vendredi 28 février 2014

Prière

Hier, c’était hier
Aujourd’hui c’est demain
Avançons pas à pas
Vers l’horizon commun
Quel qu’en soit l’apparence
Platon nous appartient
Mon rêve te caresse
Démêlant notre cause
Soyons au goût du jour
Par choix et par amour
M’ouvrir à toi
Me fait ouvrir au monde
Ne m’abandonne pas
Dans mon fatras de vers
Où tes pierres gisent encore
Après l’assaut pervers
Le point n’est pas final
Je suis en suspension
Dans mes lambeaux d'hiver

Ne m’abandonne pas


février 2014

jeudi 27 février 2014

Les erreurs du destin

Quand mes yeux éreintés auront tout lu de toi
Absorbé sans faiblir le moindre résidu
De tes pensées furtives
Je referai ton chemin à l’envers
Pour retrouver le point de chute
De nos rimes communes
Et te mener à l’endroit même
De mon premier faux pas
Je te dirai, tu vois nous étions là
A découvrir nos chairs
Dans le plus grand secret
Nous avions, souviens toi
Quelque chose de tendre
Qui nous faisait attendre
La primeur d’un printemps
Baigné d’une lumière
Où nos regards croisés
Se seraient dévoilés
En toute impunité


février 2014 



Les illusions perdues

Ici ou bien ailleurs
Les mots abreuvent nos espoirs
Et nos désespérances
Nous retrouver dans l’autre
Et ses rimes dédiées
Parole universelle
Qui habite nos âmes
Au plus fort de la crise
Le monde se déchire
La terre se redessine
Au gré des turpitudes
Des abandons mesquins
Et des violences tues
L’autre en qui l’on croyait
Disparaîtra soudain
Nous laissant inutiles
Sur le carreau brisé
D’une digne infortune
Minimum exigé
Pour ne pas s’enliser
Crever de solitude
Dans un verbe oublieux
Ou teinté de mépris
...
La roue a mal tourné
Sans qu’on y prenne garde

Pourtant l’humain était
A portée de la main …

Mirage et décadence
Au pays de nos stances


février 2014 

L'émotion du désir

L’homme est un paysage
Où je m’attarde sans faillir
Sur les raisons de son émoi
Lorsque le souffle de sa peau
Palpite à tout va sous mes doigts


février 2014



Partance

Je falsifie tes rêves et j’imagine encore
Une île abandonnée, oasis esseulée
En un endroit secret au cœur de tes pensées
J’évalue l’incertain chaque nouveau matin
Et je franchis le seuil, emportée par l’élan
D’un espoir éhonté figeant tes apparences
A portée de la main
Je nargue tes phobies à ciel ouvert
Pour t’expulser de ta tanière
Où les non-dits s’entassent
Et tes aveux fourmillent en silence
Bâillonnés à jamais
Au plus fort de l’absence

Je plane sans maudire
Sur les ombres et lumières
De ta chair effacée
Avant d'avoir été


février 2014 



lundi 24 février 2014

Désalliance

J’ai fui les connivences sans aucun lendemain
J’ai laissé l’imprudence imparfaire mon chemin
J’ai misé sur tes scandes qui m’appelaient sans fin
J’ai soulevé le voile malgré les interdits
J’ai balancé ma peau sur la toile obscurcie
J’ai changé mes atomes pour inscrire mes pas
J’ai bousculé ton ombre pour ne pas qu’elle m’oublie
J’ai vaincu les secondes pour affronter l’ennui
J’ai palpé ton errance au plus fort de la nuit
J’ai ralenti le rythme pour figer ton absence
J’ai milité sans fin, revers après revers
J’ai démoli sans honte ta chambre mortuaire
Les barreaux se sont tus
Entre hiver et printemps
Un messager déçu
Par les affres du temps
La guerre est sans limite
Mais l’amour nous abreuve
Au plus fort de la haine
D’un sentiment fourni
De milliers d'incidences
Toutes mes condoléances
Nos chemins se séparent
Sur un semblant de route
Nos sentiments épars au milieu du carrefour
La vie s’invente et se défait
Mais demain, demain …
Mon rêve t’appartient
Douceur fragile, tangible
Entre deux de mes ports

J’attends 


février 2014

dimanche 23 février 2014

Ahendaz

Une seule image, rien qu’une
Un sourire d’avant, un regard d’avant
Sur une photo d’avant
Heureux moment sans doute
Dans cette vie ancienne 
A jamais disparue
Trop de révolte en toi
Trop de perches tendues
Au premier désarroi
Injuste
Un mot qu’il faut bien accepter
Dans ses plus sombres recoins
Belliqueux souverain
Tu ravives les flammes
D’un pays dévasté
Trop plein
Trop de dunes et d’enfers
Rebelle
Militant de première
Matador effronté
Tu parcours mon histoire
Imbriquée dans la tienne
Sourire d’avant, regard d’avant
Photo ancienne
Je me demande …
As-tu vieilli
Mimant tes poèmes à la lettre ?
Conte onirique
Initiatique
Nous avons survolé l’hiver
Ensemble
Tendres promesses
Bribes d’absences
Rudiments d’un voyage
Aux pensées elliptiques

Voilà…
Tu redeviens humain
Là, sur la toile
Contre mon gré
Nous inventons la fin 
février 2014


Février

Février
Le ciel est triste à en pleurer
Temps d’automne
La vie tourne à l’envers
Et les saisons fantasques
Brouillent nos cartes à l’infini
Quelque part, dans un autre pays
Une partie s’achève
Les dés jetés ont choisi un destin
Face contre face
Exposés à l’offrande
Des moments à venir
La mise est inutile
Le gain indéchiffrable
L’enjeu inégalable
Aucune voie tracée
Seulement une question
Un avenir à définir
Le printemps est si proche
Malgré les apparences
Dans la grisaille ambiante
D’un jour peu avenant
Mais il y a un sourire
Esquissé sur la toile
Plongeant dans les abîmes
Nos mortelles pensées
Quand nos ombres transies
Jouaient avec le feu
Il y a ton regard
Vissé à l’horizon
Qui m’intrigue et me tente
Sans trop savoir pourquoi
Si ce n’est que j’entends
Le murmure de tes pierres
Souffler à mes oreilles. 
février 2014


Cliché


Minuit
L’heure où les chats sont gris
Les écrivains aussi
Ombres chinoises sur l’abat-jour
En fin de vie
Papiers froissés sur le tapis
Usé
Feuille blanche face au silence des mots
Yeux brouillés, pièce enfumée
Benny Goodman en fond sonore
Les notes s’envolent légères et cadencées
Goût de whisky au bord des lèvres
Saveur de l’amer, dégoût de soi
Ou bien de l’autre
Il ne sait plus très bien
Quand tous les chats se ressemblent
Il contemple sa Remington
Vieille amie de toujours
Goodman entame un solo
Sa clarinette emplit soudain l’espace
L’ampoule de la lampe se met à grésiller
Les mégots s’amassent copieusement
Dans le cendrier
Le temps se met au rythme imposé
L’inspiration sous le front concentré
L’expiration sur les touches attentives
Qui s’expriment à loisir sur le ruban encré
La montre au bracelet de cuir pointe ses flèches
Vers le petit matin
C’est une bonne heure pour les auteurs 

février 2014



Amitiés rares

J’ai noyé mes amours pour une plus belle affaire
Fuyant les sentiments assassins
Ennemis jurés d’un destin plus serein
Je cultive à l’écart une pensée sauvage
Qui s’imagine au jour le jour
Et s’entretient dans la douceur

Eradiquer mes dépendances
D'appartenance en désaveu
Au profit d’un meilleur présent
Où s’épanouissent mes tendresses
Mes amitiés renouvelées
Mes échanges complices
De confidence en confidence

Je m’aménage un univers
Où chacun a sa place
Et l’absence d'autrefois
Ne fait plus son effet
J’atténue mes attentes
En sublimant mes murs
Je colle mon histoire
Poème après poème
Tableau après tableau
Apprentie magicienne
Je crée une alchimie
Au fil de mes pensées

Je suis un livre ouvert
Grandeur nature
Humaine condition
Emotions passagères
Qui traversent ma vie
En quatre dimensions 
février 2014


Ecrire ...

Ecrire, c’est regarder en soi
Pour apprécier le monde
Au lieu de s’attaquer
A la tour imprenable

Vérité de la page qui s’accorde
Au courant de mes sens
La blancheur s’applique
A déjouer la sentence

Je projette mes ombres
Et mes plus beaux sarments
Se dorent au soleil
Ecrire

Rien n’est épargné
Tout m’affleure et m’effleure
J’imagine des pans de murs entiers
Enfin exhibés

Devenir source transparente
Donner à voir et à entendre
S’adonner aux couleurs
D’une beauté éternelle

Tout est à dire
Le rêve se puise au quotidien
Dans la réalité qui n’est pas bonne à lire
Jouer avec le temps et sa cadence obtuse
Déjouer les mauvais plans
Pour apprendre à construire

L’alchimie des langages…

février 2014


Entre cour et jardin

Entre cour et jardin je porte des chagrins
Qui changent la raison de mes révélations
Occultant le destin tout tracé de mon geste
Dans un désert mouvant où chaque grain compte
Sous la voûte élastique qui foule mes ardeurs

Etrange est sa parole
Changeante et déroutante
Qui se replie parfois
Dans la sombre coulisse

Son corps dépareillé habite mes carnets
Et mes crayons ardents soignent la mise en scène
Pour enrober son amertume d’un avenir radieux
Chacun a sa chance ici-bas
Chaque doute trouve sa résonance
Dans la rencontre imparfaite
Qui se joue des différences

L’homme file et cavale de peur de trop s’ancrer
Sur la page suivante qui pourrait bien le perdre
Etrange est cet amour sans nom
Qui fleurit mon hiver jusqu’au bout du chemin
Mes carnets sont sans fin …
janvier 2014


Ombres nocturnes

Minuit après minuit
Aurore après aurore
Je fais des rêves poétiques
Les impressions se posent
Sur le papier tableau
En touches oniriques

Les portes bleues se suivent
Ouvrant sur des jardins
Abandonnés au temps
Au profit d’un chantier
Beaucoup trop important
Qui me broie sous sa masse

Je ressasse et j’agis

J’exhibe mon trousseau
Mes cliques et mes claques
Le corps en vrac
J’entre sans réfléchir
Au premier tour de clé
Clic
Rien d’érotique

Seuls les petits bonheurs
Qui jonchent mon chemin
Viendront à bout de tout
J’écris à profusion
Je noie la solitude
En ouvrant des abîmes
Peuplés de mes passions

Dangereuse habitude ...

Clac
Bruit de serrure incontournable
La porte se referme
Il est trop tard
Beaucoup trop tard

Et je me fais image
Pour affronter minuit 

février 2014


L'odeur du printemps

Silence dans le jardin un soir de février
A force de maudire l’hiver
La nature se réveille à peine endormie
Je n’avais pas le temps d’attendre
J’ai pris le raccourci, de l’automne au printemps
Négligeant la poésie des flocons
Pas envie d’avoir froid
Sous mes tropiques épistolaires
Qui saupoudrent l’hiver
De teintes douces et apaisées

Je connais un poète, heureux de s’émouvoir
Sur la pousse fragile à peine sortie de terre
Infime connivence au cœur de nos tempêtes
L’amante reviendra rêver tout contre vous
Sa chaleur palpitante à portée de la main

Et l’objet turbulent de vos désirs farouches
Trouvera sa substance sur le blanc de vos draps

Je connais un poète, heureux de forniquer
Pour se sentir vivant et conscient d’exister
Brutale résistance au cœur de nos dilemmes
L'amant se fout des convenances
Sa ferveur insolente divisant les esprits

Et l'objet fascinant de vos plaisirs charnels
Trouvera l'éloquence sur le blanc de vos pages 

février 2014

Rouge

Partager nos émotions
A tir d’ailes sur l’ardoise accueillante
Frémissement presque insaisissable
La vie palpite encore 

février 2014






Lettre à V.B

Invariable

Parfois je me souviens des élans d’autrefois
De mots traçant notre avenir
Sur le mur solitaire de nos folles espérances
Je traînais derrière moi un voile encore couvert
Des lambeaux de l’été
J’ai repeins ton jardin, évitant les errances
Et les grains capricieux

Légère

Débarrassée du poids des mauvais jours
Pas de place pour le doute et les idées chagrines
Souvent je me retiens pour ne pas ombrager
Ta page encore vierge de tes troublants défauts

Ignorant tes déboires et tes incertitudes
Mon dessin t’imagine en homme des bons jours
Qui s’invente un destin digne de ses atouts
Je ne garantis pas le voyage en retour
Je ne m’attends à rien si ce n’est un sourire
Sur ton sombre visage ayant fui la lumière
Déraison de l’humain sur son propre terrain
Oui, je me souviens encore …
Je me souviens de toi et de ton nom de prince
J’ai bu jusqu’à ta lie, partagé tes errances
Jaugé mes imprudences sur fond de vers changeants
J’ai capté ta folie, vu tes propres barreaux
Défait ta camisole, affronté tes silences
J’ai cherché ta fréquence pour aller te rejoindre
Dans ta sombre demeure
J’ai rompu la cadence pour éviter l’ennui
Qui aurait pu t’atteindre

Il y a longtemps que je te vois
Aguicher mes vallées et mes vertes prairies
Lorgner sur mes trésors, de ta contrée aride
Tel un seigneur déchu qui divague et s’emporte
Au premier tourbillon
Il y a longtemps que je t’apprends
Les premiers mots d’amour
Ceux qui s’inscrivent sur ton front
Pour rester à demeure
Aller jusqu’à ton cœur
Nos émotions farouches s’interpellent
De rimes à rivages
J’ai entendu ton souffle floutant notre horizon
Je te distingue à peine dans le soleil levant
Silhouette imprenable dans le sable mouvant
Improbable éphémère qui suspend mon regard
Tout est dans la durée
Mon point n’est pas final

Toujours j’ai cultivé un sentiment étrange
Qui n’appartient qu’à moi
Toujours j’ai persisté à faire se rencontrer
Nos pensées fugitives
Qui se ressemblaient tant
A présent les voilà qui s’appellent
Et s'interpellent
D’une terre à une autre

Il y a toujours une île quelque part
Une oasis en plein désert
Un coin vacant sur ma chair endormie

Embellie sur la grève
La pluie, le vent, la neige et le soleil
Tout m’appartient, je me souviens ...
Je me souviens déjà
D’un printemps savoureux
A ma peau attenante
Une rencontre à venir
La couleur de ton rire

C’est ça que je retiens 

février 2014


Jeu de patience

Je sème mes cailloux sur un chemin de vers
Où les reflets miroitent leur part d’éphémère
Je répartis mes graines entre deux pousses d’herbe
Qui se fraient un passage dans les éclats de verre

Mon puzzle s’anime de pièce en pièce
Mes reflets, mes miroirs
D’escalier en trou noir …
De commode en tiroir

Une à une j’ouvre les trappes
Je vide mes armoires
Pour évincer le désespoir
Squattant les angles morts

Le miroir me regarde
Le secret m’examine
La pièce s’illumine
Et le tiroir aussi

Ca y est, je suis

Alice prend racine
Au jardin des délices

Le bleu du ciel à volonté
L’été toujours à ses côtés

Chaleur ... 

février 2014


Un grain, une île...

Un grain, une île
Sur mon propre archipel

Compter les points ..........

Les mouches s’éparpillent
Sur mes monts et merveilles

Regarde
Mes démons s’ensommeillent
Sur la courbe impromptue
D’un invisible offert

Un nu qui se devine
Entre deux grains secrets
Sucrés
Sur le lit transporté
Par nos ébats cachés

Sans fin
 — 

février 2014


Avant

Il y a les mots et les rencontres
Les amitiés qui s’effilochent
Les amours qui se désagrègent
Grimper les marches quatre à quatre
Et puis voilà la fin, le terminus
Le voyage s’achève
Gare de triage, mon message se perd
Inconnu, abonné disparu
Aux portes du désert
Je m’afflige et m’inflige
La punition suprême
Les mots qui s’apparentent
A l’oraison funèbre de mon orée perdue
Je parcours tes sens, inconsciente impatiente
J’en perds tous mes desseins
Fascinée par les tiens
Je n’autorise rien d’autre que ton désaveu
Qui me fait devenir
La femme que j’étais

Mais ça, c’était avant
Avant de te connaître 
février 2014





Fuite

Et tandis que tu dresses d’immenses barricades
Autour de tes montagnes aux sommets enneigés
Je peins ma palissade sur la toile azurée
D’un printemps avant l’heure
Au goût de liberté
J’ajoute des couleurs à la douce chaleur
Affleurant mes idées engourdies par le froid
De ton hiver sans fin
Je varie mes ardeurs au gré des émotions
Pour endiguer la peur qui vrille ta passion
Je saisis la lumière au cœur d’une embellie
Pour dissiper le noir de tes pensées rebelles
Je m’invente une grève, une trêve sans fin
Où ma vision demeure, imprimée sur le sable
D’un désert inconnu où tu apprends tes tables
J’entends ta litanie quelquefois dans mes rêves
Ton refrain débusqué au plus fort de ta peine
Tu récites des vers dont j’ignore la teneur
Derrière tes barricades, ton chant devient prière
Et ton ombre fantasque peuple mon atmosphère
Tu deviens malgré toi l’arpenteur de mes nuits
Je deviens malgré moi l’auteur de ta folie

Autour de mon jardin grandit ma palissade
Qui n’a rien d’un rempart
février 2014





Méthylène d'après Frédéric Clément

Méthylène ou 3 minutes 33 de bonheur

Je me souviens d’un bleu au milieu des couleurs
Eparses et variées
Sur un plateau couvert de votre encre imprimée
Encore intacte, pureté soyeuse de l’instant
Pas de traces, excepté votre empreinte
Emanant des reliefs ombrés
Délicate matière où le rêve embrumé
Prend corps et s’imagine
Sur le grain de vos livres
Qui magnifie la peau

Je vogue et j’imagine
Votre tendre voyage
Vague océane sur mon rivage
Je rêve d’une grève au plafond azuré
Le sablier de vers renversé à mes pieds

février 2014


Habitude

Dès le petit matin, j’active mes neurones
Je pose sur la toile mes premiers éléments
Touche de bleu sur le tableau
J’écris mon premier vers
Tout en haut de l’écran
Je grise mon carnet
Avant de sublimer
Une idée de passage

Une impression soudaine
Entre mes yeux mi-clos
Qui capturent le temps
A travers l’objectif
Mon regard s’aiguise
Pour allumer les revers du décor

Une ombre passe ...
J'affûte mes couteaux
Ma peau se fait frisson
Mes rimes sont à vif
Dans la lente saison
Qui retient prisonniers
Nos plus beaux intermèdes

La lune se fait tendre
Sous le ciel voilé qui retient un soleil discret
Equilibre du temps sous le plafond changeant
Chaque nuance apporte à la composition
Du rose tendre au rouge passionné
Mon poème s’allie au goût du jour
Encore perlé de mes rêves en partance 

janvier 2014


Cœur à l'ouvrage

Je fais de la dentelle dans un coin du jardin
Sans savoir qui j’attends depuis autant de temps
Mon fil est suspendu à mes instants perdus
Chaque mot me révèle une heure disparue

Le tissu t’appartient
Mon ouvrage est le tien 
janvier 2014


Fragments

De toi rien n’est entier
Tu envoies tes signaux dans une envolée d’elle
Je saisis au passage une part improbable
Chasseuse involontaire de tes moindres travers
Bousculant à l’envi mes idées bien reçues
Alors je m’interroge telle une enfant déçue
Qui attend sa surprise matin après matin
Je complète inlassable ma collection d’images
Je coupe et te recolle un peu comme j’imagine
Je raccommode et je rapièce les petits bouts de toi
Qui flirtent avec mes mots sans oser s’y frotter

Je saurai réparer les sillons de ton disque
Pour ne plus écouter ce refrain enrayé
Têtu et obstiné
Qui te mine et t’abime
Ma vie n’est pas un conte mais je me voulais fée
Pour inventer le beau dans les regards que j’aime
Sans les avoir croisés
Le tien est un cadeau même les yeux percés
Je les repriserai, y mettrai des couleurs
Tes pensées et les miennes à l’orée de tes cils
Tes yeux droits dans les miens
Un beau jour de printemps

Je sais que c’est bientôt 

janvier 2014



Tir groupé

Jour après jour, je dégoupille mes poèmes
Au hasard de joutes hasardeuses
Les mots s’éparpillent à souhait
Sur des chemins perdus et si peu fréquentés
Que le risque d’aimer n’est pas envisagé
A peine une histoire ébauchée sur le pouce
Pour se sentir vivant et suivre le courant
Bons ou mauvais moments à partager en douce

Anonyme destin, j’accomplis en ton sein
Mes projets de voyage aux rimes bien senties
Elles volent en silence pour atterrir plus loin
Dans l’herbe sauvageonne qui se met à frémir
Elles s’éternisent un peu avant de s’évanouir
Sous les pluies larmoyantes qui nous lavent de tout
En deux temps trois mouvements
Quel est le poids des mots sous le ciel suintant
Sa part de mélancolie ...
Peu importe le fond, mon encre ne vaut rien
Elle sillonne à présent sur le papier mouillé
Buvard improvisé avide d’absorber mes quelques mots jetés
Exposés sans égards à la nature frivole
Qui déguste inlassable mes élans littéraires
Jusqu’à les digérer au plus fort de l’averse
Mes mots ne sont plus rien mais mes idées sont là
Quelque part dans un coin, entre terre et secret
J’ensemence mon jardin en attendant l’été 

janvier 2014


Jeu trouble

L’homme écrit encore
Il n’est donc pas perdu malgré les intervalles
Qui creusent la vallée pour mieux nous séparer
Je ne sais plus à qui s’adresse son message
Si c’est à moi ou bien à l’autre 
Multiple et dérangeant
Rebelle et palpitant

Le Vous devient un nom au lieu d’être un pronom
J’ai dû quitter l’envers pour retrouver l’endroit
D’une vie sans crevasses où la lumière glisse
Sur la surface lisse sans heurter ma vision

Un jour tes yeux jaloux ont crevé dans les miens
Depuis je m’accommode de tes élans païens
Et j’enferme mes ombres à triple tours
Pour ne pas révéler le doute envahissant
Qui me colle à la peau
La serrure est profonde, le geste prononcé

Funeste tromperie au goût du jour
Vive le progrès et les amants épars
Pillés par les regards
Sur la toile encombrée par mille actes d'amour
Je baisse l'abat-jour pour ne plus te troubler
Crois-tu ? Les dés sont-ils jetés ? 

janvier 2014



vendredi 21 février 2014

Septième ciel

J’ai gravi les échelons pour vous apercevoir
Juste au-dessus de moi, entre ciel et nuage
Il suffirait de trois barreaux 
Pour atteindre le peu qui vous ressemblerait
Mais curieux phénomène, la distance est la même
Aucun moyen de vous surprendre à mi-chemin
Mon retard s’avère au fur et à mesure
De mon élévation qui se veut éclosion
Je reste suspendue entre vos simagrées
Qui s’acharnent à ne pas regarder
Mes élans passionnés

Je suis sur une échelle qui s’agrippe au soleil
Pour ne pas rencontrer la chute infortunée
Qui me ferait croiser Sisyphe et son rocher
Je marque telle une ombre
Vos pieds là-haut perchés
Oubliant l’hécatombe
Que fut notre intermède brisé par ma passion
Bêtement meurtrière
Je grimpe au plus haut point, agitant mes fanions
J’espère vous y trouver, ne voulant pas tomber
Tout au fond du ravin, à court de munitions

Sans chance de lendemain 

janvier 2014


Retrouvailles

A la marge de mes souvenirs il y a quelqu’un qui m’accompagne
Ni tout à fait passé, ni tout à fait présent
Sans un mot l’homme avance, évitant mon sillage pour ne pas s’y noyer
Parfois il disparaît, fatigué de mes frasques
Et puis réapparaît malgré vents et bourrasques 
L’homme a le pied marin, c’est certain
Il sait défaire les nœuds pour y jeter son ancre
Il sait trouver le port au creux d’une accalmie
Son regard océan m’annonce la quiétude d’une paix retrouvée
L’homme ne craint plus rien
Il a tant vu et tant vécu
Et pourtant …
Il est comme un enfant qui joue à cache-cache
Derrière ses années presque toutes écoulées

Je le regarde encore, incrédule et heureuse
De pouvoir me blottir dans ses pensées profondes
Mon esprit vagabonde dans le cours de sa vie
Je suis un livre inabouti qui s’imprègne inlassable
De ses mots racontés comme une poésie
L’homme est conteur, sans aucun doute
Il captive et surprend une étrange spectatrice
J’absorbe sans piper le moindre des indices
Parsemé sur sa route, là-bas … voyageur éternel
Dans le bruit du courant, du flux et du reflux
Qui nous ramènent à l’autre
Deux bouteilles à la mer se jouant maintenant
Des chagrins solitaires 

janvier 2014


Lopin

Je donne aux regards attentifs
Mes intermèdes passionnés qui parcourent les murs
Comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde
Là où mon jardin prend racine à force de patience
Délivrant au passant toutes mes intentions
De couleur en couleur, de saveur en saveur
Le bleu d’un ciel d’été ou le goût de l’hiver
Sur ma langue affûtée
Je donne au plus offrant, curieux de mes prouesses
Mes mots et mes tableaux, mes images en chantier
Mes vers non déclamés
Mes soupirs enflammés
Mon ardeur à semer au-delà des limites
De mon petit jardin
Pour enfin retrouver un vent de liberté
Je sème aux quatre vents mon Eden partagé
Afin de mieux aimer celui qui m’entrevoit
Par la vitre cassée
janvier 2014



Ce que sera demain

Le temps s’imagine entre deux parenthèses
Pour ne pas se laisser engloutir
Par la masse vibrante d’un unique souvenir
Rappel à l’ordre, mon stylo pointe son veto
Le doigt se tend comme une flèche
Pour m’accuser de maux que je n’ai pas commis
Afin d’amenuiser les vôtres
Perchés sur un mépris tangible
Silence ostentatoire
Je m’invente des torts pour avoir le pardon
Susciter des remords, obtenir la raison
Quand tout finit par s’échapper
Violons mal accordés, stupeur de ne pas être
Ce que vous attendiez
Une fois retiré le voile reprisé
J’égratigne ma peau pour laisser apparaître
Mon havre de lumière tout en haut de la crête
Où planent vos regrets typiquement masculins
Demain sera sans vous, il ne me reste rien
Que quelques métaphores couchées sur le papier
Jouant les photophores pour mieux vous attirer
Sait-on jamais …
Un jour peut-être, votre regard contre le mien
Allant puiser en bienheureux
Le meilleur de moi-même
Dans les contreforts de ma chair en sursis 

janvier 2014



Navigation à vue

J’ai navigué dans ton sillage
Pour t’apporter d’heureux présages
Et endiguer tes peines
Mais tu n’en as rien su
Avis de tempête
Le ciel est sombre à en mourir
L’oiseau s’enfuit dans un bruit d’ailes
Où sont les lumières de mes fenêtres ?
Eventail de bleus égayés de soleil
Janvier a la couleur de l’encre
Mélancolie poudrée de mauve
Sous mes doigts qui t’attendent
En polissant la toile
Que t’inventer de plus ?
Si ce n’est d’autres songes
Qui habitent mes nuits
Et viennent hanter mes murs
De sommeil en réveil
 janvier 2014


On the road

Il vint
Entre deux bleus latents
Il mit sa contredanse
Pour éviter le pire
Le manque de cadence
L’arythmie volontaire
Le package accroché
A l’anche déboisée
Il vint
Pour tendre son écorce
Sur ma chair endeuillée
Il enlaça ses mots
Autour de mes poignets
Il vint
Ses mains comme une offrande
Je me demande …
Est-il celui qui m’apostrophe
Entre deux vers dépareillés ?
Est-il celui qui m'apprivoise
Chemise ouverte et torse offert ?
Au premier regard
Au premier baiser
C’est celui là que je préfère
Malgré les intempéries
Je trie et j’oblitère
Quoi de plus simple pour exprimer
Et balancer tous mes contraires
Je dis
Pour apaiser mes tentations
Je fuis
Pour changer de vision

Mon rouleau s’étend à l’infini 

janvier 2014



Universal Serial Bus

J’ai pensé vous écrire de poème à silence pour enrayer l’oubli
Tentation évidente au plus fort de l’absence
Troubler votre désir, éveiller d’autres mots sur le papier glacé
J’ai froid …
Briller de mille feux, vous éblouir un peu
Ne serait-ce qu’une fois
J’ai pensé à vos lettres qui tiennent sur ma clé
USB
Universal Serial Bus
L’amour et le progrès, pas simple à conjuguer
J’aurais voulu des liasses enrubannées au parfum particulier
Odeur de vous sur l’enveloppe
Emanation d’une présence à la lecture de chaque mot
Vous me manquez
Non, cela ne se dit pas …
Je vous assure, je vous le jure
J'apprendrai à me taire
Croix de bois, croix de fer
Pas de révélation inopportune
Un trou béant dans ma mémoire
Où est ma clé aux lettres bien triées ?
Je ne sais plus, je l'ai perdue
Vous ne m’écrivez plus
Alors quelle importance … quelle est la différence ?
Mon objet solitaire se morfond
Quelque part, n'importe où
Sans sa serrure originelle
USB
Un affront à mes fantasmes d’encrier
Hiéroglyphes sur le buvard
Qui racontaient toute une histoire
Oui c’est fini, je ne lis plus
Une phrase de trop dans mes amours mal embringués
Une infime boutade dans mon cerveau patraque
Qui joue les romantiques
Comme ça, de tout à trac
Mes rêves sont en vrac
J’aurais voulu la plume qui gratte le papier
Les pattes de mouches
Les ratures et les enjolivures
Insensé dérapage au milieu du voyage
USB, ma signature
Tu digères mes mots dans leur absolue solitude
Tu ne rentres nulle part à force de frayer avec n’importe qui
Je suis sur le périphérique et j’avale la bande
Débit incontrôlé
Excès de vitesse fatidique sur la voie sans issue
Transmission différente, arrêt définitif
J’entache nos sourires
Je cherche mon buvard
Trop tard … Mes mots ont fait le pire
USB
Ma clé abandonnée

One-The-Go 

janvier 2014


Jour de deuil

J'ai dépeint un tableau qui n’était pas le nôtre
Un premier soubresaut dans ma mésaventure
J’aurais voulu la mer parée de ses reflets
Le bleu du soir tombant sur la grève endeuillée
J’aurais voulu le temps pour apprendre à t’aimer
Mon désamour contre le tien pour pouvoir exister
J’aurais voulu ne pas t’entendre
Entre deux rives inaccessibles
J’aurais voulu te désapprendre les boniments de ta folie
Une cassure dès le cordon, je ne suis plus ce que j’étais
Ma première larme a le goût d’abandon

J’aurais voulu ma vie ailleurs que dans la tienne
Pour ne pas succomber aux vilaines frayeurs
Qui hantent mon esprit peuplé d’incroyables phobies
Depuis que malgré moi je suis
Ton immortelle succession dans les mots que j’écris
J’ai reçu mon enfance et mon appartenance
Sur fond de pleurs
Inattendus et dérangeants
J’avais cru pourtant …
L’ange t’appelle entre deux vagues
Ravivant ma mémoire d’enfant inconsolée
Juste le temps de naître et puis voilà …
L’amour s’est défilé un soir d’hiver
Entre ciel et terre
Entre mer et soleil
Entre père et mère

 janvier 2014


Rêve ...

Baiser la pulpe de tes lèvres
Sans oser m’attarder
De peur de t’éveiller
Effleurer tes paupières
Dans un souffle léger
Qui atteindra ton âme
A travers tes yeux clos
Palpiter avec toi
Entre deux de tes rêves
Imaginer un songe
Où je t’apparaîtrais
Revêtue de ma peau
Mon plus simple appareil
Je frémis, tu souris
Ca y est, tu te réveilles
Et moi je te séduis
J’attrape entre mes mains
Des bouts de ton sommeil
Et me grise en silence
De ta chaleur secrète 
janvier 2014