jeudi 2 avril 2015

Y croire encore

C’était il y a longtemps
Quand j’ai pensé à toi
Pour la première fois
Etincelles de feu
Sous le soleil levant
Le ciel était si clair
A ce point lumineux
Qu’on aurait déjà cru
Se voir en plein été
Marcher sur tes empreintes
Reconnaître ta marque
Pour éviter les feintes
Et tous les faux-semblants
Qui m’éloignent de toi
Te suivre pas à pas
Pour trouver quelque part
Un horizon commun
Qui se rallumerait
Matin après matin


mars 2015 



Ecriture

Je n’ai pas souvenir
D’avoir été autre chose
Dans le cours des saisons
Qu’une écriture
Sans imposture
Pétales d’encre sous mes doigts
Buvards de mes pensées
Aller au cœur des choses
Jusqu’au bout de ma prose


mars 2015

 

Le bon moment

Adoucir la surface
Et arrondir les angles
Entrevoir d'autres perspectives
Je marche et je m'active
Sur des versants incontrôlés
Rendre pénétrable ce qui ne l'est pas
Sans se faire engloutir
En acceptant l'imprévisible
En provoquant le désirable
Te raconter sans sourciller
Tous les bienfaits de ma présence
Non, je ne prends pas d'avance
Patiente, je garde mes distances
Mais je veux être là
Quand le moment sera venu
Pour aborder la mise à nu


mars 2015 


Ce goût de toi

J'avais ce goût de toi
Sur le bout de la langue
Sel et sucres mêlés
Sève et sucs à la fois
Tout au bord de mes lèvres
Tout au creux de mes rêves
Effluves de douceur
Velouté d'une odeur
Tu deviens le passeur
D'une pensée charnelle
Je suis moi et non elle
Je suis à part entière
Baiser ta nuque tiède
Tout mon corps se soulève
Et t'aime pour de vrai
Un jour je reviendrai
Vers des contrées fertiles
Là où pousse infaillible
L'herbe de mes espoirs
Ce n'est pas un devoir
Mais un besoin tangible
Crédible
Un jour encore
Quoiqu'il advienne
Ta main enlacée dans la mienne


mars 2015 


Printemps

De découverte matinale
En exploration végétale
Les beaux jours me parviennent
Sous la plante des pieds
Tapis de mousse
Herbe si douce
J'aime sa tendreté
Le lierre m'ensorcelle
De ses ondes bleutées
J'aime ses arabesques
Sous le cèdre argenté
Qui domine la plaine
Par un soleil amène
Le jaune des jonquilles
Retient la trace
Des saisons passées
Avant d'éclater en étoiles dorées
Bientôt les prés
Les bois, les champs
Les forêts, les rivières
Fredonneront cet air si doux
Qui me captivera et qui me bercera
Et je m'agenouillerai en toute simplicité
Devant l'éternel recommencement
Bienvenue au printemps


mars 2015 


Tôt ou tard

Le trouble de l’attente
Entre deux précipitations
Sentimentales et climatiques
J’apprends à visiter l’espace
Vide de ta présence
Des zones désertiques à traverser
Solitude annoncée
Des mots qui s’éloignent
Des appels estompés
Des mirages avérés
Et des disparitions
Pouvoir défaire la cloison
Qui nous sépare
Rampart des habitudes
Des certitudes toutes faites
Sous le creuset de nos silences
J’évalue ton absence
Le temps a un prix, paraît-il
Mais lequel
Quand tout se désagrège …
Le vide me rattrape
Quand je crois te rejoindre
Mes mains s’agitent en silence
S’agrippent tant bien que mal
A l’éventuelle providence
Pencher du bon côté des choses
Pour disposer des vrais moments
Ceux qui s’inventent gaiement
Sous nos doigts avides d’expérience
Trouver la connivence
Le bois s’effrite sous mon regard
J’ôterai chaque clou
Déferai chaque planche
Pour te rejoindre
Tôt ou tard


mars 2015 


Fragrance

Lumineuses journées
Qui s’apprêtent au soleil
La douceur ne s’oublie jamais
Même au plus froid de l’hiver
Il y a ces traces qui nous rappellent
Combien l’été nous était cher


mars 2015



 

Tout contre

Nue et sans armes
Je t’ai donné mon affection
Mon corps sans artifices
Mes tout premiers frissons
J’ai aimé ta matière
Goûté ta déraison
Ton écorce attendrie
Où dardaient les rayons
D’un soleil invité
A notre communion


mars 2015 


SI ...

Si tu m’avais laissé le temps
Je t’aurais raconté
Des histoires de voyage
Et nous serions allés
D’île en île
De grain en grain
Explorer la beauté
Dans le petit matin
Blancheur de lait
Peau de satin
Je t’aurais emmené
Sur des sentiers marins
Respirer les embruns
Aux mille et un parfums
Tu aurais dessiné
D’un geste de la main
La carte intime et vibrante
De mon territoire
Loin des contrées désertiques
Des courbes illusoires
Mirages sans espoir
J’aurais écarté sans frayeur
La moindre des défenses
Pourquoi avoir peur
Quand toi tu sais donner un sens
A chaque pas que tu fais
A chaque chose
Je suis et tu disposes


mars 2015 


Une idée du bonheur

Dès les premières douceurs
S’entourer de couleurs
De parfums délicats
Nature tendre et généreuse
Habiller le jardin
De ses premières fleurs
Bouquet de rose à l’intérieur
Comme un écho odorant
A ce qui se trame au dehors
Effluves capiteuses
Elan de vie, sève montante
Etonnante vigueur
Malgré le givre et la fraîcheur
D’un fragile printemps
Naissant au fil des heures

Je regarde la rose s’épanouir
Chaque pétale en devenir
Me donne une idée du bonheur

mars 2015

 

Car rien n'est inutile

Une forme, un détail
Variation du moment
Infime mouvement
Du balancier du temps
L’air devient élastique
La minute imprécise

Car dans le cours des choses
Une halte s’impose
Profiter de l’instant
Qui ne finit jamais
Demeurer en suspens
Dans le grand sablier
Réinventer le vrai
Au fil de ses pensées
Apprendre à écouter
Tout ce temps traversé
S’accorder une trêve
Pour mieux savoir aimer

mars 2015



 

Sans titre

Je multiplie mes rêves
Pour en faire de la sève
D'une source inconnue
Je m'abreuve à loisir
Il me reste du temps
Avant de consommer l'été
Mais dans l'heure à venir
Je ne sais pas qui je serai
Qu'en sera-t-il le jour suivant
Inquiétant ou bienveillant ?
J'essaierai d'y paraître
Moi et mes incertitudes
Mes habitudes
Ma solitude


mars 2015 


Parfum du jour

Loin d'ignorer les zones d'ombres
J'ai rassemblé mes sentiments
En un bouquet ardent
Chaque nuance s'y trouvait
De la douceur à la passion
De la tendresse à l'explosion
En demi-teintes et couleurs franches
Et sur ma nuque blanche
Le parfum du printemps
Distille ses effluves
Essence à la saveur fleurie
Bois de rose et lilas
Une odeur dans la vie
Mon invention du jour
Ma touche personnelle
Et mon goût pour l'amour


mars 2015 


Un plus un

J'ai humé le silence et toutes ses fragrances
Douce atmosphère, cheveux au vent
Bouffée d'air pur face au soleil
Tout est possible alors
Même l'impensable d'hier
Devient vrai aujourd'hui
A quoi bon s'inquiéter
Si notre amour perdure
Si ton regard se penche
Et s'introduit
Dans mes pensées profondes
Je laisse faire et je nous vois
Ma valeur ajoutée à la tienne
J'ai humé le silence et toutes ses vacances
Libre demeure à mes instants perdus
Douce rumeur entre tes lèvres
Tout est plausible alors
Même l'indescriptible
Et l'intangible se transforme
En une immense métaphore
Chaque demeure a une entrée
Chaque entrée a sa porte
Chaque porte a son destin
Ouvrons la même si tu veux bien


mars 2015 


Vers la douceur

Effluves printanières tout au bord des narines
Verdure et bois
Lichen et terre sous le ciel épanoui
Herbe folle s’agitant dans la brise adoucie
La peau absorbe les senteurs
L’esprit à deux doigts du bonheur
Subtil et volatile
Pour surprendre avant l’heure
Le chant de l’espérance
Fragile et entêtant
Dans le vol d’un bourdon
Premier de la saison


mars 2015 



Racine

Tout juste à la racine des choses
Naissance et métamorphose
Le mystère de la vie
Se trouve entre mes jambes
Mystère broussaillant
La liane s’agrippe à mes sarments
Le fleuve ondule entre mes sens
Sève et sang réunis
L’hiver comme l’été le lierre avance
Pour mieux se cramponner
Face à notre existence

Triangle de verdure
Formé par advertance
La source luit
La source dure
Et je te lis en transparence

mars 2015


Apogée

J'ai dessiné les plus beaux jours
Au meilleur temps de notre amour
Entre les feuilles et sous le bois
J'ai cherché ma nature
Montré mon envergure
Plus rien n'avait de prise
Je volais à ma guise
Charmée par tes atouts
J'ai dérobé le temps
Pour y laisser ma trace
Ma marque personnelle
Et ma fougue éternelle
Du bonheur plein les mains
J'ai contré ton chagrin
J'entends encore ton rire
Comme un éclat sincère
Tinter dans l'éphémère


mars 2015 


Sans titre

Quand le soleil s’éclaire
Et franchit la fenêtre
Quand le corps s’évapore
Dans un rai de lumière
La peau se joue des transparences
Pour changer d’apparence
Substance incomparable
De l’être en mouvement
Evanescence du temps qui passe
Et puis s’efface
Dans l’heure qui chasse l’autre
Instant fugace
Vision de l’âme en équilibre
Sur le balancier de la vie


mars 2015