vendredi 24 octobre 2014

Teintes forestières

J’ai noyé mon dernier regard
Au fond d’un kaléidoscope
Où s’embrasait un ciel d’automne
Les couleurs étaient belles
Imprégnées de lumière
J’ai saisi mon pinceau
Estompé les frontières
Entre le chaud et froid
J’ai regardé les feuilles
S’envoler à tout va
Dans l’allée dénudée
Tourbillons et volutes
Chutes légères et silencieuses
Ramassis des beaux jours
Sur la terre accueillante
Où souffle un air d’octobre
Au parfum de châtaigne


octobre 2014


Attente entendue

La terre a son langage, les saisons se déclinent
Et le soleil là-bas, s’incline derrière un horizon cendré
Pourtant ma fenêtre est au bleu
Un bleu plus vif qu’un ciel d’été
J’ai rêvé mes couleurs à travers l’objectif
J’ai recueilli les signes d’une fin de saison
Mêlant le pur azur au pourpre de l’automne
Dans le champ verdoyant, la marque d’un printemps
Celui qui nous verra résister à l’hiver
Comme des gamins pressés de toucher au bonheur
Ailleurs


octobre 2014 


La couleur pourpre

Sentir contre l’écorce le pouls de la nature
Qui palpite à tout va et fait vibrer la terre
Odeur d’humus et de fougère
Bruits d’ailes dans les arbres
Les feuilles dansent une dernière valse
Papillons rougeoyants
Dans les faibles rayons
L’une d’elles suspend son vol
Entre deux courants tièdes
Avant de se poser sans précipitation
Sur le sol encombré d’ocre et de mordoré
L’attente a quelquefois du bon
Vivre l’automne en harmonie
Partager les effluves, les teintes chatoyantes
Dans un même regard, une même attention

Et coule la passion des jours qui nous sont chers
Bientôt je te retrouverai

octobre 2014


Ciel d'octobre

Les nuits s’étirent jusqu’à la lisière
Des grands froids à venir
Pour l’heure, l’été traîne en plein jour
Sous un ciel clément aux douceurs avérées
Mon bleu contre ton blues aux portes de l’hiver
J’exhume mes plus belles nuances
Accroche mes fragrances à tes vers en suspens
Ton regard porte au loin les reflets de mon art
Les couleurs rejaillissent dans notre azur commun
Comme un feu magnifique dénué d’artifices
Légèreté des corps à l’innocente nudité
Dévoilant leurs quatre vérités
Ensemble nous irons d’un été à un autre
Au mépris des distances et des premiers frimas

Regarde comme il fait beau
Dans notre arrière-saison

octobre 2014


Bleu partagé

Le bleu m’a consolée de tant d’incertitudes
La vie est une histoire complexe
Dont il faut éviter chaque complication
Inutile encombrement
D’une mémoire débraillée
Ma peau n’est plus la même
Je colmate les brèches
A coups d’amour et de je t’aime
Chaque mot se cisèle
Sur ta coupe déjà pleine
Nous n’avons plus le temps
Des sentiments friables
Tu veux m’être agréable
Fini l’inopportun, superflu dérisoire
Je m’adresse à tout va
A tes meilleures années
Tes rendez-vous secrets enfin illuminés
Tes amours tendres et sauvages
La part obscure de toi même
Je m’adresse à la vie
Vibrante libellule
Posée en un endroit
Où la sève circule
Virgule colorée
Apposée


octobre 2014

 

Passionnément ...

Confusion des idées
Rassemblement du corps
Profusion en un point
Le centre qui me tient
Et me soutient
Un rideau de cheveux
Contient mes certitudes
Une question d'habitude
De repli intérieur
Quand la vague ramène
D'anciennes sensations
J'écume sur la berge
Clapotis salvateurs
Sur le sable mouillé
C'était l'été dernier
Quand le temps s'étirait
Au bout de l'horizon
Et les bras grands ouverts
Je courais sans limites
Happée par l'indigo
Des ombres enchantées
Qui traversaient le ciel
Retenir ta présence
Multiplier mes chances
Accorder nos nuances
C'était écrit
Devenir de nos mots
Dans un champ de visions
S'étirant à perte de vue
J'ai reconnu ta trace
Au milieu de mon ventre

Te retenir encore un peu
Beaucoup, passionnément

octobre 2014


Romance

Un élan vers le haut
Le ciel et ses attraits
Un ange passe
Récitant des poèmes
D'une étrange beauté
C'est le mien
Mon ange à moi
Celui de chaque jour
Allumant mes amours
Ultime messager
Un jour m'a décoché
Une flèche en plein cœur
Dans un geste enchanteur
Un charme fou cet ange
Douce mélancolie
Sur son visage tendre
Mon ange est un poète
A ne pas s'y méprendre

Je donne et je te prends

octobre 2014


Sieste

Il y a des rêves qui méritent d'être saisis
Fusion du réel et de l'abstrait
Une pose alanguie chair contre cuir
Souplesse des peaux qui se frottent
Blanc contre havane
Sous le voile éclairé
Intimement offertes
Paradoxe charnel
Cacher et dénuder
Pour laisser deviner
Donner à voir sans laisser voir
Tout un imaginaire
Aléatoire étude
Nimbée d'une douceur
Essentielle et subtile
Echappées temporaires
Où l'esprit vaque et divague
Aucun doute
C'est toi sous mon fantasme
Mon songe inabouti
Je lève l'interdit
Tabous dévastateurs
Empêcheurs d'amour
Castrateurs de désirs
Inassouvis
Lâchés au vent
Par un jour de ciel bleu
Essaimé de nuages
Octobre et sa belle saison


octobre 2014 



Corps et âme

Je me laisse envahir par la lumière
J’attise les oranges, les teintes mordorées
L’automne est là
Surenchère des beaux jours
Le bleu s’anime par-delà les nuages
Et mon corps attiédi
S’imprime dans l’espace
Qu’il est bon d’être soi
Pour mieux offrir à l’autre
Ses convictions intimes
Ses échappées secrètes
Je suis prête
A t’aimer, te chérir
Et te surenchérir
Quand ma peau survoltée
Comble les incidences
De mon appartenance
De toi à moi
De toi en moi
Quelque part je rejoins
Les meilleurs lendemains
Octobre me convient
Dans son plus bel aspect
Celui des réjouissances
Des grandes espérances
Ma jouissance est la tienne
Plus rien ne me retient
Sous la caresse tendre
Quand tout mon corps se donne
Et s’adonne
Volupté de tes sens
J’invente une présence
Pour conjurer l’absence


octobre 2014 



Le corps dévoilé

Je languis et m'alanguis
Poignée de gris sur un drap blanc
Mes tableaux suspendus
Rectangle crème nommé chambre
Libérée de tout, provocante à souhait
Dans l'instant suggéré
Où es tu tandis que je délivre
Le pourquoi de ma peau ?
Tourbillon de tes mots
Ardents sur le papier
Je brûle d'impatience
Quand il faudrait l'attente
C'est toi que je contiens
Je me fous des amants
Qui n'ont jamais su dire
Et n'ont jamais su prendre
Je te veux tout entier
Présent et imparfait
Le futur attendra
Pour nous cueillir ensemble
Au centre de ton lit
Où j'ai laissé mes traces
Tenaces


octobre 2014 



L'infinité du bleu

Un bleu tranchant parmi les ocres
J’accumule et j’entasse les couleurs estivales
Pour ne pas succomber
Dans le froid de l’hiver
Sous le ciel alourdi par le gris des nuages
Je tente une évasion
Par un petit matin où flotte une atmosphère
D’une infinie douceur
J’embarque sans hésiter
Puisant mes vérités dans l’entre-deux
L’indéfini et le possible
Sur la toile nocturne constellée de mes mots
Comme autant d’astres étincelants
Millier d’étoiles s’échappant d’un esprit voyageur
Et rêveur
Souvent tu me rejoins pour me prendre la main
Je suis loin d’être seule
Je compose avec toi
Je fais de ta matière des poèmes d’amour
Où je ris de l’hiver et de ses mauvais tours


octobre 2014 


Matin d'automne

Soudoyer le silence afin qu’il me murmure
Les échos d’un matin assombri
Dans la douceur humide et pénétrante
D’une pluie automnale
Perception aigüe du temps qui passe
Au rythme incessant des gouttes
Qui viennent s’épancher
Sur la terre engorgée
Tic-tac, tic-tac
Font-elles en éclatant
Bientôt 7 heures
Le jour n’est pas si loin
La nuit déverse son trop plein
Dans la gouttière en zinc
Bruit de ruisseau, de clapotis
Le ciel est d’un bleu sombre
Le premier coq chante au loin
La vie s'annonce
Et la pluie bat son plein
Au premier coup d’horloge
Le noir déteint encore
Sur les murs endormis


octobre 2014 


Recueillement

J’attends
Sous la voûte de ton regard
J’entends le bourdon de tes mots
Dans l’ombre de la pierre
Muette

octobre 2014

Alliance

Tes doigts, ensemble par cinq rejoignent les miens. Accepter l’offre et la demande dans nos mains confondues. Ton souffle tiède près de mes lèvres. La pulpe de ta bouche m’attire en ton domaine.
Tes doigts, un à un parcourent l’intimité d’un territoire. Collines et plaines alanguies, coteaux escarpés, failles sombres et intimes.
Tes doigts se prélassent sur ma peau épanouie. Ils hésitent puis repartent au gré des profondeurs et des puits de chaleur. Ceux qu’on garde secrets.
Chut, le silence nous cueille dans la nuit, prêts au rêve commun. La parole inutile et de toi plein les mains.

octobre 2014


Le souffle des poètes

Le souffle dans ta main
La parole devient
Une errance en plein jour
Un rêve inachevé
Une suite attendue
C’est de moi dont tu parles
Dans tes chuchotements
C’est de moi qu’il s’agit
Sur le quai d’une gare
Je m’égare
Nuage et vent
Soleil dissident
Je t’imagine cheveux au ciel
Dans une transparence
Une légèreté inaccoutumée
Je ne suis que fragrances
M’évaporer au loin
Dans tes bonheurs successifs
Il y a toujours un train
Un amour, une gare
Quelqu’un qui vous attend
Ou vous laisse partir
Agitons nos mouchoirs
Au temps du désespoir
Des tristesses sans fond
Et sans trop de raisons
Il y a toujours un souffle
Un murmure permanent
Qu’il suffit d’écouter
Comme on écouterait
Venir le temps qu’il fait

Et la vie ralentit

octobre 2014

Extrait

Mon ange désiré
Mon tendre messager
Délivrant des poèmes
Au creux de mon oreille
Des rimes interdites
Des conclusions intimes
Je parle ton langage
Je respire ta vie
Je fonds dans un hommage
A tout ce que tu es
A tes sens, à ta chair
A ce qui se libère
De chacun de tes mots
La parole est au corps
Et l'esprit délibère
Mon âme se soulève
Quand la vague ramène
Ce qu'il y a de plus beau
Mon essence et ta sève


octobre 2014 


Sans titre

Se bercer des dernières illusions
Caresser l'improbable
Le fragile, l'éphémère
Je vadrouille à n'en plus finir
Dans les méandres d'un possible
Je collectionne les reflets
Au pays des miroirs
Pour débusquer ma vérité

Quelque part un regard
Un autre que le mien

octobre 2014




 

Echos nocturnes

Douceur d’un soir aux tendres orangés
Au loin une guitare gémit
De façon électrique
Fête annuelle au village
Distorsions sur fond de percussions
Le ton monte et disparaît dans les feuillages
La musique voyage
Puis l’averse survient
Mouvements dans la foule
La grêle éparpille les derniers bruits de voix
Créant une incidence
Instant de courte durée
Encoche dans la vie
Le tumulte revient dans l’air rafraîchi
Ambiance nocturne
Une fusée traverse l’épaisseur du temps
Avant la levée des lampions
Sons de cuivres, rythme endiablé
La fanfare s’anime
Emmène un défilé aux couleurs bariolées
Artifices et cris d’enfants
Confettis
Un rituel, un passage
Un sourire à l’automne
Les châtaignes craquent sur la braise
Avant de réchauffer le bout des doigts


octobre 2014

 

Sans titre

Je m’accorde ce temps qui me devient si cher
Je me mets à rêver plutôt que de penser
Je choisis d’oublier le sérieux quotidien
Pour ne plus rechercher
Le pourquoi du comment
Je crois apercevoir entre mes yeux mi-clos
Ta fine silhouette tout au fond du couloir
Bien sûr, je fais semblant d'y croire

Prélever un moment du temps qui est le tien

octobre 2014


Question

Ça ressemble à quoi la fin
Est-ce le début que j’attendais ?
L’abeille noire solitaire
Cherche un abri pour la saison
Butiner quelques fleurs
Tardives du jardin
Avant les premiers vrais frissons
Abandon
Au beau milieu d’un océan de feuilles
Rousses effigies d’un automne en question
Signes avant-coureurs
Nudité hivernale
La peau est porcelaine
Aux fins filets bleutés
Veine fragile à la lisière du cou
Mon sang palpite
Et ma peau s’étourdit
De brèves sensations
Vibrations
Dans l’air environnant
J’en appelle à moi-même
Pour rejoindre le cours
Du temps qui se déplace
L’existence est loin d’être une ligne droite
Et les fins sont parfois des débuts


octobre 2014 


Iris

Entre nos deux regards se kaléïdoscopent
Nos impressions diverses
S'impriment des moments communs
Sur la rétine ouverte
Demeurent tes couleurs habitées par les miennes
Accouplement subtil pour un moment unique
L'horizon se partage
Et mon œil retient
Tes nombreuses facettes
Dans mon propre reflet
Quoi qu'il advienne
Ma vision est la tienne


octobre 2014 


Réplique au poète

Fourrer ses idées noires dans l’enceinte d’un temple
Où se recueillent incultes des ombres aériennes
Je suis moi avec toi sous la voûte du temps
Holastique mémoire d’un tout qui nous ressemble
Je rassemble les dés pour les jeter plus loin
Sur la pierre assombrie marquée à tout jamais
Tirer à coups perdus pour ce qui nous assemble
Alimenter nos rêves d’une belle élégance
Ensemble en la minute
Exquise et aérienne
Il faudra bien que j’y parvienne


octobre 2014 


Esquisse

Regard criant ses vérités
Je joue à pile ou face
Je compose ingénue
Mon portrait dans la glace
Reflet du temps perdu
Je creuse mon empreinte
Façonne une attitude
Abritant mes mystères
Pour laisser quelques traces
Dans un carnet d'études
A l'amoureux qui passe


octobre 2014

 

30 septembre

S'abandonner à la lumière du jour
Frôlements sur un tissu de peau
La brume apaise le regard
Rétrécit l'horizon
Varie la perception
Le front contre la vitre
La parole embuée
Je laisse aller le temps
Au fil de mes pensées
Nudité de l'âme
Peu à peu dévoilée
Le corps soupire en aparté
Quelque part il existe
Un secret bien gardé
Une illusion de soi
Un reflet automnal
Sur le miroir ancien
Piqué d'imperfections
Défaut de tain dans le matin
Courbe insolente
Sur le papier teinté
Modelé par mes soins
J'aborde mes contours
A la vie, à l'amour
A la rituelle absence
Ponctuant ta présence


septembre 2014 



De rêve en réveil

La soie de ta peau respire sous mes doigts
Je t’écris des poèmes en forme de pétales
L’anémone du Japon fleurit à profusion
L’automne est sa saison
Entre le mauve et le rose
Elle s’adonne au jardin
Par touches délicates
Une pensée pour toi
Dans le petit matin
Un ciel ennuagé
Grisaille et cendres
Mais j’attendrai dans la fraîcheur
Les rayons d’un soleil
Qui réchauffait les cœurs
Il fut un temps
Ce temps qui nous parlait
De douceur et d’amour
De l’aube jusqu’au soir
Quand le soleil couchant
Ravivait nos espoirs
D’une terre enchantée
Où s’ancrait notre histoire


Septembre 2014 


Arrière-saison

Beauté d’un matin
Dans son simple appareil
Le ciel à nu, bardé de rose
Tant de monde là-haut
Voyageurs hors du temps
La vie se pose
En gouttes scintillantes
Sur l’herbe évanescente
Premiers frissons
Dans l’automne naissant
Fugace solitude
Au milieu du jardin
Je pense aux lendemains
Aux premières gelées
Qui craquent sous les pas
Mes mains sont déjà froides
Dépouillées de l’été
A la chaleur bienfaisante
Aucun retour possible
Dans le soleil levant
Le monde tourne à perdre haleine
Et moi je suis dedans
Toupie humaine involontaire
Je tente un geste salutaire
Enrayer la machine
Glisser le grain de sable
Pari inévitable
Au milieu d’un désordre infernal
Je choisis l’impossible
La faille dans le temps
Une autre dimension
Dans le jour qui se lève
Respiration dans l’heure suspendue
Je m’accroche à mon rêve
Et m’accorde une trêve


septembre 2014 


Refuge

Dans l'antre familière
Résonne un bruit de paix
Une brève aventure
Aux teintes de la Sûre
Où mes mots se déversent
Je m'abandonne enfin
Je ne retiens plus rien
Je suis une incidence
Une belle évidence
Une apparition tendre
Une faille entrouverte

Ma belle découverte

septembre 2014

 

Aubade

Jour après jour je deviens femme
Mon ventre se souvient
D’un bonheur en cascade
Merveilleuse escapade
Eclats de rire
Et tiédeur automnale
Surgit un souvenir
Image persistante
Où s’abritent nos sens
Je recueille la vie
Qui émane innocente
De ton être émouvant
Offert dans sa beauté
Chaque douceur
Chaque aspérité
Devient une romance
Un voyage au long cours
Dont je suis les contours
Et chaque découverte
Est un bonheur en soi
Une offrande à l’amour

Confidence pour confidence
Je t’accueille en mon tout
Bien au-delà des apparences
Je suis au beau milieu du monde
Sortant de la pénombre
J’irradie en mon centre
Bienheureuse et sereine
Je n’attends rien
Je ne demande rien
Je suis entre tes mains
Et mon corps t’appartient

Septembre 2014


Echappée

Incidence
Sur un parcours
Sans importance
A l'origine
La vie est un nuage
Une tendre évanescence
Dans un bleu océan
Où l'azur se reflète

Les volutes du temps
Nous rappellent d'aimer
Souvent
Sans trop chercher
Sans vouloir tout comprendre
Ni savoir tout apprendre
A prendre et déguster
Un rêve à consommer
Un fruit mûr cajolé
Adoré, contemplé
Offert à des caresses
Objet de nos désirs
Fascinante trouvaille
Trésor inexpliqué
Et pourtant si fondé
De ton corps à mon âme
De ma peau à la tienne
Je suis
Bien au-delà des apparences
Je possède un bonheur
Tout au creux de la main
Qui m'habite sans peur
Et palpite en mon seing

septembre 2014


Ardennes

Traînées de brume à travers la fenêtre
L’aurore achève son parcours
Dans la fraîche rosée d’une prairie en pleurs
La maison a des bruits familiers
Tandis que l’heure s’égrène
Aux huit coups de l’horloge
Grincement sur le parquet
Sous la plante des pieds
Légers
La lumière prend son temps
Diffuse et apaisante
Silence
Ombre et lumière
Sur l’épaisseur des murs
Tableaux vivants
Parmi les souvenirs
La demeure a un cœur
Je l’entends battre à chaque pas
La demi-heure passe
Je hume les odeurs
Le front vers le soleil
Je suis son ascension
Dans un paisible azur
Qui perce les nuages
Un bonheur à portée de main
Peu de choses pour l’atteindre
Une tendresse pour la vie
Etoile filant vers un bel avenir
Peu de choses pour étreindre
Le meilleur de soi-même
Lorsqu’on regarde à l’intérieur
Un sourire esquissé
Une invite à l’embrassade
Je m’égare
Non, je suis où je dois être
Au beau milieu d’une évidence
D’une affaire entendue
Saturée d’affection
La vie prend son tournant
Mais moi j’ai tout le temps
D’être et de devenir
Regarde et vis
Entends mon rire
Qui vient éclater 


Septembre 2014 


Féminin

Trace tranquille
Equilibre
Plante et chair
Comme deux sœurs côte à côte








Mystère et féminin
Au cœur du monde
Le corps a pris racine
Une montée de sève
Un désir organique
Un signe une origine


 septembre 2014

Dédicace

Souvent le monde est de travers
Il faut trouver les lignes
Celles qui vous emmènent
De recto à verso
Rectangle blanc sur l'infini
J'en conviens
Je le garde pour toi


septembre 2014 


Influence

Parfois je me demande
Si la courbe du temps
Fléchit du bon côté
J’inverse les aiguilles
Je griffonne et j’écris
Quelques lignes jetées
Comme une arrière-pensée
Sur un papier de soi


septembre 2014


Pièces

Le nez contre la vitre, je vole en mille éclats
Le ciel est un puzzle fait de bleus nuancés
Les pièces s’éparpillent sur la toile tendue
Je compose un azur sous un nouvel aspect
Chaque rêve a sa place, chaque jour a son dû
Son lot de conséquences
De trésors attendus
Bienvenue
A chacun son miroir
Son morceau d’éternel
Sa part de circonstances
Sur le verre acéré
Aux reflets permanents


septembre 2014 


Les galants passagers

Les galants passagers découvrent les sentiers
D'une nature prospère sous un soleil d'été
Ils débordent souvent d’intentions malicieuses
En déversant des flots en forme de poèmes
Les galants passagers usent un coin de mystère
Et soulèvent curieux le grand voile assombri
Pour arpenter gaiement des terres accueillantes
Des mots doux plein la bouche
A la saveur de miel
Les galants passagers remontent les courants
Ravivent les eaux troubles délaissées par le temps
Comme si c’était avant
Ils s’immergent heureux dans les beaux sentiments
Bonne fortune bon cœur
Ils savent déclamer des phrases enguirlandées
Douées d’accords et de rimes
Les galants passagers disparaissent parfois
En laissant quelques traces
Des points de suspension semés sur leur parcours
Pendant un court séjour
Mais il y a aussi ceux qui manient la lenteur
Pour dessiner un jour une part de bonheur
Sur la carte du tendre, un voyage au long cours
Et quelques mots d’amour dispersés çà et là
Les galants passagers ont cet air familier
Cette douceur fragile effleurant les pensées
Aimables promeneurs au regard entendu
Ils content des histoires aux passantes avenantes
Qui souvent aiment y croire en s’inventant des rêves
Dans le jour qui s’achève et s’accordent une trêve
Le temps d’une moisson débordant d’émotions

Les galants passagers rallument les passions

septembre 2014

 

Carré bleu

Les petits matins s’exposent en douceur
Ils s’allument dans des teintes pastel
Pour énoncer les promesses du jour
Arrière-saison, la tiédeur sur les peaux
L’été au goût de sel demeure
La fenêtre est un grand océan
Par-dessus l’horizon
Je regarde passer un grand cormoran blanc
En forme de nuage
Aucun doute
Dès l’aube la vie est un voyage


septembre 2014 


Envers et contre tout

Des vers en théorie sur le papier couché
Mon regard t’allume sous les meilleurs auspices
Je me suis éloignée du bord du précipice
Loin des idées refaites et des rimes parfaites
Des vers en harmonie sur ton front ébauchés
J’essaie de distinguer notre réalité
Qui nous rassemblerait le temps de partager
Des moments inventés au gré d’une fredaine
Légère et avenante
Il n’y a pas à douter et rien à redouter
Brassons l’humanité sous un ciel apaisé
Trouvons la juste cause
Le bon point d’arrimage
Réanimons la chose comme un heureux présage
Une belle aventure tracée selon nos souhaits
Fini les dérapages
La route est belle et large
Des vers en alchimie avec des sentiments
Une douce affection
Une tendre passion
Vivons entre les apostrophes
Amusons nous à faire traîner
Les points de suspension
Comme ça pour le plaisir et la saveur de l’autre
Encore tant à aimer mais sans se fourvoyer
Prendre la bonne issue
Condamner les sorties
Incertaines et truquées
Sinon c'est pas la peine
D’avoir des ailes aux pieds pour apprendre à voler
Entre deux caractères, deux personnalités
J’aime ma déraison quand il s’agit de toi

Sur mon papier couché

septembre 2014

 

Quand tout devient noir...

Quand tout devient noir...
Désespoir des sens
Tendre son regard
Les battements en suspens
Vers un cœur en éclats

Le verre te va si bien

septembre 2014