mercredi 31 mai 2017

Espoir


Mais non, répondit-elle
Car nous avons toujours
Deux ou trois mots à dire
Une lettre à poster
Un vase à refleurir
Ou des courses à faire
Un être à embrasser
Une porte à franchir
Un enfant à bercer
Un poème à écrire
Un dé à relancer
Quelque chose à finir

mai 2017


La vie

La vie n’est qu’une roue
Loterie de tes jours
Où le temps est compté
Tu peux passer ton tour
Ou bien alors tenter
De rafler le paquet
Celui qui est là-haut
Au-dessus du panier
Parfois tu gagnes tout
Le trop grand, le trop beau
Même le superflu
Si bien enrubanné
Tu te mets à rêver
Pour que ça continue
Enchaînes les excès
A tort et à travers
Jusqu’à l’écœurement
Rien ne peut t’arrêter
A peine dégrisé
Tu remets tout en jeu
Sur un coup de poker
Tu crois en ton succès
Le lendemain tu perds
Dans un égarement
Le peu qui t’était cher

Te voilà dévêtu
Pour une vie entière


mai 2017


Canicule

Sueur
Le geste est ralenti
Et les mots ont fondu
Sous un soleil de plomb
Les oiseaux se sont tus
Pas un souffle de vent
Aucun bruit, aucun son
Abandonne le jour
Qui répand sur ta peau
Le poids de la chaleur
Viens te confier à l’ombre
De mes murs protecteurs
Viens épancher ta soif
Et me parler d’amour
Sous le ventilateur

mai 2017


Là-bas

Quand je serai là-bas
Il y aura bien sûr
L’odeur du vent marin
Parfum d’eucalyptus
Sur la mer sans écume
Quelques voiles au loin
Comme un rêve qui dure
Sur ma peau parchemin
Le plus beau des romans
Effluves de lavande
Un goût de romarin
Et là, je te l’assure
A portée de la main
Enfouies dans mes cheveux
Des aiguilles de pin
Quand je serai là-bas
Il y aura bien sûr
Du sable sous mes pieds
Des sentiers escarpés
Perdus dans la nature
Je deviendrai cigale
Aux ailes irisées
Bercée par les embruns
Pour apprendre à chanter
Derrière tes volets
Offre-moi ce matin
Dénué d’amertume

mai 2017


En conclusion


Que me restera-t-il
Lorsque j’aurai enfin
Déroulé tout le fil
Lorsque j’aurai comblé
Chaque heure de mon temps
Lorsque j’aurai compris
Mon si peu d’importance
Quelques notes éparses
Sur fond de nostalgie
Le reflet ébréché
D’une voix surannée
Devenue inaudible
La marque d’un sourire
Aux lèvres tant aimées
L’empreinte d’un regard
Sur ma peau dévoilée
La confiance d’un jour
Et le doute obsédant
Que me restera-t-il
Quand je serai enfin
Dégrisée de mes sens
Anonyme poussière
Perdue dans le néant
N’attends pas qu’aujourd’hui
Te glisse entre les mains
Montre-moi la beauté
D’un ciel en plein juillet
Offre-moi le soleil
Et l’amour à outrance
Offre-moi ta chaleur
Avant que le silence
Ne m’éteigne à jamais

mai 2017


Notre histoire

Notre histoire mérite
Des plages dédiées
Des temps particuliers
Des gens attentionnés
Il existe un endroit
Où tu peux te confier
Où tu peux exprimer
Ce qui te tient à cœur
Quelque chose de toi
Quelque chose d’enfoui
Un détail émouvant
Un rêve inassouvi
Ou bien tout simplement
Une idée du bonheur
Un peu, même beaucoup
Nos vies ont tant à dire
Nos vies sont des romans
J’aimerais tant te lire
Découvrir l’intérieur
Sans aucun jugement
M’attarder un instant
Notre histoire mérite
D’être racontée
A une oreille amie
Qui saurait écouter
Sans se soucier de l’heure


mai 2017


Lumière fatale


Dans la lumière crue d’un matin dévoilé, un songe m’abandonne avant la conclusion. Eblouie par le jour, je ne résiste pas. 
Ton ombre disparaît, refoulée par l’ardeur d’un soleil éclatant qui réveille les murs, aussi blancs qu’un écran vidé de son histoire.
Pourtant j’étais si près d’un heureux dénouement, je sentais ta présence s'immiscer sous mes draps.
Encore quelques secondes, une prolongation dans la nuit en sursis et j’étais presque sûre de finir dans tes bras.
Demain, je tenterai d’accélérer l’allure pour arriver à temps. Avant que le soleil ne tue notre aventure.

mai 2017


dimanche 21 mai 2017

Ailleurs

Un paysage, une expression
Etre l’habitant d’un passage 
Vouloir y laisser quelques traces
Un sentiment, un témoignage
Un peu de soi, sans prétention
Poser son temps sur une page
Etre l’auteur d’une impression
La vie, c’est notre seul voyage
Osons nos rêves et divaguons
Allons plus loin que le rivage
Là où nos îles enchantées
Offrent une autre dimension
Laisse-toi faire sans y penser
Viens, je t’emmène à l’horizon
Vagabonder dans les nuages


mai 2017


Talisman

Je balbutie mon dernier poème
Au rythme de la pluie
J’exprime goutte après goutte
J’écris coûte que coûte
C’est mon histoire
C’est mon présent en devenir
Seconde après seconde
Je compte mes errances
C’est mon parcours depuis toujours
Mon reliquaire au goût du jour
Je parviens, tu t’abstiens
Je reviens, tu détiens
La marge fatidique
Et la borne frustrante
De nos séjours endeuillés avant l'heure
L’univers m’est inaccessible
Là où tu es, mes idées sont criblées
De larges fossés comblés
A l'encre sympathique
A chacun ses limites
La valeur n’attend pas
Le nombre des critiques
Tu peux juger, énoncer
Si tu n’as pas d’arrières
Le temps aura ta peau
Pas d’issue pour tes os
Moi je n’ai qu’une chose
Un vers entre deux proses
Je saisis la matière
J’extrais au compte-goutte
Mon devenir à moi
Qui parfois se confond
Aux soubresauts sans fond
D'une terre en émoi
Où l'amour est lésion
21 mai 2014


Proche ou lointain



Proche ou lointain, quelle importance
Le passé est impénétrable
La lourde porte se referme
En gémissant à mon passage
Un tour de clé dans la serrure
Et tu deviens inabordable
Ce qui était réalité
N’est plus qu’un rêve hors de portée
J’ai beau tenter de résister
Tu disparais derrière un mur
A la hauteur insurmontable
Proche ou lointain ne change rien
Le passé est insaisissable

mai 2017


Pause

J’accepte le silence 
Comme un dernier ami
Un visage effacé 
Sur le miroir éteint
Un monde sans écho 
Où rien ne se produit
Un livre sans histoire
Pas même le début
D’une révélation
Rien que des pages blanches
Que je tourne une à une
Pour tromper mon ennui
Les mots s’en sont allés
Les mots m’ont désertée
Je froisse une pensée
Un semblant d’émotion
Le vide s’entretient
J’élude une question
M’abstrais à tout jamais
En regardant le ciel
D’une beauté sans nom
Un parfum s’évapore
Je ne ressens plus rien


mai 2017


Tout un poème ...

mai 2017

mercredi 17 mai 2017

Temps perdu

Une idée du printemps
Entre deux flottements
Je défroisse mes ailes 
Trop souvent repliées
Agrandis l’avenir
Autour de mon regard
Car depuis si longtemps
Je n’ai plus rien à dire
Et je ne sais que faire
De mes mille et un doigts
Mes pieds, n’en parlons pas
Ils arpentent la terre
Tandis que je demeure
Assise au même endroit
Au-dessous, des fourmis
Des fourmis suicidaires
Mais je ne bouge pas
Je les regarde errer
Et me sens prisonnière


mai 2017


Passerelle

Je cherche le passage qui mène à l’attendu
Au fruit tant désiré
Celui qui se faufile dans l’intimité 
Je cherche la parole 
La lumière a changé
Je tisse une étendue
Quand la vie me bâillonne
Et déroule un chemin
Pour aller en ce lieu
Que l’on n’atteint jamais


mai 2017


Tout un poème ...

                                                  Exposition prévue fin juin/début juillet

Visages


Et moi je t’envisage comme une terre amie
Un paysage humain où je viens m’épancher
Une histoire d’origine
Un pan d’égalité
Le printemps se disperse
Tandis que je t’effleure
Comme un commencement
Pétales volatiles
Fragile est la matière
Friable est toute peau

Quand je te dévisage, j’entrevois l’essentiel

mai 2017


Orage


Sous mon crâne assombri, un orage a grondé
Le ciel s’est emporté,
Le jour se diluait dans l’encre des nuages
Mes yeux se sont brouillés
La grêle ricochait sur le gris du pavé
Sur mon front détrempé
Mes cheveux ruisselaient
J’ai senti la colère se déchaîner en moi
Mais je n’ai pas tremblé
Tandis que le tonnerre troublait mon intérieur
J’ai retenu un cri face au temps révolté
Non, je n’ai pas hurlé
Je n’ai pas explosé
Non, je n'ai pas pleuré
J'ai noyé mon chagrin au fond du caniveau

mai 2017


Fugace

Je me fais silencieuse, ôte de l’existence
Un moment attendu
Poursuis la libellule aux ailes transparentes
Jusqu’au bout de mes cils
Après je ne sais plus
Le soleil a vrillé
A peine un mouvement
Dans l’onde verdoyante
Quelque chose a frémi
Comme une ombre émouvante
Inaccessible aux doigts
Une impression s’égare
J’écris ce qui s’efface
Tout juste à la naissance
Je puise mon regard
Et ne vois qu’une vie
Qui ne m’appartient pas


mai 2017


Errance

Je marche sur tes pas au hasard de mes rêves
Je respire la paix d’un lieu chargé d’histoires
En effleurant la tienne
Les nuages sont gris mais plus rien ne m’atteint
Je marche dans ta vie, sur un chemin connu
En me laissant guider par quelques sentiments
Les souvenirs affluent
Je les cueille un par un
Je retourne à l’endroit où tu as disparu
Je n’ai pas l’intention de déserter l'instant
Où je t’ai rencontré
J’entretiens ma mémoire
Et j’empêche la pluie de venir dévaster
Ce coin de mon jardin

Epitaphe
« Au ciel elle a rendu sa vie,
Et doucement s'est rendormie,
Sans murmurer contre ses lois:
Ainsi le sourire s'efface,
Ainsi meurt sans laisser de trace
Le chant d'un oiseau dans les bois. »
François-René de Chateaubriand
Extrait de: Mémoires d'outre-tombe (1848)

mai 2017


jeudi 11 mai 2017

Elégance

Désordre permanent des jours qui s’entrechoquent, il existe ce temps où tout devient limpide, léger et volatile
Je quitte lentement ma dernière dépouille pour ne pas entacher l’éphémère beauté d’une authenticité
Je me laisse porter par le souffle du vent
Je n’ai plus de pensées, rien que des sensations
Je deviens élément parmi les éléments 
Emouvante vision, fragile et passagère
Parfois il faut savoir se détacher de tout
Retrouver cette grâce, être sans arguments
Enfin débarrassée du moindre commentaire
Je glisse et je dérive au milieu de l’étang
Je cherche l'élégance de la simplicité

mai 2017





Au fond de la piscine

Je m’embourbe parfois dans la fange des jours
Au point de perdre pied
Le vert me va si bien lorsque l’algue m’enserre
Je m’en fais un collier
Un oiseau est passé quelques mètres au-dessus
Libre de toute entrave
Il volait, solitaire
Mais je ne l’ai pas vu
Trop occupée à boire la tasse de l’année
Comme un mal nécessaire
Au fait, comment vas-tu
Tandis que je m’applique à couler au milieu
D’un paradis perdu ?


mai 2017


L'essentiel

L’évidence me vient en tournant une page
Tirade alambiquée, au milieu, le détail
Le reste est démesure
Pourquoi autant de mots pour écrire un passage
Définir un propos, poser une impression
Alors que rien ne dure
Celui que j’ai trouvé, contient ce qu’il me faut
J’épluche doucement une ou deux fioritures
Je voudrais devenir une définition
A portée de tes mains
La clé de tes beaux jours qui ouvre sur le ciel
Le comment de l’amour sans une hésitation
Et la larme salée
Où suinte le bonheur pendant l’acte suprême
Je choisis quelques lettres au fond de mon chapeau
Pour n’en retenir qu’une, la seule avant l’usure
Je voudrais que tu sois mon unique dilemme
Chaque jour accordé, je t’invente un futur
Et vais à l’essentiel
J’écris la lettre M

mai 2017


Tirade

Parfois je crois si fort à mes propres histoires
Que lorsque je te croise sur l’un de mes chemins
Il me vient à penser, naïve et déphasée
Que je t’ai rencontré un jour dans la vraie vie
Mais tu n’es que chimère au hasard d’une fugue
Un trouble de la vue au milieu du désert
Un poème erroné qui n’aurait jamais dû
Se matérialiser
Une pièce de trop dans mon jeu de papier
Parfois je crois si fort au pouvoir de mes mots
Que je leur cherche un sens qui m’aurait échappé
Et j’imagine encore que tout peut arriver
Je brasse et recommence
J’ai tant à raconter
Si jamais nous faisions plus ample connaissance …

mai 2017


Entre chien et loup

Je marche sans savoir 
Où je vais arriver
Je m’éloigne d’un jour 
A peine commencé
Je cherche cet endroit 
Obscur et apaisant
Qui permet d’oublier
Ici et maintenant
Je traîne dans un rêve
Au lieu de m’éveiller
Je fuis une lumière
Qui pourrait me blesser
Je bouche mes oreilles
Pour ne pas écouter
Ce chant étourdissant
Qui monte et s’amplifie
Inéluctablement
Cachée sous mes paupières
Et les tympans fermés
Le monde est différent
Aujourd’hui, j’ai choisi
De ne pas m’exposer
Je demeure à l’abri
Paisible et rassurée
Quand tous les chats sont gris
Rien ne peut m’écorcher


mai 2017


Origine

J’envahis le moment
Quand tout devient permis
M’agrandis sous tes doigts
Primitive et sincère
Près d’une sensation
Un barrage a sauté
J’ouvre mon éventail
De possibilités
Et offre à ton regard
Le plus élémentaire
Pièce fondamentale
Je deviens nécessaire

mai 2017


Ta personnalité

J’aime l’imperfection
La spécificité
Emanant d’un défaut
Qui n’appartient qu’à toi
J’aime effleurer tes failles
Et tes chemins perdus
Sous ta rugosité
Transparaît quelquefois
Une fragilité
J’aime chaque détail
M’attarde sur un grain
Un trait irrégulier
Trouve des qualités
Sous chaque différence
Celles qui font de toi
Ma plus belle exception


mai 2017


samedi 6 mai 2017

Evasion

Je donne libre cours
A mon imaginaire
Ma pensée débridée
Franchit tous les obstacles
La vie devient légère
Beaucoup plus acceptable
J’ouvre grand les volets
Et secoue la poussière
Je peux laisser aller
Mes fugues intérieures
Relâcher mes tensions
Pour enfin retrouver
La beauté, la candeur
Le vrai d’une émotion
L’évidence cachée
Je balaie l’atmosphère
Chasse l’irrespirable
Face au jour qui se lève
Et rêve d’évasion


mai 2017


vendredi 5 mai 2017

Le jour

Le jour où j’ai compris
L’incidence des mots
J’ai su que je voulais
Apprendre à les écrire
Le jour où j’ai saisi
La courbe d’un propos
J’ai su que je pouvais
Comprendre qui je suis
Le jour où j’ai senti
Le début d’une entente
A peine perceptible
J’ai appris à te lire


mai 2017



jeudi 4 mai 2017

La vie

La vie ce n’est que ça
Des sinuosités
Un tas d’hésitations
Des tours et des détours
Pour ne pas s’exposer
Ne pas trop dévoiler
On apprend à biaiser
A truquer son discours
Grimer ses émotions
Alors qu’il nous faudrait
Etre plus dénudé
Et se laisser toucher
Au cœur de l’essentiel
Car la vie c’est tout ça
Regarde ce qui bout
A l’intérieur de moi
C’est début d’un tout
Une révolution
Un élan perpétuel


mai 2017


Abîme

Un pan de souvenirs
S’agrippe à ma mémoire
Une porte qui s’ouvre
Sur le flot de ta voix
Je m’accroche à ton rire
Emergeant du néant
Aborde l’autre rive
Faite de sentiments
Te dis des mots d’amour
Quand quelquefois j’y crois
Et toi, sans me mentir
Te souviens-tu d’avant ?
Si tu tendais le bras
Pourrais-tu m’effleurer
Rien que pour m’émouvoir ?
Je ramasse le jour
Et son intimité
Je t’en fais un paquet
Veux-tu que je l’envoie
Ou viens-tu le chercher ?
Proche et loin à la fois

mai 2017


mercredi 3 mai 2017

Unité

Je rassemble mes pas, avance dans l’histoire
Sans en perdre le fil 
Je me dis que là-bas, au bout de mon regard
Je finirai peut-être par t’apercevoir
Silhouette émouvante en train de patienter
Je soufflerai ton nom, tu me reconnaîtras
Ce sera comme si
Tous ces moments perdus
A nous chercher en vain
N’avaient pas existé
Je rassemble ma vie, chaque jour qui se fait
Pour arriver à toi
Je compte tous mes pas


mai 2017


Ma vie

Ma vie n’est qu’une quête 
Fragile et dérisoire
Une page de moins, l’aube me déshabille
Je maîtrise un frisson, mes rêves s’évaporent 
La terre a bien tourné tandis que je dormais
Et le temps se poursuit, grignote peu à peu
Les heures d’un matin qui peine à se trouver
Dans le ciel incertain
Je regarde fleurir le joli mois de mai
Sous un gris charbonneux
Je retire un chagrin de mon éphéméride
En déchirant la veille et fais des confettis
Ma vie n’est qu’une fête
Futile et volatile


avril 2017


Réminiscence

C’était, je me souviens
Quelque chose comme ça
Sur le bois délabré
Le début d’une fin
L’essoufflement du jour
Dans l’automne annoncé
La pâleur d’un matin
Aux premières gelées
La trémière en sursis
S’imprégnait de l’azur
Sur la feuille en péril
Un insecte perdu
Grignotait peu à peu
Des bribes de présent
C’était le bruit du temps
Comme l’effritement
De ma propre aventure
Quand le bois a craqué
J’ai tout repeint en bleu
Dans la fraîcheur du vent


avril 2017