dimanche 20 septembre 2015

Sur le mur d'à côté

Le soleil est entré
Par la fenêtre ouverte
La lumière a fusé
Chaleureuse et feutrée
Et dans ma paume offerte...
J’ai tenu l‘invisible
Entre mes doigts
Glissait le temps
Grains aux reflets dorés
Dans le grand sablier
La vie s’est écoulée


Sur le mur d'à côté

septembre 2015



Frôlement

Ton ombre a envahi la toile
Au plus clair de mes nuits
J’ai traversé le vide
Qui nous séparait
Et mon regard en équilibre...
Evitait les faux pas
Ton ombre a bougé sur ma peau
Provoqué le frisson
Tout en bas de mon dos
Accentué la courbure
De mon corps à l’affût
Du moindre de tes gestes
Ton ombre s’est mêlée à la mienne
Mouvante et souveraine
Sur l’écran de ma vie
J’ai vu passer ta main
Au-dessus de ma chair
Ôtant le superflu
D'un élan imprévu
J’ai cru sentir tes doigts
Dessiner en douceur
La caresse attendue


septembre 2015





Cauchemar

Le ciel était tombé
L’eau s’était renversée
La lune se baignait
Dans les reflets dorés
Je ne touche plus terre...
Ma tête est à l’envers
Je broie la nuit
Profonde et carnassière
J’affûte mes couteaux
Dans le silence intense
De mes idées noires
Une étoile a chuté
Et mes yeux de charbon
Ont transpercé la nuit
Une lueur s’est invitée
Au banquet des amours
Fragiles et sans retour
La nuit me blesse
Et me disperse
Ta flèche plane
Et me transperce
J’ai évité de peu
Le terrible incident
Ma tête a explosé
En milliers d’étincelles
Et je me suis levée
Pour ne pas perdre pied
Ce n’était rien qu’une estocade
J’ai soupiré mon amertume
Plus de peur que de mal
Mais le cœur en fragments


Août 2015



Passiflora

Le temps se nourrissait
Des sucs et des senteurs
Le bonheur vrillait
A mes chevilles
J’ai ramassé la fleur...
Unique et prolifère
Dans son jeu de couleurs
Le bleu coulait à flots
L’été s’en abreuvait
Les pétales nacrés
S’offraient sans hésiter
Vanité
De mes actes manqués
Bonheur en trompe l’œil
Vert luisant de la feuille
Où étais-je
Lorsque tu es parti
J’ai sillonné les jours
Reproduit mon parcours
Pour semer à tout va
En ouvrant grand les bras
Qui étais-je
Lorsque je t’ai perdu
Silhouette avenante
Aux contours délicieux
Le temps m’était précieux
Lorsque tu l’habitais
La passiflore a envahi
La porte du jardin
Floraison de mes sens
A l’entrée délaissée
Et toi
Qui étais tu
Lorsque je t’ai trouvé
Parmi mes certitudes
Promeneur solitaire
J’entends encore ta voix
Me réciter des vers

Août 2015