mardi 26 janvier 2016

Orange

La chaleur de tes mots
A donné au papier 
Une teinte orangée
Je ne crains pas janvier
En moi il fait si beau
Un poème d’été
Tombe comme un fruit mûr
Une opportunité
Un don de la nature
Je savoure un instant
La trop brève illusion
Qui me laisse à penser
Que nous sommes encore
A la douce saison


janvier 2016


Fugace

Fugace était la vie
Mais quand tu as souri
Un rayon de lumière
S’est posé sur mon front
Retenant l’éphémère
D’une tendre façon
Fragile était le temps
Mais quand tu m’as aimée
Pour la première fois
J’ai senti sur ma peau
Un souffle d’éternel
Quand tu m’as embrassée
Je suis restée sans voix
J’ai laissé le silence
Me chanter sa romance
Fugace était la vie
Et quand tu es parti
J’ai retenu le peu
Que tu m’avais donné
Ce rien si dérisoire
Pour conserver en moi
Une lueur d’espoir
J’ai fini par y croire
Imaginer qu’un jour
Tu pourrais revenir
Tu pourrais retrouver
Le goût de la passion
Et l’envie de m’aimer
Je te verrai sourire
A travers les saisons
Tu viendras m’embrasser
Quand ce sera l’été


janvier 2016


Présence

Mes nuits sont des royaumes
Où nos mains se rejoignent
Nos bras forment des ponts
Au-dessus des montagnes
Et quand je me réveille
Je trouve à mes côtés
Ton empreinte charnelle
Dans la chaleur du drap
Alors je m’émerveille
De la réalité
Du bonheur de savoir
Que je n’ai pas rêvé


janvier 2016


A quoi bon

Je ne devine rien
Je ne sais pas forcer
Les portes du destin
Mais si j’entrouvre un jour
Le voile de demain
Si je soulève un pan
De l’avenir obscur
Je me tairai c’est sûr
Je ne te dirai rien
J’écrirai simplement
Sans rime et sans détour
Sans aucune césure
Ni aucun faux-semblant
Des mots remplis d’amour
Afin que tu me comprennes
Et que tu reconnaisses
Les dessous de ma chair
Mon écho l’entends-tu ?
J’attends que tu détiennes
Tout ce qui m’était cher
J’attends que tu paraisses
Et que tu m’appartiennes
L’aurai-je assez bien dit
Te l’ai-je bien décrit ?
Puis un ange a franchi
La ligne méridienne
Oui j’attends que tu viennes
J’attends que tu parviennes
A l’endroit défini
Là où je t’ai inscrit
Mais non c’était un rêve
C’était une imposture
Etendue sur la grève
Impossible aventure
J’ai vu l’ange passer
Sans jamais s’arrêter
Je regarde s’éteindre
Les étoiles d’un soir
Comment pouvoir t’atteindre
Au milieu de l’hiver
Comment pouvoir te peindre
Aux couleurs de l’histoire
Quand tout s’est délité
J’allume en désespoir
Mes signaux de détresse
Je fais tout à l’envers
Je prends et je délaisse
Ce qui m’était si cher
A quoi bon chavirer
Quand la terre insensible
Me fait garder les pieds
Dans un même soulier
A quoi bon te rêver
Quand le vide ostensible
Est une vérité
Chaque jour qui se fait


janvier 2016


Eternel ephémère

Eternel éphémère
Sur la courbe du temps
Le ruban de la vie
Se noue et se dénoue
Au gré des incidents
Au fond je me demande
Ce qui est important
Eternelle fredaine
Où se défont les jours
Alors que l’on croyait
Que l’amour dure toujours
Parfois je voudrais bien
Que l’éphémère soit
Un chemin continu
Rien qu’entre toi et moi
Où je pourrai chérir
Nos sentiments perdus
Et regarder grandir
Un désir invaincu


janvier 2016


Matin

Je ne fais ni serment
Ni fausse confidence
Je ne dis pas toujours
Quand tout est incertain
Mais si je prends ta main
Dans le soleil levant
Si je parle d’amour
En te serrant les doigts
C’est parce que demain
Sera pétri de toi


janvier 2016



Nouvel an

Une pensée pour toi
Dans le petit matin
Qui tarde à se lever
A l’aube d’une année
Où rien n’est encore joué
Quelque chose de doux
Me rappelant tes mains
Voyageuses et légères
Qui écrivaient l’histoire
De caresse en caresse
J’avais alors pour toi
Une infinie tendresse
Quelque chose de bleu
Azur ou océan
Emanant de mes yeux
A l’horizon d’un jour
Où s’achève un parcours
Ma vie dans ton regard
Pour atténuer le temps
Que nous avons perdu
Il est déjà si tard
Puisque tu n’es plus là
Il est déjà trop tard
Pour tout recommencer
Quand sonnera minuit
Douze coups bien frappés
Je boirai au bonheur
De t’avoir rencontré
Et puis je t’offrirai
Un présent singulier
Je t’offrirai mon cœur
Ce qu’il en restera
Mon cœur éparpillé
Brisé en douze éclats


décembre 2015


Au-delà du miroir

Et de lune en soleil
J’ai broyé tout le noir
Pour émerger enfin
Sur un pan du destin
Où plane l’espérance
A quoi bon rechercher
Ce qui n’existe plus
A quoi bon ressasser
Ce qui ne sera plus
Reprenons la cadence
Sauvons les apparences
Au-delà du miroir
Qui n’est que le reflet
De nos tristes errances
Il y a au-devant
Une route à tracer
La vie est une chance
Ne pas se retourner
Ne pas se lamenter
Car nous aurons beau faire
Nous aurons beau vouloir
Conserver le passé
Dans une cage en verre
Pour mieux le contempler
Aucune échappatoire
Le sort en est jeté
Nous aurons beau rêver
Il y a des étés
Qui ne reviendront plus
Il y a des amours
Qui se sont consumés
Il y a des serments
A jamais disparus
Il y a des toujours
Qui se sont dispersés
Et qui sont devenus
Promesses non tenues
On y croyait pourtant
Sur le moment présent
Mais parfois c’est ainsi
On aime comme on ment


décembre 2015


Tant qu'il y aura en moi

Tant qu’il y aura du bleu
Pour éclairer les cieux
J’entretiendrai en moi
Cette intime lueur
Qui nourrit sans répit
Les élans de mon cœur
Je suivrai tout le jour
La course du soleil
J'apprendrai son parcours
Jusqu’à ce que mes yeux
Soient imprégnés de bleu
Quand descendra le soir
Quand le petit vent frais
Me fera frissonner
Quand les ombres viendront
Endeuiller le passé
Je tirerai un trait
Dans le grand horizon
Un grand trait de lumière
Dans le sombre avenir
Pour égayer le noir
Exorciser mes peurs
Je saurai retenir
La couleur de l’espoir
Tant qu’il y aura en moi
Cette intime lueur

décembre 2015


Pyrénées

Du ventre généreux
De la haute montagne
Le torrent a jailli
Clair et impétueux
Une sève écumante
A répandu la vie
En bas dans la vallée
Où les graines semées
Poussent en abondance
Le galet a roulé
Dévalé dans l’eau pure
Pour tracer son histoire
Une belle aventure
Gaie et tumultueuse
Limpide et généreuse
Le temps s’est écoulé
Au rythme du courant
Qu’il faisait bon rêver
La rivière chantait
Et son air entraînant
Donnait du mouvement
A tout le paysage
Qu’il était doux d’entendre
Assis sur le rivage
Le galet scintillant
Raconter son voyage


décembre 2015


Fragile



Un silence, une pause
Sur la rive du temps
Trouver l’ordre des choses
Avant de continuer
Et d’aller de l’avant
Rien ne sert de courir
Il faut d’abord saisir
Le cadeau du moment
Sans songer à demain
Il sera toujours temps
De regarder au loin
Se sentir bien sur terre
Apprécier le présent
En jouir infiniment
Profiter de l’instant
Du bonheur éphémère
Qui s’offre à la lumière
Une rose qui s’ouvre
Par un matin d’hiver

décembre 2015


dimanche 24 janvier 2016

Puiser dans la couleur

Puiser dans la couleur
En cherchant l’harmonie
Illuminer la vie
Pour décrire un ailleurs
Où tout serait meilleur
Et déjouer le pire
Ne garder que le bien
Dans le doux renouveau
D’un fragile matin
Baigné par la lumière
De nos plus beaux moments
Ceux qui nous font sourire
Même éclater de rire
Et nous rendent heureux
Pour la moindre raison
Savoir enfin reprendre
Une respiration
Purifier ses poumons
Apprendre à devenir
En chassant à jamais
Les mauvais souvenirs
Puiser dans la couleur
Pour extraire de la nuit
Ce petit quelque chose
Qui met du baume au cœur
Et engendre sans bruit
Une métamorphose
Qui ressemble au bonheur


décembre 2015


Histoire

Il a pris dans sa main
Une poignée de mots
Tout juste ce qu’il faut
Pour lui dire l’essentiel
Il ne s’agissait pas 
D’une déclaration
Il voulait simplement
Lui donner dans l’instant
Quelque chose de tendre
Un peu de sa personne
Une douceur à prendre
Quand tout est incertain
Quand on ne sait pas trop
Ce que sera demain
Il a plongé les doigts
Dans ses longs cheveux bruns
Pour conjurer le sort
Oublier son chagrin
Il avait dans les yeux
L’étincelle de vie
Qui fait aller plus loin
Alors elle se souvient
De ce petit matin
Où tout était soyeux
Elle ne pouvait croire
Que tout était fini
Le silence a frémi
Quand le son de sa voix
A traversé le temps
Un jour de désespoir
Pour venir jusqu’à elle
Et figer le présent
Au fond de sa mémoire


décembre 2015


Aube

Six heures …
Un rêve s’effiloche
Dans le sombre matin
Il flotte une douceur
Sur la terre en sommeil
L’hiver tarde à venir
L’hiver ne viendra pas
Veux-tu savoir pourquoi
Je peux te le confier
Avec tant d’assurance ?
Chaque nuit j’entretiens
Un printemps éternel
Où pousse sans répit
La fleur de l’espérance
Si tu ouvres les yeux
Tu verras dans le ciel
Un bleu inhabituel
Pour la grise saison
L’hiver ne viendra pas
Il aura beau frapper
Pour essayer d’entrer
Nous lui résisterons
Je ferai de mon rêve
Une réalité
Un printemps éternel
Où nous serons tous deux
Regarde l’horizon
Tu vois je ne mens pas
L’avenir est radieux


décembre 2015


Message

J’ai jeté quelques mots
Le long de tes silences
Afin de provoquer
Une tendre incidence
Une pensée pour toi
Chargée de ma présence
Elle flotte un moment
Dans le petit matin
Avant de pénétrer
Le tréfonds de ton âme
Et puis elle me revient
Avec en filigrane
L’odeur de ton parfum


décembre 2015


Qu'en est-il ...

Qu'en est-il d’une page
Où la vie s’écrivait
Pour acquérir du sens
Je voulais tant avoir
Une longueur d’avance
Je me suis arrêtée
Sans pouvoir l’expliquer
L’histoire s’annonçait
Belle et sans conséquence
Je voulais tant savoir
Capturer le moment
Quand on dit que le temps
N’offre pas tous les jours
Sa cargaison d’amour
Qu'en est-il d'une page
Où plus rien ne s'inscrit
Si ce n’est ton absence
Et dans les interlignes
Le chaos du silence


décembre 2015


Départs

J’appose des virgules
Et ralentis l’allure
Reviens sur un moment
Qui n’est plus que poussière
Suspension dans le temps
J’esquisse un mouvement
Pour faire marche arrière
Un jour je voudrais bien
Revenir à l’endroit
Où tu es apparu
Mais ça c’était hier
Depuis je ne sais plus
Comment tu t’appelais
Ni pourquoi tu m’aimais
Tout ce que je retiens
C’est ce qui m’appartient
Un sentiment sincère
Mais ça c’était hier
La vie s’est prolongée
Nous avons tant vécu
D’autres trains sont passés
Il fallait bien s’y faire
Certains sans passagers
Sans personne à aimer
Revenir à l’endroit
Où tu m’as désirée
A l’instant de nos vies
Où tu m’as dénudée
Car vois-tu maintenant
D’hier à aujourd’hui
Je t’attends sur le quai
Et vois les trains passer


décembre 2015


Un petit peu de moi

Je mets dans tes bagages
Un petit peu de moi
Des mots, une couleur
Quelque chose de doux
Qui ressemble au bonheur
Et quand tu t’ennuieras
Quand tu seras trop seul
Quand ta main cherchera
A rejoindre la mienne
Tu entendras en toi
Une petite voix
Qui te susurrera
Ce qui s’écrit ailleurs
Lorsque tu n’es pas là
Tu verras l’océan
Grandir sous tes paupières
Je serai le navire
Qui viendra accoster
Au bord de tes silences
Je remplirai le monde
De ma seule présence


décembre 2015


Un mot pour un autre

Mettre un mot pour un autre
Apprendre à faire semblant
Pour être le meilleur
Au jeu des faux-fuyants
J’esquive et je contourne
Je mens et je détourne
La vérité des choses
Réinvente une prose
Où tout serait parfait
Dans le meilleur des mondes
Où tu serais concret
Et bel et bien vivant
Moi je serai féconde
J’écrirai des romans
Qui parleront de nous
Je déferai le temps
Tu seras dans ma ronde
Pour danser comme avant


décembre 2015


Dédicace

J’ai décoché le verbe
Pour atteindre mon but
Je voulais t’adresser
L’élan de mon poème
Conjuguer au présent
Ce qui n’existe plus
Les mois et les semaines
Qui ont trop bien vécu
Prélever de l’avant
Un temps irrésolu
Soutirer le meilleur
Te l’exprimer enfin
Je dirige ma main
Sur l’envers du destin
Je mêle avec ardeur
L’illusion du bonheur
Pour que tu dises encore
Vas-y n’arrête plus
Et je te touche alors
D’une flèche en plein cœur


décembre 2015


Brumes

Le ciel était si bas
Qu’on pouvait de la main
Effleurer les nuages
Un arbre frémissait
Sous la brume givrée
Ses branches dénudées
Caressaient le silence
La minute était dense
Et le brouillard intense
J’étais comme cet arbre
Fragile et solitaire
J’ai étendu les bras
Pour trouver la lumière
Ma peau a frissonné
A l’orée de l’hiver


décembre 2015


Sans issue

J’ai beau parler d’amour
Les mots ricochent
Et me reviennent
Imprégnés de silence
Inutiles bagages
Vidés de tout leur sens
Quand personne n’est là
Pour étendre les bras
Et que dure l’absence
Les mots battent de l’aile
Avant de s’écraser
Sur le bord de mes lèvres
Ils ont un goût amer
Comme l’indifférence
J’ai beau parler d’amour
Le temps est à l’orage
Quelque part un naufrage
Un appel au secours
Mais je suis étrangère
A la vie qui se joue
Et je reste plantée
Sans pouvoir faire un pas
Seule et abandonnée
Sur la grève assombrie
Où gisent les débris
Ridicules éclats
D’un rêve inabouti


décembre 2015


Première fois

Car tout a été dit
Depuis longtemps déjà
Ecrit et signifié
Tout ça sur le papier
Faudrait-il inventer
Un tout autre discours
Une rime nouvelle
Pour exprimer enfin
Ce qui ne s’entend pas
Ce qui ne se voit pas
Ce qui reste caché
Blotti dans nos pensées
La part d’intimité
Qui trouve ses racines
En chacun d’entre nous
Prendre la bonne clé
Trouver sa vérité
Sa singularité
Car tout a été dit
Depuis longtemps déjà
Mais toi quand tu m’écris
Quand tu t’adresses à moi
Je ne sais pas pourquoi
J’ai l’impression étrange
De découvrir les mots
Pour la première fois


décembre 2015


samedi 23 janvier 2016

Il y a

Il y a des moments 
Qui ne s'oublieront pas
J'aurai beau effacer
Il restera toujours
La trace indélébile
D'un souvenir ancien
Tapi au fond de moi
J'aurai beau avancer
Continuer le chemin
Il y a cet amour
Qui traverse le temps
Et revient chaque jour
Fredonner son refrain


décembre 2015


Tes doigts

Tes doigts comme un soleil
Irradient sur ma peau
Je ressens la chaleur
Pénétrer jusqu'au cœur
Le lit devient une île
Où je me réfugie
Quand au creux de la nuit
Gronde le mauvais vent
Je reçois tes faveurs
Comme un cadeau du ciel
Je laisse aller la vie
Sans en forcer le cours
Je suis au firmament
Quand il s'agit d'amour
Tes doigts comme un soleil
Pénètrent l'horizon
En couvrant mes frissons
Du plus doux des rayons


décembre 2015


Je n'ai pas eu le temps ...

Je n'ai pas eu le temps
D'offrir au bon moment
Ce qui faisait de moi
Un être singulier
Aurai-je assez de mots
Pour tenter de pallier
Cet invisible manque
Ecrire et raconter
Ce que je n'ai pas su
Te dire et t'exprimer
Chaque jour un discours
Des paroles dédiées
Comme des confidences
A chaque vérité
Une douce revanche
Sur la vie qui défile
Sans me laisser le choix
Je comble cette absence
En tissant mon ouvrage
Et de fil en aiguille
Je t'incite à me lire
A fredonner mes pages
Me rapprocher de toi
T'accompagner toujours
Je n'ai pas eu le temps
De déposer en toi
La trame de l'amour
Ecrire et raconter
Ce que je n'ai pas su
Te dire et t'exprimer
Laisser sur ton parcours
Mes quatre vérités


décembre 2015


Paradis

Dans l'antre de mes nuits
Je dessine un jardin
Où jaillissent sans fin
Des pensées prolifères
J'emprunte des chemins
Encore inexplorés
Imprégnés de mystère
Je vais par les sentiers
Où pousse sans flétrir
La fleur imaginaire
Je cueille et je respire
Au détour d'un quatrain
Une brassée de vers
J'avance à pas feutrés
Guidée par les idées
Qui hantent ma mémoire
Rêve ou réalité ?
Quand soudain dans le noir
J'aperçois la lumière
Je marche sans savoir
Où je pose les pieds
Je vais sans m'arrêter
Je poursuis mes chimères
Car je suis persuadée
Que tout peut arriver
Quand je découvre enfin
A portée de la main
Un paradis sur terre


décembre 2015


Image

Quand tu t’es retourné
J’ai vu dans ton regard
Le bleu d’un ciel d’été
C’était beau à pleurer
Ce que tu m’offrais là
J’aurais pu demeurer
Ainsi dans la lumière
Simplement contempler
Apprécier et me taire
Mais j’étais trop pressée
Trop avide d’aimer
Je me suis dépêchée
Ma vie a basculé
Je me suis approchée
Mon cœur a chaviré
Quand j’ai bu assoiffée
Au bord de tes paupières


décembre 2015


Nue

Elle s’est dévêtue
Pour venir jusqu’à lui
Nue et sans apparat
Le masque était tombé
La lumière tamisée
Laissait une douceur
Sur chaque vérité
Qui émergeait enfin
De la chair transcendée
Dans la chambre flottait
Le parfum du désir
L'air était saturé
Et laissait présager
Du meilleur à venir
Elle n’avait que faire
Des fausses impressions
Des sentiments fardés
Qui donnaient à la peau
Un goût d’inachevé
Elle voulait sentir
S’épanouir et vibrer
Décupler son plaisir
Grandir et s’élever
Sans penser à demain
Ses heures étriquées
Et sa réalité
Elle voulait aimer
Pénétrer l’infini
Comme on s’offre à la vie


décembre 2015


Déchirure

Comme une déchirure
Une intime blessure
Parfois je n’ai pas su
Braver les éléments
Et puis il y a le temps
Qui parfois me devance
Il y a ce fichu temps
Qui veut me faire croire
Que rien n’est important
Mais moi je n’oublie pas
Je n’oublie pas qu’un jour
J’ai donné tant d’amour
Que ma vie a tracé
Un énorme détour
C’était il y a longtemps
J’ai cru même un instant
Que c’était pour toujours
Il me reste à présent
Comme une déchirure
Une infime césure
Sur la paroi du temps


décembre 2015


En vain ...

J’ai recueilli les larmes
Qui suintaient de tes mots
Comme des gouttes d’eau
Echappées des nuages
Quand le ciel est si lourd
Et le temps à l’orage
J’ai bu la coupe pleine
Pour apaiser ta peine
J’aurais voulu savoir
Eponger ton chagrin
Chasser tous tes démons
D’un geste de la main
Mais je n’y pouvais rien
Je n’étais plus qu’une ombre
Sur le bord d’un chemin


décembre 2015