mardi 31 janvier 2017

Ephémère

Saisir un éphémère
Une portion de temps
A l’embrasure du jour
Où rien n’est accompli
Les mots ont déserté
Mes lèvres démunies
Il est temps de se taire
J’embrasse le matin
M’imprègne de la vie
Je n’ai besoin de rien
Le silence suffit
Là-bas sans aucun mot
Quelque chose s’écrit

janvier 2017


Voyage

Si je reprends le train
Sauras-tu m’entrevoir à l’autre bout du quai ?
Si jamais je reviens, voudras-tu m’accueillir?
J’ai déjà tant couru
Sur ma peau les traits ineffaçables 
De mes essoufflements
Dans mon dos
L’onde des souvenirs
Une foule s’avance
Visages anonymes et ombres inquiétantes
Figée devant la gare
Je ne m’aperçois pas
Qu’il est déjà trop tard
Quand la foule m’emporte
Je dérive sans fin
La pendule s’effrite
Les nuages se fendent
Et mes espoirs s’effondrent
La vague me refoule
Toujours un peu plus loin
Je ne peux résister et me laisse emporter
C’est fini, je le sais
Je ne reviendrai plus
Un voyage parfois vous fatigue à jamais

Sur mon île perdue
Les trains ne passent plus


janvier 2017


Poussière

Répands-toi sur la vie
Défais tes résistances
L’envergure du jour
Se perd à l’infini
Offre tes yeux
Au plus beau d’un regard
Prends le temps de lisser
Chaque mot
Chaque ride
Chaque infime parcelle
Chaque détail ultime
Comme un trésor à part
Saisis l’insaisissable
Pénètre la lumière
Elément volatile
Sois poussière dans le vent
Et le bleu t’appartient
Le grand bleu de l'étang
Te devient accessible

janvier 2017


L'essentiel

A la marge sensible du jour
Se glisse un pan d’éternité
Les jeux ne sont pas joués
Pas encore tout à fait
J’arrive à respirer
Le temps glisse sans bruit
Et la vie s’amplifie
Imperceptiblement
Toute la paix du monde
S’accorde à la lenteur
Dans la grâce d’un geste
La promesse du beau
Un sentiment d’amour
Un élan de bonheur
Une envie d’être là
Et nulle part ailleurs
A la marge sensible du jour
S’immisce une émotion
D’une extrême douceur
J’expire et je reprends
Une autre bouffée d’air
La lumière est si belle
Quand l’horizon t’effleure

janvier 2017


Richesse

Quelques heures de plus
Et des rêves en moins
Les nuits me déshabillent 
Jusqu’au petit matin
Mais je n’ai rien perdu
De ce qui fait de moi
Un être à part entière
Une femme accomplie
Un heureux caractère
Je suis riche de toi
Dans les moindres recoins
Quand l’aube balbutie
Je regarde mes mains
Si c’était à refaire
Je ne jetterais rien


janvier 2017


lundi 30 janvier 2017

J'ai perdu quelque chose



J’ai perdu quelque chose mais je ne sais pas où
Un bout de ciel en moins
Une lune qui bouge
Un peu trop à mon gré
J’ai laissé éclater
Le givre aux commissures
Un rire trop forcé
La rouille me serrait
Le froid me verrouillait
La neige était si blanche
Et le sang a coulé
Quand les roses ont gelé
Ce n’était pas grand-chose et pourtant j’y tenais
Quelque chose de rien
Le soleil s’est figé
Et je ne savais plus
Très bien où j’en étais
Un silence insensé
Produisait son effet
Une main oubliée
Qui se tendait en vain
Le vent me délaissait
C’est moi que j’ai perdu
Dans le petit matin

janvier 2017


Ecume

Le bleu d’une incidence sur le mur délaissé
Le repli du papier
La colle qui englue les restes persistants
D’un ciel en plein été
Malgré les déchirures 
La douceur de l'écume
Une paix annoncée



janvier 2017


collage: Ghislaine Lejard

Excès

Quand tout a débordé
Le monde était en peine
Le ciel a chaviré
Les oiseaux sont tombés
L’horizon s’est noyé
Et mon rêve a coulé
Il a suffi de peu
D’une goutte de plus
D’une parole en l’air
D’une mauvaise chute
Et d’un mot de travers

La coupe à moitié vide
Etait déjà trop pleine


janvier 2017


Neige

Un monde emmitouflé
Des portes qui se ferment
Et des verrous tirés
J’ai beau ouvrir les yeux
Je t’aperçois à peine
Une feuille a craqué
Enraidie par le gel
J’ai fini de rêver
Ton sourire est si blême


janvier 2017


L'absence, suite

Lorsque tu n’es pas là
Je t’invente quand même 
Le temps paraît si long
Les nuages se traînent
Et la vie ralentit
J’écris
Un nouveau scénario
Une fugue infinie
Pétrie de ta présence
Je te crée mot à mot
Accorde aux suspensions
Toute leur importance
Chaque point que j’appose
Est un grain de ta peau
Et tu prends sous mes doigts
Toute ta consistance

Au cœur de mon attente
Tu deviens le héros


janvier 2017


L'absence

Lorsque tu n’es pas là
Je te parle quand même
Les murs ont des oreilles
Qui n’écoutent que moi 
Les ombres prennent vie
C’est comme au cinéma
Mes mots en stéréo
Pourfendent le silence
Sous mes doigts vagabonds
Le papier en frémit
Je crie
Toujours un peu plus fort
Empoigne l’existence
Je suis
Comme une note à part
Et si je chante faux
Les murs ne tremblent pas

Ma voix oui
Et mes mains quelquefois


janvier 2017


jeudi 26 janvier 2017

Dégel

Le froid m’a pénétrée
Figeant mes émotions
Au milieu d’un désert
Ou plus rien ne poussait
Le froid m’a envahie
Mais quelque chose en moi
Résistait à l’hiver
Alors j’ai réagi
Je me suis secouée
J’ai sauté dans la vie
Quand j’ai brisé la glace
Plus rien ne séparait
Nos atomes perdus
Le blanc devenait bleu
Le bleu devenait toi
C’est là que j’ai fondu

J’étais sans carapace


janvier 2017


Flambée

C’était comme une trêve, une pause hors du temps
Un sursis de chaleur grâce au feu rassurant
La maison repliée respirait la douceur
Des pensées casanières occupaient le présent
Et des joies familières 
Exemptes des tourments qui sévissent plus loin
Quelque part au-dehors
Au-delà des murs blancs lavés de tout soupçon
Une armure de pierre face aux foudres du ciel
A la fureur du vent, aux tremblements de terre
Un toit pour occulter la moindre intempérie
Et mieux rêver la nuit sans craindre l’invasion
De notre pire ennemi
Rester à l’intérieur, jouer à l’entre-soi
Je te connais si bien que je n’aurai pas peur
Viens t’asseoir près de moi
Dehors ne m’atteint pas
Dehors n’existe pas

Se laisser envahir par l’étrange torpeur
Qui nous fait oublier une réalité
Le temps d’une flambée, se sentir à l’abri
L’hiver paralyse nos âmes vagabondes
Mais la folie du monde ne s’arrête pas


janvier 2017


Lumière

Ce matin encore
Le soleil s’est levé
Poursuis-le du regard
Et sache t’inventer plus grand que tu ne l’es
Elève-toi dans la lumière
Jusqu’au frisson du crépuscule

janvier 2017


Bleu

Bleu
Sous la blanche lumière
Je capte une parcelle
L’expression d’un non-dit
Qui parle et se révèle
A la vie
Dans mes yeux
Le reflet
De tous mes paysages
L’arrogance du ciel
Bleu
En toute saison
Dans un souffle de vent
Je t’envoie un nuage
Une envolée de mots
Un ultime message
Un bout de temps qui passe
Bleu
Mes doigts ont trop trempé
Dans l’eau de ton regard


janvier 2017


Si jamais

Parce que les jours se suivent et ne s’assemblent pas
Toujours comme il faudrait
J’invente des liaisons 
Des moments accordés à la juste lumière
Je cherche une autre issue 
Dans des faits conséquents
J’espère découvrir
Un pan de vérité qui m’aurait échappé
Le brouillard de ma vie est parfois si épais
Que je pourrais me perdre avant de me trouver
Mais je peux aussi bien me mettre à inventer
Devant le rideau blanc
Des mondes improbables sans avant ni après
Des mondes bricolés où je viens figurer
Alors je tire un trait entre deux conjonctures
Provoque le hasard
Fait naître des rencontres entre deux parenthèses
Pour emmener mes rêves toujours un peu plus hauts
Et si ça ne va pas
Si jamais la rupture était inévitable
Si jamais une fin venait à se produire
Si jamais la tempête me déracinait
Si jamais cette obscure tentation d’oublier
Si jamais la teneur
De ta peau veloutée venait à s’évanouir
Si jamais le soleil ne se relevait plus
Si jamais …
Le temps devient mauvais
Je détruis mes châteaux
Mes rêves de grandeur
Mélange les saisons en raturant ton nom
Je repasse au fer chaud
Remet tout bien à plat
Avant de m’en aller rejoindre le brouillard
Et laisse derrière moi deux ou trois illusions
Je n’irai plus marcher le long de ton rivage
Les rivages me tuent

J’ai oublié ma pelle
Au bord du bac à sable


janvier 2017


mercredi 25 janvier 2017

Nos idéaux

Nos idéaux se font la malle
Profitent d’une brèche
D’une lame de fond
Tandis que nous brassons 
Le vent sans respirer
Le quotidien pesant
Est déjà bien ancré
Surtout ne bronche pas
C’est la réalité
La vie c’est quelquefois
Un voyage en apnée


janvier 2017


L'envol

Et quand tu le pourras, ne retiens rien de ce que tu n’as pas dit
Libère toi enfin
L’oiseau vole plus haut 
Quand l’espace interdit devient une aventure

Parce que le temps qui s’ouvre
Est propice aux voyages

janvier 2017




Le cours des choses

Entre rouille annoncée et feuilles décédées
Entre routes fermées et chemins sortilèges 
Entre vitres cassées et blessures pansées
Entre le lierre et moi
La vie se désagrège
Même sous le bitume sévit une gangrène
Un pluriel imparfait se perd entre le nous
La dérive d’un tu au fond d’un caniveau
Mais c’est plus fort que tout
Je construis des bateaux
La pluie devient rivière
J’affronte tous les flots, remonte les courants
Accoste malgré moi sur l’étonnante berge
L’écume d’un sourire scintille sur mes lèvres
Je me tais et je rêve
Plus loin, sous mes paupières
Une femme résiste aux rigueurs de l’hiver
Des mots et des images
Une littérature
Un nom sur le revers interdit d’une page
Je glisse en équilibre sur le bord d’un trottoir
Le silence devient ma seule résistance
Je recouds simplement mes plus belles errances
Sur la toile mouvante, mon œuvre est dérisoire


janvier 2017


Le mot

Le mot comme une envie
Vient flairer le papier
Le serrer de plus près
Lui donne la saveur
D’un jour en devenir
Et ma plume aux aguets
Perçoit chaque incidence
Débusque entre deux lignes
Une nuance à part
Déterre une imposture
Ravive un souvenir
Ou défie le hasard
En jetant sur la feuille
Une pensée contraire
Un pavé dans la mare


janvier 2017


Sous la vague

Sous la vague tangible
L’océan s’accomplit
Le ciel grandit à mon approche
Sur le sable mouillé 
L’expression d’un rivage
Aucun vent
Le souffle de la vie suffit
Grandiose et infini
Chuchotis des étoiles
La nuit s’enroule autour de moi
L’écume fait silence
Et le temps s’évanouit
Dans le blanc d’une voile
Happée par l’horizon


janvier 2017


mardi 24 janvier 2017

Expire

Expire
L’horizon se décline
Dans une infinité
De possibilités
Tu pourrais bien t'y perdre
Sans avoir existé
Mais si tu sais y faire
Si tu laisses entrevoir
Tes traits particuliers
Un jour tu deviendras
Dans la forêt sans nom
Un arbre singulier
Epousant la lumière


janvier 2017


Digression


J’apporte un peu de moi
A la lueur d’un jour
Où rien n’est arrêté
Et pourtant je le sens
Tout est déjà rempli
Je trace des sillons
Trop gorgés de sueur
D’envies et d’émotions
Comment créer le vide
Quand le ciel est si plein
Que la lumière avive
Un pan de mon destin ?
Le futur sous mes doigts
Je réinvente un monde
Où règne la douceur
L’apaisante douceur
Imbibée de patience
Epouser la lenteur
Désamorcer la mèche
Ralentir la cadence
Dans le vide, mon geste
En mode prometteur
J’étire et je digresse
J’occulte la vitesse
Provoque l’incidence
Et plante mon crayon
Au milieu de ton cœur

janvier 2017


Voyages

Tandis que tu parcours le monde inépuisable aux mille et un visages, je suis face à moi-même. Le front contre la vitre, j’invente un paysage en regardant passer les nuages si blêmes. 
Tandis que tu voyages, moi je ne bouge pas.
L’essentiel est ailleurs.
Et tandis que l’oiseau s’éloigne à tire d’ailes, je suis à l’intérieur. Sur les lignes sans fin de mon imaginaire. 
A chacun son chemin, sa quête quotidienne, sa route légendaire
L’important n’est pas là
Peu importe la vie et ses bifurcations
Les routes empruntées à tort ou à raison
Le but est de pouvoir arriver jusqu’à soi
Peu importe la voie que nos pieds fouleront
En nous la vérité
Le parcours à trouver, la vraie destination


janvier 2017


Toute une histoire

Voilà ça y est … j’ai refermé la brèche, recousu doucement l’intime déchirure 
Vaincu les vieux démons qui hantaient le présent
J’ai déraciné l’arbre où suintait la tumeur
J’ai condamné le pan de mes rêves perdus
Je me fiche de tout et ne ressens plus rien
Même pas de regrets
Même pas la douleur
Ni même de rancœur
J’ai envie d’annuler ce qui ne sera plus
J’aseptise mon cœur de doutes inutiles
Battements superflus
Je marche sans savoir où je vais atterrir
Peu importe l’endroit
J’y vais sans réfléchir puisque tu n’y es plus
Je traverse la ville dans le noir de la nuit
Sans aucune lueur
J’avance dans la vie
Mets du baume partout pour ne pas à souffrir
De nouvelles erreurs
Je longe le trottoir pour ne pas déraper
Me raconte une histoire à la fin insensée
A ce moment précis, nous nous sommes croisés
J’ai presqu’envie d’en rire
D’en faire une apogée
Mais je ne t’ai pas vu
Ou bien je n’ai pas su vraiment te discerner
Ou je n’ai pas voulu
Le noir était complet, je t’avais oublié
Du moins je le pensais
Alors j’ai continué de trottoir en trottoir
Perdue, j’ai dérivé jusqu’au moment crucial
Ma gorge s’est nouée
Le sol s’est dérobé, la brèche s’est fendue
Ce détail fut fatal
Une porte de plus, un couloir infernal
Tout au bout de la nuit, tu es réapparu


janvier 2017


L'arbre de vie

Sous ton arbre de vie
Je me suis arrêtée
J’ai croqué dans le fruit
Que tu me présentais
J’avais besoin de croire
En l’immortalité
Aujourd’hui, je comprends
Que mon rêve a vieilli
Je n’ai pas le pouvoir
De rester plus longtemps
Il me faut continuer
Avant de repartir
J’ajoute un graffiti
Un sentiment de plus
Sur l’écorce dorée
Un truc insignifiant
Qui ne vaut même pas
La peine d’être lu


janvier 2017


lundi 23 janvier 2017

Sans arrêt


Et nul n’arrêtera le cours de l’existence. Tu auras beau freiner, enraciner tes pieds à l’endroit où la vie prospère et te sourit, rien n’y fera jamais. Le sol finit toujours par devenir instable. Tu ne peux pas lutter, empêcher les lézardes, il te faut continuer. Laisser place à l’après et à l’inéluctable.
Derrière, une tranchée se creuse peu à peu. Tu y mets des fantômes, des visages sans yeux et des voix sans échos. Des bouches sans amours, des discours imparfaits. Des rimes délabrées, des mots sans incidence à force d’être lus et trop utilisés. Il te faut avancer. En essayant parfois de te sentir léger. Désengager ton âme d’un passé négligent où tu n’auras pas su faire ce qu’il fallait. C’est trop tard à présent.
Aucune terre ne t’appartient, aucune mer et encore moins cette innocence qui t’a quitté malgré ta foi. Aucune larme. C’est à toi de soustraire et de froisser sans fin, le papier sous tes doigts. Digère et ne dis rien. Aucun repos à concevoir, demain bousculera ton rythme familier. Car tu mets trop de temps à vouloir entasser. Ceci et puis cela, regarde le fatras. Ce qui a trop vécu, ce qui ne sert à rien. Ce qui le valait bien, ce qui a pu compter. Mais tu n’en es plus sûr …
Tu avances et te tais. Pas besoin de trier. Ta vie est sans retour. Et le temps finira par t’avoir à l’usure.

janvier 2017


La valse du temps


Au terme d’une année, les saisons ont valsé. Tourbillons insensés, la tête me tournait. Mes pensées chronophages éreintaient ma patience. J’ai détourné le vent, asséché mon esprit, dévidé ma conscience tandis que l’hirondelle rejoignait le printemps. Le soleil était bleu et le ciel orangé. La terre était le ventre où je me réfugiais. 


Tandis qu’entre mes doigts j’égrenais ta présence.

janvier 2017


Rien


Rien
C’est juste ce qu’il faut
Pour éviter le pire
De toi, aucune trace

Mon silence est le tien

Rien
Le mot claque et s’efface
Je déchire une page
De toi, l’hiver est né

Ton désert est le mien

Rien

janvier 2017


Réalité


La pâleur matinale s’approprie mes pensées. Chaque jour le soleil devient un peu plus blanc. J’ai parfois l’impression d’être sur un nuage, dans la ouate feutrée d’un moment épuré. Ni d’avant, ni d’après. Rien que moi face au temps qui fait le grand ménage et nettoie le passé sans aucun état d’âme. Rien que moi et la vie face au vent pénétrant qui balaie le passage. Où es-tu ? Je ne sais, nulle part et partout. Le brouillard est épais et l’avenir est flou.
La pâleur virginale s’immisce sous ma peau. Le silence est tangible, à couper au couteau. Et l’absence s’inscrit dans chacun de mes pas. Devant est indistinct mais je n’hésite pas, je ravale mes peurs et vais à ta rencontre. Car tant que je saurai me conjuguer à toi, ailleurs et n’importe où, je crois que je pourrai m’envisager moins seule.
Donnons-nous rendez-vous. Regarde sous la brume, je ne suis pas un leurre.

janvier 2017


Le fracas du silence

Au plus fort de l’absence 
Tout paraissait futile
Ma vie sans conséquence 
Et mes rêves trahis 
J’ai fermé les issues 
Qui menaient jusqu’à toi
Bouclé mes émotions
Dans un coin du cerveau
Je me suis dévêtue
Des gestes inutiles
Je n’avais qu’une envie
Prendre de la distance
Apprivoiser l’oubli
Gagner en transparence
Savoir tourner le dos
A mes propres errances
Placarder sur tes mots
Le fracas du silence


janvier 2017


Fenêtre sur


Je t’ouvre le chemin pour venir jusqu’à moi. J’écarte le roncier de mes incertitudes et balaie le terrain pour qu’il soit accueillant. Un peu moins encombré, un peu plus éloquent, un peu moins délabré, un peu plus différent. La vague de mon âme atteint une brisure. J’assouplis le moment, efface le rocher, retire doucement l’épine de rosier qui hante ta blessure, atténue l’éraflure et lisse le présent, réduis la démesure qui nous éloigne tant, révèle peu à peu le bout d’un sentiment. Tout juste ce qu’il faut pour évoquer en toi un désir imminent. Une envie de m’aimer rien qu’en me regardant. J’aplanis l’étendue de nos disparités. Une flamme vacille au gré d’une émotion. Au fond de ma pupille, une fenêtre s’ouvre. La lumière jaillit dans le soleil levant. Plein été sur la vie. Je t’offre l’horizon à portée de la main.
Viens.

janvier 2017


Je suis


Quand j’entrouvre les doigts, la lumière apparaît. Vois-tu, j’ai la vie dure. Mais je m’égare un peu quand le noir est complet. Je ne m’appartiens plus. C’est comme si j’étais l’illusion d’une absence, une improbable prose sur le mur du silence. Je crie un peu plus fort et l’onde se réveille. Volubile et charnelle. Vagabonde et rebelle. Des mots de tous les jours et dérives verbales par temps exceptionnel. Ils forment une écume, bouillonnante et sincère. Je ne sais pas mentir, tricher sur l’existence. Quelque part au-devant une idée de l’amour, un refrain permanent. Une note qui enfle et soulève le vent. 
C’est vrai, j’ai la vie dure et j’accorde le temps. J’apprivoise parfois un ou deux éléments. Si tu sais regarder au-delà des contours, peut-être verras-tu ce qui est important. L’évidente raison de ma présence ici.
Je suis ce petit rien agrémentant tes jours.

janvier 2017