mardi 11 juillet 2017

Le cours des choses

Et c’est déjà le temps
Des premières moissons
Les champs sont mis à nu
Livrés au bleu du ciel
La terre a tant donné
Malgré les aléas
Rien n’a pu arrêter
Le cycle de la vie
Dans le grand tourbillon
Des mois et des années
Apprendre à regarder
Ce qui est essentiel
Bientôt seront coupés
Les orges de l’hiver
Le nez dans tes cheveux
Je m’enivre de toi
Tout en faisant un vœu
Je pense à l’éternel


juillet 2017


Bord de mer

Atmosphère estivale
Parfums d’ambre sucrés
Jusqu’à l’écœurement
Les corps se tenaient chaud
Imbibés de soleil
Les regards s’épiaient
En plan horizontal
Quand l’orage a grondé
Le vent a dispersé
La foule de juillet
Aux teintes bigarrées
Qui avait échoué
Sur la plage de sable
La pluie a refoulé
Le grand rassemblement
Ces peaux agglutinées
Avides de goûter
Le séduisant appât
Comme mouches à miel
Sur un papier doré
Qu’on aurait laissé là
Pour mieux les attirer


juillet 2017


Abandon

Au beau milieu du jour 
Je casse la routine
Et sors des habitudes
Je t’emmène avec moi 
Revisiter mon île
Trop longtemps désertée
Mon île aux pas perdus
Où je t’ai tant cherché
J’ai cherché n’importe où
A tort et à travers
Remué ciel et terre
Quand tu étais si près
Un sentiment diffus
Remonte à la surface
Quelque part entre nous
Un élan retrouvé
Une vague d'amour
Une digue qui lâche


juillet 2017


Imaginaire

Cet improbable endroit
Aux limites changeantes
Qui s’immisce parfois
Entre deux certitudes
Ce temps non défini
Qui soudain se révèle
Et nourrit la vision
D’une autre vérité
Ce monde parallèle
Aux multiples possibles
Où rien n’est assuré
Ni tout à fait figé
J’agrandis cette faille
A peine élaborée
Dans le petit matin
La lumière a changé
Et plus rien n’est pareil
Mais je ne vais pas loin
Je n’en ai pas besoin
Mon regard s’est posé
A l’intérieur du tien


juillet 2017


A vif

Une émotion de trop 
Une entaille au contrat
Et le doute accompli
Dans une vérité
Qui flambe et m’éblouit
Jusqu’à me consumer
Il ne reste plus rien
Qu’un petit tas de cendres
Sur le bord d’un chemin
Où nous étions ensemble
Il ne me reste plus 
Que mes yeux pour pleurer
Mais je ne pleure pas
Puisque je le sentais
Depuis longtemps déjà
Dans ton col odorant
Elle était imprégnée
Je humais votre après
Dans la sueur collée
Au tissu mensonger
Et tout se mélangeait
Dans la vie, dans tes bras
Dans l’unique baiser
Qui nous réunissait
Maintenant que tu sais
Maintenant que je sais
Je voulais demander
Pourquoi m’as-tu trompée ?

juillet 2017



Après

Après les rendez-vous
Les attentes confuses
Les paroles manquées
Le trouble à infini
Et les actes tronqués
Les discours imprévus
Et quelques vérités
Le silence a produit
Un verbe à l’imparfait
J’ai pourtant attendu
Que l’écho de nos voix
Se plaise à ricocher
Sur le mur incertain
De nos coïncidences
J’ai voulu me livrer
Au bord d’une émotion
Mais tu n’y étais pas
J’ai reçu ton absence
Comme un revers de main
Et j’ai pris tes dix doigts
Comme une négligence
Le vide de plein fouet
A fait la différence

juillet 2017


Fragile

C’est comme une surprise
Une offre inattendue 
La trace d’un espoir
Le souffle d’un soupir
Le reflet d’un début 
Quand s’efface le noir

Dans un jeu de lumière
Se tisse une impression
Un sentiment diffus
Pénètre l’atmosphère
Je serai bientôt là
Où tu ne m’attends plus


juillet 2017


Solitude


Tout le monde est parti 
Le sable est déserté
Et les grains en frissonnent
D’être ainsi délaissés
Sur la page en suspens
La vague a reflué 
Lentement, doucement
Elle s’éloigne sans fin
Efface les contours
D’un matin de juillet
Submerge les images 
Qui s’étaient incrustées
Au revers de mes yeux
Arrache un coquillage
En libérant l’écume
Dans le courant d’un flot
Où la vie se dilue
Tout le monde est parti
Mon corps est déserté
Et ma peau en frissonne
D’être ainsi délaissée
Sur la page avortée
La vague a emporté
Calmement, sûrement
Cette époque bénie
Où nous étions soudés

juillet 2017




lundi 3 juillet 2017

Le cours des choses

Les cerises ont mûri
L’aster s’est installé
La pelouse a jauni 
La lavande a séché
Le pollen a volé
Les jours ont raccourci
Les mésanges sont nées
L’olivier s’épanouit
Les pensées ont crevé
Elles gisent sans âme
Trop longtemps exposées
Aux rayons d’un soleil
Aux pouvoirs décuplés
Un papillon s’envole
Avant de s’évanouir
Dans le ciel estival
Une fleur a frémi
Un pétale est tombé
Nostalgie d’un présent
Aux ailes de papier
Qui plane et se consume
A peine commencé

J'agrippe un peu de lierre
Autour de mes poignets

Je m'accroche à la veille

juillet 2017




En vrai …

Il y a des sourires et des yeux qui s’éclairent 
Des amis retrouvés et ceux à découvrir
Des joues à embrasser et des mains que l’on serre
Un flot de souvenirs et la gaité des jours
Du ciel à partager, des nouvelles à dire
Des mots à échanger et d’autres à écrire
Du soleil à donner, du temps pour écouter
Dans la pluie passagère, une envie de toujours


juillet 2017



Trousseau

Voici toutes les clés
Fais-en ce que tu veux
La plupart est usée
Certaines sont rouillées
D’autres se sont cassées
A force de tourner
Au fond de la serrure
Des portes sont fermées
Et ne s’ouvriront plus
Des yeux se sont baissés
Des bouches se sont tues
Des pas s’en sont allés
Message interrompu


juillet 2017


Figement


Les heures s’entrechoquent, se brisent et se dispersent. Le temps se précipite et mon cœur s’accélère.
Au bord de la rupture, je vais me réfugier au centre de moi-même. A l’endroit où m’attend une paix intérieure, un espace accompli, un jardin idéal. Quelque chose de pur émanant de la toile, une douce atmosphère aux pouvoirs bienfaisants. 
Je m’offre le bonheur d’un arrêt sur image, la cristallisation d’une pensée choisie. Fragile et délicate. Intime et capitale.

juin 2017




Imaginé


S’il fallait retenir l’essence de la vie, en moi, ce soubresaut. Le vent dans les nuages, aussi blancs que ma page avant que je ne pose une ou deux impressions. 
L’été passe, insolent, et ne s’arrête pas.
Dans un sillon secret, je sème à l’infini des rêves périssables. Je regarde mourir mes plus belles années.
Parfois même je crée du monde autour de moi. 
Un homme me regarde en mâchant quelques mots. De ceux qui vous enchantent et vous mènent plus loin. Un autre me soulève et me prend dans ses bras. 
Mais ce n’est qu’illusion.
Quelqu’un m’a réveillée en claquant dans les doigts.

juin 2017




Le bon chemin



Je vais toujours plus loin
Parfois même je cours
Enjambe les matins
Comme si tout là-bas
Je pouvais transcender
Mon âme et mes idées
Happée cette faim
Qui ne me quitte pas
Dis, c’est par où l’amour ?

juin 2017


A la Prévert ...

Quand il fait beau dehors
Le sombre me retient
Je suis assise au fond
D’une classe sans teint
Le silence et la mort
Sont ici de rigueur
Une mouche a plané
En osant bourdonner
Taisez-vous, dit soudain
Une voix déjantée
Je rentre à l’intérieur
De mon rêve ébauché
Et mon ventre se tord
La maîtresse a parlé
Je voudrais m’évader
Rejoindre cet ailleurs
Aux pouvoirs singuliers
Je rêve un peu plus fort
La fenêtre est fermée
Alors …
J’aiguise mes deux ailes
En ouvrant grand les yeux
M’imagine autrement
Je m’habille en rebelle
Et dis d’un air radieux
Excusez-moi, je sors
J’ai quelque chose à faire
Un besoin impérieux
Une envie délicieuse
Découper les rideaux
Allumer le soleil
Peindre les mots en bleu
Plutôt que de rester
A contempler le mur
Dénué d’intérêt
Alors …
Je brandis mes ciseaux
La maîtresse s’envole
Les cahiers s’entremêlent
Les enfants s’éparpillent
Les fenêtres explosent
Et la porte se vrille
Je souffle un peu plus fort
Avant de m’échapper
Par le toit défoncé
Quand le ciel apparaît
Je change de décor

juin 2017


Sérénité

La vie se déroulait 
Comme un tapis de soie
L’horizon palpitait
Aux premières lueurs
Un soleil avenant
Dessinait ses contours
Le monde s’apaisait
Au revers de mes doigts
Retrouvait sa douceur
Grâce au ton de ma voix
J’avançais sans détour
Sans heurt et sans tracas
Lissais chaque pensée
En ôtais les excès
Les pointes de rancœur
Et les regrets amers
J’apprivoisais le jour
A chacun de mes pas


juin 2017


Tableau

Il y avait le ciel
Constellé de nuages
L’été se répandait 
Sur les peaux dénudées
Il y avait l’odeur
Des champs avant l’orage
La plaine s’échauffait
Le vent était tombé
Tandis que les oiseaux
S’abritaient sous les arbres
Il y avait le blé
Et la couleur du blé
Quand l’aile d’un corbeau
Trancha le paysage


juin 2017


Là-bas

Emergeant du néant
Un bateau comme une île au milieu du désert
J’imagine parfois que je suis tout là-bas
Oasis inconnue, entourée de mystères
J'aimerais tant pouvoir l'effleurer de mes mains
Une voile épurée traverse mon regard
Je rêve un peu plus loin
Je vais là où le ciel se mêle à l’océan
La fraîcheur retrouvée dans le petit matin
Le monde s’accomplit quand tu ouvres les bras
Comme un soleil levant

juin 2017


L'infime

J’étire encore un peu
L’embryon d’un moment 
Un semblant d’émotion
A peine élaboré
Fragile perception
Au creux de ma pensée
Je fais tout doucement
Pour ne pas la briser
Je profite du jour
Et reviens sur mes pas
Pour aborder le temps
Où tu passais par là
Quand le silence autour
Devient assourdissant


juin 2017


Plus que mercredi ...



















Vivante

Détourner son écran 
En effacer la veille
Repeindre tout en blanc
Le vide et le trop plein
Je suis une mariée
Délestée de sa traîne
Aux nuages pesants
Sous un soleil brouillé
J’arrive dénudée
Dans un élan suprême
Je rétrécis le temps
Bouscule ton sommeil
Accorde ton destin
A mes monts et merveilles
J’apparais maintenant
Evince le passé
En semant le cortège
Et ses désagréments
Me voici enfin telle
Eve au premier matin
Prête à vivre l’été
Impatiente et rebelle


juin 2017


Hasard

Je n’ai pas décidé 
De venir jusqu’à toi
Mais j’y suis arrivée
Quand mes pas m’ont guidée 
Jusqu’à ce matin là
Je ne sais plus très bien
Dans quel pays je suis
Ni pourquoi, ni comment
J’ai abouti ici
Je n’ai rien exigé
Je n’ai rien demandé
Mais le temps s’y prêtait
Et nous étions en vie


juin 2017


De concert


Un moment suspendu, l’accord de nos silences entre deux notes claires. Discrète nonchalance aux abords de l’été. La rivière s’endort, bercée par le courant. Doucement la lavande s’épanche et se répand. Une abeille me frôle, une corde a vibré, taquine gentiment nos vies ensommeillées. Tout proche, une romance. Une reconnaissance. Et la glace a fondu, le soleil est si près. Un mouvement d’épaule pour créer l’aparté. 
Et la grâce apparaît.
Lorsque ta main égrène avec légèreté pour mieux me mettre à nu, je vois nos ressemblances, entends mon importance et me laisse emporter. Quand ta prose parvient à réapprivoiser nos paroles perdues. Quand le grain du pollen devient suavité. Au gré d’une cadence, je me laisse conter une heure disparue. Je suis à ta portée.
Le ciel a des couleurs qu’on ne voit qu’une fois. 
Je garderai de toi le mauve de l’instant, la brise chaleureuse au lieu du mauvais temps.
Joue encore, s’il te plaît.
Ne t’arrête jamais.

juin 2017


Capteurs de rêves ...


L'évidence

Une blanche lueur
Quelque chose de plus
Dans la grâce accomplie
D’une aurore attendue
Le monde est quelquefois
Si simple à regarder
Le chant d’un oiseau bleu
Unique et aérien
Ma première émotion
Quand sa note m’atteint
Le monde est quelquefois
Si doux à écouter
La beauté d’un regard
La chaleur d’une main
Le désir apaisé
La bouche rassasiée
Le monde est quelquefois
Si facile à aimer

juin 2017


Canicule

C’est comme un jour d’été 
Où rien n’a d’importance
Personne à qui penser
Ni d’endroit où aller
C’est comme un jour d’été 
Débordant d’insouciance
Je m’arrime à la fleur
Dont le temps est compté
M’enracine avec elle
Chasse toute pensée
Et prends de la hauteur
En regardant le ciel
Je voudrais demeurer
Assise sans bouger
M’imprégner de silence
Sous l’arbre protecteur
La chaleur a plombé
Mes dernières errances
C’est comme un jour d’été
Gagné par la torpeur


juin 2017


Repli

Je cherche le silence
Et repousse les mots
Qui m’ont déshabillée
Lorsqu'il était trop tôt
Je fuis quelques regards
Je me voudrais souris
Echapper aux pleins phares
Je ne sais qui je suis
Quand j’aborde le jour
Blafarde et dispersée
Un mauvais rêve passe
Je me mets à danser
Au milieu des éclats
D’une image brisée
Quelques ans de malheur
Une beauté fanée
Des roses sans couleur
Qui jonchent le plancher
Une lettre sans vie
Un destin chiffonné
Je voudrais retrouver
Mon jardin intérieur

juin 2017


jeudi 15 juin 2017

Vérité

J'étais
L'accord inattendu
D'une gamme éventée
Le vide qu'on remplit
De peur d'être assoiffé
La bouche qu'on nourrit
Pour avoir un retour
Mais voilà je me pose
Et aime à l'endroit où
Le temps sait nous saisir
Innocents et entiers

Dis, c'est comment le jour
Avant de m'embrasser ?


juin 2017




Nature morte

Je suis dans la lumière
La passante d’un jour
L’émotion fugitive
Eclairant ton parcours
Je suis cet éphémère
Fragile et dérisoire
Entraîné malgré lui
Par le souffle du vent
Je suis sur cette terre
Un être provisoire
L’habitante furtive
D’un songe évanescent
Je suis comme un soupir
Posé là par hasard
Qui vient et qui s’en va
Au gré des éléments
Je suis dans une histoire
Un mot que l’on écrit
Emporté par l’élan
Avant d'être effacé
Définitivement


juin 2017


Vacance

La soirée s’amplifiait 
L’atmosphère était dense
Le plus léger murmure
Prenait de l’importance
Notre vie oscillait
Entre hier et demain
Sur nos peaux échauffées
Un rayon s’engluait
Je sentais sous mes doigts
Le grain de ta présence
Nous étions tous les deux
Dans l’infiniment grand
Devant nous, la beauté
D’une heure à célébrer
Et ce vaste océan
De possibilités
Ce n’était pas un rêve
Je l’ai su au moment
Où le ciel a vibré
Dans un lent mouvement
Le temps a ondulé
La vague est revenue
S’étaler sur la grève


juin 2017


L'essentiel

Bien avant le poème
Il y a la matière
Je triture les mots 
Dénude une intention
Modèle une pensée
Saisis une impression
Décompose une idée
Apaise une tension
Caresse un devenir
Concrétise une action
Développe ce temps
Où tout peut se produire
Même l’inattendu
L’à peine imaginé
M’approprie cet espace
Où je peux exprimer
Une authenticité

Bien avant le poème
Existe l’essentiel


juin 2017



Entre l'herbe et le thym


Entre l’herbe et le thym
Pousse un carré de rêves
Garrigue entre les mains
Un petit vent léger
Contourne la falaise
J’imagine un maquis
Où tu viens à passer
Une chemise en lin
Un sourire éloquent
Et une odeur de fraises

juin 2017


Voyage

Et si tu m’emmenais 
Voir un peu de pays ?
J’aimerais quelquefois
Agrandir l’existence
Rien qu’en fermant les yeux
Changer les apparences
M’imaginer plus loin
Que le bout de mes pieds
Et m’approcher enfin
Sans avoir à bouger
D’un lieu hors du commun
Pouvoir enfin pousser
La porte dérobée
D’un paradis lointain


juin 2017


Le bon moment

Il est souvent trop tard
Ou jamais assez tôt
J’ignore une heure ou deux
De celles qui vous plombent
Une existence entière
L’air est si lourd, ce soir
Le temps est à l’orage
Et nos pas sont pesants
Nos mots sont incendiaires
Nos gestes conséquents

Tout en fermant les yeux
J’ai préféré me taire
En rêvant d’un ciel bleu
Dépourvu de colère


juin 2017


Beau temps

Je remplis quelques vides
Donne de l’épaisseur
Aux choses qui m’entourent
Un parfum, une odeur
Je balaie la poussière
Vestige du passé
Qui vole et s’éparpille
Dans un rai de lumière
Je n’en ai pas assez
Je recherche le jour
Dans toute sa splendeur
J’ouvre grand la fenêtre
L’horizon s’éclaircit
Le soleil me saisit
La vie m’appelle ailleurs
Je souffle quelques rimes
Et mets de la couleur
Sur les ombres morbides
Qui noircissent mon cœur


juin 2017