dimanche 31 août 2014

Rentrée

Septembre annonce sa couleur
Ses envies de douceur
Dans un ciel sans nuages

Tirer l'été à soi
Une dernière fois

août 2014


Petite musique d'été

La note a vibré quelque part dans la nuit
Résonance d’une corde effleurée
Fin d’été couronnée de parfums
Papilles au goût sucré 
Aux saveurs de fruits mûrs
Pupilles aux teintes accordées
Effluves saisonnières
D’un temps riche et prospère

La fragrance était belle
Aérienne et rythmée dans sa composition
Elle ajoutait une touche légère et musicale
A l’ambiance estivale
Un couple s’enlaçait plus loin
Sous la lumière diffuse des lampions colorés
Un rire en cascade a résonné comme un écho
Le musicien jouait
Amplifiait la douceur d’une mélancolie
Nostalgie du moment
Presque palpable dans l’été finissant
Ne rien faire et se taire
Pour contempler le ciel et son apothéose
Sous la lune enrobée dans un concert d’étoiles
Et conjurer le sort des brouillards matinaux
Qui bientôt voileront notre destin d’humain

A chaque jour suffit son refrain


août 2014


Quelque chose de l'enfance

Je traverse les murs
Pour soigner mes blessures
Je change d’aquarium
Cherche l’apesanteur
Et flotte entre deux eaux
Amniotiques
C’était quand déjà ?
La douceur infinie
Le charme d’un destin
D’une vie avant l’heure
Je longe des parois
Humides et obscures
Avant la prise d’air
Je m’invente un instant
Beaucoup plus loin qu’ici
Mais la vie me rattrape
Me propulse en avant
Aucun choix
Si ce n’est de rejoindre
Le grand puit de lumière

La violence d’un cri
Vient troubler l’atmosphère


août 2014


Que reste t-il ...

Croyez-le,
Cette histoire est sans issue
J’ai beau pousser les murs
L’espace rétrécit
J’ai beau creuser le sol
La nature est absente
Où suis-je ?
J’ai perdu le début
Lorsque la fin s’impose
Tel un rideau de fer
Sur mes paupières closes
Le rêve est un tombeau
Où mes espoirs saturent
L’avenir est en boite
Mon champ est étriqué
Condamné par les heures
Qui en font un détail
Une minuscule empreinte
Sur la terre où je suis


août 2014


Au bout du couloir

La nuit je somnambule 
Les ombres me précèdent
Dans le sombre couloir
Où je m’égare parfois
La nuit, il y a des escaliers
Et des portes fermées
Interdiction d'entrer

La nuit je prends mon vol
Sur le dernier pallier
Je me mets à planer
Entre sol et plafond
Pour découvrir et rassembler
Les intentions de ma mémoire
Diffuse et souveraine
Là, tout au bout du couloir


août 2014


Plein été

M’enivrer à jamais
D’un soleil immobile
Qui darde ses rayons 
En mon centre épanoui
Herbe tendre sous ma nuque
Baisers ardents sur mon visage
Aux rayons salvateurs
Les yeux au ciel, je m’encanaille
A la faveur d’un rêve bleu
Dépourvu de nuages
Chlorophylle entre les doigts
Mâcher un brin de menthe
Mêler le vert au bleu
L’existence est moins fade
Le jour plus audacieux
Dans ses teintes vivaces
Créées pour l’occasion
Le bonheur est en cours
De réalisation
Silence
On tourne


août 2014


Le temps qu'il fait

Dans la grisaille ambiante
La mélancolie s’invite à bon escient
Elle s’immisce froide et humide
En chacun de nos pores
La chair frissonne et se souvient
D’une douceur révolue
Sous un ciel charbonneux
Chargé de lourds présages
Les mots sont des nuages
Qui pèsent sur nos têtes
Imprégnées de tristesse
Le ciel pleure
Et ses larmes rejaillissent
Dans nos regards humides
Le temps est à la pluie
Et le moral aussi


août 2014


dimanche 24 août 2014

La saveur de l'attente

Je désherbe et défriche
Un sombre terrain vague
Un chantier interdit
Aux âmes trop légères
Amuseurs de passage
Volages
Je cultive mon lot
J’en arrache l’ivraie
Pour en faire un jardin
Serein
J’accueillerai enfin
Le bon grain de la vie
Dans un puits de lumière
Eclairé par les jours
Qui nous rassembleront
Effluves émouvantes
Sur ta peau attendue
Où se glisse en douceur
Le goût de l'imprévu

août 2014








samedi 23 août 2014

Fin de nuit

Ma nature a frémi dans le petit matin
J’ai rassemblé mes idées claires
Au détriment d’un rêve qui ne finit jamais
Chaque nuit c’est pareil
Le rêve recommence, appuie sur ma conscience
Prudence
Il y des variantes et des scènes tronquées
Mais c’est la même histoire, le même scénario
Je suis actrice et spectatrice
Du film intime de ma vie
Je recherche les codes, les bonnes traductions
Les meilleures intentions
Mais la pensée est trouble et mon pas ralenti
Des ombres me traversent sans même m’apercevoir
Elles vont ensemble vers un but secret
Je voudrais bien les suivre, savoir ce qui les porte
Impossible défi, mes jambes se dérobent
La terre se liquéfie
Et la brume tenace atténue mon regard
Je suis seule dans un monde qui ne ressemble à rien
J’en ai perdu les clés, raté le bon chemin
Je me disperse, cherche la controverse
Dans un coin du cerveau
Mais le débat s’enlise, la question reste entière
Aucun échappatoire, il est temps de partir
Sur la piste d’envol, je prends de la vitesse
Imminence d’un réveil salvateur
Je trouve la réponse dans les premières lueurs
Que s’accorde le jour
Entre deux suspensions du temps
Je m’accorde un répit
Somnolence
Je baille et je m’étire
J’ouvre les yeux sur l’existence
Ma réponse à la vie


août 2014


Arrêt sur image

Entre les ombres, le grain turquoise
Les sirènes se perdent parfois
Dans les eaux scintillantes
Longtemps après la fin du jour
Leurs chants s’étirent et se répondent
S’accordent en symphonie
Sur un bout d’horizon
Harmonie naturelle
Un air marin, un cri de mouette
Un jour de fête
Le son ricoche et s’évanouit
Pour émerger plus loin
Dans la rumeur du soir
La fête bat son plein
Les lanternes magiques constellent l’océan
Une étoile file dans le ciel
Je fais un vœu


août 2014


Fin de saison

Août s’enlise et s'amenuise
L'été se tire en douceur
Pâleur d'un matin
Recherchant ses couleurs
Pour peindre son humeur 
Sur la plage blanche
Désertée par les foules
Vague après vague
Refluant vers les terres
Marée humaine bigarrée
Vers la ligne de fuite
Départs en cascade
Pour une nouvelle errance
Le temps se presse à l’aube
Nostalgie d’une douceur
Dans le ciel rougeoyant
Soleil auréolé
Des meilleurs souvenirs
La peau garde longtemps
Le goût du sel


août 2014


Poème dansé

Ebauche d’un mouvement
Traversé par l’élan
Le corps devient sujet
Au gré des sensations
Fluidité de l’instant
Petite musique intérieure
Impulsion, pulsation
Le geste fend l’espace
Rebondit sur le sol
Elastique
Energie du silence
Danse intime et secrète
Solitaire et sauvage
Reflet dans un miroir
Volte-
face

août 2014




Envolée

Vision d’un monde emmitouflé
Un amas de nuages
Volatiles
L’oiseau jacasse
Sur fond de trêve
Et le temps passe
Indéfiniment
Dans le soir qui succède
Au testament d’un jour
Changement
Magie d’une envolée
Intense et fugitive
Sous l’arbre crayonneux
Liberté du regard
Tu me souffles à l’oreille
Un bruit d’ailes et de vent
Je t’entends et je prends
Ton goût et tes couleurs
L’émotion nous sature
Enjolive nos vies
Inspiration et création
J’expire
Sur ta bouche entrouverte


août 2014

                                photo: Didier Mignon

Demi-teinte

Entre gris et bleu
L'été se dénude
Climat versatile
Humeur indocile
Départ prématuré
Des hirondelles
Solitude du ciel
Dans ses derniers attraits
Un nuage s'attarde
Sur la toile en déclin

Je cherche le soleil


août 2014


Ecume

Il est des plages hors d’atteinte
Désertes et mystérieuses
Blotties sous le brasier 
De mon ciel enflammé
Il est des passagers lointains
Frôlant mon univers
Sans jamais s’arrêter
Sans jamais me toucher
Vraiment


août 2014


Nuances

Derrière mon front, un bric à brac
De couleurs à foison
Elles s’accumulent par saison
Chacune a son histoire
Sa part de vie sous le regard
Son incidence sur la terre
Elles évoquent le temps
Bribe après bribe
Le ciel et ses nuages
L’effet du vent
Ondulant sur les blés
Devenus océans
La venue de la pluie
En plein après-midi
Le bruit des gouttes
Sur les feuilles assoiffées
Odeur de bois, de terre mouillée
Odeur de vie
Dans l’air qui nous rassemble
Trace de bleu entre les arbres
Fin de l’averse
Et la forêt s’ébroue
Etirant ses branchages
Vers l’été renaissant
Le soleil et son jaune
Capture la nature
Sous une chape tiède
Variété des nuances
Belle échappée des sens
Août s’étire
Dans un flot de jouvence
Où chaque instant a sa raison
Soudé à l’heure passagère
Unique et vagabonde
Qui emplit l’atmosphère
De mille chatoiements
Sous la juste lumière


août 2014


Osmose

Effacer les ombres permanentes
Gommer le gris du temps
Et retrouver le goût d’un rêve
Au beau milieu du jour
Une histoire d'amour
Déballée pour la cause
Un chant à l’unisson
Evoquant nos ardeurs
Le souffle de nos peaux
Vibrant au diapason
Changement de ton
Rouge passion
L’éclair de ta main
Réfugié en mon centre
La chaleur se fait dense
Et nos corps se délient
Le geste se libère
Le rythme s’accélère
Créant le mouvement
D’une danse intimiste
Ultime et nécessaire


août 2014


Eaux troubles

Une ombre ronde sur la vie
Un soleil à minuit
La barque tangue
Sur des rêves infinis
Jours et nuits se défont
Et s’accomplissent ailleurs
Les strates sont multiples
Innombrables et changeantes
Impossibles à définir
Dans l’épaisseur du temps
Somnambule à ses heures
Passager clandestin
D’un songe permanent
Le rêve est dans le rêve
Le chien devenu loup
S’échappe dans la lande
Des souvenirs perdus
Quelle heure est-il ?
Les aiguilles s’embrouillent
Des papillons frémissent
Tout au bord des paupières
Leurs ailes vibrent sans répit
Une nouvelle ère s’invente
Sous la poussière d’étoiles
Un vrai début à quelque chose
Dans le petit matin
Qui cherche sa lumière
Sous les fronts empesés

La porte s'ouvre enfin

août 2014


Immuable

Rien ne change vraiment malgré les apparences
Dans la fuite du temps qui nous absout de tout
Pour mieux nous préparer à vivre nos moments
Perdus
Imagine un instant le film d’une vie
Passant sur un écran
Géant
Un vrai panorama posé sur la rétine
Le pire et le meilleur
Le meilleur et le pire
Mêlés au tout venant, insignifiant
Rien que des souvenirs émergeant du présent
Du lourd et des broutilles
Des vides et des béances
Au fond quelle importance
C’est le tout qui fait lien, qui nous apprend demain
Indivisible somme qui façonne l’humain


août 2014


Observation

Un indice, un détail
Sur le pan d’une vie
Un regard accrocheur
Une lumière diffuse
Qui accentue le sens
D’une pensée secrète
Intime et volatile
Un presque rien du tout
Plaisir anticipé
Désir inabouti
A peine dévoilé
Réprimé sous les mots
Constants
Pas un plus haut que l’autre
J’attends
La faille ou l’ouverture
L’invitation à être
Et devenir
Aux confins de ta peau
Encore inaccessible
J’attends
Le possible amarrage
Le tendre atterrissage
Sur ta côte dorée
Sacrée


août 2014


Les amoureux

La Seine bruisse et se rappelle
Des rencontres intimes
Sur son flanc dénudé
A l’aube d’un printemps
Bourdonnant
Sur l’acacia en fleurs
Chuchotements
Sur la lame de l’eau
Avancer le bateau
Sur la trame
Clapotis de deux voix
Qui se cherchent et s’invitent
En aparté
Chassé-croisé
Frictions des corps
Sur les reflets mouvants
Un appel à la vie
Un remous intérieur aussi

Vague amplifiée
Par le regard de l’autre
Indécrochable
Double émotion
Surgie d’un tourbillon
Fous rires et sentiments
Vertiges et sensations
Jusqu’à l’accord
Presque parfait


août 2014


Pièces

Réinventer la vie 
En deux temps
Trois mouvements
Fragments épars
Jetés au monde
Chair et nature
Ombre et lumière
Parmi les interstices
Corps-objet
Dont le regard s’anime
En libérer la sève
Dans un geste accompli


août 2014

Pleine lune

L’encrier s’est vidé 
Sur la feuille encore vierge
Dehors il faisait nuit
Une nuit bleue d’été
Couleur de l’encrier
J’ai aiguisé ma plume
Rédigé mes prières
Au clair d’une lune
Affichant sa présence
Ostensiblement
Sur la toile tendue
Désertée par les astres
Le plafond indigo
Luisait en permanence
Sur la terre endormie
Une chouette hulula
Sans espoir de réponse
La lune grandissait
Dans son halo doré
Jouait les noctambules
S’inventait des rayons
Aussi doux que ceux
D’un soleil levant
Bientôt cinq heures
La vie allait reprendre
Dans le petit matin
Aux couleurs incertaines


août 2014


dimanche 10 août 2014

L'humeur du jour

J’ai traversé ton bleu
Un jour de grand beau temps
Te souviens-tu ? 
C’était avant …
Que l’azur ne s’endeuille
Sous un voile de cendres
Brouillant ainsi
La carte des saisons
Te souviens- tu, c’était hier
L’été avait l’odeur du blé coupé
L’air était saturé
Par la vie qui bruissait
En chaque lieu secret
Terre jaune
S’évadant vers le ciel
Une image, un tableau
Un souvenir naissant
Sur le gris d’aujourd’hui
Pesant


août 2014


Tentative de dialogue

La réplique est soudaine et cingle 
Dans l’espace qui nous sépare
Je cherche les mots à dire
La réponse évidente
La parole adéquate
Le bon tempo, la source sûre
La musique idéale

Le souffle suspendu
Je lance ma tirade
Mon si bel assemblage
Comme un bout de moi-même
Ma prose rebondit
Se met à la poursuite
D’un nouveau trait d’esprit
En vain

Ton édifice en ruine
Rassemble les décombres
D’une sombre colère
Où je me suis noyée
Un jour de mauvais grain
J’ai perdu le dialogue
La bonne répartie
Au phrasé impeccable
Tant pis

Le rideau est tombé
La scène est terminée
Avant d’avoir été
Une erreur de casting
Un mauvais second rôle
Un texte mal appris
Un vide sidéral
Une mémoire en berne
Et un auteur en fuite

Ma chute est perpétuelle


août 2014




Le grand jeu

Je rassemble les pièces d’un puzzle animé
Grandeur nature
De ma terre à ton ciel 
Débordant sur la toile
La peau a tant de souvenirs
Affichés 
Chaque empreinte est une vérité
Palpable dans sa nudité
Approchée
Délivrée au regard
Clair-obscur
L’entre-deux où tout devient possible
Accessible
J’assemble les morceaux
En suivant les contours

Chaque jeu a ses règles
Tout est à recréer
Rien n’est à inventer
Dans le corps qui suggère
Je comble les espaces
Je construis mon image
Evocation charnelle
Libérée du carcan
Des idées préconçues
J’effleure de la main
Ma vérité profonde
Mon atout féminin
Enfin


août 2014