jeudi 29 octobre 2015

Si tu savais ...

Si tu savais combien j’ai attendu
Amoureuse de tout
Patiente et silencieuse
J’ai attendu des heures
Délicieuses et sans fin
Et j’ai rongé mon frein
Dans l’espoir incertain
D’aller à ta rencontre
Au moment idéal
J’ai attendu les yeux fermés
Me laissant emporter
Par la première pensée
Nébuleuse et secrète
Le temps glissait sur moi
J’ai nommé mes désirs
Dans la douce latence
Des jours en devenir
J’ai attendu les bras ouverts
Le cœur offert
Le moindre de mes pores
Captant l’inespéré
Buvant chaque syllabe
Du monde en mouvement
J’ai attendu sans distinction
Le meilleur et le pire
La tristesse éphémère
Et l’écho de nos rires
Pourvu que tu sois là
Le jour où je pourrais
Avoir besoin de toi


octobre 2015


Flétrissure

Ce qui vient à faner
Ne repoussera plus
Dans le jardin d’automne
Une rose murmure
Ses dernières sensations
Pulsations
Le poids du temps
Sur ses pétales
J’écoute
Le son fragile du cristal
Quand la goutte limpide
Atterrit sur le sol
L’eau se met à briller
En milliers d’arc en ciel
Comme autant de pensées
Qui volent et s’évaporent
Ce qui vient à mourir
Ne revivra jamais
La rose va flétrir
Pétale après pétale
Il ne restera plus
Qu’une idée surannée
Une image très pâle
Peut-être un peu froissée


octobre 2015


Le bruit du vent

Les mots gonflent la voile de mes idéaux
J’invente et j’imagine, compose avec le vent
Je voudrais faire simple mais tout est compliqué
Le vent crée des tourments, la feuille tourbillonne
Profite des courants
J’ai beau cadrer, rien n’est tout à fait droit
J’ai beau crier, personne ne m’entend
Juste le bruit du vent qui souffle et se répand
Sur des terres asséchées et creusées par le temps
Qu’ai-je perdu, qu’ai-je gagné
Le bruit de ton silence
Qui martèle en cadence chacune de mes stances
Qu’ai-je entendu quand je ne savais plus
Quelle était la distance entre deux de nos mots
Disparus
Quand la terre a perdu
Sa vie, son abondance
Je ne percevais plus
Que ton souffle entêtant
Et puis
Le bruit du vent dans ton silence


octobre 2015


Je suis

Je suis 
Comme l'arbre solitaire
Aux branches dénudées
S'étirant vers le ciel
Je cherche un sens 
Sur cette terre
Quand arrive l'automne
Et qu'il ne
 reste rien
Des voluptés d'hier
Comment sera demain
Lorsque la vie n'est plus
Qu'un long frisson
Qui se prolonge
Sur la nervure du temps
La pluie devient sanglot
Le vent pénètre sous la peau
Le regard embué
J'essaie de traverser
Les brumes du matin
Rien n'y fait
Le jour sera chagrin
L'arbre tremble
Et j'ai froid dans le dos


octobre 2015


Mauve

Les nuits d’été ont des reflets
Qui caressent la mer
Envoûtante et secrète
Plonger dans les remous
Gagner les profondeurs
Pour y pêcher le bleu
Un bleu particulier
Une toile où les cieux
Se mêlent au courant
Pour y chercher la vague
Mystérieuse et discrète
Une voûte où les dieux
Peignent un idéal
Les nuits d’été ont des couleurs
Qui enchantent les yeux
Une envie d’aller voir
Là-haut sous les étoiles
S’il existe un moyen
D’interrompre le temps
Et de calmer le vent
Qui souffle quelquefois
Sur la morte saison
Garder l’été en soi
Les étoiles et le ciel
Le mauve d’un coucher
Saluant le soleil


octobre 2015


Partir

Partir vers cet ailleurs
Me frotter à la vie
Quand s'ouvrent les frontières
Du corps et de l'esprit
Et que le bleu du temps
M'anime et me poursuit
Aller à la rencontre
De cet autre-moi même
Qui souvent me contemple
A travers le reflet
De nos coïncidences
Défaire le carcan
Qui m'empêche parfois
De me perdre au-delà
Des simples apparences
Trouver la différence
Etre ce que je suis
Et un peu plus aussi
Partir vers cet ailleurs
Pour apprendre à grandir
Et atteindre qui sait
Une autre vérité


octobre 2015


Caresse

Ma chair a palpité
Sous l’effet de ta main
Tu as jeté les dés
Sur la trame vivante
De mon corps où s’inscrit
La volupté troublante
De tes arabesques
Mon sang n’a fait qu’un tour
Pas besoin de détour
Ma peau t’était offerte
Comme si j’étais à toi
Je ne faisais plus qu’un
Avec le temps
Mêlée aux éléments
La chaleur de ta paume
Diffusait les arômes
De nos corps réunis
J’en ai pris la substance
Au beau milieu du lit
L’automne me disait
Que tout était fini
Et qu’il était grand temps
D’aller rêver ailleurs
Je ne pouvais défaire
Ta main de mon corsage
Que tu déboutonnais
Alors qu’il faisait beau
Ta main belle et légère
Comme un heureux présage
Pour conjurer la peur
D’être un jour solitaire
Faire naître la couleur
Sur la pente perdue
Où crèvent les souvenirs
Ma chair a palpité
C’est vrai je me retiens
De ne pas divaguer
Lorsque tout m’appartient
Ta main sur mon visage
Et mes yeux dans les tiens


octobre 2015


Grains de temps

Quelques mots chuchotés
Jetés à l’envolée
Vers le soleil levant
Des mots tout frissonnants
A peine révélés 
Ebauchant doucement
Une pensée naissante
Légère et apaisante
Qui plane et se dépose
Du bon côté des choses
Sous mes pieds
La vie fourmille d’impatience
Dans le ciel
Le bleu d’un idéal
Et dans l’air
Une fraîcheur nouvelle
Au parfum automnal
Quelques mots parsemés
Qui égrènent le temps
Aux tout premiers instants
Quand la terre se réveille
Et secoue son échine
Un peu plus dénudée
Qu’elle ne l’était hier
Ainsi au creux des jours
Se façonne l'hiver


octobre 2015


Toile

Je tisse le moment
Lui donne de l'ampleur
J'apporte une couleur
A l’indicible
Au transparent
Patiente et résolue
Je m'applique à l'ouvrage
Qui sait
J'attraperai peut-être
Entre deux de mes fils
Un morceau d'éternel


octobre 2015


Ciel d'été

J’ai puisé la lumière
A la source limpide
D’un regard éphémère
J’ai demandé au vent
De me laisser du temps
Je voulais profiter
Des bontés de la vie
Trouver la plénitude
Glisser dans le courant
Pour découvrir enfin
La charnelle beauté
D’un désir assouvi
Mais la terre a tourné
Les saisons ont passé
D’un regard il me reste
Le bleu d’un ciel d’été


octobre 2015


Souffle d'ailes

Voilà 
Dans l’azur un envol
La lumière est ailleurs
Le bleu s’évanouit
Au loin à tire-d‘ailes
Il ne deviendra plus
Qu’un point gris dans le ciel
L’automne me dénude
Feuille à feuille dans le vent
L’automne a le goût de la cendre
Là, sur le bout la langue
Un souvenir comme un regret
Un départ à jamais
La grue étend ses ailes
Et moi je suis au sol
Je martèle mes vers
Comme un dernier trésor
Avant de ressentir
Le vent venu du nord
Je prépare l’hiver
Dans l’azur un envol
Comme une signature
Une marque du temps
Je change d’altitude
Je panse mes blessures
Avant de disparaître
Sous le blanc d’un nuage
Mourir et puis renaître
Vierge de tout bagage


octobre 2015




L'infini de la nuit

Quand la nuit m’ensorcelle
M’emporte dans sa traîne
Je divague et je rêve
Je cours sur des chemins
Qui m’étaient interdits
Je m’invente une vie
Bâtie sur mes chimères
Quand ta voix m’interpelle
Venue du fond des temps
Je me dis que peut-être
Tu existes vraiment
Ou bien ne serais-tu
Que le fruit d’un mirage
Une trouble vision
Au cœur de ma passion ?
Quand l’illusion opère
Je produis de mes songes
Des vérités premières
Je fais d’une utopie
Un possible infini


octobre 2015




mercredi 28 octobre 2015

Octobre

La terre se déshabille
La fleur devient frileuse
Privée de ses pétales
La lumière est si pâle
Nudité de mon cœur
Quand le vent m’a privée
De mes dernières armes
Créant dans son sillage
Une ambiance automnale
Ephémère de la vie
Toute trace s’efface
Le temps deviendra gris
Un jour ou l’autre
Il faut se résigner
A traverser le gué
Délaisser en douceur
Les beautés de l’été
Le soleil est bien bas
Et dans mon âme
La flamme vacille
Quelquefois
Je redoute qu’elle s’éteigne
Car j’ai peur d’oublier
J’ai peur que ma mémoire
Ne vacille elle aussi
C'est pour ça que j’écris


octobre 2015


Dérive

Dis
Sais-tu pourquoi le temps
Nous manque si souvent
Pourquoi les heures
Nous filent entre les doigts 
Pourquoi la vie
Nous échappe parfois ?
Je tourne et je détourne
Les aiguilles pressées
D’un cadran trop huilé
Maintenant est venu
Le moment de rêver
Dans le petit matin
Qui tarde à se lever
Partir à la dérive
Ne serait-ce qu’une fois
Sans trop se demander
Où sera l’arrivée


octobre 2015


Danse

Je joue avec moi-même
Sur le fil invisible
Qui rejoint nos deux rives
L’été réapparaît
Le temps d’un soubresaut
Et la lumière fuse
A travers les carreaux
Je franchis la distance
De mon seuil à la terre
Dehors il fait si beau
Je joue avec l’espace
Qui m’entoure et m’enlace
J’ébauche sur le sol
Deux ou trois pas de valse
L’herbe folle me frôle
Sur la terre il fait bon
Un oiseau déluré
Vient becquer à mes pieds
D’un geste de la main
Je chasse sans faiblir
Le noir de mes idées
Il me faut être gaie
Pour ne pas déraper
Surtout ne pas tomber
Surtout ne pas pleurer
La vie ne devrait être
Qu’un grand éclat de rire
L’oiseau s’est envolé
Dans un frôlement d’ailes
Une pensée tournoie
Légère comme un duvet
Je regarde le ciel
Vêtu d’un bleu très clair
Un nuage dérive
Tranquille et solitaire
L’herbe danse à mes pieds
Et je danse avec elle


octobre 2015




Instant

La vie s’invente
Fragile et aérienne
Le détail apparaît
Sous un rayon de lune
Et devient essentiel
Dans un bruissement d’ailes
Pensées soyeuses
Humeur joyeuse
Détourner le moment
Chasser en un regard
Tous les désagréments
Et se penser heureux
Dans le matin naissant


octobre 2015


Regard

Je rature le temps
Au gré des impostures
Griffonne quelques mots
Dans un coin du tableau
J’apprends à ne plus voir
Mon reflet dans la glace
Qui ne ment si souvent
Quand je doute de moi
Je détourne les yeux
Des erreurs qui font mal
Garde le merveilleux
Dans un ciel encore bleu
Enfin, je crois
J’essaie de vivre au mieux
Dans un monde défait
Où tout est délétère
Lorsque les guerres noires
Imbibent la matière
Comment se retrouver
Au milieu de nulle part
Quand on sait que là-bas
Quelqu’un vous aperçoit
Quelqu’un qui vous attend
Sans faire de serment
Je rature le temps
Et repeins mon azur
Qui sait peut-être un jour
Je te retrouverai
Les ans n’ont pas de poids
Quand il s’agit de toi


octobre 2015


Trace

Et l’éclat de ta voix
Est venu jusqu’à moi
Malgré le brouhaha
Des mots que j’inventais
Ils allaient s’amasser
Au bord de mes pensées
Je les accumulais
Sans pouvoir exprimer
Ce qu’ils me racontaient
La vie se bousculait
Aux portes du matin
Tant de choses à écrire
De vers en devenir
A l’aube de l’automne
Le temps bat et résonne
Encore un mot pour définir
L’instant qui passe
Fugace
Encore un pas
Rien qu’une trace

octobre 2015




Ton nom

J’ai tiré le rideau
Sur la dernière scène
Avant l’apothéose
J’ai voulu éviter
Un triste dénouement
Irrecevable fin
Pesant sur mon destin
Sur la pointe des pieds
J’ai quitté le plancher
Pour ne pas faire craquer
L’avenir sous mon poids
Tant de troubles désirs
En suspension dans l’air
La vie s’alourdissait
Le temps se ramassait
La seconde était dense
Intense
Tant de rumeurs passées
Qui venaient s’amasser
Cogner à mon oreille
Partir et revenir
Sur ses actes manqués
En chasser les démons
Et entendre à nouveau
Le bruit que fait l’écho
Quand j’épèle ton nom


octobre 2015


Quelque chose de toi

J’ai calfeutré ton ombre
Au milieu des décombres
Pour que tu n’aies pas froid
Parmi les souvenirs
Qui hantent mes pensées
J’ai écouté le temps
Raconter son histoire
Je ne pouvais pas croire
Que tu étais passé
A l’autre bout du quai
Là où je n’étais plus
Des trains s’en sont allés
Et moi je suis restée
Je n’en ai pris aucun
Pour ne pas redouter
Des retours incertains
Rêves sans lendemains
J’ai broyé tout mon noir
Un soir de mauvais temps
Quand la pensée déraille
Au coin de la mémoire
Où gisent inconsolées
Mes tentatives vaines
Des portes ont claqué
Des rires ont retenti
Et puis des pleurs aussi
Sous mon front une gare
Arrivées et départs
Un chagrin, un espoir
Un signe de la main
Un geste dérisoire
Et tu as disparu
A l’autre bout du quai
Sous la brume entêtante
Emportant avec toi
Nos plus beaux sentiments
J'ai calfeutré ton ombre
Au milieu des décombres
Pour garder quelque chose
Qui me parle de toi


octobre 2015


Bête à bon dieu

Attiré par le bleu
L’insecte s’est planté
Au beau milieu des cieux 
Chuter sur le papier
Coccinelle égarée
Sur un de mes nuages
J’ai retourné la page
Pour la mettre à l’endroit
Je me prenais pour Dieu


octobre 2015


Je n'oublierai jamais

Le silence a pesé sur nos vies
J’ai écouté le bruit
Qu’il faisait en tombant
Un bruit mat et obscène
J’ai repassé la scène
Pour entendre l’écho
Percuter dans mon dos
Je n’oublierai jamais
La douceur de ta peau
Je n’oublierai jamais
La beauté de tes mots
Inscrite sur ma page
J’ai refait le voyage
Le silence a fracturé nos vies
Comme une glace qui se fend
Une flèche plantée
Au beau milieu du cœur
Je n’oublierai jamais
Je n’oublierai jamais
J’entretiendrai toujours
Le leurre de mon amour
Une douleur au ventre
Qui marque son absence
Le silence a pesé
Sur ma vie en partance
Inextricable vie
Foutoir de mes tendances
Passées et à venir
Et moi j’ai accusé
Le coup de l’existence
Je n’oublierai jamais
Le bon côté des choses
Ta main sur mon visage
Invente un paysage
Et moi je t’appartiens
J’imagine un destin
Forgé dans un oubli
Des choses de la vie
Ma main se tend et se distend
Ton souvenir s’agrippe
Au présent de mes jours
Je me retourne et je me dis
Qu’ai-je fait de l’amour ?


octobre 2015


Un rêve ...

Un rêve
Entre deux arrangements
De la réalité
Trace tenace
Sous mes paupières baissées
L’été résonne dans le petit matin
C’était hier
Je me souviens
D’une lumière particulière
Chaque détail reprend vie
Au loin
A l'horizon de mes envies
Ta silhouette familière


octobre 2015


Une idée du bonheur

L’amour avait grandi
Au cœur de mes pensées
Comme une fleur prospère
Surgissant d’une terre
Aride et désertique
Où rien ne survivait
Unique fleur dont le parfum
Envahissait les heures
Lorsque j’écris
Son odeur plane encore
Sur chacun de mes mots
Leur donne une teneur
A nulle autre pareille
J’apprends à composer
Et à décomposer
Pour retrouver en moi
Une idée du bonheur

octobre 2015


Le sens de la vie

La vie dans son élan
M'a portée jusqu'ici
J'ai traversé les jours
Parfois sur des terrains 
Qui m'étaient interdits
J'ai rebroussé chemin
Quand le doute venait
Que la peur s'installait
Quand je ne voulais pas
Qu'une histoire ait une fin
Je prolongeais le temps
Mettais des suspensions
Au gré de mes passions
J'ai pris le contre-sens
Ralenti l'existence
Changé le cours des choses
Une brève incidence
Accroc du quotidien
La roue s'est arrêtée
J'ai voulu retrouver
Un sentiment perdu
Inutile souhait
Car la vie a repris
Malgré mon inertie
Dans le sens qu'il fallait
M'éloignant à jamais
D'un rêve inabouti


octobre 2015


Le temps passe

Le temps passe
La vie laisse des traces
Un parfum, une image
La peau qui se souvient
La chaleur d'une main
Une empreinte à l'endroit
D'une caresse aimée
Qui jamais ne s'efface


octobre 2015


Ecrire

Ecrire
Plutôt que de se taire
Trouver à la surface
Une encre nécessaire
Noircir et embleuir
Chaque parcelle vide
Trouver des résonances
Et marquer la cadence
Je danse
Je danse sur ma vie
Je vais et je reviens
Sur la pointe des pieds
Là-bas un peu plus loin
Un rire qui s’exclame
Le tien
Je m’engouffre dedans
Plus rien n’est comme avant
Ecrire
Plutôt que de rêver
Car les rêves ont des fins
Des vies sans lendemains


octobre 2015


Au bord du gouffre

Je suis restée au bord du gouffre
Ne sachant s'il fallait
Tomber ou m'envoler
Le vide m'attirait
Vertigineuse absence
Je me voyais déjà
Tapie au fond du trou
Mais le ciel m'appelait
Et le vent m'enlaçait
Comme un foulard de soie
Il fallait faire un choix
Devant le précipice
Ma vie s'est emballée
Je me suis reculée
Pour prendre mon élan
Sauter ou bien planer
Pour ne pas m'écraser
Dans les sombres entrailles
De mes rêves défaits
J'ai contemplé le vide
L'infini me grisait
Tomber pour oublier
Apprivoiser la chute
Du ciel à mon enfer
Pavé de ton silence


octobre 2015


dimanche 18 octobre 2015

Sans titre

La noirceur du matin
Traînait sur mes paupières
Entre le rêve et toi
Une infime distance
Intime concordance
J’ai prononcé ton nom
Venu se déposer
Tout au bord de mes lèvres
Et rompu le silence
Si dense
Quand le jour s’est levé
Effaçant peu à peu
Ce qui nous unissait


septembre 2015


Ton souffle

Ton souffle
Comme un vent chaud
Effleure et fait vibrer
Les courbes de mon corps
Caresse volatile
Au parfum capiteux
Chargé de ta présence
L’automne danse autour de nous
Comme un dernier rempart
Aux assauts de l’hiver
Je ne retiens que la douceur
Et soulève impatiente
Le voile gris de nos attentes
Ton souffle
Comme un refrain
Au charme pénétrant
Imprègne peu à peu
Chaque grain de ma peau
Qui s’offre et se libère
Je deviens partition
L’automne est là dans ton sillage
Je chante ta chanson
Cela n’aura de cesse
Tant que je sentirai
Voler autour de moi
Un air qui te ressemble
Ton souffle
Soyeux et entêtant
Pour retrouver enfin
Le temps qui nous revient
L’accord qui nous assemble


septembre 2015


Bleu

J’ai entrouvert les yeux
Sur un carré de bleus
Pour en faire émerger
Des pensées lumineuses
Le sombre de la nuit
Me jouait trop de tours
Je voulais retrouver
La saveur des beaux jours
Et ne pas m’enfoncer
Dans les forêts profondes
Où gisent abandonnés
Des sentiments morts nés
Des rendez-vous ratés
Dans l’infinie tristesse
De mes actes manqués
Je voulais ressentir
Un vent de liberté
Pour enfin retrouver
Une légèreté
Partir et revenir
Au cœur du souvenir
Inventer une suite
Pénétrer dans l’azur
Aux folles espérances
Comme si la vie m’offrait
Une seconde chance


septembre 2015


Impressions

Le ciel me contemplait privé de ses nuages
L’oiseau me racontait ses dernières escapades
La feuille au vent tourbillonnait
Le bleu en disait long sur la saison d’été
Un bleu presqu’outrancier
Dans l’automne naissant
Trop tôt pour avoir froid
Trop tôt pour succomber
Aux frimas qui me guettent
Et me frôlent
Lorsque l’aube éthérée
S’étire sur ma peau
Le ciel m’accordait une teinte estivale
L’oiseau chantait en agitant ses ailes
La feuille au vent s’éternisait
Dans une valse lente
Le bleu me pénétrait
Et le temps m’accordait
Un moment de répit
Une pause légère
Le ciel me contemplait
Et j’allais m’y lover
Rien que pour retrouver
La douceur d’un passé
Tout juste à ma portée
Le ciel me racontait et moi je l’écoutais
Je m’imbibais de bleu en écoutant l’oiseau
Qui me sifflait un air que je reconnaissais
Dis
Saurons-nous malgré tout
Vivre ensemble le temps
D’une unique rencontre
Improbable miracle
Incertaine présence
Je te vois devant moi
Comme si c’était demain
Et là pour me complaire
Dans ce qui te ressemble
Je saisis ce qui vient
Comme ça pour rien
Pour vivre et respirer
Pour te faire exister
Encore un jour à te chercher
Le ciel m’appartenait pendant que je rêvais

septembre 2015