samedi 16 juin 2018

Image


Nul n’est tenu d’avoir un peu de temps pour moi
Nul n’a besoin de moi pour avancer plus loin
Tuer une heure ou deux en regardant le ciel
Blanchir sous les nuages
Trouver un peu de sens 
A l’immobilité 
Quand les autres voyagent
Et puis fermer les yeux.

juin 2018


Sinon


On voudrait tout savoir, on voudrait tout apprendre à défaut de trouver où niche l’essentiel
On voudrait tout saisir
En nous
A défaut d’être ailleurs
Même l’insaisissable
On voudrait tout donner
Pour un moment parfait dans l’équilibre instable
De nos différences
Toi et moi
Un impossible ensemble
Et pourtant

Pourtant

Je sais que l’on y croit

Sinon

Pourquoi étions-nous là ?

juin 2018


Aphone


Un soir je finirai
Sans voix au bout du quai
Je verrai tout là-bas
La découpe des vagues
Effilées par la brise
Aux parfums d’océan
Nul besoin de parler
Il fera doux et bon

J’allumerai pour toi
Ma dernière cigarette
Et j’aurai tout mon temps
J’observerai la vie
A travers la fumée
Sans y être vraiment
Je me détacherai
D’une carte postale
Où l’on distingue à peine
Une sirène au loin
Et toi dans son sillage

juin 2018


Il pleut


Le sacre d’un instant. Précaire et dissolu. Un orage s’éteint, un autre lui répond, une aube s’enracine, un sourire s’évapore.
L’exaltation des mots face au soleil rêvant. J’aimerais tant t’écrire la couleur d’un matin auréolé de brume. 
Sur la route luisante, j’avance dénudée de toute fioriture. 
Je ne crois plus en rien et pourtant je persiste, en signant de mon encre au bleu indélébile. Contourner le destin. 
A l’affût d’un signal, je scrute ce moment où tu me comprendras
J’agite mon mouchoir
Il pleut
Essuyer ton regard d’un revers de la main.
Effacer cette tache.

juin 2018


Pluralité

Quelque chose a changé
La dimension du jour, la fluidité des mots, le ciel beaucoup plus grand. Vraiment.
Je joue à pigeon vole dans l’espace où résonnent mille voix au soleil. Et mille voix répondent quand j’y mêle la mienne.
Quelque chose m’émeut sur la place accordée.
Tant de rimes m’atteignent et m’entraînent là-bas. Au plus profond de moi. Vraiment.
Je me sens à l’endroit où j’atteins l’essentiel et suis à part entière dans le regard des gens.



juin 2018


Idée

Depuis longtemps déjà, je ne prévois plus rien. Je pose des jalons, lentement, sûrement, j’avance mot à mot, tirade après tirade. J’aménage le temps, volontaire et loquace
Au cas où quelque chose se déclencherait. 
Je ne décide rien mais j’ai beaucoup écrit, beaucoup imaginé et j’ai refait le lit 
Au cas où te viendrait l’envie de me saisir 
De me déshabiller avant de te coucher
Sur une page blanche
Depuis toujours, je crois, j’ai pensé qu’il fallait donner corps à la vie.

Nous allons innover.

mai 2018


A peine ...

Petite musique des jours
Légère et sans accroc
Jusqu’à ce printemps déjanté
Où ta main baladeuse
A fouiné dans mon inconscient
Ensemble, nous avons
Frisé l’apothéose
Quand les cordes ont lâché
Un mauvais mouvement
Une note de trop


juin 2018