dimanche 28 février 2016

Message

Je t’écris de là-haut
Azur endimanché
Par les nuages blancs
Vois-tu je n’ai cessé
De te faire une place 
Parmi mes errements
Afin que tu voyages
Du ciel à mes paupières
Je t’offre le présent
Eternelle lumière
Qui vient chasser le temps
Nous liant à hier
Aujourd’hui je t’attends
Comme si c’était demain
Je dis ça comme ça
Au fond je ne sais rien
Mais parfois je voudrais
Y croire pour de vrai
Ton regard dans le mien
Ton sexe dans ma main
Pour faire éclore en toi
La fleur de l’espérance
Et recueillir en moi
Le fruit de ta jouissance
Quitter le quotidien
Pour suivre les nuages
Du ciel à mes paupières
Je t’offre le passage
Fait de chair et de sang
Du bleu dans mon sillage
Aujourd’hui je t’attends
Je t’écris de là-haut
Je suis nuage blanc


février 2016


samedi 27 février 2016

Cet homme

Cet homme
Et le bonheur 
S’est s’installé
En profondeur
Un geste vient
Je le retiens
Je te captive
D’un refrain
Son de ma voix
Ivre de toi
Ma joie de vivre
Au quotidien
Écoute-moi
Mon incident
Mon élément
Ma tentative
D’un lendemain


février 2016


Le cours de mes pensées



Au cours de mes pensées
Il m’arrive parfois
D’imaginer ce pas
Que je pourrais tenter
D'esquisser jusqu’à toi
Entends-tu mon discours
Dans le souffle du vent
Qui enfle et qui grandit
Au gré des éléments
Pour aller se poser
A cet endroit précis
Où tu sais m’écouter ?
Accorde-moi le temps
De dire des mots doux
Accorde-moi ce pas
Dans un rapprochement
De nos similitudes
Ne te défile pas
Quand tu me prêteras
Une oreille attentive
Je voudrais que tu sois
Prêt pour le rendez-vous
Que tu vives avec moi
L’émouvante fusion
De nos deux solitudes
Au cours de mes pensées
Il m’arrive parfois
De vivre ce moment
Qui serait fait pour nous
Mais ce n’est qu’une idée
Un rêve je le sais
Né de mes illusions
Qui joue à m’effleurer
Et finit par passer
Crois-tu que je devrais
Songer à t’oublier ?
Je crois que je pourrais
Si un jour je n'avais
Décidé de t'aimer

février 2016


Image

A mes pieds j’ai figé 
Les éclats de tes rires
Le sol en est jonché
Lumineux souvenirs
Je les entends tinter
Sur l’écho de ma voix
Quand j’invente des mots
Qui sont taillés pour toi


février 2016


Rencontre

Entre nous c'est certain
S'élabore une entente
J'ai croisé ton chemin
Avide d'espérance
Et j'ai cru déceler
Comme une connivence
Nous avons divagué
Sur ce vaste terrain
Que nous offrait la vie
Jusqu'à se rencontrer
Une envie passagère
Dans le petit matin
Au bout de nos antennes
La même résonance
Après les mois d'hiver
Une seconde chance
Je recompte un à un
Nos quelques points communs


février 2016


Si

Si je suis mes pensées
Il y a quelque chose 
Qui me dit d’avancer
Et qui me fait aller
Là où tu m’attendras
Et lorsque j’y serai
Surtout ne retiens pas
Ce que tu dois donner
Je crois que je saurai
Tout accepter de toi


février 2016



Quelque chose de toi

Derrière chaque image
Respirent les saisons
Je n’ai rien oublié
Tu vois j’ai conservé
Les couleurs à foison
Sur la toile apprêtée
Grandit mon paysage
J’y inscris quelquefois
Mes écarts de langage
Mes intimes pensées
Ou bien mes dérapages
Et dans la confidence
Je repeins les nuages
Je les accorde au bleu
D’un regard de passage
Pour figer un moment
Celui que tu m’offrais
Intense et généreux
Sans penser à demain
Le cadeau du présent
Quand tu étais vivant
Et que tu respirais
Le même air que le mien
Je voudrais te chanter
Ce que j’ai retenu
Mais je ne saurai pas
Et je m’avoue vaincue
Je préfère aligner
Des mots sur ma lancée
Sur la ligne tendue
Rien ne peut m’arrêter
Le monde m’appartient
Je délie mes idées
J’écris et je repeins
Le bonheur d’être aimée
Adieu tous mes chagrins
Adieu l’adversité
Lorsque je me souviens
D’un détail incertain
Et pourtant si prégnant
Simplement cet élan
Qui venait de ta main


février 2016


Silence

Le silence établi
Ne pourra tout à fait
Eparpiller les mots
Que je te destinais
Chaque jour je reprends
Le début de l’ouvrage
Ignorant les méfaits
Du temps et ses outrages
J’invente un infini
Où rien ne me retient
Je fais d’un quotidien
Une œuvre permanente
C’est là que je rejoins
Mes grandes espérances
Et je retrouve enfin
Un rêve inabouti
Laissé sur le chemin
Le bleu d’un souvenir
Qui traîne et qui me hante


février 2016



mardi 23 février 2016

Rien

Ecritures fondues
En un même langage
Nos verbes réunis
Sur le dos d’une page 
J’ai croisé tes déliés
Aux rimes de passage
Je ne sais si les mots
Feront l’amour entre eux
Je ne sais si le temps
Aura pitié de nous
Mais je t’ai vu passer
Dans le bleu paysage
Je t’ai vu transcender
Ce petit rien du tout


février 2016


Ce moment

Mémoire contre mémoire
Nos souvenirs communs
Me semblent éloignés
Le prisme est différent
Est-ce que tu te souviens
Là où nous en étions
Sur l’échelle du temps ?
Le tilleul était vert
Et les oiseaux piaillaient
Dans le ciel accordé
Je me suis retournée
Car j’avais ressenti
Le chaud de ta présence
Quand je t’ai regardé
Je crois que j’ai souri
La vie était intense
Le jour me paraissait
D’une folle espérance
Dans l’instant je t’ai dit
Ne me regarde pas
En abaissant la voix
La seconde a repris
Lorsque j’ai fait un pas


février 2016


Ce qui subsistera ...

Le temps avait crissé 
Sous mes pieds ensablés
Sans m’en apercevoir
Je m’étais enlisée
Voilà ce que c’était
Que d’avoir trop rêvé
Je respirais alors
Tout juste à la lisière
D’un songe évanescent
Qui se prenait vraiment
Pour ma réalité
J’ai bien cru suffoquer
Sous mes égarements
J’ai bien failli plier
Sous la charge du temps
A force de porter
Le poids des sentiments
Et puis j’ai resurgi
Au cœur des éléments
Pour mieux pouvoir saisir
Un dernier souvenir
Avant que celui-ci
Ne rejoigne à jamais
Le grand puits de l’oubli
Bientôt je ne verrai
Dans le sombre des nuits
Qu’un film inabouti
Qui me ressassera
L’histoire de ma vie
Et quelques pointillés
Pour clore le sujet ...


février 2016


Jardin d'hiver

Goutte à goutte incessant
Concentré de mes jours
Dans le givre accroché
Au bord de la fenêtre
Le soleil a fait fondre
Du bout de ses rayons
L’essence de ton être
Et la flaque irisée
Ephémère miroir
Aux mille et un reflets
Finit par disparaître


février 2016



Un monde parfait

La mémoire de tes mains
Une vague revient
Comme un flot permanent
Sur ma peau les contours
Dessinés par tes soins
Un jour de grand beau temps
Au dedans je gribouille
Je cherche et je farfouille
Un recoin de pensée
Qui t’était destiné
J’efface peu à peu
Les ratures de ma vie
Pour y mettre du bleu
Et en chasser l’ennui
Alors je te confie
Un sentiment ou deux
Je te dis que parfois
Je me sens beaucoup mieux
Et puis il y a des jours
Où c’est grande tempête
Ça vole et tourbillonne
Quelque part dans ma tête
Alors je t’imagine
Et je prends mon pinceau
J’explore une inconnue
Pour y pêcher des mots
Ils viennent comme ils sont
Dénués de problèmes
Je les prends quand ils vont
Jusqu’à te pénétrer
J’invente un théorème
Où il serait noté
Deux ou trois vérités
Que j’aurais inventées
Pour mieux te signifier
Le fond de ma pensée
Dans un monde parfait
Nous pourrions nous aimer


février 2016


lundi 15 février 2016

Intuition

Nous avons emprunté
Des chemins passagers
Il était difficile
D’imaginer qu’un jour
Nous pouvions simplement
Créer parmi la foule
Une opportunité
Tous ces gens qui allaient
Sans jamais se toucher
Tous ces gens qui venaient
Sans jamais se parler
Mais lorsque je t’ai vu
Parmi ces inconnus
Je n’eus plus qu’une idée
Remonter ton sillage
Et puis te rencontrer


février 2016



dimanche 14 février 2016

Peu de chose

Une ombre fugitive
Traverse un souvenir
A peine as-tu le temps
De saisir le moment
Que l’ombre a disparu
Happée par le courant
Je n’ai fait que passer
Improbable chimère
Ne sachant m’arrêter
Sur cette ligne claire
Que traçait ton regard
Quand tu me contemplais
Bientôt tu m’oublieras
Si ce n’est déjà fait
Il ne restera plus
Que des grains de poussière
La couleur de mon âme
Flottant dans l’atmosphère


 février 2016





samedi 13 février 2016

Exposition ...


Duo

Nous avons rapproché
Nos sensibilités
Le temps d’une écriture
Venue s’abandonner
Aux joies de la peinture 
Je voudrais avec toi
Inventer un espace
Où nous pourrions jouer
Partager quelque chose
Qui nous ressemblerait
Imaginer à deux
Un terrain d’aventures
Y laisser une trace
Commune signature


février 2016

visuel: Eve Eden/Chris Voisard

Elan

Quand j’ai pris mon élan
Le désir était là
Je n’avais qu’une idée
C’était venir vers toi
Je n’avais qu’une envie
Faire le premier pas
Peu de temps m’a suffi
Il fallait y aller
Je me suis décidée
Et mon corps a franchi
Cet espace infini
Vide de nos présences
C’est alors qu’entre nous
Le lien qui se créait
A soudain pris du sens


février 2016


Au jardin

Elle songea à son passé
En regardant les feuilles mortes
Qu’il y avait à ramasser
Tant de rêves abandonnés
Se décomposaient à ses pieds
Elle soupira pour évacuer
Un vague à l’âme qui montait
Car maintenant il lui fallait
Songer un peu à l’avenir
Couper les branches desséchées
Etre en capacité d’accueillir
Le renouveau qui frémissait
Sous chaque pas qu'elle faisait
Elle cueillit négligemment
La première fleur qui s’offrait
Puis respira l’instant présent
Pour éviter de trop penser
A ce fatras de souvenirs
Qui finiraient bien par pourrir
Il suffisait de patienter
De regarder l'hiver passer
Car tout cela devait finir
Il suffisait de piétiner
Les feuilles mortes entassées
Elle entama un nouveau chant
Tourna le dos aux éléments
Qui obstruaient son avenir
Bientôt ce serait le printemps


février 2016


Nous deux

Les années ont passé
Nous laissant quelque fois
Un goût d’inachevé
C’était il y a longtemps
La vie était devant
Avec tous ses atouts
Nous étions encore loin
D’en avoir fait le tour
Je t’offrais mes vingt ans
Que m’importait demain
Je voulais le présent
Aimer au jour le jour
Maintenant je suis là
Il commence à faire tard
Je cherche à retrouver
Ce qui m’a plu en toi
Quand je t’ai rencontré
Crois-tu que l’on pourrait
S’aimer encore un peu ?
Crois-tu que l’on saurait
Etre heureux tous les deux ?
Pour le temps qu’il nous reste
Et qui nous appartient
Je voudrais retrouver
La chaleur de tes mains


février 2016




Le vent

Le vent
La poussière du temps
Dans un rai de lumière
Pollen évanescent
J’ai l’impression d’entendre
Le bruit que fait l’été
Les battements d’un cœur
Parvient des profondeurs
Le vent
Qui souffle et se répand
En un mouvement d’ailes
Et gémit sur les toits
Avant d’éparpiller
Le moindre des secrets
Alors je pense à toi
Lorsque tu penses à elle
Le vent
Instable et pénétrant
De nuage en soleil
Pétrit les éléments
J’ai l’impression de voir
Ce qui n’existe pas
Et fuit l’instant présent
Mais je me fous du temps
Je me fous du présent
Quelque part au-devant
J’ai reconnu ta voix
J’ai reconnu le son
Qu’imaginent tes pas
Lorsque tu viens à moi


février 2016


Aqua

Je plonge mon regard
Dans le vert de l’étang
Sonde la profondeur
De son eau silencieuse
Je pénètre le temps
L’épaisseur du moment
Je me souviens de toi
Dans le non mouvement
La minute immobile
Retient l’événement
Pas une ride à la surface
Aucun courant
Je fixe le miroir
Où les arbres se noient
Il est mon horizon
Je ne pense qu’à toi
Tu deviens ma matière
Mon point de réflexion


février 2016


Séparation

Quand ils se sont quittés
La vie a continué
Elle s’est dit jamais plus 
En pensant à toujours 
Mais les meilleures choses 
Ont une conclusion
C’est souvent comme ça
Quand il s’agit d’amour
On voudrait que ça dure
Et ne pas arriver
A la fin du parcours
Le temps avait manqué
Pour tout se raconter
S’attarder sur les choses
Se laisser dériver
Inventer une suite
Elle aurait tant aimé
Stopper le mouvement
Revenir en arrière
Mais tout allait trop vite
Quand ils se sont quittés
Le sol n’a pas tremblé
Pas même une secousse
La vie a continué
Comme si de rien n’était
Le ciel était très clair
Et annonçait le beau
Ils se sont en allés
Chacun de leur côté
Avec des souvenirs
Qui leur appartenaient
Et le parfum de l’autre
Imprégné dans la peau


février 2016


Crocus

Froid de la pluie
Des jours anciens
Léger chagrin
Dans le matin
Tout semble gris 
Et puis soudain
Couleur safran
Dans le jardin
Mille rayons
Entre mes mains


février 2016


Berceuse

Homme-enfant je te berce
De douces illusions
Lorsque tu viens blottir
Tes rêves sur ma peau
Je t’offre ma chaleur
Là tout contre mon cœur
Pour te faire oublier
L’amertume des jours
Le froid de la saison
Et le manque d’amour
J’éclaircis l’horizon
D’un geste salvateur
J’agrandis le moment
En étirant les bras
Comme un soleil levant
Et j’entame un doux chant
Peuplé de nos espoirs
Qui sont encore devant


février 2016


Il faudrait

Il faudrait le soleil
Pour réchauffer mes os
Il faudrait un baiser
Pour libérer ma peau
Il faudrait ton regard
Pour apaiser mes mots
Il faudrait le silence
Pour entendre ta voix
Alors qu’autour de moi
Résonne ton absence
Il faudrait l’impossible
Pour franchir la distance
Qui me sépare de toi
Invisible frontière
Où nos désirs s’entassent
Comme des lettres mortes
Il faudrait la patience
Pour résister au temps
Qui s’acharne sur moi
J’ai frappé à ta porte
Mais tu ne réponds pas


février 2016



Champêtre

Entre deux de mes pages
L’odeur de tes cheveux
Subsiste encore un peu
Je me souviens du temps
Où nous étions heureux
Quand nous nous promenions
Dans les sentiers sauvages
En suivant les nuages
Qui filaient dans les cieux
La brise m’a laissé
Un parfum de soleil
D’herbe sèche et de thym
L’olivier fleurissait
Sur le bord du chemin
C’était le mois de mai
Ou peut-être bien juin
J’ai encore sur mes doigts
Le goût du romarin
Qui poussait prolifère
Ardent et généreux
Au milieu des ornières
Et dans les yeux le bleu
D’un azur épuré
Mais je crois que c’était
Le bleu de ton regard
Dans lequel j’ai plongé
Tandis que les cigales
Dans un bruissement d’ailes
Nous annonçaient l’été


février 2016


Comme un cri

Comme un cri étranglé
Au bout de mes silences
Qu’avais-je encore à dire
Qui ne fut déjà dit ?
T’ai-je déjà confié
La somme imparfaite
De mes espérances ?
J’ai retranché le doute
Qui collait à ma peau
Pour m’élever plus haut
Flotter dans le courant
Rejoindre une atmosphère
Et enfin respirer
Souffler sur mes années
Fêter l’anniversaire
Du tout premier baiser
De celui qui posa
Ses lèvres enflammées
Sur ma bouche entrouverte
A lui je donne tout
Car il y a toujours
Un rêve en suspension
Un nuage bleuté
Qui vogue dans le ciel
Il y a ton regard
Qui ne me quitte pas
Et modifie sans cesse
Le cours de mes idées
Entends-tu ce sanglot
Coincé entre deux eaux ?
C’est mon cri défendu
Ma larme retenue
De toutes ces années
Que je n’ai pas vécues
Et que j’aurais voulu
Partager avec toi
Avec l’autre, avec lui
Mais tu n’existes pas
Les autres ont disparu
Comme un cri étranglé
A l’endroit de l’absence
La rivière a coulé
Et moi je suis restée
Accrochée au silence


février 2016


Jeu de patience

Le rêve a pénétré
Dans ma réalité
Lui donnant peu à peu
Un aspect azuré
Je ne crains ni le gris
Ni le froid ni la pluie
Ni le sel des larmes
J’ai trop pleuré déjà
Quand tu n’étais pas là
Maintenant je retiens
La beauté du moment
Je garde le meilleur
Eradique mes peurs
Aujourd’hui sera bien
J’ai posé mes couleurs
Pendant qu’il faisait nuit
L’image d'un bonheur
A jamais établi
En attendant le jour
J’assemble patiemment
Sur la page embleuie
Le puzzle de ma vie

février 2016


Jaune

J’ai versé du soleil
Sur mes sombres journées
Pour ne pas demeurer
Les pieds et les poings liés
Dans la morosité
Je voulais effacer
Le noir de mes pensées
Qui donnait à ma vie
Une teinte endeuillée
L’hiver m’envahissait
Un triste février
Venait de commencer
Alors j’ai décidé
De délaisser le pire
J’ai choisi d’exhumer
Un lointain souvenir
La chaleur d’un regard
Le rayon d’un sourire
La trace d’un été
Le doux chant des oiseaux
Pendant que je t’aimais
Dans le jaune des blés
Sur le grain du papier
Quelque chose a changé
J’ai retrouvé le goût
Laissé par tes baisers

février 2016


Ligne de vie

Regarde dans tes mains
Le chaos de la vie
S’inscrit sur des chemins
Qui tracent ton destin
La voie n’est jamais lisse
Il y a sur ta peau
Des vides et des pleins
Traces indélébiles
Imprimées à dessein
Que tu ne peux virer
D’un revers incertain
Et de faille en brisure
Il faut garder l’allure
Malgré les aléas
Accepter les faux pas
Qui te font trébucher
Savoir te relever
Quand tout semble perdu
La route continue
Et d’accroc en blessure
Tes lignes perpétuent
La mémoire charnelle
De toute une aventure
Regarde dans tes mains
Tu verras l’avenir
Celui qui t’appartient
Et peut-être qui sait
Un petit peu du mien
Crois-tu que l’on pourrait
Faire un bout de chemin
Ensemble toi et moi
Si nous croisions les doigts
Pour confondre nos vies
Le temps d’une expérience
Imaginer l’amour
Sur nos deux existences
C'est à ça que je pense


février 2016


Affinité

A regarder de près
Le fond de ta pensée
J’ai découvert en toi
Le point qui nous unit
La part d’intimité
Qui peut nous rassembler
Et faire de notre histoire
Une belle amitié


janvier 2016

visuel: Eve Eden/Chris Voisard

L'âge ingrat

Quand mon corps a grandi
Je ne savais que faire
De tout ce qui poussait
J’ai dépassé les cases
Pour m’étendre plus loin
Mais je n’étais pas bien
Je n’étais pas en phase
Avec le quotidien
Il y avait toujours
Une sorte de frein
Qui m’empêchait alors
D’aller bien au-delà
D’une réalité
Qui rendait étriqué
Le moindre de mes gestes
J’ai voulu dépasser
Les limites du temps
Agir sur le destin
Quand la vie m’a giflée
Pour me faire revenir
Parmi tous ces vivants
Qu’on appelait des grands
Mais tu vois je m’en fous
J’ai franchi les tabous
Pour ne pas m’installer
Dans les faibles courants
Tu vois j’ai préféré
Nager en remontant
Et je suis demeurée
Une éternelle enfant


janvier 2016

visuel: Eve Eden/Chris Voisard