lundi 27 mars 2017

Changement d'atmosphère

Hésite et réfléchis
Le jour se lève à peine
Défais et reconstruis
Rature et recommence
Avance et persévère
Découpe une blessure
Chiffonne et délibère
Déchire une imposture
Respire et va plus loin
Invente une autre issue
Les deux mains dans tes rêves
Echappe à l’ordinaire
Et crée la différence
Repeins le monde en bleu
Accroche la lumière
Partout où tu le peux
Dans l’azur accompli
Saisis une incidence
Invente une autre vie
Redécoupe ta sphère
Pour être plus heureux

mars 2017


Patience

Patience
La vie se tissait en silence
Sous la frange assombrie d’un ciel en devenir
S’immisçait le présent
Lumineuse trouvaille où pointait l’espérance
La nuit se défaisait inexorablement
Au loin se dessinait la trace d’un sourire
Un rayon s’allumait comme un pressentiment
Aujourd’hui serait beau
Et les mots de la veille n’auraient plus d’importance

mars 2017


Solution

Je défais les verrous 
Dans le jour consentant
J’ouvre grand les volets
J’espère une lumière
Attends un dénouement 
La clé d’une question
Demeurée en suspens
Si tu veux bien entrer
Pénétrer mes mystères
Ma porte est à tous vents
Je n’ai rien à cacher
Et rien à démontrer
Je te laisserai faire
Trouver la solution
Le pourquoi de ma chair
Dans la beauté farouche
D’une libre expression


mars 2017


Ebauche

Une ébauche suffit
Tout un monde entre nous
Le courant s’établit
Tandis que je déchire
Un impossible amour
Une montée de pluie
Je nettoie mon pinceau
Une larme brisée
S’épanche à l’infini
Je rabiote la vie
Découpe un idéal
Un mot était de trop
Je lave à l’infini


mars 2017


Sous les doigts

Sensations sous les doigts
Impressions sur les yeux
J’ai le goût du voyage
Dans l’haleine du vent
Le printemps s’élabore
La saveur d’une page
Encore inexplorée
J’apprivoise l’instant
Le bleu de l’horizon
Devient à ma portée
J’entends couler le temps
J’entends souffler la vie
Et le bruit de la mer
Au creux d’un coquillage


mars 2017




08 mars



Une femme d’un jour
Pour qui, les déficients ?
Ceux qui n’avaient pas vu
Qu’elle existait vraiment
Qu’elle était là pour toi
Bien avant, bien avant …
De sexe et de sueur
Et d’enfant qui s’endort
Repu d’un lait fertile
Unique et protecteur
Une façon de dire
Ce qui est différent
Une pousse fragile
Un discours pertinent
Et toi, comment tu vas ?
Chez moi c’est élan
Un état permanent
Suis-je normale docteur ?
J’ai des seins tous les jours
Une peau à défendre
Un corps à exprimer
T’avais rien vu avant ?
Et moi ton chromosome
Je l’ai entre les jambes
Un i grec estampé
Dont tu ne connais pas
La vraie réalité

mars 2017


Expression


L’intensité du mot quand il te prend au corps, chargé d’une émotion nouvelle et intégrale.
Une tonalité sur un mode majeur, une autre perception de la réalité.
Modulation du temps qui s’étire un peu plus, la vie prend de l’ampleur et ton corps s’épanouit. 
La note est si sensible, le trouble te surprend et tu perds la mesure.
Tentation d’exulter avant l’accord final, tentation d’exister dans la formulation d’un désir partagé.
Mais tu le laisses atteindre toute sa portée, tu le laisses monter jusqu’au moment crucial pour qu’il atteigne enfin sa signification.
Parole dévolue au tout premier frisson, la fin est magistrale.

mars 2017


Accord

Le fauve d’une nuit se révèle et grandit sur la pierre ébahie
Ta peau a des odeurs
Des goûts et des couleurs, je suis tout à l’envers
Le mur suinte et soupire
L’audace nous surprend au beau milieu du gris
Ta démarche féline en plein après-midi
Un dimanche pluvieux s’évanouit sous ta sève
Le mur est un écran
Un voile de lumière où s’anime un printemps
A peine élaboré
Impatience du vent qui sème et se défait
D’un hiver encombrant
Le bistre de ta peau s’étale à l’infini
Et je broie l’éphémère
Ma vie se concrétise
Hier c’était hier
Je m’accorde au présent
Rejoue-moi donc un riff
Un accord simplement
Je m’en contenterai

mars 2017


Pluie


Odeur de pluie dans le jardin

Un soleil chiffonné barbouille le regard d’une teinte cendrée. 
Quelques feuilles s’attardent à pourrir dans un coin. Reliquats d’un hiver qui poursuit invariable sa lente destinée. La saison est tenace et le froid s’insinue, pénètre mes pensées. Mon esprit désagrège quelques-unes d’entre elles. Malgré la triste ambiance, j’ai besoin d’avancer. Dans l’improbable jour qu’il me faut inventer. J’ai besoin d’espérer en créant l’éclaircie qu’il manque à cet instant. Je deviens attentive au moindre bruissement.
Là-bas un peu plus loin, un léger craquement
Frisson de vie sur le chemin 
J’apprends à écouter l’éclosion des bourgeons dans le petit matin

mars 2017


Lumière

Sous la chape du ciel, les voix sont étouffées 
Les oiseaux sont plombés
Les nuages figés s’attardent sur mon front
Absorbant la couleur d’un rêve qui s’éteint
Et sombre dans le gris d’un matin assassin
Mes mots ne portent plus
Ils sont lourds de chagrin et du poids de l’ambiance
L’écho s’est écrasé comme un ange abattu
Des plumes ont volé
Je me fraie un passage entre deux lettres mortes
Aux tristes conséquences
Je conjure le temps en ouvrant mes paupières
Sur un autre présent
Dans une autre atmosphère
Je souffle sur les cendres
Un présage s’envole
Je regarde frémir ses ailes de papier
Là-bas une lumière
Et le jaune des blés qui dansent dans le vent
Sous un ciel insolent
Un bleu exubérant
Dénué de poussière


mars 2017


Dignité

Voilà c’est décidé
Je m’incline et je sors
Je m’accorde à la voix
Que tu n’entendras pas
Je cloisonne le temps
Pose des barricades
M’éloigne vers là-bas
Bifurque une ou deux fois
En effaçant mes pas
Je m’incline et m’en vais
Mais je souris encore
Je souris à jamais
Pour ne pas déraper
Je lutte sans merci
Contre le mauvais sort
Je m’accorde au violon
Qui ne pleurera pas


mars 2017


Vide de sens



Les mots se font la belle
La musique reprend
Le rien devient mon lot
Cynique et envoûtant
Peu importe où tu es
Où je suis à présent
Les lignes parallèles
Ne se croisent jamais
Une note surgit
Une note effrontée
Un défi permanent
Je ne sais qui tu es
Je n’ai pas eu le temps
Une note déchire
Un espace dédié
Et je m’oublie un peu
Dans l’air environnant
Je ne sais qui je suis
Je m’incline et je perds
La musique se tait
Quand je jette les gants

mars 2017




Unité

Les nuits nous rapprochaient
Inévitablement
Les nuits nous réclamaient
Irrésistiblement
Nos mots s’évaporaient
Rejoignaient le silence
Plus besoin de parler
Quand nos mains s’exprimaient
Au plus près de nos sens
Nos corps étaient complices
En ne faisant plus qu’un
Les nuits nous unissaient
Indissociablement
Jusqu’au petit matin
Quand nos mains s’égaraient
Jusqu’à la délivrance
Et ma peau retenait
L’odeur de ton parfum


mars 2017



La fleur aux quatre vents

A force de mêler mes sentiments aux tiens
J’ai semé le désordre, embrouillé mes pensées
Une révolution au fond de mes tiroirs
Où je classais en vain ces bouts de temps perdus
En me disant qu’un jour ils pourraient me servir
Avoir du contenu et de la signifiance
Ma mémoire est en vrac
Je ne sais plus très bien par quel bout commencer
Ni vraiment d’où je viens, ni par où continuer
Je ne reconnais plus le début de la fin
C’est un vaste chantier où rien n’est abouti
Une folle anarchie a mêlé mes pinceaux
Et dissipé les mots que j’avais préparés
Ce dont je me souviens
C’est d’avoir essayé de t’accorder du sens
Déceler tes atouts en mettant en lumière
Ta pleine nudité
Inutile défi
L’herbe folle a poussé
Maintenant je divague, énumère mes rêves
Au fond d’un trou paumé où rien n’est consistant
Plus besoin de ranger
Le chiendent prolifère
Grignote peu à peu les restes accessoires
D’un jardin délaissé
Je suis bien à présent
Car rien ne m’est acquis
J’ai fini par aimer ce foutoir permanent
Aux rhizomes sans fin
Et là dans les racines
Ton souvenir prégnant

Demain je cueillerai
La fleur aux quatre vents 


février 2017


Espère


Espère. Une autre dimension, un chemin de traverse encore inexploré. La part improvisée d’un temps inaccompli, celui dont tu n’as pas la clé et pas encore la moindre idée. La beauté se faufile alors que tu voudrais tenir entre tes doigts un morceau d’accompli. A peine révélé, le soleil disparaît. 

Et le vent coléreux fait claquer les volets.
Espère. Une opportunité. La mesure accordée au pas qui t’accompagne au creux d’une accalmie. Franchis d’une enjambée le temps qui t’en éloigne. Libère quelques rêves, laisse-les s’envoler.
Ils se disperseront en laissant derrière eux des traînées de poussière. 
Quelqu’un voudra peut-être se les approprier.

février 2017

                                             Chris Voisard/Eve  Eden

lundi 13 mars 2017

Primaire






                                            En collaboration avec Ghislaine Lejard ...

Légèreté

Le temps est plus clément et les nuits s’adoucissent
Nos mots ensevelis deviennent malgré moi
Le terreau de demain
Le soleil se dessine et les arbres s’ébrouent
J’esquisse une pensée au revers d’un chagrin
Quelque chose de beau qui ressemble à la vie
Quelque chose de chaud qui m’entraîne plus loin
J’avance vers le jour, la lumière m’appelle
Je me défais du poids de mes incertitudes
Je me sens plus légère
Beaucoup plus aérienne
Dans le petit matin, je vais à l’essentiel
Mais n’oublie rien de toi
Qui as su bousculer toutes mes habitudes
En me donnant des ailes pour la première fois


février 2017


Quand la porte s’ouvrit

Quand la porte s’ouvrit
Tu étais sur le seuil
C’était un peu comme si
Depuis tout ce temps là
Tu n’avais pas bougé
Le soleil a fléchi
T’invitant à entrer
Et je l’ai laissé faire
Respirant au passage
Le parfum de ta peau
Une odeur familière
C’était un peu comme si
Le printemps m’alpaguait
Me prenait par la taille
Et comblait la durée
D’un pan d’éternité
Où tu n’existais pas


février 2017

                                                visuel: Chris Voisard/EveEden


Traîne hivernale

Je tente de m’extraire d’un gris omniprésent 
Je secoue dans le vent la cendre de mes yeux
Je veux
Un ciel déshabillé de toute fioriture
Une terre infaillible
Enfin débarrassée de toute salissure
Je me crée un élan
Comme un vaste possible au milieu de ton champ
Je creuse et je laboure
L’infertile présent
Je veux
La nudité d’un bleu en toute transparence
Ton regard me pourfend
En moi ta signature
Tel un acte émouvant
Une simple éraflure
Sur la paroi sensible de mon corps épuisé
Qui se remet à peine
De ton geste ébauché
Depuis
Je garde la semence
Et fais pousser le blé


février 2017