dimanche 15 mai 2016

Quelque chose d'avant

Je ne saurai jamais
Qui tu étais vraiment
Il nous manque parfois
De l’amour et du temps
Je ne regrette pas
Le peu que j’ai appris
J’y pense bien souvent
Chaque fois que j’écris
Je garde un peu de toi
Sans trop savoir qu’en faire
Parce que tu recèles
Encore des mystères
Que je n’ai pas compris
Mais ça c’était hier
Me voilà aujourd’hui
Et rien entre les mains
Si ce n’est du papier
Où je crée des chemins
Des portes entrouvertes
Ou bien des galeries
Dont je ne creuserai
Jamais vraiment la fin
Histoire inaboutie
Portée par les courants
Il y a un après
Mais il y a aussi
La trace de l’avant
La teneur de tes mots
Le souffle de ta voix
Qui plane et me poursuit


mai 2016


Un jour

Un jour je reviendrai
Dire ce que je sais
Ce que tu m’as appris
Et ce que j’en ai fait
Un jour je parlerai
Pour ne pas oublier
Je te raconterai
Mes plus belles années
Un jour je reviendrai
Sur le seuil de ta porte
Vivante et bien à toi
J’ouvrirai grand les bras
Et toi tu m’attendras
Solide et familier
Comme si tout ce temps
N’avait jamais compté


mai 2016


Myosotis

Et tout autour de moi
Le printemps souverain 
Retenir où que j’aille
La palette infinie
Exhalant des parfums
Qui provoquent en moi
De douces sensations
Couleurs dans mon regard
Un moment d’évasion
Sur les coups de midi
Le bleu de l’émotion
La fleur de myosotis
Murmure quelque part
Surtout ne m’oublie pas
Je lui ai répondu
Je serai toujours là


mai 2016


Vous

Si je vous disais tu
Ce ne serait plus vous
Celui que j’ai connu
Au cours d’un rendez-vous
Si je vous disais tu
Je ne serai plus moi
Accordez-moi l’émoi
Que j’ai entretenu
En vous taisant le tu
J’éradique le nous
Après tout je ne suis
Qu’un détail impromptu
Qui s’est glissé en vous
Lorsque j’étais émue


mai 2016


Au jardin

Tiédeur humide du jardin
Pénétrante douceur
Fin de journée un mois de mai 
Moiteur
L’heure est à l’abandon
Je m’abandonne aussi
Le temps est à la pluie
Et je marche en silence
Parmi les herbes denses
Je m’invente un bonheur
Un pas de plus au quotidien
Sourire encore dans la vie
Au milieu du jardin
Je suis comme une fleur
Parmi les autres fleurs
Je ne demande rien
Si ce n’est pour pousser
Un petit peu de toi
Un petit peu de vous
Un petit peu de pluie


mai 2016


L'escalier

Je monte l’escalier
Dans le bleu de mes jours
Et franchis des paliers
Sans vraiment m’arrêter
Pourtant j’aimerais bien
Suspendre quelquefois
Le temps qui m’est compté
Mais je n’ai pas le choix
Il me faut avancer
Passer sans rechigner
A la marche suivante
Aller sans trébucher
Docile et consentante
Dépasser les années
En traversant les âges
Pour parvenir enfin
Au tout dernier étage


mai 2016


Ta main

Ta main contre la mienne
Sans dire un mot suffit
Le printemps volubile
Nous conte déjà tant
Ne soyons pas pressés
Demeurons immobiles
Ne gâchons pas l'instant
Et sachons écouter
Le discours de la vie
Quand volettent gaiement
De légers confettis
Au gré d'un petit vent
Fleurant bon la glycine


mai 2016



Passionnément

Le jour où j’ai senti la vie
Pénétrer tous mes arguments
J’ai su que j’avais eu raison
D’aimer avec tant de passion
Et de donner sans condition
Ce que j’avais jusqu’à présent
Caché au plus profond de moi
Dans un endroit gardé secret
Quand le moment est arrivé
J’ai eu envie de partager
Des sensations, des émotions
De la douceur sans restriction
J’ai eu besoin de libérer
Ce que j'avais dû réprimer
Pour innover dans l'expression
Créer des possibilités
Jamais encore envisagées
En explorant cet inconnu
Où je découvrais l'important
Le beau, le vrai et le vivant
Car sans cela c'est évident
Je n'aurais pas vraiment vécu


mai 2016


Evasion

Bruit du coucou tôt le matin
Tranquillité du temps qui passe
Sérénité, paix du jardin
Laisser venir les premiers mots
Savoir écrire une émotion
Pour la conjuguer au présent
Prendre la vie comme un cadeau
Dans la douceur de la saison
S’ouvrir au monde dans l’instant
Trouver une respiration
Et s’échapper par la fenêtre
A la poursuite de l’oiseau


mai 2016


Sans toi

Je ne sais pas vraiment pourquoi
Je m’étais attachée à toi
J’avais pu nouer ma tendresse
Autour de ce qui m’était cher
Et puis à travers les saisons
Les liens se font et se défont
On n’y peut rien et on subit
Les aléas et les ennuis
J’ai cru que j’allais en tomber
Quand mon tuteur a disparu
Je n’avais rien où m’accrocher
Rien pour y croire encore un peu
Je me suis sentie exposée
C’était comme une mise à nu
J’ai cru que j’allais en crever
Comme une plante abandonnée
Au beau milieu d’un grand chantier
Sans aucune eau pour s’abreuver
Et puis voilà j’ai résisté
J’avais mes yeux pour en pleurer
Pour arroser l’instant présent
Et mes colères pour assécher
Ce qui n’était pas important
J’ai composé avec le temps
Accepté ses désagréments
Car après tout je suis vivante
Même sans toi je m’alimente
On croit toujours tenir à l’autre
On croit pouvoir serrer des liens
Mais c’est contre soi que l’on tient


mai 2016


Patience

Lorsque ce jour arrivera
Je m’offrirai à ton regard
J’aurai ôté mes artifices
Et supprimé le moindre fard
Il n’y aura que la lumière
Pour apporter du caractère
Je n’aurai rien à te cacher
Mais rien non plus à exhiber
Je chercherai le naturel
Sans craindre le temps sur ma peau
J’ai déjà beaucoup patienté
Dans le soleil et sans bouger
Rien ni personne n’a pu tué
La volonté de te trouver
Cela fait déjà si longtemps
Que je réprime mes envies
Je saurai me tourner vers toi
Au moment où tu seras là
Dans la lenteur d’un mouvement
Se poursuivant à l’infini


mai 2016


Présence

Elle était seule mais pourtant
Elle sentit à ce moment
Le souffle léger d’une brise
Venir entourer ses épaules
Comme le ferait un amant
Elle inventa une présence
Pour profiter de la caresse
Que lui offrait ce petit vent
Au parfum chargé de promesses
Qui fleurait si bon le printemps
Odeurs de vie odeurs des champs
Respiration du temps présent
Qu’il était doux d’imaginer
Qu’il était bon d’être emportée
Et de se croire un seul instant
Accompagnée par l’être aimé
Mais ce n’était que le printemps
Avec son air de conquérant


mai 2016


Au bout du couloir

J’ai cru m’apercevoir
Mais ne suis que chimère
Un reflet passager
Traversant la poussière
Silhouette estompée
Pourtant si familière
Tout au bout du couloir
Dans un rai de lumière
Réfléchit le miroir
Et filent les années


mai 2016


L'encrier

Trop plein de mots dans l’encrier 
J’ai déversé sur le papier
Mille pensées désordonnées
Mais il fallait que je le fasse
Inutile de ressasser
Ce qui n’est plus à inventer
Trop plein d’amour entre les lignes
Quand mon cerveau a dérivé
J’ai cru que j’allais me noyer
Trop de larmes à épancher
Trop de baisers à partager
Trop de tendresse qui s’écoule
A chaque fois que je dépose
Un mot de plus sur le papier
Je n’y peux rien, je suis ainsi
Pleine de vie à partager
Je ne suis plus à inventer
Je me dégage de la foule
Pour impulser ma vérité
Mon peu de chose en devenir
Trace éphémère que j’inscris
A chaque fois que je dévie
D’un quotidien trop bien huilé
Où je censure mes pensées
Lorsque j’aurais voulu te dire
Ce qui ne se divulgue pas
Je voudrais tant t’appartenir
Mais c’est une idée insensée
Je suis à moi c’est déjà ça
Je tire un trait sur le papier
J’ouvre les yeux sur l’avenir
J’émerge enfin de l’encrier


mai 2016


Un rêve ...

Il est parfois des songes
Qui traînent bien après
Que la nuit soit passée
Même après le réveil
La magie se prolonge
Qu’il était doux ce rêve
Avant que le soleil
Ne se montre et s’élève
Pour atteindre les cieux
Et on a beau tenter
D’écarquiller les yeux
La vie semble flotter
Derrière nos paupières
On voudrait bien rester
Encore une heure ou deux
Assis dans la lumière
A rêvasser un peu


mai 2016


Beau temps

Si tu regardes bien là où tu mets les pieds
Tu trouveras le coin de nature accordée
Tu vois j’avais pris soin de ne pas avancer
Sans connaître l’endroit où j’allais m’arrêter
Il a suffi de rose et pourpre veloutés
Une toile champêtre aux accents printaniers
Où s’invitaient gaiment des herbes élancées
Pourquoi aller ailleurs quand le monde est si beau
Je vais enfin pouvoir retirer mon manteau

mai 2016


Devant

Si nous prenions le temps
De nous parler un peu
De dire simplement
Ce qui nous rend heureux
Dans le matin naissant
La brume s’évapore
Le soleil est bien là
Je ne l’attendais plus
Si nous faisions un vœu
Tout en fermant les yeux
Si nous voulions tous deux
Que cela dure encore
Les beaux jours sont devant
Gardons notre confiance
Et saisissons la chance
De ne pas être seul
Je vais t’accompagner
T’emmener à l’été
Et puis un peu plus loin
Si la vie le veut bien
Si nous prenions le temps
Que nous avons laissé
Quelquefois s’échapper
Ce temps où nous étions
Comme des amoureux
Je crois que je saurai
Te plaire encore un peu


mai 2016


Quand il fera meilleur

Quand il fera meilleur
Nous trouverons enfin
Ces moments de douceur
Qui nous font tant défaut
Je te prendrai la main
Le ciel sera au beau
Nous marcherons tous deux
Face au soleil levant
Notre pas sera sûr
Tranquille et accordé
J’aurai dans les cheveux
Un vent de liberté
J’aurai au fond des yeux
L’étincelle de vie
Qui nous manque à tous deux
Dans le gris d’aujourd’hui
J’avancerai ainsi
Sans craindre l’incertain
Et je n’aurai pas peur
D’aller jusqu’à demain


mai 2016