mardi 25 novembre 2014

Dénument

Je porte haut les couleurs de l’automne
Dans le ciel envahi par les sombres corbeaux
Planant au-dessus des débris estivaux
Croassements de malheur sur le triste horizon
Un arbre famélique s’entraîne à résister
A l’inépuisable solitude qui l’entoure
Le sol repose sous la trêve agricole
L’arbre se souvient d’un été fastueux
Quand ses branches feuillues s’épanchaient dans l’azur
Rien ne dure
Le temps s’effrite sur ma peau
Écorce amère ressassant les beaux jours
Trouver le goût de miel
L’odeur sucrée d’un beau matin d’été
Parmi les bruits d’abeilles
Je deviens l’arbre aux milliers d’apparences
Et j’ose afficher dans le cours des saisons
La nudité extrême
La vraie beauté suprême


novembre 2014 


L'ombre de la passiflore

Mes nuits s’inventent en plein jour
Volutes embleuies
Où les rêves demeurent
Des petits bouts d’espoir
Avant le gris du soir

novembre 2014

Ensemble

A force de rêver
On finit par aimer
Tout ce qui porte un nom
Et raconte une histoire
Sans aucun boniment
Beauté du sentiment
Dénicher la valeur absolue
Dans l’effeuillage discret
Des souvenirs communs
Quand nous ne faisions qu’un
Unis dans le courant
Qui nous portait au loin
A la vie à la mort
Tu sais, je me souviens

Tu es loin d'être rien 

J'y tiens

novembre 2014

 

Attention chagrin

Car durant tant d’années
Quelque chose a grandi
Au plus profond de moi
Un amour infini, difficile à conter
Les mots s’enfuient parfois
Alors qu’on les voudrait
Si vrais, si pénétrants
Si éloquents
Je finis par blesser
Au lieu de consoler
Et j’en oublie parfois
Le pourquoi de l’instant
Que de temps nous assemble
Dis, c’était quand déjà ?
Trouver la bonne clé
Savoir l’utiliser
Je sais toujours ma partition
Je n’oublie pas, je n’oublie rien

Quelque chose a failli
Au plus profond de moi
Désarmée par le doute
J’ai recompté mes doigts
Dis, tant d’années
Tant d’amour à donner
Cela ne s’oublie pas
Prends ce qui te revient
Quand le soleil décline
Là-bas, à portée d’horizon
Nous ne sommes plus si loin
Regarde
Il y a mon sort entre tes mains

novembre 2014

jeudi 20 novembre 2014

Bleu de Chine


Entrevoir l'essentiel
D'un revers de la main
Velouté de la peau
Dans un lit de satin
Rêver le septième ciel
Entre deux frôlements
Aller toujours plus haut
Et déployer ses ailes
Toucher le firmament
Transcender le présent
Pour aller finalement
Vers d'autres lendemains

S'aimer beaucoup plus loin

novembre 2014

 

Eloignement

Grisaille des mauvais jours, tout a une fin
Soleil perdu et fleurs fanées
Pourriture automnale aux abords de l’hiver
Arbres décharnés où s’accrochent encore
Quelques derniers feuillages rares et parsemés
Il est temps d’y aller
Temps de quitter son rêve malgré tous ses attraits
Un visage, un regard, un sourire
Une réponse à la vie
Je regarde derrière, qu’il est dur de partir
Qu’il est dur de saisir le premier train qui passe
Refaire le chemin pour semer derrière moi
Les bribes d’une histoire encore en pointillés
Trouver le bonheur d’être même dans l’absence
L’inévitable absence
Sentence assombrissant présent et avenir
Je connais le présent mais l’avenir
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Tout devient trouble et sinueux
Privée de mes repères, je marche à l’aveuglette
Je ne distingue rien de ce qui nous attend
Trop tôt ou bien trop tard, je ne sais plus très bien
Mais il faut que j’avance, prenne de la distance
Creuse l’écart entre nous deux
Pour ne devenir qu’une
Habitée par tes mots, par ta voix, par ton corps
Retrouver un ailleurs bourré de ta présence
Ma plus belle évidence


novembre 2014


Dans l'antre

Couleur sépia
Atmosphère surannée
Roses séchées
Odeur poudrée
Mélancolie du temps
Sur les pages assombries
Des livres habités
Retenant leurs secrets
La nudité s'affiche
Et danse sur les murs
Captive le regard
Émotion de la peau
Pudeur et impudeur
Se mêlent et s'approprient
Le toit de la demeure


novembre 2014

 

Fait d'hiver

Un voile évanescent dans le jour qui se lève
Je couvre la grisaille d'un semblant de couleur
Pour échapper à la mélancolie
D'un matin sans saveur ni odeur
Je cherche un signe de douceur
Une tendre enveloppe et des bras protecteurs
L'hiver n'est pas si loin
Avec ses armes blanches couvertes de froidure

Césure
Il faut se préparer pour pouvoir affronter
La triste solitude des nuits interminables
Dans un lit délaissé par la chaleur humaine
Secrets d'alcôve qui s'effilochent
Avant de s'évanouir dans la faible lumière
Des tout premiers frimas
Novembre et ses frissons

novembre 2014

 

Sans titre

Le ciel n’en finit plus de bleuir
Nuages de passage
Avenants voyageurs
Je caresse mon rêve
Cheveux de soie entre mes doigts
Des cheveux blancs
Des cheveux d’ange
Sous la tendre auréole
D'un être en devenir
Je vois novembre luire


novembre 2014 


Sans titre

Le rire de l'univers
Résonne encore en moi
Vibrations de saison
Le nuage s'enfuit
Par la fenêtre ouverte
Je vois passer l'été
Esquivant savamment
L'ombre de mes volets

Plein soleil à midi
Et ton rire m'engloutit

novembre 2014



L'ombre du doute

Le ciel comme un buvard
Absorbe les encres de la nuit
Je compte sur mes doigts
Les heures qui nous séparent
En égrenant le temps
De photo en poème
Je rêve …
Je ne sais plus très bien
A l’aube d’un départ
Si je vais te trouver
Dans ma réalité
Bien planté quelque part
Au bout de mon chemin


novembre 214

 

Flottement

Septembre a laissé quelques traces
S’installer sous mon front
Comme un début à quelque chose
Un embryon d’histoire
Il était une fois …
Et me voilà
Flottant entre deux rêves
Jusqu’au jour
Où j’atteindrai enfin
Notre réalité
Le temps fait ce qu’il veut
Mais moi, je t’aime

novembre 2014


Bientôt

Je devine en ton antre
Comme une frénésie
Une ardeur émouvante
Une lumière particulière
Sur les murs habités
De tranches innombrables
Sous les yeux bienveillants
Des muses du logis
Me reposer dans l’âtre
En t’attendant
Et écouter le bruit du vent
Bruit d’ailes et chat-huant
La flamme de mon corps
Réchauffe l’atmosphère
Qu’il est bon d’attiser
Nos meilleurs sentiments
Au firmament de nos désirs
Patience au cœur de l’impatience
Je prends mon temps
Je traîne et je divague
Parmi les bouts de toi
Une odeur de lavande
Plane de pièce en pièce
Je la poursuis
Jusqu’à la chambre rouge
Où j’apprends l’art d’aimer
Au milieu d’une bulle
J’aperçois ton reflet
Ton regard azuré
Tout m’appelle et me porte
Tout ce que tu m’apportes
Et mes doigts s’ouvrent
Au bout des bras
Comme un soleil levant
Au plus doux de l’été
Mélangeons nos saisons
Accordons nous ce temps
Qui file droit devant


novembre 2014 



Fragments d'automne

Les traces des beaux jours s’effacent peu à peu
La nature s’offre à nous de façon plus intime
Effeuillage automnal au moindre coup de vent
La forêt se dénude
Déposant doucement son manteau mordoré
Comme des lambeaux d’été
Elle étire vers le ciel le brun de ses rameaux
Exposant sa douceur et sa fragilité
Frissons d’automne sous la voûte cendrée
J’ai froid dans le petit matin
Pouvoir me réchauffer dans des bras accueillants
Faits de chair et de sang
Bouillonnant


novembre 2014 


Acclimatation

Entre tilleul et cèdre le langage est matière
Arbre déraciné de sa terre initiale
Le cèdre du Liban demeure
Envahie par ses ombres
L’herbe s’étiole sous les branches
Fleurs atrophiées par tant de sombre
Le cèdre est là
Fier et planté
Plus rien ne pousse
Sous un ciel changeant
Il s'habitue et il apprend
Loin du Liban


novembre 2014

 

Absolu

Je file en transparence sur la route du rêve
Je t'accorde un silence, je nous offre une trêve
Entre deux solitudes je crée la multitude
Je me fiche pas mal des revers de médailles
Quand il s'agit d'aimer, d'apprendre à respirer
Nos souffles se conjuguent loin des inimitiés
Et j'abreuve nos coupes à la source du temps
Ma foi est invincible, mon amour infini
Je franchis en douceur les limites du rêve

Tout est possible, rien ne s'achève

novembre 2014


Futur proche

J’attise une seconde le temps qui se défait
Je te vois revenir, effleurer la surface
D’un proche souvenir
J’amasse sans fléchir les moments opportuns
Je favorise ainsi un beau retour de flamme
En réchauffant les braises que nous avions laissé
Séjourner dans nos corps un certain jour d'automne
Je souffle doucement sur un tendre avenir
Où viendra s'immiscer ton regard embleui


novembre 2014 



Le bon sens

Je tourne mes aiguilles dans le sens du bonheur
Un tour deux tours
Trois petits tours et puis reviennent
En plein cœur de midi
Notre destin, notre apogée
Guidée par tous nos soins
L’antre explose en mille papillons
Aux ailes de papier
Ca s’émoustille et ça s’agite
Aux dessus des racines
De notre histoire exubérante
Où prolifèrent nos deux jardins
Aux couleurs incendiaires
Le ciel est beau ce soir
Le tilleul patiente
Pleine lune à minuit
Un halo de lumière revêtira la terre
Le tilleul m’attend
Sous le bleu de novembre
Le chat s’étire près de la porte
Il m’a surprise il me regarde
Tous tes livres m’attendent
A l’odeur de tes mains
Les chevaux m’attendent
Je les entends
Ils renâclent au loin
Tous les miroirs m’attendent
La lumière est si belle
Doucement tamisée
Tous les poèmes m’attendent
Les tiens, les miens et ceux des autres
Tapis entre deux pages
J’irai les débusquer
J’irai m’en abreuver
Même les vaches attendent
Au bord de notre route
Impassibles aux yeux doux
Et puis toi tu m’attends
Sur le quai de la gare
C’est fou, c’est indéniable
Une partie en cours
Un hymne époustouflant
Je prends
Toi, moi et nos désirs
Émouvants, sous-jacents
Je te prends
Il y a le clocher qui m‘attend
Je tourne ses aiguilles dans le sens du bonheur
C’est sûr
Je l’entendrai encore longtemps


novembre 2014

 

Brumes

Les brumes matinales transportent avec elles
La trace indélébile de ton encre violette
Le regard estompé cherche parmi les ombres
Qui quelquefois transforment la vision
Je n’ai rien perdu dans la blancheur opaque
Bien au contraire
L’essentiel jaillit d’une intime lumière
La tienne


novembre 2014

Accostage

J’arrive doucement sur ta berge éclairée
Je n’ai pas pris le court chemin
Le temps de délester tous mes chagrins
Mes à peu près et mes regrets
Inutiles lambeaux d’un moment achevé
Je cours devant et je m‘enquiers
Du temps qu’il fait là-bas, chez toi
Un bout de bleu dans mes bagages
Sait-on jamais, s’il pleut …
Aucune envie de fendre l’âme
Rien que des mots, rien que des gestes
Qui subliment l’amour
Et nous emportent exactement
Au firmament de nos désirs


novembre 2014

 

Le dénument de l'âme

J’imagine un instant ce que serait ma vie
Sans amour et sans joie
Au bord d’un crépuscule avide et inquiétant
Étouffant la lumière, maquillant mes paupières
D’un bleu plus sombre que la nuit
Une vie sans étoiles à éteindre
Chaque jour dans le petit matin
Pas de chasse aux nuages, de course au firmament
Rien que des balivernes dénuées de sentiments
Rêves sans conséquences, sans aucun lendemain
Ma tête est un poids mort juchée sur un fantôme
Qui traverse le temps sans s’en apercevoir
Il est déjà trop tard
Il fait déjà trop noir pour tout recommencer
Et l’encre se déverse par flots sur les fenêtres
Qui me montraient encore il n’y a pas si longtemps
L’azur et ses secrets, le pourquoi du comment
J’étais si bien sous ton regard …
Dans le bleu de tes yeux déclinant mes espoirs
Mon futur incertain, ma vie en suspension
Mais voilà
Je continue ma traversée funèbre
Je fonds dans le cortège jusqu’au bout du chemin
Quand j’entends les défunts
Respirer doucement l’odeur des chrysanthèmes


novembre 2014

 

Sans titre

Murmures et vibrations sur la terre hors-saison
La vie nous interpelle dans un battement d’ailes
Et le bruit du bourdon accorde les violons
Dans un souffle léger aux parfums de l’été
La trémière s’épanouit dans le ciel habité
L’insecte velouté a suspendu son vol
Pour venir se nicher dans la boite à regards
Il n’est jamais trop tard pour saisir l’existence
Lui donner sans faillir toute son importance


novembre 2014

 

Automne estival

C’est l’été qui revient
Bruits de chasse au soleil
Les champs sont verts
Le fourrage à venir
Pleins feux sur novembre
Les jacinthes fleurissent
Déjà
Sous le ciel encore bleu
Je fixe la lumière par mon œil aveuglé
Traces de toi sous ma pupille
Tout s’illumine alors je cligne
Mes paupières papillonnent
Et la chaleur s’étale
Elle envahit mon corps
Encore une pensée
Pour toi
Tournoyer au-dessus des nuages
Être léger comme une feuille
Un oiseau qui s’attarde
Sur nos deux horizons


novembre 2014 


Désolation

Le soir, l’ombre s’étend un peu trop vite
La fraîcheur s’installe tandis que le soleil s’éteint
Dans les branches dorées des tilleuls endeuillés
Où s’accrochent encore quelques fleurs de l’été
Fanées
Abandonnées par les nuées d’insectes
Les bourdonnements se sont tus
Tout fout le camp dans le ciel affadi
Les oiseaux le désertent
Jour après jour
Départs vers la douceur
En escadrilles bien rangées
Bientôt il n’y aura plus que les corbeaux
Pour planer tristement sur les champs dénudés


octobre 2014

 

Volatile

Les beaux jours en profitent sous le ciel accordé
Le froid viendra pourtant dénuder les poètes
Espèce infatigable dans les courants contraires
Branche tendue vers l’azur consentant
Qui manie les couleurs et fait souffler le vent
Note animale sur la partition
Un piaillement donne le la
Oui c’est là-bas que nous allons
Beaucoup plus loin que le bref horizon
Qui met sa signature dans une ligne droite
Je suis le gai pinson qui siffle à ton oreille
Et j’apprends mes leçons
Sur ta portée céleste
Car bientôt mon plumage caressera tes ailes
A l’ombre des nuages qui peaufinent le ciel


octobre 2014 


Toussaint

Un petit vent de nostalgie
Vient s’immiscer sous mes paupières
Je regarde passer les fantômes de la vie
Et puis la chair encore si proche
Aimable et désirable
A portée de la main
Un geste aura suffi
Le petit vent s’engouffre
Fait selon son plaisir
Il s’attarde insolent sur des pensées secrètes
Des élans de chaleur, des petits abandons
Et des grandes conquêtes
Les chrysanthèmes s’allument au soleil
Et moi je suis l’allée d’un obscur souvenir
Qui se laisse entrevoir au milieu des cyprès
Quand sa main dans la tienne
Vous captez la lumière
Le petit vent me pousse toujours un peu plus loin
Comment faire pour rebrousser chemin ?
Te prendre dans mes bras, conjurer le passé
Conjuguer au présent le temps qui nous surprend
C’est sûr, je te l’assure, je te susurre des mots tendres
Je déclame en silence, mon corps en désirance
Tout vient à point qui sait attendre
Devisait le poète
A point nommé qui sait comprendre
Avait conclu la muse


octobre 2014 


Heure d'hiver

Sous le feutre du ciel les bruits semblent lointains
Le temps s’égare dans le brouillard, onze heures ou bien midi
L’horloge hésite encore à épeler l’hiver
Elle se trompe d’horaire pour égrener vaillante
Les douze coups de l’été sous l’épaisseur de brume
Qui plonge la nature dans l’uniformité
Et le regard se perd dans l’infinie blancheur
D’un automne dédié à l’heure retrouvée


octobre 2014

 

Passé décomposé

Il avait dans les mains un souvenir lointain
Un visage, une peau, résistant aux années
Et toujours un regard scrutant le spectateur
Grand amateur de toiles et de nus délavés
Il avait dans le cœur la tentation d’aimer
Une ombre dérisoire sous le velours des cils
Une fossette amie dans un tendre sourire
La couleur du pastel sur la joue dépolie
Et des trainées de bleu sur le ciel amoindri
Il avait dans le corps l’empreinte féminine
D’une ancienne blessure encore à l’état pur
Quoi qu’il fasse un chagrin qui perdure
Une entrée en matière qui ne finit jamais
Un morceau d’existence pétri d’une douleur
Illusion d’un bonheur condamné à périr
Parfois la chair a le goût de nostalgie
Et sur le cher tableau renaissant au présent
Des larmes de tristesse ont lavé la poussière


octobre 2014 



Achèvement

La paix s’est répandue sur la morte saison
Dans nos mains les restes d’un été
Couvés par la douceur d’un récent souvenir
Déjà prêt à s’enfuir
Mais la vie se prolonge sur la terre encore tiède
La fleur se renouvelle sur les talus champêtres
Et les fossés retiennent la sève de demain
L’herbe folle est toujours aussi folle
Elle court sur les chemins, avide de lumière
Sauvage et souveraine
Quelques notes perchées dans le ciel incertain
S’éparpillent à l’approche d’une ombre solitaire
Tandis que l’étang reflète les facettes troublées
Du monde qui l’entoure
La vie devient liquide et les saules pleureurs
S’abreuvent dans un ciel parcouru de nuages


octobre 2014