lundi 5 décembre 2016

Même après le déluge

Même après le déluge, nos mots resteront là, gravés dans nos mémoires. Même après l’incendie, nos cendres contiendront une nuance à part. Même après le silence, nos voix pourront trouver une tonalité. Même après l’avalanche, nos corps émergeront dans la blancheur suprême. Même après l’évidence, nous saurons emprunter les chemins du hasard. Même après la tourmente, nos deux mains réunies au-delà des tempêtes. Même après l’ignorance, nos vérités communes, nos claires évidences. Même après la marée, nos pas illimités sur le sable mouillé. Nos ombres partagées. Même après la tombée d’une nuit sans merci. Même après le mépris, je serai singulière. La peau que tu chéris. Ton unique matière.

novembre 2016


Voyage

Droit devant moi une éclaircie
Le ciel dénué de tout soupçon 
Un bleu qui manquait à la vie
La teinte d’un regard
Et l’envol d’un oiseau
Dans l’horizon qui se dessine
Un début d’accalmie
Une ode à l’existence
Une envie d’aller vers
Là-bas dans un iris
Un voyage à refaire
La traînée blanche d’un soupir
Et le temps à l’envers


novembre 2016


Ce temps qui nous unit


Pour le temps qui nous lie, je ferai des miracles. Je me dénuderai de mes contradictions. Me débarrasserai de mes appréhensions. Je sourirai aux heures dans un espace unifié. Je te dirai des mots dépourvus de rancœur. J’allégerai tes peurs et te délivrerai du silence oppressant en abattant les murs de l’incompréhension. J’aplanirai le sol et ferai de nos vies un parcours apaisant. 
Pour le temps qui demeure entre nos idéaux, je saurai prolonger le cours de notre intimité. Armés de nos faiblesses, nous irons sans mentir tout au bout de nous-même. Escortés par nos meilleurs moments. En nous, nos plus beaux sentiments. Nos richesses intérieures. Nous irons tous les deux chercher un dénouement. Et même un peu plus loin si tu le voulais bien. Traverser le bleu de la rivière jusqu'à l’autre côté. Effleurer l’infini et croire au paradis.

Une rive étoilée pour nos âmes mêlées.

novembre 2016


Je voudrais ...


Je voudrais tes deux mains pour apaiser mes doutes. Ecarter la froideur qui s’installe entre nous. Mon amour est en friches. Les champs déshabillés, ma pensée dévastée, les arbres sans mémoire. Je m’agrippe à la vie pour ne pas succomber parmi les feuilles mortes. Cadavres dérisoires. 
Je voudrais tes deux bras pour me vêtir encore de quelques certitudes. Me réchauffer un peu. Particules de toi. L’atome du comment au revers de tes doigts. A la faveur d’une attention. 
L’étrange rêve que je fais. Le couchant d’un soleil où je te reverrai. 
Parle-moi de l’écho quand il est sans nuages. Raconte-moi ces mots que tu as retenus. Ceux qui font chaud au cœur et scellent nos regards. La promesse espérée quand on croit tout perdu. 
Car entre nous tu vois, il n’est jamais trop tard.

novembre 2016


Brume


Je ne possède rien face au vent qui tournoie. Il balaie sans relâche les débris dérisoires d’une morte saison. D’horizon, nulle trace. La brume impénétrable masque le pas suivant. La blancheur d’une page sans avant ni après. La densité du temps face au matin naissant. Ni lune ni soleil pour éclairer la vie. Opacité de la matière. Comme une pesanteur, une pierre sur le cœur. Une peine intérieure. Mon regard est cerné par le néant feutré. 
Je ne possède rien sous le ciel de novembre. Je ne suis que mystère. Insondables ornières. L’épaisseur du silence assourdit l’existence. Pas même la présence d’une ombre solitaire. Je m’enfonce un peu plus dans les limbes de l’oubli. Bientôt je serai introuvable. Une larme de pluie, happée par le brouillard. 
Mais la vie continue. Là-bas, une cloche résonne. Dans l’accord consenti d’un moment qui s’écrit ailleurs.

novembre 2016