jeudi 15 juin 2017

Vérité

J'étais
L'accord inattendu
D'une gamme éventée
Le vide qu'on remplit
De peur d'être assoiffé
La bouche qu'on nourrit
Pour avoir un retour
Mais voilà je me pose
Et aime à l'endroit où
Le temps sait nous saisir
Innocents et entiers

Dis, c'est comment le jour
Avant de m'embrasser ?


juin 2017




Nature morte

Je suis dans la lumière
La passante d’un jour
L’émotion fugitive
Eclairant ton parcours
Je suis cet éphémère
Fragile et dérisoire
Entraîné malgré lui
Par le souffle du vent
Je suis sur cette terre
Un être provisoire
L’habitante furtive
D’un songe évanescent
Je suis comme un soupir
Posé là par hasard
Qui vient et qui s’en va
Au gré des éléments
Je suis dans une histoire
Un mot que l’on écrit
Emporté par l’élan
Avant d'être effacé
Définitivement


juin 2017


Vacance

La soirée s’amplifiait 
L’atmosphère était dense
Le plus léger murmure
Prenait de l’importance
Notre vie oscillait
Entre hier et demain
Sur nos peaux échauffées
Un rayon s’engluait
Je sentais sous mes doigts
Le grain de ta présence
Nous étions tous les deux
Dans l’infiniment grand
Devant nous, la beauté
D’une heure à célébrer
Et ce vaste océan
De possibilités
Ce n’était pas un rêve
Je l’ai su au moment
Où le ciel a vibré
Dans un lent mouvement
Le temps a ondulé
La vague est revenue
S’étaler sur la grève


juin 2017


L'essentiel

Bien avant le poème
Il y a la matière
Je triture les mots 
Dénude une intention
Modèle une pensée
Saisis une impression
Décompose une idée
Apaise une tension
Caresse un devenir
Concrétise une action
Développe ce temps
Où tout peut se produire
Même l’inattendu
L’à peine imaginé
M’approprie cet espace
Où je peux exprimer
Une authenticité

Bien avant le poème
Existe l’essentiel


juin 2017



Entre l'herbe et le thym


Entre l’herbe et le thym
Pousse un carré de rêves
Garrigue entre les mains
Un petit vent léger
Contourne la falaise
J’imagine un maquis
Où tu viens à passer
Une chemise en lin
Un sourire éloquent
Et une odeur de fraises

juin 2017


Voyage

Et si tu m’emmenais 
Voir un peu de pays ?
J’aimerais quelquefois
Agrandir l’existence
Rien qu’en fermant les yeux
Changer les apparences
M’imaginer plus loin
Que le bout de mes pieds
Et m’approcher enfin
Sans avoir à bouger
D’un lieu hors du commun
Pouvoir enfin pousser
La porte dérobée
D’un paradis lointain


juin 2017


Le bon moment

Il est souvent trop tard
Ou jamais assez tôt
J’ignore une heure ou deux
De celles qui vous plombent
Une existence entière
L’air est si lourd, ce soir
Le temps est à l’orage
Et nos pas sont pesants
Nos mots sont incendiaires
Nos gestes conséquents

Tout en fermant les yeux
J’ai préféré me taire
En rêvant d’un ciel bleu
Dépourvu de colère


juin 2017


Beau temps

Je remplis quelques vides
Donne de l’épaisseur
Aux choses qui m’entourent
Un parfum, une odeur
Je balaie la poussière
Vestige du passé
Qui vole et s’éparpille
Dans un rai de lumière
Je n’en ai pas assez
Je recherche le jour
Dans toute sa splendeur
J’ouvre grand la fenêtre
L’horizon s’éclaircit
Le soleil me saisit
La vie m’appelle ailleurs
Je souffle quelques rimes
Et mets de la couleur
Sur les ombres morbides
Qui noircissent mon cœur


juin 2017


Vaguement

Ne plus se rappeler
Le flou, c’est bien aussi
Ne plus trop savoir quand
Tout cela s’est passé 
Et ne plus ressentir
Ce qui nous animait
Au fond, c’est mieux ainsi
Le flou, c’est apaisant
Ça permet d’inventer
D’aplanir le passé
Aucun angle tranchant
Ni sinuosité

Nos rêves réfléchissent
Tous nos actes manqués
Je voudrais que la vie
Puisse encore m’adoucir
Efface quelques failles
Et que le temps polisse
Cette ride de plus
Où tu viens te lover


juin 2017




Passé recomposé

Quand tout ce qui n’est plus
S’accorde à l’autre temps
Je rénove une trame
Et détourne l’instant
A portée du regard
Un flot de sentiments
Je romps une habitude
Freine le cours du vent
Etre ou avoir été
Ce n’est pas important
Je relis un passage
Où tu étais vivant

juin 2017


Intérieur

Le monde s’égosille
En notes guerrières
Le printemps s’asphyxie
Tandis que je reprends
Une autre bouffée d’air 
La saison s’évanouit
Alors que je m’égare
Dans ce grand infini
Où tout va de travers
J’y crois, un peu, beaucoup
Passionnément, j’espère
Jusqu’à l’expiration
Le monde devient fou
Le monde s’éparpille
Et part à l’abandon

Et puis il y a toi
A l’intérieur de moi


juin 2017


EXPOSITION ...