vendredi 25 avril 2014

Imagine ...


A chaque passerelle, j’efface les frontières
Je suis dans l’entre-deux au calcul incertain
J’aménage une plage au bord de ta rivière
Fluide et mouvante
Je viens fouler ta grève, empreinte de tes pas
Et nos voix imprégnées de silence
Se cherchent et se répondent
Sans avoir besoin d’énoncer
Des vérités secondes
Le sable glisse entre mes mains
Qui n’attendent plus rien
Elles évacuent le temps
Seconde après seconde
Me laissant caresser chaque grain de ta peau

S’ouvrir au monde pour devenir le monde
Et nous pourrions ainsi
Trouver la longueur d’onde qui nous mettrait en phase
Absorbés par le ciel
Nous synchroniserons nos âmes solitaires
Bercées par les remous d’un chant à l’unisson
Nous irons y cueillir le meilleur de nous-mêmes
Dans un éclat de rire délivré des frayeurs
Où les tabous demeurent

S’il te plaît, apprends- moi ta chanson
Disait l’eau vagabonde

avril 2014









jeudi 24 avril 2014

Un jour ...

Un jour tu apprendras à traverser les cours d’eau. Tu jetteras des ponts afin de prolonger ta route et agrandir le monde. Tu verras les remous sillonner sous tes pieds. Tu franchiras les hautes herbes aussi coupantes que des lames. Tu deviendras équilibriste en ravalant tes larmes. Tu reverras ta prose sans convoquer le drame. Tu changeras ton fusil d’épaule pour ajuster ton tir. Histoire de ne plus rien rater. Ou mieux… tu baisseras ton arme, changeras de discours. Ni combattant ni poète, tu trouveras ta voie sur une trame en devenir. Tu appartiens déjà à la terre de demain. Celle où nos rivières se croisent. Là où nos cœurs chavirent.
Un jour, tu verras… tu sauras.


avril 2014


Terre d'accueil

Il est des jardins accueillants
Que pénètrent nos rêves
Pour une dernière danse
Ils annoncent un réveil
Dans l'entre-deux berceur
A la douce cadence
Saveur d'une trêve imaginaire
Où tout devient possible
Dans un monde improbable
Alors on s'émerveille
On retient la tiédeur
D'un ultime sommeil
Rien n'est inaccessible
Tu deviens vraisemblable
Aux pays des merveilles

avril 2014


mardi 22 avril 2014

Rêves de papier

C’est quoi l’amour ?
Aucune idée… rien qu’un pressentiment 
Je te dirai « je t’aime »
Il n’y aura pas de réponse
Seules tes défenses traverseront 
Mes rêves de papier
Jusqu’à les écorcher
Aimer c’est animer nos espérances
C’est partir à l’envers q
uand tout est à l’endroit
Echafauder des portes, barbouiller des fenêtres
Entrouvrir des volets, ramasser la lumière
Dans un ultime élan où tournoie ma prière





L’un après l’autre, ils ont quitté la scène
D’ombre en ellipse pour ne pas être obscènes
Je s’aime …
Dans mon discours endimanché
Je me déguise et je m’avise
Je conscientise tout à ma guise
Dans mon surmoi fort téméraire
Le monde se disloque
Je suis en loques sur ton pavé luisant
Mais voilà, je te provoque
Je réciproque
Je m’acharne insensée
A rassembler les pièces
Tout autour de mes courbes
Quand un angle jaillit
Sous mes doigts qui te cherchent
J’avale ton arête en toute discrétion
Je ne veux rien savoir, je ne sais pas vouloir
Tu me regardes et tu t’arrêtes
Net
Peu importe la raison
Stop, je n’irai pas plus loin
Œil contre œil, la photo n’attend pas

Et je te goûte enfin 


avril 2014







Muses et Aèdes

Ton âme est un délice sous mes vers qui l’effleurent
Je m’habille de rêves pour devenir légère
Et sur ta tendre peau affleurent mes frissons
Mes folies passagères, ma douce déraison
Le monde se suspend à nos chuchotements
Spectateur attentif aux bruissements des chairs
Dans l’éternel regard balayant de lumière
La belle adéquation de nos corps transcendés

Le temps retient son souffle pour ne pas altérer
La douce émanation de nos talents cachés


A Y.R

avril 2014




Grise mine

Triste lundi qui se renfrogne derrière son masque de plomb
Je m’imperméabilise dès le petit matin en prévision des heures à venir. Menaçantes et lourdes de sens. Et de sentiments. J’attends quelque chose qui ne viendra jamais. Cela ne se nomme pas. C’est une idée qui m’enveloppe, impossible à définir puisque c’est elle qui me cerne à loisir. Depuis toujours.
Lorsque les nuages craqueront, mes mots déferleront jusqu’à noyer mes songes. Je mélangerai le bleu figé sous tes paupières. Je deviendrai fontaine, je me faufilerai parmi tes impressions pour atteindre tes sens. J'irai là où coule ta rivière.


avril 2014


Répons

Il y a toi.
Avec un ton plus juste, tu entames un répertoire où s’affichent nos perspectives communes. Tu ébauches une suite aux notes originelles à mener de concert. J’ouvre ma partition figée sur un trouble avenir. Ta musique m’anime et mon chant répond à ton écho dans un souffle de mots. Dédiés. Je compose un hymne accueillant dont nos deux vies s’emparent. L’un avec l’autre. L’un contre l’autre, nous entamons la danse. Ma source vagabonde à l’intérieur de ton regard. Profond. J’y plonge sans hésitation. Me fonds et me confonds. Le temps peut enfin s’étirer à perte de vue. Ma vision devient tienne.

Avril 2014


Estompe

Je cherche à percevoir une ombre qui se trouble à travers le miroir
Aucun calque limpide, aucune bouche offerte
Rien que l’être dont la source disperse son moindre devenir

J’imagine une œillade à l’étoffe légère où pénètre le vent avant de disparaître. Nos peaux s’effleurent pour s'estomper dans l’ombre éparse de nos souvenirs. Je cherche et je tâtonne. Je soulève l’écorce d’une histoire trop ancienne pour en atteindre les prémices. La fin n'est qu'un fantôme qui nous surprend aux heures les plus tenaces.

Je retrousse le voile pour happer un regard trop longtemps disparu. Qui es-tu l'inconnu ?


Avril 2014


Orchestration

Je révise mes gammes, varie ma partition
Je cherche le ton juste dans l’embellie soudaine
Je transporte mes pas vers un terrain plus tendre
Pour éviter les mots railleurs et trouble- fêtes
Mimant le désespoir sur un air de crécelle
J’ai besoin de silence pour écouter le temps
Chanter dans un jardin qui n’a rien d’un enfer
Au contraire …
Accueillir les beaux jours, les deux bras grands ouverts
Partager la matière de musique en poème
Traduire le mouvement sans perdre un seul instant
Corriger mes erreurs et bannir ceux qui savent
A tort et à travers
Ici est un ailleurs où naissent les mystères
Chacun peut y passer pour aller à sa guise
Libres à ceux qui en sortent de ne plus y entrer
Le possible appartient aux êtres affranchis
Dont la pensée opère en plein cœur de l’humain



samedi 19 avril 2014

Egoïstes

Le temps devient calcul
La vie nous manipule
Les vérités se font et se défont
En fonction des discours
L’autre ne sera jamais moi
Chacun balaie sa cour
Au plus près de chez soi
Chiens de faïence
Le regard aux abois
Les idées qui sont miennes
Ne peuvent s’abreuver
A la source commune
Et les paupières hostiles
Battent sur mes pavés
Pour me faire dégager
De la carte d’un jeu
Dont je n’ai rien compris


Avril 2014




Alice

Elle avait déclenché ses mille et un mystères
Pour ne plus révéler la couleur de sa chair
Emportée par le temps sur le miroir offert
Alice vieillissait sur son âpre revers
Elle revoyait le monde, devenait vagabonde
Sur le globe éphémère qui encaissait ses vers
Elle écartait l’immonde de sa bleue mappemonde
Pour combler les cratères et masquer son désert
Alice n’a plus peur, elle détend les secondes
Et donne à entrevoir son intime barrière
Au milieu des débris de sa glace outrancière


Avril 2014


Variation

Les mots s’animent en silence
Jeu de patience
Sous mes yeux, un puzzle inédit
Je construis
Cherche les ressemblances
En plein cœur de la nuit
Tout s’assemble
Même les pièces étranges
Aux contours imprécis
Aux angles morts
Aux pointes acérées
Erigeant nos défaites
Et nos actes manqués
Tout peut s’articuler
Et se décomposer
J’invente ma fredaine
Je travaille mon verbe
J’accole et je dispose
J’accouple et je propose
J’en fais tout un poème
Pour évacuer ma prose


Avril 2014





Champs libres

Je révise mes gammes, varie ma partition
Je cherche le ton juste dans l’embellie soudaine
Je transporte mes pas vers un terrain plus tendre
Pour éviter les mots railleurs et trouble- fêtes
Mimant le désespoir sur un air de crécelle
J’ai besoin de silence pour écouter le temps
Chanter dans un jardin qui n’a rien d’un enfer
Au contraire …
Accueillir les beaux jours, les deux bras grands ouverts
Partager la matière de musique en poème
Traduire le mouvement sans perdre un seul instant
Corriger mes erreurs et bannir ceux qui savent
A tort et à travers
Ici est un ailleurs où naissent les mystères
Chacun peut y passer pour aller à sa guise
Libres à ceux qui en sortent de ne plus y entrer
Le possible appartient aux êtres affranchis
Dont la pensée s’opère en plein cœur de l’humain


Avril 2014


mardi 15 avril 2014

Fredaine

Je t'aime Ça n'a rien d'un poème De l'amour Je connais le contraire Désamour J’apprends jour après jour

avril 2014


Sentence matinale

Je ne crains pas grand-chose sauf un trouble destin
Je me désensommeille pour affronter la fin
Je secoue mes pensées, laisse échapper  ma sève
Face à face éprouvant entre hier et demain
Pas l’ombre d’une trêve mais un bout de chemin
Bordé de mes desseins où m’attend la relève
Je me regarde au loin dans ma nudité d’Eve
Supporter le déclin d’un monde souverain

Je soulève mon glaive et j’achève mon rêve

avril 2014




lundi 14 avril 2014

Derrière la porte

Derrière la porte, le rien n’existe pas
J’envisage l’infinie perspective
Sous le cèdre ombragé
Je grimpe quatre à quatre
Les degrés de ses branches
Le bois de son échelle
Me hissant jusqu’au ciel
Je défie les nuages
Et les oiseaux sauvages
Dans une envolée d’ailes
Au bruissement céleste
Je m’évade dès l’aube
Qui rosit tendrement
Aux lueurs d’un matin
Où flotte l’incertain
Aquarelle du jour
Je fourre mes amours
Et mes emmerdements
Derrière l’autre versant
Pour la paix d’un moment


Avril 2014


dimanche 13 avril 2014

Histoire de ...

J’imagine le temps sans perdre un seul instant
Je le trace pas à pas
Sur la route filante
Vers l’horizon fuyant
J’imagine ma coupe toujours à moitié pleine
J’y trempe mes pinceaux
Après chaque gorgée
Déboire après déboire
J’imagine tes mots suspendus à mes lèvres
Sur le fil de ta lame
Qui m’en a fait découdre
J’imagine un poème écrit dans la foulée
Je franchis les frontières
A grandes enjambées
Mirage après mirage
J’imagine un adage qui me transporterait
Sans l’ombre d’une attente
Vers des terres fertiles
Encore inoccupées
Par mes vers empavés


avril 2014



samedi 12 avril 2014

Exil

Du vacarme des mots
J’extrais ma solitude
La vie se joue à un 
L’autre n’est qu’apparence 
L’ensemble est un fantasme
Sur le mur de nos peurs
Abritant nos défaites
La victoire est ailleurs
Je pousse le bouchon
Encore un peu plus loin
J’anticipe et j’évite
Tous les courants contraires
Je fuis les attitudes
Les mauvais face à face
Sur les chemins tordus
Stériles et sans issue
J’écarte le rideau
J’entame un nouveau pan
Sans aucun adversaire
Je poursuis l’aventure
Délivrée des aigreurs
D’une errance inutile
J’attrape mes couleurs
Et peins avec ardeur
Un nouvel éphémère


avril 2014


L'entre jambe

Velours singulier 
D’une chair entrevue
Sous la tiède caresse 
D’un souffle entreprenant
On dirait le printemps …
Coup d’œil adolescent
Blancheur cotonneuse
D’une matière intime
Livrée à tout hasard
Au regard d’un passant
Peut-être un peu poète
Cueilleur impénitent

Spectateur bienheureux
Au milieu des beaux jours
Voleur involontaire
D'une image sensible
Où l’œil pénétrant s'égare
Innocemment
Traverse l'épaisseur
De la toile anonyme
Pour humer un jardin
Au parfum interdit


Avril 2014






Blessure

Je ne crains pas d’attendre dans le printemps frivole
J’y puise mes couleurs, mes nouvelles ardeurs
Parfois mon bleu déteint 
Du ciel à tes paupières

Nettoie ta grise mine
Le nous n’est pas un jeu
Le vous s’embrouille entre deux maux
Aucun ne m’appartient

Et le poète fou rétorque à bout de mots:
Basta !
Tu n’es pas ma révolution !
C’est vrai, je suis un pion
Rien qu'un petit démon
Oublié en prison
Jette le dé jusqu'à l’enfer
Le seul moyen de te défaire
De mes charbons ardents


avril 2014


Lâcher prise

Tournoyer dans le vide
Pour ne plus rien savoir
J’en oublierais le pire
Musique de l’enfance
Quand j’ouvrais les volets
Les décennies opèrent
Les amours prolifèrent
Les couples s’encanaillent
Sous les branches complices
Battements d’ailes
Tourterelles
A portée de la main
Je poursuis les vivants
D’un regard attentif
Ma peau est terre d’accueil
Sereine et enchantée
L’abeille le sait bien
Et retient son venin


avril 2014


dimanche 6 avril 2014

A venir ...

A l’horizon de l’avenir 
Les serments sont d’un autre temps
La courbe de ma vie s’incline
Sur un autre versant
Mon ascension n’aura pas lieu
Je ne suis pas la fille de Dieu
Les pieds joints sur ma croix
J’examine ma boule
Juste avant qu’elle n’éclate
En rires cristallins
Sur la pierre envoutée
Par de nombreux mystères
Je force la serrure
Fais sauter le verrou
Je veux voir et comprendre
Je veux dire et entendre
Silence et déraison
Un ange passe en titubant
Ses ailes sont coupées
Et son sang se répand
Sur un étal avide
De consommer le rêve
Un petit bout d’éternité
Sur la plume entachée

Sur l’horizon de l’à venir
J’ai recousu tous mes sourires
Je n’ai pas peur
La sonnerie retentit
Non, c’est un bruit de cloches …
Chacune porte un prénom
Qui retentit dans l’univers
Le mien est quelque part
Dans l’espace avenant
Je suis Tu, je suis Vous
Je traverse ta boite
Où ne survit Personne
Loin d’être comédienne
Je m’amuse en créant
Des images de scènes
Dans mon théâtre ardent
Je choisis les répliques
Sans regarder plus loin
Que ton corps impavide
Eclairé par la douche
Il n’y a plus que toi
Au milieu du tapis
Ce Toi qui devient Moi
Des milliers de regards
Me scrutent à l’infini
Je ne veux pas être là
Je préfère le rideau
Qui cache la coulisse
Je ne suis pas artiste
Et je croque ma pomme
En solitaire
Comme tout poète
Qui n’a que faire de paraître
De disparaître et d’apparaître
Sous de fausses richesses

Mes rideaux sont noirs
Depuis que je connivence
Avec mes amours
Qui tournent sur la piste
Le spectacle est si beau
Plus rien n’a d’importance
Mis à part le grand saut
Le monde retient son souffle
Moi je m’en fous
Parce que je sais
J’ai tendu le filet
Tu ne crains rien
Quand je prépare mon théâtre
Pour enfin t’accueillir


Avril 2014


Désamour

Réminiscence d’un parfum entêtant
J’ai de l’amour plein la bouche,
Je m’en étouffe quelquefois
Et puis un jour, le désamour
Paradoxe incertain, contradiction certaine
Humaine
Les mots deviennent inconsistants
A force de les détremper
Dans ma colle à papier
Une bouillie amère encombre mes artères
Je fais comme si de rien n’était
L’apparence, toujours l’apparence
Combler les différences, les vides et les crevasses
Temps de glace au printemps
Emonder les absences au pied d’un arbre mort
En cristaux inutiles et futiles
L’oubli s’incruste dans la terre
Mon désamour aussi
Je sais à peine qui je suis
Je me contente de grandir
Et de rafistoler
Un meilleur avenir
Mais j’ignore ce qu’est le meilleur
Dans celui à venir
Alors comment faire ?
Si ce n’est un transfert
De vos images en noir et blanc
Que je rapièce sur ma peau
Autant vous dire, c’est Waterloo
La morne plaine que je suis
Fomente des idées épineuses
Dans ses puits asséchés
Par les grands vents venus d’ailleurs
Dont j’ignore les noms
La neige est sur mon front
Moi, heureuse ?
Je suis frigorifiée au pied de vos colères
Je me bats, je tempère
Le devenir dans l’éphémère
Et le sourire dans le rien
Qui me distingue d’un avant
D’un pendant et d’un après

Non, je ne suis pas prête
Jamais le bon moment
Des volets se referment
La sirène m’appelle
Et j’ai raté le train
Comme toujours …
Au rythme des chagrins
J’apprends le désamour
Ma déconquête est sans retour
J’ignore les détours

DES AMOURS

Les gares m’interpellent
Les départs sans retour
Et les rails s’enfuient
Troublent la perspective
D’une vie qui s’achève
Comme un dernier roman
Sur mon semblant de rêve
Je ne ressemble à rien
Et je ne sais que faire
De ma bouillie amère

Avril 2014