes sensations
J'écume sur la berge
Clapotis salvateurs
Sur le sable mouillé
C'était l'été dernier
Quand le temps s'étirait
Au bout de l'horizon
Et les bras grands ouverts
Je courais sans limites
Happée par l'indigo
Des ombres enchantées
Qui traversaient le ciel
Retenir ta présence
Multiplier mes chances
Accorder nos nuances
C'était écrit
Devenir de nos mots
Dans un champ de visions
S'étirant à perte de vue
J'ai reconnu ta trace
Au milieu de mon ventre

Te retenir encore un peu
Beaucoup, passionnément

octobre 2014


Romance

Un élan vers le haut
Le ciel et ses attraits
Un ange passe
Récitant des poèmes
D'une étrange beauté
C'est le mien
Mon ange à moi
Celui de chaque jour
Allumant mes amours
Ultime messager
Un jour m'a décoché
Une flèche en plein cœur
Dans un geste enchanteur
Un charme fou cet ange
Douce mélancolie
Sur son visage tendre
Mon ange est un poète
A ne pas s'y méprendre

Je donne et je te prends

octobre 2014


Sieste

Il y a des rêves qui méritent d'être saisis
Fusion du réel et de l'abstrait
Une pose alanguie chair contre cuir
Souplesse des peaux qui se frottent
Blanc contre havane
Sous le voile éclairé
Intimement offertes
Paradoxe charnel
Cacher et dénuder
Pour laisser deviner
Donner à voir sans laisser voir
Tout un imaginaire
Aléatoire étude
Nimbée d'une douceur
Essentielle et subtile
Echappées temporaires
Où l'esprit vaque et divague
Aucun doute
C'est toi sous mon fantasme
Mon songe inabouti
Je lève l'interdit
Tabous dévastateurs
Empêcheurs d'amour
Castrateurs de désirs
Inassouvis
Lâchés au vent
Par un jour de ciel bleu
Essaimé de nuages
Octobre et sa belle saison


octobre 2014 



Corps et âme

Je me laisse envahir par la lumière
J’attise les oranges, les teintes mordorées
L’automne est là
Surenchère des beaux jours
Le bleu s’anime par-delà les nuages
Et mon corps attiédi
S’imprime dans l’espace
Qu’il est bon d’être soi
Pour mieux offrir à l’autre
Ses convictions intimes
Ses échappées secrètes
Je suis prête
A t’aimer, te chérir
Et te surenchérir
Quand ma peau survoltée
Comble les incidences
De mon appartenance
De toi à moi
De toi en moi
Quelque part je rejoins
Les meilleurs lendemains
Octobre me convient
Dans son plus bel aspect
Celui des réjouissances
Des grandes espérances
Ma jouissance est la tienne
Plus rien ne me retient
Sous la caresse tendre
Quand tout mon corps se donne
Et s’adonne
Volupté de tes sens
J’invente une présence
Pour conjurer l’absence


octobre 2014 



Le corps dévoilé

Je languis et m'alanguis
Poignée de gris sur un drap blanc
Mes tableaux suspendus
Rectangle crème nommé chambre
Libérée de tout, provocante à souhait
Dans l'instant suggéré
Où es tu tandis que je délivre
Le pourquoi de ma peau ?
Tourbillon de tes mots
Ardents sur le papier
Je brûle d'impatience
Quand il faudrait l'attente
C'est toi que je contiens
Je me fous des amants
Qui n'ont jamais su dire
Et n'ont jamais su prendre
Je te veux tout entier
Présent et imparfait
Le futur attendra
Pour nous cueillir ensemble
Au centre de ton lit
Où j'ai laissé mes traces
Tenaces


octobre 2014 



L'infinité du bleu

Un bleu tranchant parmi les ocres
J’accumule et j’entasse les couleurs estivales
Pour ne pas succomber
Dans le froid de l’hiver
Sous le ciel alourdi par le gris des nuages
Je tente une évasion
Par un petit matin où flotte une atmosphère
D’une infinie douceur
J’embarque sans hésiter
Puisant mes vérités dans l’entre-deux
L’indéfini et le possible
Sur la toile nocturne constellée de mes mots
Comme autant d’astres étincelants
Millier d’étoiles s’échappant d’un esprit voyageur
Et rêveur
Souvent tu me rejoins pour me prendre la main
Je suis loin d’être seule
Je compose avec toi
Je fais de ta matière des poèmes d’amour
Où je ris de l’hiver et de ses mauvais tours


octobre 2014 


Matin d'automne

Soudoyer le silence afin qu’il me murmure
Les échos d’un matin assombri
Dans la douceur humide et pénétrante
D’une pluie automnale
Perception aigüe du temps qui passe
Au rythme incessant des gouttes
Qui viennent s’épancher
Sur la terre engorgée
Tic-tac, tic-tac
Font-elles en éclatant
Bientôt 7 heures
Le jour n’est pas si loin
La nuit déverse son trop plein
Dans la gouttière en zinc
Bruit de ruisseau, de clapotis
Le ciel est d’un bleu sombre
Le premier coq chante au loin
La vie s'annonce
Et la pluie bat son plein
Au premier coup d’horloge
Le noir déteint encore
Sur les murs endormis


octobre 2014 


Recueillement

J’attends
Sous la voûte de ton regard
J’entends le bourdon de tes mots
Dans l’ombre de la pierre
Muette

octobre 2014

Alliance

Tes doigts, ensemble par cinq rejoignent les miens. Accepter l’offre et la demande dans nos mains confondues. Ton souffle tiède près de mes lèvres. La pulpe de ta bouche m’attire en ton domaine.
Tes doigts, un à un parcourent l’intimité d’un territoire. Collines et plaines alanguies, coteaux escarpés, failles sombres et intimes.
Tes doigts se prélassent sur ma peau épanouie. Ils hésitent puis repartent au gré des profondeurs et des puits de chaleur. Ceux qu’on garde secrets.
Chut, le silence nous cueille dans la nuit, prêts au rêve commun. La parole inutile et de toi plein les mains.

octobre 2014


Le souffle des poètes

Le souffle dans ta main
La parole devient
Une errance en plein jour
Un rêve inachevé
Une suite attendue
C’est de moi dont tu parles
Dans tes chuchotements
C’est de moi qu’il s’agit
Sur le quai d’une gare
Je m’égare
Nuage et vent
Soleil dissident
Je t’imagine cheveux au ciel
Dans une transparence
Une légèreté inaccoutumée
Je ne suis que fragrances
M’évaporer au loin
Dans tes bonheurs successifs
Il y a toujours un train
Un amour, une gare
Quelqu’un qui vous attend
Ou vous laisse partir
Agitons nos mouchoirs
Au temps du désespoir
Des tristesses sans fond
Et sans trop de raisons
Il y a toujours un souffle
Un murmure permanent
Qu’il suffit d’écouter
Comme on écouterait
Venir le temps qu’il fait

Et la vie ralentit

octobre 2014

Extrait

Mon ange désiré
Mon tendre messager
Délivrant des poèmes
Au creux de mon oreille
Des rimes interdites
Des conclusions intimes
Je parle ton langage
Je respire ta vie
Je fonds dans un hommage
A tout ce que tu es
A tes sens, à ta chair
A ce qui se libère
De chacun de tes mots
La parole est au corps
Et l'esprit délibère
Mon âme se soulève
Quand la vague ramène
Ce qu'il y a de plus beau
Mon essence et ta sève


octobre 2014 


Sans titre

Se bercer des dernières illusions
Caresser l'improbable
Le fragile, l'éphémère
Je vadrouille à n'en plus finir
Dans les méandres d'un possible
Je collectionne les reflets
Au pays des miroirs
Pour débusquer ma vérité

Quelque part un regard
Un autre que le mien

octobre 2014




 

Echos nocturnes

Douceur d’un soir aux tendres orangés
Au loin une guitare gémit
De façon électrique
Fête annuelle au village
Distorsions sur fond de percussions
Le ton monte et disparaît dans les feuillages
La musique voyage
Puis l’averse survient
Mouvements dans la foule
La grêle éparpille les derniers bruits de voix
Créant une incidence
Instant de courte durée
Encoche dans la vie
Le tumulte revient dans l’air rafraîchi
Ambiance nocturne
Une fusée traverse l’épaisseur du temps
Avant la levée des lampions
Sons de cuivres, rythme endiablé
La fanfare s’anime
Emmène un défilé aux couleurs bariolées
Artifices et cris d’enfants
Confettis
Un rituel, un passage
Un sourire à l’automne
Les châtaignes craquent sur la braise
Avant de réchauffer le bout des doigts


octobre 2014

 

Sans titre

Je m’accorde ce temps qui me devient si cher
Je me mets à rêver plutôt que de penser
Je choisis d’oublier le sérieux quotidien
Pour ne plus rechercher
Le pourquoi du comment
Je crois apercevoir entre mes yeux mi-clos
Ta fine silhouette tout au fond du couloir
Bien sûr, je fais semblant d'y croire

Prélever un moment du temps qui est le tien

octobre 2014


Question

Ça ressemble à quoi la fin
Est-ce le début que j’attendais ?
L’abeille noire solitaire
Cherche un abri pour la saison
Butiner quelques fleurs
Tardives du jardin
Avant les premiers vrais frissons
Abandon
Au beau milieu d’un océan de feuilles
Rousses effigies d’un automne en question
Signes avant-coureurs
Nudité hivernale
La peau est porcelaine
Aux fins filets bleutés
Veine fragile à la lisière du cou
Mon sang palpite
Et ma peau s’étourdit
De brèves sensations
Vibrations
Dans l’air environnant
J’en appelle à moi-même
Pour rejoindre le cours
Du temps qui se déplace
L’existence est loin d’être une ligne droite
Et les fins sont parfois des débuts


octobre 2014 


Iris

Entre nos deux regards se kaléïdoscopent
Nos impressions diverses
S'impriment des moments communs
Sur la rétine ouverte
Demeurent tes couleurs habitées par les miennes
Accouplement subtil pour un moment unique
L'horizon se partage
Et mon œil retient
Tes nombreuses facettes
Dans mon propre reflet
Quoi qu'il advienne
Ma vision est la tienne


octobre 2014 


Réplique au poète

Fourrer ses idées noires dans l’enceinte d’un temple
Où se recueillent incultes des ombres aériennes
Je suis moi avec toi sous la voûte du temps
Holastique mémoire d’un tout qui nous ressemble
Je rassemble les dés pour les jeter plus loin
Sur la pierre assombrie marquée à tout jamais
Tirer à coups perdus pour ce qui nous assemble
Alimenter nos rêves d’une belle élégance
Ensemble en la minute
Exquise et aérienne
Il faudra bien que j’y parvienne


octobre 2014