vendredi 24 juin 2016

Lourd

Dans la moiteur du jour
L’été nous ensorcelle 
Le temps est différent
Les heures sont plus lentes
Le moindre mouvement
Est source de chaleur
La nature opulente
Délivre ses odeurs
Je divague à loisir
J’éponge ma sueur
L’envie de ne rien faire
S’imprègne sur peau
Atmosphère saturée
Des orages passés
Et de ceux à venir
Ma pensée s’évapore
Quand grimpent les degrés
Je ne la retiens pas
Je laisse aller la vie
Je donne libre cours
A toutes mes idées
Je me mets à rêver
Quand le ciel est trop lourd


juin 2016


Si tu viens à passer

Si tu viens à passer
Accorde-moi ce temps
Que tu m’as réservé
Quelque part nous étions
Faits pour nous rencontrer
Je t’ouvrirai les bras
Je serai accueillante
Et j’aurai oublié
Les doutes de l’attente
Tu vois j’ai patienté
Malgré les pluies tenaces
L’été est arrivé
Sur ma porte j’ai mis
Une gerbe de blé
Tu la reconnaîtras
Tu ne peux te tromper


juin 2016


Une idée du bonheur

Les mots je les ai vus
Défiler sous mes yeux
Ils me disaient prends moi
Raconte-nous l’histoire
Apporte-nous du sens
Et de la consistance
J’ai choisi l’un d’entre eux
C’était un bon début
Et je l’ai fait tinter
Tout contre mon palais
Je voulais déguster
La moindre consonance
Puis je l’ai fait rouler
Je voulais l’apprécier
Jusqu’au bout de la langue
Quand je l’ai libéré
Ma parole a surgi
Comme une fleur des landes
Aux multiples senteurs
J’ai oublié la pluie
Il faisait grand soleil
La mer se délassait
La vague était tranquille
Et je me prélassais
Sur les rives d’une île
Le ciel était d’été
J’avais semé le beau
Sous mon crâne germait
Une idée du bonheur
Car c’était bien le mot
Que j’avais prononcé
J’en avais plein le cœur
Je devais l’énoncer


juin 2016


Quelqu'un

Il ne faut pas douter 
Du beau qui nous attend
Sous mes doigts la couleur
Un peu de sentiments
Pour agrémenter l’heure
Et faire de mon temps
Un bouquet de saveurs
Au diable tout ce gris
Je garde au fond de moi
Le vrai goût du bonheur
Il y aura toujours
Quelque chose à penser
Une idée à chérir
Un azur accordé
Un regard embleui
Où je peux me poser
Tout un monde à créer
Une pâte à pétrir
Et quelqu’un à aimer


juin 2016


Présence

L’air était frais dans le matin
Elle avait perçu son approche
Un temps pluvieux au quotidien
Le grand cèdre lui murmurait
Le dernier songe de la nuit
Lambeaux de gris en permanence
Dans un ciel lourd de conséquences
Elle avait entendu vibrer
Quelque chose de familier
Il était là, tellement proche
Nul besoin de se retourner
L’air était plein de sa présence
Elle aimait à le deviner
Sans avoir à le regarder
Et préférait l’imaginer
Pénétrer dans son existence
A pas feutrés dans le silence
Un long frisson la parcourut
Elle attendait cette caresse
Sur la pâleur de ses épaules
Qui viendrait enfin apaiser
Ces longues journées de tristesse
Qui donnaient envie de pleurer
Encore un pas pour arriver
Elle avait besoin de ses bras
Rien qu’un élan pour la toucher
Elle n’attendait que cela
Pour se lover dans le matin


juin 2016


Le temps passe

Au bord d’une jeunesse enthousiaste et rebelle
Nous étions affamés de routes sans limites
Je déroulais l’asphalte comme un ruban de soie
Pour nous faire avancer toujours un peu plus loin
Et pour réinventer le monde à chaque pas
Le vent nous enivrait, la vie nous possédait
Nous étions si heureux d’avoir ce temps pour deux
Le ciel était si bleu, si intensément bleu
Rien ne pouvait contrer ce goût de liberté
Cette intense émotion face au jour qui s’éveille
Rien ne pouvait tuer ce besoin d’aventure
Du moins je le croyais, nous avions la part belle
Mais un jour j’ai sauté juste avant la césure
Je crois que j’ai grandi malgré tous mes efforts
Je crois que j’ai perdu le fil de notre histoire
Je crois que j’ai vieilli et que tu rêves encore


juin 2016




Maintenant ou jamais

Maintenant ou jamais
Comme un défi suprême
Une marche à franchir
Un monde à conquérir
Pour aller de l’avant
Plutôt que de subir
Les affres du printemps
L’automne fut sans fin
L’automne me sourit
A l’orée d’un été
Qui semble compromis
Et quand viendra l’hiver
Je saurai que c’est lui
J’allumerai du feu
Pour tromper mon ennui
Et vaincre la froideur
D’un soleil de midi


juin 2016


Quand il fera soleil



Quand il fera soleil
Nous irons réchauffer
Nos derniers idéaux
Nos rêves les plus fous
Ceux qui font avancer
Malgré l’adversité
D’une foutue saison
Qui ne fait qu’empirer
Le ciel sera grand bleu
Tu sais, cette couleur
Qui apaise les yeux
Apportant à nos jours
Une infinie douceur
Nous irons vers l’été
Sans craindre les orages
Nous aurons balayé
Le moindre des nuages
Il fera bleu partout
J’en mettrai sur mes pages
D’autres mots s’écriront
Dans la tiédeur feutrée
D’un jardin accueillant
Tu verras nous serons
Si bien dans le moment
Bercés par la quiétude
Du monde environnant
Quand il fera soleil
Je te prendrai la main
Nous prendrons le chemin
Des tendres certitudes
Les blés seront dorés
L’horizon sera clair
Pas de pluie annoncée
Une brise légère
Viendra nous effleurer
J’aurai ma robe blanche
Une rose accrochée
Dans mes cheveux défaits
Ce sera la Saint Jean
Et nous irons danser

juin 2016


Promenade

Humide était le mot
Qui lui vint à l’esprit
La pluie désagrégeait
Les effets du printemps
Elle aurait bien voulu
Rectifier la saison
Elle n’y pouvait rien
Il flottait à foison
Elle marchait sans but
Parmi les ombres mortes
Ciel à basse altitude
Et larme en devenir
Elle essuya d’un geste
La perle du moment
Qui luisait solitaire
Comme un petit diamant
Au bord de ses paupières
Triste était le printemps
Elle se demanda
Comment serait demain
Elle en avait assez
De noyer son chagrin
Dans les flaques tenaces
Qui bordaient le chemin
Elle se sentait lasse
L’horizon se perdait
Dans les champs détrempés
Et tout se mélangeait
En un brouillard étrange
Qui n’avait rien de juin
Seul un gris persistant
S’étalait devant elle
Le reste était si flou
Devenait incertain
Elle chercha le doux
Tout en fermant les yeux
Pour oublier les flots
Qui inondaient les cieux
Et venaient s’écouler
En sillons bien tracés
Sur sa nuque exposée


juin 2016


Couleurs

Des mots pour embellir
Le gris du temps présent
J’ai cherché à te dire
Ce qu’aurait dû donner
Le plus beau des printemps
Si la pluie n’avait pas
Pourri un idéal
Il n'y a pas à dire
La saison fut fatale
Lis-moi entre les lignes
Et tu verras percer
Un soleil avenant
Tu verras s’épanouir
Des couleurs oubliées
Bleu pour s'abandonner
Dans le ciel éclatant
Jaune pour éblouir
Le regard du passant
Et rose exubérant
Pour attiser le feu
De nos grands sentiments


juin 2016


Matin d'été

La route traversait
Un océan de blé
Au loin s’imaginait 
Le bleu d’un ciel d’été
Le songe était présent
Je me voyais courir
Au beau milieu d’un champ
Corbeaux noirs au-devant
La brise était légère
Et mes talons ailés
Pétales rouge ardent
Aux tiges élancées
D’or était l’océan
Quand je me suis baignée
Les épis se dressaient
Gorgés des pluies passées
J’en oubliai le gris
Si proche était l’été
J’ai puisé dans la vie
Pour me désaltérer


juin 2016


Ce rien qui nous sépare

Ce rien qui nous sépare
Je me demande encore
Comment l’aménager
Je peins des escaliers
Qui n’en finissent plus
Je ne peux m’arrêter
Le temps me court après
Je ne peux divaguer
Si ce n’est en rêvant
C’est vrai je te l’avoue
Je me suis esquivée
Lorsque j’ai emprunté
La porte dérobée
Une petite porte
Eloignée des regards
Une ombre m’appelait
Je n’ai pu résister
Ecoute mon histoire
Je me suis enfoncée
Tout au bout de couloir
C'était pour respirer
J'ai préché dans le noir
Actionné la poignée
Libéré mes espoirs
Et quand j’ai entrouvert
Mes idées bien cachées
J’ai vu de la lumière
Inonder mon passé
J’étais riche du temps
Que j’avais amassé
J’ai vu la terre entière
S’accomplir à mes pieds


juin 2016


Hier

Elle n’aurait su dire
Si elle se souvenait
Des rides qui naissaient
En creux sur son visage
Lorsqu’il lui souriait
Elle se concentra
Tenta d’imaginer
Ce qu’il en subsistait
Mais il était si tard
Comment réinventer
L’expression disparue
Elle redoutait le noir
De ce qui a vécu
Disparus les espoirs
Bienvenue à l’oubli
Le temps avait lissé
Le moindre événement
Bienvenue à demain
Foulant notre passé
Qu'allait il en rester
L’hiver avait semé
L’amour aux quatre vents
Lorsque le sol gela
Il ne resta bientôt
Qu’un détail incertain
A peine un reliquat
Avant de n’être rien
Elle n’aurait su dire
Si elle se souvenait
D’un tracé de lumière
Qui glissait sur sa peau
Lorsqu’il lui souriait
Mais ça c’était hier
A quoi bon à présent
Il fallait avancer
Pour mieux abandonner
Ce qui était fini
Bienvenue à la vie


juin  2016


Cette idée là

J’avais cette idée là
Qui me trottait sans cesse
A l’intérieur du crâne
J’aurais donné mon âme
Pour la voir exister
Mais c’était impossible
Ce n’était qu’une idée
Un désir avorté
Je n’avais pas accès
A la réalité
Pour la concrétiser
Je la voulais tangible
Et prête à consommer
Je la voulais crédible
Pour pouvoir te toucher
Retenir quelque chose
De mon geste esquissé
Ainsi s'écrit la prose
Advienne que pourra
Ainsi se créent les choses
Je voulais que tu viennes
T’accomplir jusqu’à moi
J’avais cette idée là
De ma main dans la tienne
Rien que cette idée là
Limpide et souveraine


juin 2016


samedi 11 juin 2016

Eau vive

L’eau vive de tes yeux
Est une poésie
Je m’abreuve et la lis 
Sans jamais me lasser
Je ne saurais défaire
Ce qui se réalise
Et je me désaltère
Au bord de ta pensée
Le temps d’une échappée
D’un regard échangé
Je ne mets aucun frein
Je m’en laisse conter
L’eau vive de tes yeux
Ne cesse de couler
Une encre volubile
Où je puise sans fin
Rien ne peut m’arrêter
C’est ainsi que j’écris
Dans le petit matin
Des mots teintés de bleu
Quand le ciel est chagrin


juin 2016




Eclaircie

Quand le soleil paraît
Je m’amuse à chercher
Ce qui ne se voit pas
Secrets d’une nature
Qui s’en va vers l’été
Je crois qu’il était temps
Nous aurions tous fini
Mourants dans le printemps
Je pars à l’aventure
Il suffit d’un rayon
Et la terre palpite
Je me sens habitée
Par mille et une choses
Et me démultiplie
Je regarde et me pose
Le temps d’une rencontre
Toi aussi tu es là
Et je compte tes pas
Lorsque tu viens à moi
Toi aussi tu respires
Que c’est bon d’être en vie
Ne te détourne pas
J’apprends à décrypter
Ce que tu me dédies
Une part d’existence
Un morceau d’accompli
Je rayonne et je suis
Tant pis pour les soleils
Qui tardent à paraître
J’exulte mes envies
Et le bonheur à naître
Le printemps me poursuit
Dans le cours du moment
Je m’en fais un ami


juin 2016


Le dernier mot



Je n’ai pas dit mon dernier mot
Je ne l’ai pas écrit non plus
Je crois que rien n’est achevé
J’ai de la suite dans les idées
Une seconde à compléter
Un souffle d’air à respirer
Des images à inventer
J’ai des beaux jours à habiter
Et des semaines pour rêver
Des demains à redéfinir
Des questions à élucider
Plein de pourquoi en suspension
Plein de lumière à divulguer
Pour retenir d’une saison
Ce qu’il y a à conserver
J’invente mon calendrier
Ephéméride à déchirer
Au gré du temps, de mes envies
Au pas à pas de mes soucis
Et de ce que m’offre la vie
Je n’ai pas dit mon dernier mot
Mais s’il devait se prononcer
Si l’instant était arrivé
Si les journées m’étaient comptées
Je crois que je dirais je t’aime
Ce mot si doux à exprimer
Et qui résume ma pensée
Tout simplement je suis humaine

juin 2016


Rendez-vous

Je crois que je t’ai inventé
Le temps d’un rêve à ma portée
D’une douceur inhabituelle
En cette claire matinée
Je pouvais enfin effleurer
Cette idée de toi que j’avais
En faire ma réalité
C’était une idée lumineuse
Qui embellissait le moment
Tu vois, j’en étais presque heureuse
Tu étais un cadeau du temps
Ressurgi de mes souvenirs
Ceux qui demeurent à tout jamais
Tu as pénétré mon présent
Alors que je n’y croyais plus
J’ai enfin senti le printemps
Déployer tous ses arguments
Le bleu nous était accordé
Et l’avenir se dégageait
Nous avions l’heure pour nous dire
Pour parler et nous raconter
C’est là que j’ai voulu t’offrir
Un peu d’amour, un peu de vie
Un peu de moi dans un sourire
Un peu de tout sans prétention
Avant de devoir repartir
Car la sagesse a ses raisons
Et le poème ses limites


juin 2016


Qui tu es

Si en toi tu sais lire
Ce qui ne se voit pas
Tu pourras deviner
Quelques subtilités
Approcher la douceur
Et la rugosité
De ce qui fait de toi
Un être à part entière
Tu pourras approcher
Les ombres et lumières
Anfractuosités
Sur le bleu de la pierre
Tu sauras décrypter
Ton propre caractère
Approche donc un peu
Et regarde le temps
Qui inscrit son détail
Une trace énoncée
Une petite faille
Une fragilité
Une idée en suspens
La marque du présent
Qui se mêle au passé
Tu verras s’épanouir
Ta personnalité


juin 2016


Liberté

Jamais je ne perdrai
Ce goût de liberté
Cette intense émotion
Face au soleil levant
Quand je ferme les yeux
J’entends le bruit du vent
Et la vague tranquille
Dans un lent mouvement
Berce mes idéaux
Et mes meilleurs moments
Je me laisse emporter
Dans le matin naissant
L’horizon est si clair
Et l’océan si grand
Il y a tant à faire
Et tant à découvrir
Un monde à partager
Une vie à franchir


juin 2016



dimanche 5 juin 2016

Bleu

J’ai repeint mon écran
Dans un bleu permanent
Pour occulter le ciel
Et son gris étouffant
Je refoule sans cesse
Ces pensées insidieuses
Qui pourraient envahir
Ma terre si précieuse
Où j’entretiens le doux
Le simple et l’évident
Je garde entre les mains
Tous mes rêves d’enfant
Je n’ai rien délaissé
J’y crois toujours autant
Dans le matin blafard
Je m’invente un printemps
Où les mots s’épanouissent
Comme des fleurs des champs


juin 2016


Un rêve

Cette nuit j’ai rêvé
Du bleu d’un ciel d’été
La fleur de seringa
Distillait un parfum
Tenace et envoûtant
L’abeille s’affairait
En dégustait le cœur
Pas un souffle de vent
Rien qu’un soleil ardent
Diffusant sa chaleur
Cette nuit j’ai rêvé
D’une idée du bonheur
Pureté du moment
J’ai rêvé d’un printemps
Clair et entreprenant
D’abeilles par milliers
Venant se ressourcer
Sur la terre accordée
J’ai rêvé d’une vie
Où le temps serait beau
Le pollen abondant
Puis j’ai cueilli la fleur
Juste avant le réveil
Pour garder cet instant
Et dans mes yeux le ciel
Etait resplendissant


juin 2016


Mauvais temps

Je n’avais que la pluie
Pour noyer mon chagrin
Elle se répandait
Avide et souveraine 
Tout était détrempé
Le fleuve débordait
Envahissait la plaine
La fleur avait pourri
Et n’avait pu éclore
Le ciel était cendré
Si triste à contempler
Pas besoin de pleurer
Il le faisait pour moi
J’étais à essorer
La vie se fluidifiait
J’ai tenté d’être gaie
Mais n’y suis parvenue
Le printemps était mort
Avant d’avoir vécu


juin 2016


Rencontre

J’ai croisé ton chemin
Car tu le voulais bien
Je n’étais pas pressée
J’avais le temps pour moi
Et je savais qu’un jour
J’allais te rencontrer
On ne se refait pas
Je t’avais tant rêvé
Puis ce jour est venu
Dans la simplicité
Je n’avais rien prévu
J’aimais improviser
Quand tu m’as abordée
Je n’ai su que penser
Il était déjà tard
Et la nuit s’annonçait
Tes yeux se reflétaient
Dans mon propre regard
C’est là que j’ai compris
Que rien n’est défini
La glace était rompue
Tout pouvait arriver
J’aimais cet inconnu
Ce bleu qui m’habitait
Et quand tu as parlé
Je n’ai rien répondu
Il était déjà tard
Je me suis dévêtue
On ne se refait pas
Je t’avais tant rêvé
Je n’ai pu m’empêcher
De vouloir te toucher


juin 2016


Encre

De mon encre a jailli
L’éphémère moment
De ma vie sur la terre
Je n’étais pas vraiment
Ce qu’il y a de mieux
Mais voilà j’existais
Et mon cœur palpitait
Tandis que je dansais
Une valse des dieux
Et que je repeignais
Mon entourage en bleu
Cigale quelquefois
Ou bien petit poucet
Je semais mes envies
Et les faisais pousser
Dans la réalité
J’ai pensé que vraiment
J’avais du répondant
Que je pouvais lutter
Contre les éléments
Tout en me nourrissant
De contes enchantés
Mais l’infime cigale
A perdu son allant
Et le petit poucet
Abandonne l’idée
De trouver son chemin
Pour errer à présent
Dans une histoire sans fin
De mon encre a jailli
Une étrange légende
Je me hante moi-même
Sans jamais accoster
Parce que je ne sais
Trouver la bonne clé


juin 2016


Quelquefois

Quelquefois
Je me sens si abstraite
Avalée par la vie
Gourmande et carnassière
Digérée par le temps
Que je ne sais comment
Accomplir mes envies
Je voudrais tant savoir
Occulter le moment
Pour me réinventer
Quelque part à côté
Je suis devant l’écran
Absorbée par les mots
De ceux qui savent écrire
Et je vais m’y noyer
Le temps d’une lecture
Je voudrais tant savoir
Etre dans l’aventure
Avoir une écriture
Imaginer et dire
Plein de choses sensées
Mais je ne sais décrire
Le fond de ma pensée
Je ne sais converser
En termes biens sentis
Je ne fais qu’évoquer
Le temps d’une impression
Pour pouvoir esquisser
Quelques traits d’émotion
Sur le mur improbable
Où je crée l’illusion


mai 2016


Un soir

Un soir
Je m’écrirai un rêve
Avant de me coucher
J’aimerais décider
Du film à regarder
Surtout quand la journée
Est sombre et sans attrait
Un soir je reviendrai
Sur de belles pensées
Je me raconterai
Mes scènes préférées
Tirades passionnées
Ou secrets chuchotés
Je te ferai venir
Dans un léger soupir
Pour donner à la nuit
Une autre dimension
Et entendre tinter
Les éclats de tes rires
Je donnerai du corps
Au moindre de tes dires
Puis au petit matin
Aux lueurs de l’aurore
Quand j’ouvrirai les yeux
J’aurai cette impression
Troublante et délicieuse
De te sentir encore
Habiter la maison


mai 2016


Pluie

Pourquoi autant de pluie
Versée sur le printemps
Alors qu’il nous faudrait
Du soleil à foison
Abeilles affairées
Et fleurs en pamoison
Plutôt que d’égoutter
Nos larmes trop salées
Chaque jour qui se fait
Le ciel est enfiévré
Et l’air est alourdi
Sur la toile assombrie
Un éclair rejaillit
Pourquoi autant de pluie
Je ne sais où ranger
Ces chagrins annoncés
Et ces nuages gris
Qui sont prêts à crever
Me feraient bien pleurer
Je ne sais où trouver
Le temps pour patienter
Ne pas me lamenter
Ne pas désespérer
Laisser l’orage aller
Gronder et s’éloigner
Là-bas un peu plus loin
L’horizon s’éclaircit
J’entrevois un rayon
Dans le soir adouci
Profiter du jardin
Du beau à ma merci
Quand s’annonce demain
Un autre jour de pluie


mai 2016


Ancolie

Beauté de l’ancolie
S’ouvrant à la lumière
Langage d’une fleur
Au soleil de midi
Un peu de ma folie
En touches de couleurs
Une douce folie
Qui ne me fait pas peur
Je sais l’apprivoiser
Et m’en faire une alliée
Pour aligner des mots
Dépassant ma pensée
Car je sais transformer
Le peu en quantité
Quand je vais au-delà
De ce qui m’est dédié
Il suffit pour cela
De me laisser aller
Je dévie mon parcours
Essaie d’imaginer
Un tout autre discours
Mon esprit libéré
Je divague à loisir
Loin des routes tracées
Ancolie ma folie
Je crois bien que jamais
Je n’en ferai le tour


mai 2016