mardi 17 avril 2018

Tous les printemps

J’ai oublié le nom des rues et les mornes semaines 
Quand je déambulais, le cœur à la dérive
Alors que tout était 
Déjà inscrit en moi
Gâchis et trouble plaine
Je voudrais effacer ton unique séjour
Et convaincre ma main
De suivre le présent
Je voudrais sublimer une histoire naturelle où les pétales volent
Sans cesse.


avril 2018


Rien d'autre


Ce soir, la lune est belle. Une entente s’invite entre nos deux visages. Un lien irrationnel de ma bouche à la tienne. Je n’use d’aucun mot pour tenter d’exprimer ce qui va au-delà. Je m’arrête à tes lèvres.
Je n’ai plus de mémoire, je n’ai pas d’avenir. Je n’ai que cet aveu où bouillonne mon sang. Nos sentiments se mêlent.
La moiteur du silence s’imprègne sur ma peau. Près de toi, ce qui fut n’a aucune importance. Un troupeau de nuages moutonne dans le ciel. Je vois dans ton regard s’illuminer la baie.
Les paroles s’envolent, une vague s’apaise. Je brasse une émotion et ton souffle m’enlève. 
Ce soir, la vie est pleine.

avril 2018





Trou noir

Rien ne se régénère. L’écran n’a pas de cœur.
Parfois tout devient flou. Ma langue a trébuché, le silence a suivi puis le noir est tombé.
Le temps se décompose et je cherche Rodrigue quand ma jeunesse meurt.
Va, cours, vole et pardonne 
A toutes ces années qui creusent peu à peu
Des trous dans ma mémoire.

Il y a tant de mots pour nous réconcilier
Ailleurs

avril 2018



Tout un poème ...


Ailleurs


Au carrefour de nos ailleurs, naîtra la différence 
A chaque vers, un pas
Qui rassemble des forces et nous guide plus loin

A chaque pas, le sol
Tangible ou bien mouvant quand la lumière s’éteint

Te souviens-tu du temps où le ciel était bleu ?

Dans un coin de ta vie
J’entrevois l’autre part

avril 2018


Tempête


Aimer n’est que chimère
Mes yeux sont des miroirs où la pluie se déchaîne
Je dessine au-dehors 
Ce qui pourrit en moi

Aimer c’est inhumain
C’est se croire en été
Alors qu’au bout du jour, le compte n’y est pas
Regarde notre lit
Il fait un temps de chien

avril 2018


Vagabondage


Midi s’est réfugié au versant d’une page où coule une encre vive. J’ai quitté le pays quand les mots que j’aimais sont devenus pesants. Mon geste alambiqué et ma pensée grégaire. 
Clapotis bienveillants et petit vent serein. La foule a reflué. J’écoute la prairie murmurer sa présence.
Laisser le temps agir 
M’allonger pieusement à l’ombre des cyprès
Roulement de galet, écume et transparence
Aller pêcher peut-être 
Laisser le temps polir
Les discrètes fêlures se transforment parfois en profondes rivières.

avril 2018