mardi 24 juin 2014

Chamade

J’ai dû quitter la piste
Sans m’en apercevoir
Pour aller m’enliser
Le cœur tout barbouillé
Dans un sombre lisier
Sans un seul de tes mots
Pour blanchir le suivant
L’ambiance était trop lourde
Je m’embourbais
De la vase plein les yeux
De la boue plein la bouche
Je suffoquais
J’ai fini par défaire
Les liens imaginaires
Qui me reliaient à toi
Pour aller respirer
Une toute autre atmosphère
Je redeviens légère
Et me mets hors d’atteinte
Je m’en vais retrouver
Des horizons plus clairs
Une chanson m’appelle
Un souffle familier
Un sourire esquissé
Et j’entends de nouveau
Mon cœur et sa chamade


juin 2014

 

Pastels

Au vu des éléments
Nul besoin de tenter l’impossible
Pour assouvir le temps
Qu’il nous reste à tuer
Avant de sauter la barrière
Et atteindre la ligne
De mire

Sous le soleil naissant
Azur envahissant
Aux couleurs de layette
Est-on encore vivant ?
Départ ou arrivée
Qu’en savons-nous au fond …
A chacun son parcours
A chacun son début et sa fin
Par quel bout commencer ?
A quel endroit se taire ?
Quelle pierre pour graver
Un semblant d’épitaphe ?
Quelle empreinte laisser
Sur une terre en deuil ?
Perpétuel …

Le temps est à l’ouvrage
Il compte ses ravages
Imperturbablement
Additionne et soustrait
Recherche l’équilibre
Mais rien n’est égal
Parce que le temps venu
Il n’y a jamais personne
Pour prendre notre place
Exclusion
Abandon
Je suis ton ennemie
Et tu es mon faux-frère


juin 2014

21 juin

Fin de soirée ...
Longue journée
Juin s'étire
Entre deux notes

Sueur au front
Des musiciens

Petit matin
Petite mort

Yeux cernés

Voilà juin qui se tire


juin 2014

 

Bleu pur

Je fais à mon poète
Des serments de papier
Que j’alimente sans faiblir
Pour les remettre au goût du jour
Rêve après rêve, matin après matin
Je nettoie mes chagrins
Je déploie mes amours
Et transcende le ciel
D’un revers de la main

Bleu pur


juin 2014

 

Elle ou moi


Elle avait pris son temps pour se déshabiller
De tous ses préjugés
Elle avait escompté pouvoir y échapper
Livrer son apparence et préserver son lot
De toute appartenance
Elle avait retenu ses élans d’autrefois
Derrière sa carapace aux mille cicatrices
Fendue de part en part à travers le miroir
Qu’elle tendait aux passants
Les jours de désespoir

Elle avait pris son temps pour étaler son âme
Et la rendre plus belle dans sa simplicité
Elle avait tant souffert des jours d’indifférence
Les inconnus allaient sans jamais s’arrêter
Elle aurait bien alors défoncé la vitrine
Fait voler en éclat ses pensées solitaires
Mis à nu ses ardeurs pour un simple sourire
Déblayé de son corps la moindre incertitude
Pour happer le regard d’un amoureux complice
Dans le ciel indécis d'une terre en sursis
 
juin 2014
 
 

Pensée

J'ai beau avoir appris, je ne calcule pas
Je suis l'échec et toi le mat

ps: épargnons nous la table
Multiplier n'est pas gagner


juin 2014 


Autoportrait

Je mesure la distance entre terre et azur
J’estime mes valeurs, mes joies et mes bonheurs
Je leur donne une chance
Au cœur de l’objectif
J’évalue mes erreurs et mes fautes de goût
Je les mets de côté dans un coin de l’image
Sans m’en débarrasser
Elles me ressemblent aussi
L’appareil me toise sur son pied baladeur
Je n’ai que dix secondes pour le laisser saisir
Mes impressions furtives
Mes regards fugitifs
Et dans ce face à face fragile et silencieux
J’évacue les menaces d’un monde pernicieux
Pour libérer enfin toutes mes molécules
Et les figer à vie loin de mes inquiétudes

Doux moment que le mien


juin 2014

 

Embouchure

Compter les particules de l univers jusqu à l ultime
Devancer ce qui leur succede
Et admettre que nous
En sommes
L embouchure
Le hors survenant
L unique esperance

Juin ouvre moi )

Compter tes particules qui mènent à l’univers
Devancer tes avances
Ecouter pour émettre
Le bon sujet
Je suis ton embouchure
Ta tendre survivance
Ton unique espérance

Juin emporte moi)


Roland Hadjkokkonys et Eve Eden

juin 2014

Poème après poème

Je m’agrippe à ton torse et m’encorde à l’écorce
J’ai beau dire et beau faire
Je ne peux me soustraire à l’image inventée
Et créée par mes soins
Je projette ma sève sur les pans de mes murs
Où sèchent mes couleurs oubliées par le temps
J’ai tant rêvé de toi lorsque la nuit posait
Ses derniers indigos …
J’ai battu le rappel à l’orée de mes jours
Réveil après réveil
Mais rien pour endiguer ma peine
Si ce n’est un poème
Sorti d’on ne sait où
Une ode à l’amoureux
Qui ne viendra jamais


juin 2014

 

Pour le plaisir ...

Les filles, habillées de vitrines, descendaient les rues.
Leurs mains, reines, se préparaient à déployer leur zèle
Le corset, en forme de X, épousait l'alphabet des hanches
Plus une ombre sans femmes aux portes du palais
Elles étaient là, devant, derrière, escaladant les façades
Leur tendresse ne tenait plus qu'à un fil
Les hommes avaient des bras essoufflés d'orgasmes
Les cœurs se réchauffaient à chaque croisement
On faisait la queue devant de grands brasiers inventés
C'était toujours l'exploitation des forges
Avec des tenailles à faire l'amour virtuel
Chacun frottait le fer contre la plaie des sacrifices
Puis gravait sur l'écorce des us et costumes
Le dessin futur d'une inconsciente préhistoire câblée.

Les hommes revêtaient des glaces où chaque femme se mirait
Leurs mains, grandioses, se préparaient à la caresse
Leur buste, en forme de stèle, fuyait vers le sacré
Plus un homme sans femme aux portes du jardin
Ils étaient là, comme des insectes bourdonnants
Leurs ailes vibraient sous la jouissance
Les velours se réchauffaient les uns contre les autres
On faisait la queue pour admirer tous ces foyers ardents
Qui s’allumaient sur les écrans des habitudes
Chacun gravait sa peine, le poinçon à la main
Avant de travailler l’écorce aux mille cicatrices
Qui contait leur histoire


Philippe Meunier et Eve Eden
juin 2014 


Monologue épistolaire

Vos mots m’ont matraquée le jour où sans faiblir
Vous avez dégainé l’épisode suivant
Enterré ma romance sous des pensées funestes
Dévidé la bobine à tort et à travers
Certes
Mon rôle secondaire ne tenait pas la route
Mon partenaire non plus, il ne fait aucun doute
Je ne pouvais pallier à toutes vos absences
Je ne voulais sombrer dans votre indifférence
Pesante et conséquente

A nos amours épistolaires
Nos élans littéraires
Nos années éloquentes
Complices intermittents
Amants épisodiques
Seul un présent pour exister
Trop-plein de mots pour vous aimer
Mes lettres s’accumulent
Et je me perds souvent sur l’oblique teinté
De mes lignes sans fin


juin 2014

 

Osé

Je viens frotter mon grain sur ta chair assoupie
Le silence invité, finit par s’imposer
Seules nos peaux complices
Se mettent à respirer
Ecoute avant de ressentir
Ressens avant de devenir
L’autre part de moi-même
Où je cherche avec toi
L’autre part de toi-même

De nos corps assemblés
Un goût particulier
Un élixir musqué
Aux saveurs inédites

J'ose


juin 2014



Un et multiple à la fois

Je me fraie un passage
Entre deux découpages
En vers et contre tous
Je défie les usages
Je tapisse ta page
De plages ombragées
Je fixe ton regard
Noir
Sur ma rétine offerte
Avant d’ouvrir la porte
Et de déambuler
Sur ton vaste terrain
Aux mille silhouettes
Qui ressemblent à la mienne


juin 2014

Traversée


Saisir le mouvement sans l’arrêter
Ni le contraindre
Le laisser circuler
Trancher l’air dans un souffle
Faire émaner le geste
Le plus pur
Le plus juste en ton centre
Mon milieu et mon tout
Et ton dessin se frotte à l’infini
Sur mon espace offert
Ouvert

Rouge et passion à la fois
 
juin 2014

Affinité

Et si nous confrontions nos idéaux ?
Si nous visions la même porte de sortie ?
Si nous avions du cœur à l'ouvrage ?
Si nous entamions le meilleur des duos ?
Le plus beau des partages ...

Je fixe l'objectif, tu te mets à écrire
Et quand mes doigts parcourent
Le braille instantané de ton noir et blanc
A l'aveugle, je crie
J'écris
Et je te parle encore
Sur mon papier ombré


juin 2014 

Intime partage

Effleurer de ma pulpe tes traces singulières
Et me glisser entre tes ombres
Caresser la lumière espiègle et enjouée
Qui s’amuse à me faire découvrir
Des plages d’impudeur
Pas assez fréquentées
Ta peau ressemble à un buvard
Elle est douce et feutrée
Elle capte mes désirs
Trop longtemps enfermés
Elle aspire à me dire
Ce qui ne se dit pas
Elle révèle son âme
Sous un tendre duvet
Elle vibre et se souvient
D’un geste familier
Et d’une tendre ébauche
Dans l’air qui nous rassemble
Mon baiser sur ta peau

Respire ...
Et prend ce qui se donne


juin 2014 

Eden ...

Et me briser en ton sommeil
Déchirer mes derniers défauts
Caresser nos futurs projets
Sous la lumière incandescente
D’un idéal à ton image

Laquelle ?


juin 2014


Sans titre

Et me poser en ta demeure
Me taire et t’écouter
Te voir et te toucher
Jusqu’au bout de tes rêves
J’y crois
Je t’y emmène à bras le corps
Ton corps sur ma pupille
Ma pupille en ton seing
Tes reins sur mon destin

C’est là que je jubile


juin 2014 


La vérité nue

Nos images s’apposent et nos pages composent
Elles s’imposent et s’exposent en exhibant leur âme
Le bon et le mauvais
L'autre côté des choses
Elles nous libèrent jour après jour
D’un bout de la cuirasse
Notre effeuillage n’a pas de prix
Aucune appartenance
Aucun marché en main
Nous n’avons rien à vendre
Pas de négociations, de pourparlers sans fin
Nous sommes à voir, à lire et à entendre
Dans notre nudité suprême
Au cœur même du sensible et de l’inexprimé
C’est notre seul exploit, notre seule élégance
Même en plein désarroi
C’est notre unique choix
Nous sommes l’instant qui file
Entre deux poésies
Deux fantaisies verbales
Deux élans phonétiques
Rien à dealer, rien à brader
Rien à voler

Et ton corps mis à nu
N’aura pas son pareil


juin 2014 


Fausse résolution

Quelque part il y a vous
J’en saisis la substance
En pénétrant l’impénétrable
Quelque part il y a tout
Le summum du rien
Le tout venant et l’avenant
L’inconvenant, l’inconvénient
J’ai égaré le convenu
Pas très intéressant
Juste affligeant
Je me suis débarrassée
Enfin
De vos défauts précaires
Qui sentaient l’adultère
L’amour est bien ailleurs
L’amour est autre chose
Qu’une chambre d’hôtel
Mais s’il faut une chambre
Et s’il faut un autel
Pour exhiber la vie
Alors d’accord
Je m’étends sur le marbre
En attendant l’onction
Extrême bien sûr

A mon dernier excès


juin 2014 

Mauvais grain

Cultiver le répit
Entre deux mauvais grains
Réprimer les débordements
Apprivoiser l’imprévisible
Pour préserver ses lendemains
Des voyageurs inopportuns
Couvant sous leurs regards
De vilaines tempêtes
Prêtes à tout ravager
Pour un semblant de paix
Mon intérieur n’est plus que murs
Eboulis sans décombres
Mon toit a disparu
Mais je m’en fous
Mon avenir n’est que lumière
Sous le ciel azuré
Qui me retient sur terre
Les deux pieds bien plantés


juin 2014 


Temps d'orage

Je compte pas à pas
Mes années suspendues
Dans la moiteur du jour
Mes impressions se noient
Sur mon papier bavard
Mon encre dégouline
Sous un soleil blafard
Orageuses pensées
Sous mon front nuageux
Et la lune m’entraîne
Vers ses ombres choisies
Où gronde une colère
Dans le ciel obscurci


juin 2014 


Source de vie

Cinq heures
Le jour s’engouffre par la fenêtre ouverte
Et le voile étoilé me file entre les doigts
Doux bruit de soie à mes oreilles
Dans l’air,
Quelque chose qui ressemble à l’été
Ca palpite et ça vit
Ca vibre et ça respire
Ca chante et ça frissonne
Ca glisse et ça s’envole
Tout un monde en éveil
Autour et à l’intérieur de moi
J’absorbe puis me laisse absorber
Par la lumière naissante
Qui fuse telle une source
Sous ma chair en offrande


juin 2014 


Triste ritournelle

J’ai balancé mes vers par-dessus mon épaule
Brisant mes idéaux sur une terre jonchée
De mes imprécations aux relents narcissiques
J’ai avalé sans honte un dernier élixir
Saturé de poèmes aux impressions multiples
J’ai comblé les silences de mon temps passager
Pour ne pas en laisser une miette à autrui
J’ai décuplé le sens de chacun de mes mots
Pour me réinventer matin après matin
Evacuant les chagrins inutiles et trompeurs

La vie est bien ailleurs, je le sais
Mais je la cherche encore
Dans le fond de mon verre
En vain


juin 2014 


Eclaircie

Je partirai un jour de grand beau temps
Vers des cimes lointaines
Le bleu du ciel dans mes cheveux
J’irai planer au-dessus de tes rêves
Ecartant les nuages
De tes nuits obscurcies
Par de sombres idées
Regarde,
Ferme les yeux et tu verras
De quoi est fait mon univers

Ma porte est grande ouverte
Touche enfin ma lumière


juin 2014
 

Temps pluvieux

J’ai regardé ton ciel pour avoir des nouvelles
Je m’attendais aux ocres teintés de rouge et d’or
L’horizon dans tes yeux
Bleus
J’y voyais des appels et des invitations
Au rêve, à l’aérien avec des lendemains

J’ai regardé ton ciel aux couleurs de tes doutes
Je n’ai vu que du gris aujourd’hui
Mes verres en étaient recouverts
Humeur du jour, amour
Essuyons nos écrans
Tâchés par nos humeurs
Moi j’essuie mes lunettes
Qui sait …
Je te verrai peut-être …


juin 2014
 

Un île

Je m’assèche et m’essouffle contre vents et marées
Foutaises que les nôtres au beau milieu du désespoir
Ambiance terrestre assurée sur mon ilot désert
Bonheur des uns, malheur des autres
Je prends à bras le corps mes denrées périssables
J’héberge la planète sur ma plage de sable
Ce sont les grains de mille peaux
Qui jouent au face à face
S’effleurent en crissant au soleil
Mon sable, ma terre, ma lumière
Et la mer tout autour
Mon amour
Tu seras qui tu veux
Dans mon jeu facétieux
Où les êtres se croisent
Le croiras-tu ?
Ils sont heureux


juin 2014 


Eternel retour

J’attrape ce qui me plait
J’incorpore des pensées
A l’orée de mes vers
Je défriche et me fiche
D’une portion d’univers
Je veux tout
Sans cesse et sans savoir
Ce que portera l’autre
Je le veux pour comprendre
Pour continuer d’apprendre
Et toujours me surprendre
Je vis et je dévie
Sur les pentes insolentes
Imprégnées de sueurs
Mais je n’ai même pas peur

Commençons par aimer
Pour de vrai, pour toujours
Nous sommes des gamins
D’éternels potaches
Qui sillonnons le cours
Et le discours des choses
Rien ne s’impose …
Traçons notre labour
Notre tâche éternelle
Je suis et je te suis
Malgré ta transparence
Au plus fort de l’absence
Mais tu reviens toujours
Sur les lieux de l'amour
Quand le silence intense
Ravive ta présence
Sur mon lopin de terre


juin 2014

lundi 2 juin 2014

Fin mai

Je fais un rêve en plein après-midi
J’ai des fourmis plein les papilles
Du bleu effervescent qui brille entre mes dents
Je fais un rêve entre beau et lumière
Entre paix et soleil du cèdre du Liban
D’un fil en une aiguille
Il m'accueille et me conte
Sur son socle asséché
Rien ne pousse excepté mes fadaises
J’aime le rêve que je fais
Puis de terre en amour
Je me suis égarée
Parmi les palmes fraîches
A l’ombre de la pierre
Il fait bon s’endormir
Rien qu’en fermant les yeux
Une seconde ou deux


mai 2014



Chute libre

Equilibre au cœur de mes déséquilibres
Cultiver l’art de la chute pour ne pas abîmer
Mes dernières volontés
Rebondir et savoir composer avec les éléments
Qui traversent insolents
Mon espace et mon temps
Savoir jouir du danger lorsqu’il est contrôlé
Trouver ma liberté entre deux enjambées

Mes élans me passionnent et me font décoller
Mes passions me défoulent et m’aident à m’envoler
Ca y est, je vais sauter

mai 2014


Mauvais rêve

Apprendre à regarder le monde du haut de mes sonnets
Pour mieux glisser dedans ma part d’humanité
Les mots sont cerfs-volants ou papillons poudrés
Accrochés à tes ailes
Je joue à conjuguer mon temps à l’imparfait
Sans savoir qui je suis, qui je serai demain
Je tire sur l’élastique pour venir jusqu’à toi
Malgré les risques du vertige
Dans un élan non calculé
Je déboussole mes cadrans
Je tourbillonne et m’évanouis
Entre terre et soleil
Avant même d’avoir pu te frôler

Je fais toujours le même rêve
Et ne peux atteler
Ta distance à la mienne
Désagrément de mon parcours
Je tombe dans le vide
Heureusement
Ma chute aura une fin


mai 2014




Ralenti

Ici aucun écho
Rien que le murmure du monde
Soufflant à mes oreilles
Un chant profond et sans pareil
Bourdon qui prend racine
Au centre de la terre
J’écoute et je m’aère
Je secoue mes tristesses
J’ouvre grand mes volets
Je sens monter en moi
Un grave prolongé
Une note en suspens
Je cherche le point d’orgue
Pour faire durer la pause
Je m’installe en silence
Au cœur de l’adagio
Qui s’étire lentement
Dans la courbe du temps


mai 2014


Aveu

J’ai pénétré ensommeillée
Dans un rêve racoleur
Nos deux bulles scellées
D’un regard irisé
Mon ciel endimanché
A fleur de ton soleil

mai 2014


Personne

Quelque chose ne colle pas dans la bouche de ceux
Qui balancent leurs mots comme une poignée de dés
Quand le hasard s’en mêle
Les discussions s’emmêlent
Et j’ai perdu le fil avant de t'avoir joué
Je passe et je m’efface
Sur la paroi d’en face

Il n’y eut jamais personne
Au numéro perdant
D’un abonné absent


mai 2014


Peu importe ...

Les jours passent, prononcent ma disgrâce
Extrapolent ma fin sur le fil du destin
J’avais pourtant voulu, voulu, encore voulu
Mais rien ne fut
Un simple rond dans l’eau, une anicroche
Une insigne accroche, un point suspendu
A des croyances inertes
Je ramasse mes jouets qui ne ressemblent à rien
L’enfance a disparu de mes pensées obscènes
Je truque ma balance, j’y vais de tout mon poids
Mais rien n’y fait, rien ne va
Un quart d’heure avant l’autre
Je ne peux me défaire de mes mauvais penchants
Je soupèse ma démesure
En excès
Peu importe, je ne sais plus compter
J’ai oublié
Oublié de dire ce qu’il fallait
Pour ne plus écrire l’indécent
Le caché, l’obstrué
Je reprends ma truelle
Pour combler mes contrées intérieures
Celles qui dissolvent les blessures
Je tente un ricochet, encore raté
Mon blasphème éclabousse l’intime de ta vie
J’ai beau tenter, beau apprendre
Je ne sais pas tricher
Je ne sais pas mentir
Je ne sais que clamer
Sans trop envisager
Disparus tes contours
Sur le blanc de ma page
Trop fins, trop fragiles
Trop subtils
J’exagère mais à peine
Je peine à te décrire sous les meilleurs auspices
Alors je t’imagine comme un mauvais présage
Un homme de passage qui va sans revenir
Peu importe, j’ai horreur du moindre souvenir
A part ma peau peut-être
Qui revoit son costume dans des lambeaux ardents
C’est tout ce qu’il me restera après l’apprêt
De mon séjour sur terre
Un ciel émerveillé par mes jeux de couleurs
Bleu
Tous les regards du monde accrochés à mes larmes
Noires
Je laisse aller les flots sur ma feuille encore vierge
De toute incertitude
C’est une mise à l’étude, une mise à l’épreuve
Un plan que je dégaine
Pour ne pas m’éclater sur la cloison d’en face
Seulement voilà
Je ne veux pas purger ma peine
Je crois encore à tes saisons au milieu des dilemmes
Et je me fous des rimes qui se débinent
Elles m’enserrent, me desservent
Je remets le couvert, j’ai revu ma copie
Allez, je joue à l’enfant sage encore une fois
A la gamine propre sur elle
Sous son long tablier
Tâché


mai 2014


Accostage

J’ai rattaché tous mes filets, contenu mes discours
Pour enfin débarquer sur ta grève enchantée
J’ai déposé à quai le meilleur de moi-même
Sans craindre le ressac de mes idées moroses
Soulevant malgré moi les revers de ma prose
Aucun danger, aucune alerte
J’ai posé mes deux pieds sur ta plage accueillante
Et foulé ton rivage, ma ligne d’arrivée
L’orage était derrière, le ciel était limpide
J’entamais ma décrue et rassemblais mes perles
Pour t’offrir un présent à la saveur nouvelle.


mai 2014


Mise à l'oeuvre

Je révoque mes à priori et mes idées reçues
Je lisse mon regard d’un revers de la main
Je dégage l’azur de ses tâches obscures
Je dévie d’un présent dont les pas trop pesants
Alourdissent la charge et voûtent les années
A force de jongler avec les heures venant
Je trace une ouverture et je prends la tangente
Je balaie sans frémir tous mes châteaux de sable
Je disperse les grains aux quatre coins du monde
Pour ne plus redouter la vague dangereuse
Visitant mes intimes tempêtes par jour de mauvais temps
Je dessine une droite infinie sans avant ni après
Je suis un point, une origine au milieu de ta page
J’efface mes limites pour traverser enfin
Les épaisseurs de ton imaginaire
Et inventer ensemble notre ligne de fuite


mai 2014