jeudi 23 février 2017

Ton ombre dans mes pas


Ton ombre dans mes pas, je fais le tour du monde à l’intérieur de moi. Où que j’aille traîner, je ressens ta présence. Un trouble permanent qui me rend plus fragile, beaucoup plus émouvante, tellement accessible. Tu ne me quittes pas. Je deviens perméable au moindre des silences. Ils me parlent de toi. Expriment une incidence sur mon parcours de vie.
Le printemps me réclame et je n’aurai pas froid. Si ce n’est un frisson qui épouse mon dos. Comme si je t’aimais pour la première fois. Vénus à la fourrure, je troque mon manteau contre n’importe quoi.
Contre rien, je m’en fous. Contre toi me suffit.
Je deviens émotive
Beaucoup plus animale
Un peu moins infernale
Je n’ai plus que ma peau
Pour retenir tes sens
Je ne suis que buvard
Et m’imprègne de toi
Je ne veux rien de plus car tu as déjà tout

février 2017


Naturellement

Je n’ai pas su te dire
Formuler l’intérieur
Le brouhaha ambiant
M’empêchait d’exprimer
Ma source de chaleur
Les mots se délitaient
A peine élaborés
Ils manquaient d’à-propos
De rythme et d’épaisseur
Alors je me suis tue
Je n’ai fait que serrer
Ta main un peu plus fort
A l’endroit où la vie
S’enracinait en moi
Sous le globe de chair
S’épanouissait mon cœur
Et palpitait ma voix

février 2017


Coup de gueule

Et la plupart du temps
Je fais n’importe quoi
Je fais tout de travers
Je ne sais où je suis
Je peste contre tout
Contre toi, contre moi
Tout contre ces instants
Qui m’échappent et se noient
Dans le triste ordinaire
Je m’en veux n’importe où
Et pour n’importe quoi
Mais je ne t’en veux pas
J’en veux à l’univers
Non, toi je ne peux pas
Je t’aime trop pour ça

février 2017


                                               visuel: Chris Voisard/Eve Eden

Papier

Le bruissement intime
D’un morceau de papier
Volupté d’un moment
Une lumière s’entête
A percer des secrets
Si bien ensevelis
Que rien ne transparaît
Mes rêves sont scellés
La mer est sans brisure
Le calme est à mes pieds
J’apprends tout doucement
A réprimer les mots
Je descends la voilure
Et ferme les volets
Je déchire une lettre
Un morceau de mon temps
Que tu n’auras jamais
Demain un autre jour
Demain une autre quête
Il suffit que je tue
Cette note de trop

février 2017


Surdité

Aimer nous appartient, à tort ou à raison
Demain, je ne sais pas mais j’avance et j’y crois
Peut-être lui, peut-être un autre
Peut-être toi
Etre aimé nous revient comme un écho fragile
Une note subtile, aérienne et sensible
Mais moi je n’entends rien

février 2017


Toi et moi


Toi et moi
Deux êtres dissociés, deux regards parallèles aux vérités distinctes. Avec leurs différences, leurs dérives intimes, leurs croyances secrètes, leurs propres convictions forgeant un caractère. A chacun son avis sur la grande question. Quelle réponse donner au pourquoi du comment sur l’instable planète qui ne tourne plus rond ? Etranges étrangers aux regards aveuglés qui filent toujours droit sans jamais s’effleurer. 

Alors je prends ta main et je serre tes doigts. Je dissous cet écart qui nous désunifiait. Et là, sous ma poitrine, ça vibre et ça palpite. Je ressens quelque chose qui ressemble à la vie

Quand j’ôte la liaison, nos deux âmes fusionnent. Le Nous me donne alors une autre idée de moi. Je me sens plus entière. Beaucoup plus aboutie.

février 2017

                                                visuel: Chris Voisard/Eve Eden

Renouveau


Une fenêtre ouverte sur le chant des oiseaux. Le renouveau d’un souffle qui caresse ma peau.Une franche lumière pénètre à l’intérieur, traverse le miroir et balaie la poussière. Je découvre un reflet enfin débarrassé des inutilités. Je me sens apaisée et beaucoup plus légère.
Quand le bleu de l’azur envahit le plafond, j’écarquille les yeux, étire mes antennes.
J’écoute respirer le moindre carré d’herbes, deviens l’une d’entre elles. Je glisse et me faufile, fais ma place au soleil.
Plus loin, l’arbre grandit, bourgeonne et s’épanouit.
J’entends couler la sève.

février 2017

                                                visuel: Eve Eden/Chris Voisard

Unité



Ton corps était si près, je l’ai pris pour le mien. 
Je rêve d’un séjour où je pourrais goûter la saveur de ton cou. Emmène-moi plus loin. Car sous ta chevelure, un monde retenu. Une veine où palpite une autre dimension. Féminine et charnelle. Une part imprévue qui dilate le temps. Et l’odeur de ta peau pénètre l’atmosphère. Capiteuse et sensuelle. Je fais un pas de plus. Effluve d’un parfum où ton ombre prend forme. Emouvant entretien où nos mains s’apprivoisent avant de s'effleurer.
Imperceptiblement, je devine un élan. Ta hanche se dérobe et poursuit à dessein l’ébauche de mon geste. Une intention vers moi à peine révélée. 
Une lumière s’éteint, le silence se fait. Quand j’attrape ton bras, ton corps sans hésiter, annule cet espace qui nous différenciait.
Nous ne sommes plus qu’un.

février 2017


jeudi 16 février 2017

Blues

La parole confuse, les rêves au placard, je me tais quelquefois. Je digère ou j’infuse et je baisse les bras. Inaudible discours, je deviens superflue, ravale une émotion, réprime une intention. Le blues est à deux pas. Un chant venu d’ailleurs. Mélopée moribonde à peine perceptible, je la laisse monter, envahir l’intérieur. Lancinante langueur, mes pensées se concentrent en un point bien précis. 
J’expire une douleur. Une quête perdue, un manque de chaleur, une peine tenace. Mélancolise à souhait sans pouvoir m’arrêter. Je me mets à broyer tout le noir de la vie.

La note a décuplé en atteignant le cœur. 
 Et le blues m’envahit.

Toutes tripes dehors, j’atteins des profondeurs que tu ne connais pas.

février 2017


Rien qu'un endroit


Rien qu’un endroit pour exprimer ce qui frémit au fond de moi. Trouver le temps de déceler la ligne encore inhabitée et pouvoir mettre en parallèle le peu qui nous rapprocherait. Savoir offrir à la lumière les mots qui nous ont échappés.
Rien qu’un endroit pour divaguer, où nos pensées convergeraient.
Un petit coin de rien du tout, un morceau de page égaré où se rassembleraient nos pas.
Une bulle à réinventer, un dialogue à recomposer.
Un bout de ciel entre les doigts, n’importe quoi me suffira.

février 2017


Détachement


Je me suis détachée, envers et contre tous. Le ciel était à moi et j’ai changé ma route. Une autre trajectoire, quelques plumes en moins, des doutes superflus effacés par le vent. Des frictions éphémères. 
Le temps d’une évasion, d’une course effrénée sans but révélé, d’un soleil écrémé qui traverse les champs. 
Et toi
Palpable et indicible. Fragile et indocile.
Aller dans le courant, pénétrer le présent.

L’impossible moment où tout est perceptible

février 2017


Le poids de ma présence

Le poids de ma présence 
A chacun de tes pas
Je me voudrais légère
Mais je ne le peux pas
Chaque jour qui se fait
Je te suis à la trace
Amoureuse obstinée
Volontaire et tenace
Je ne te lâche pas
Et j’appuie à l’endroit
Où naissent les élans
Les plus grands sentiments
Je gagne en importance
M’installe dans ta vie
Conquise et souveraine
Ne rate aucune nuit
Je suis cette incidence
Qui te colle à la peau
Et rêve dans ton lit
Mêlant mon souffle au tien
Quand tu es endormi


février 2017




visuel:Eve Eden/ChrisVoisard

Je suis


Allons cueillir au point du jour, la preuve tangible de notre authenticité. Dans l’à peine révélé, concevoir la possibilité de respirer encore. Effleurer l’infinie diversité de la vie en rassemblant tous nos atomes.
Et nous sentir grandir dans la juste lumière, en suivant du regard l’indicible beauté d’un moment éphémère.

Quelque part aujourd’hui sur la terre, je suis.

février 2017


Je t'ouvre cette porte

Cultivons sans répit nos mondes intérieurs où viennent s’abreuver des rêves égarés. Ils passent par milliers les tristes nuits d’hiver puis s'en vont au matin, à peine rassasiés en longeant les murs gris.
Apprenons la patience, la douce déshérence au gré d’un aparté. D’une folle lumière qui viendrait traverser les parois redoutables d’un petit quant-à-soi. Un apprivoisement dans l’espace dédié. Un pourquoi résolu. Une valeur commune. Lui donner consistance et matérialité.

Mon kaléidoscope à portée de tes yeux
Creusons la vérité. Ne pas se contenter du froid des apparences. Du goût de l’insipide. En nous, des différences et la diversité. L’éternelle richesse de nos vies qui se meuvent sans bruit dans le simple ordinaire. Déclenchons la révolte, engrangeons d’un regard, la multiplicité.
Je t’ouvre cette porte que je gardais fermée
A l’intérieur de l’enveloppe, une autre dimension, un champ hors du commun où tout peut se produire. Le meilleur ou le pire. La vie prend du relief et le ciel se nuance. Rien n’est tout à fait noir. Ni jamais vraiment blanc.
Demain sera meilleur, un peu plus éloquent, un peu plus épicé, un peu moins désolant, beaucoup plus habité. Un peu plus conséquent.
Je t’ouvre cette porte que j’avais condamnée.

février 2017

visuel :ChrisVoisard/Eve Eden

jeudi 9 février 2017

Ebauche

Une ébauche de moi
Un sentiment diffus
Et les notes éparses
D’un monde incohérent.
Parfois je capitule
Les rêves ont une fin
Le bois se désintègre
Je n’y crois plus vraiment.
Je placarde le vent
Sur des incertitudes
Je fignole pour rien
Des inexactitudes
Je regarde flétrir
Toute ma vie d’avant
Le papier m’interroge
Le silence se fait
Et l’encre se dilue
Sur les lambeaux du temps
Dans l’ombre signifiante
D’un bonheur disparu
Je n’ai plus rien à dire
Alors je fais semblant

février 2017

Visuel: Eve Eden/Chris Voisard

Lisière


Je traîne à la lisière d’un songe évanescent où viennent s’égarer les brumes matinales.
Les spectres de la nuit agonisent sans bruit sur le bord du chemin. Je laisse derrière moi des bouts de ma personne. 
Dans un bruissement d’ailes, mes chimères s’envolent. Je les vois s’évanouir là-haut dans les nuages, absorbées à jamais par le ciel insatiable. Des pensées noctambules s’attardent encore un peu. Fragiles papillons côtoyant l’éphémère. Illusions d’un instant. Imperturbablement, le jour les désagrège.
J’effleure doucement les possibilités du quart d'heure à venir.

Face au soleil naissant, ma vie se concrétise

février 2017


Commissure ...

Territoire tissulaire où se réunissent deux parties


Eve Eden/Chris Voisard
Février 2017

Le murmure de l'écho


Peut-être un de ces jours, trouveras-tu la force d’exprimer la parole déchue. 
Celle que tu as brimée pour ne pas t’exposer, celle que tu as perdue au revers d’un chagrin, celle tu as lancée et voulu rattraper. En vain. Un éclat sur le sol et plus rien. L’intention qui échoue, la portée du silence. Au bout, l’indifférence et le froid irrépressible de l’hiver.

Ce verbe refoulé, qui revient quelquefois s’amoindrir sur tes lèvres sans pouvoir être dit, écrit ou signifié.

La vague est repartie. Vers la douce quiétude d’un monde solitaire. Et l’amour l’a suivie. Chaloupe prisonnière dans sa bouteille en verre. 

Peut-être un de ces jours, trouveras-tu du sens à ton rêve perdu.
Si tu marches longtemps
Peut-être verras-tu ce qui t’as échappé
Cela te reviendra quelque part sur la grève …

Comme un écho chantant.

février 2017


Relâche


Relâche
Les tensions passagères
Devant toi
L'avenir s’éclaircit
Le chemin se déplie sous tes pieds
Va
Au clair de l’existence
Quelque chose t’attend
Laisse aller tes pensées
Vers le soleil levant
Accorde-toi la vie
Et le droit d’espérer

Dans la lumière évanescente
Un millier de nuances
S’accroche à tes poignets
Dans tes mains, des possibilités
Avance
Ce matin t’appartient
Encore un
Tu as toutes tes chances

février 2017


samedi 4 février 2017

Fin de vie

Un rayon imprévu
Sur une scène vide
Le public est parti
La salle désertée
La bataille finie
J’essaie de remonter
Le corps à moitié nu
Sur un sol affermi
Retrouver le plancher
Mes jours ont tant tremblé
Que j’ai cru m’évanouir
A présent c’est fini
Le silence est complet
Dans l’air environnant
Des pensées confinées
Transpirent du plafond
Le monde est si petit
Entre mes quatre murs
La terre est si flétrie
Je ne peux respirer
A mes pieds, un gâchis
Une mort avérée
Un rayon imprévu
Sur un acte manqué
Le soleil en sursis
Essaie de résister
Je résiste avec lui
Bientôt je planterai
Des graines par milliers
Et je verrai pousser
La fragile semence
Je la verrai grandir
S’élever dans le ciel
Un matin de printemps
Exprimer l’abondance
Si le temps le permet
Avec un peu de chance
Je saurai retrouver
Mes rires égarés

février 2017


vendredi 3 février 2017

Fin de journée

Dans le jour en partance 
Mon pouls a ralenti
Le temps s’est apaisé
La vie semble plus lisse
Et l’air plus velouté
C’est comme une accalmie
Au milieu du chantier
Plus rien n’a d’importance
Si ce n’est respirer
Quand l’ombre se répand
Je me frotte à la nuit
Pénètre doucement
Sa sombre intimité
Avant de me lover
A l’endroit de la vie
Où je t’ai rencontré


février 2017


jeudi 2 février 2017

En vrac ...

Intime vague à l’âme
Un blues au singulier
La lumière s’est éteinte
Quand le ciel a viré
Ma bouche s’est fermée
Et mes doigts se sont tus
Irrémédiablement
Vaincus
Des amitiés éparpillées
Des tas de feuilles disparus
Malgré
Une volonté de fer
Je franchis les épreuves
Mais ne gagne jamais
Inutile défi
A la face temps
Au pourquoi de la vie
Je vrille et désespère
Je me prends une claque
Accuse et redémarre
Je n’ai que ça à faire
Dénuder mes tourments
Retenir l’éphémère
Un coup de vent à l’imparfait
Un coup de blues au singulier
Des lettres mortes à tout jamais
Et des mots en suspens
Tous ceux qui m’ont manqués
Autant
En emporte le vent
Des visages aimés
Rejoignant l’inconnu
Des paroles tronquées
Des vides absolus
Je bois la rivière asséchée
Et j’en retiens l’amer

février 2017


Poussière, suite ...


Je marche un peu plus seule
Je ne désire plus
Que le vent dans mon dos
Je me voudrais légère
Enfin débarrassée
De tout ce superflu
Qui me colle à la peau
Mes révoltes cachées
Gisant sur le sentier
Comme peaux de chagrins
Rêves abandonnés
Définitivement
Je me tais et digère
Une vague de trop
Une quête éphémère
J’écrase une folie
Un printemps disparu
Qui traînait sous mes pieds
Les nuages sont lourds
Et l’hiver conséquent
Je me défais du temps
Me détache de toi
Pour me donner au vent
Le rien me va si bien

février 2017


mercredi 1 février 2017

Absence

Absence
Un léger flottement
Le hasard sous mes doigts
L’irrépressible envie
D’exprimer un faux pas
Déclencher des passions
Au lieu d’aller tout droit
Sans aucune émotion
Rien ne s’acquiert jamais
Tu ne m’appartiens pas
Mais je suis imprévue
Rien n’est écrit d’avance
Si nos lignes perdues
Devaient se rencontrer
Je donnerai du sens
Une autre direction
Avec ses conséquences
Et toutes ses audaces
Unifier nos errances
Reformuler ta trace

février 2017


La raison de la vie

Je retiens 
Le fil enchevêtré d’une histoire insensée
Sans fin élaborée
Ni autre commencement 
Qu’un indomptable élan
Peut-être est-ce cela
La raison de la vie

Le pourquoi du comment
L’insondable défi

Aller plus en avant
Quand on n’a rien compris

février 2017

Excessive

J’ai beau pousser les murs, l’horizon rétrécit
Et l’encre se dissout sur ma peau parchemin
Je peins une gravure à l’intérieur de moi
Une icône païenne qui croquerait la vie
L’inexplicable vie qui m’échappe des doigts
Je prends tout sans savoir ce qui est important
Ce qui est abouti
Indicible présent
Mes mains contre le temps
Je résiste et ressens
Une infime fêlure
Un pas dans le non-dit
Les journées se mesurent aux mots que j’ai pu taire
Se lover dans l’incertitude
D’une éternelle inconstance
La spirale m’emporte au fond d’un trou béant
Où git une blessure
Je manque de lumière
Mes yeux sont des buvards
Avides d’un printemps
Qui ne viendra jamais
La paroi se resserre
Je débloque un peu plus
Je vibre de colère et je griffe les murs
Imperturbable hiver
Je combats sans succès l’inéluctable fin
En un mot j’exagère

février 2017