Sélection du message

Galerie évolutive ....

Tous les collages sont des créations uniques réalisées sur différents supports à partir de photos originales. contact: eden.copyright@gmail....

jeudi 24 septembre 2020

Fugace

 Piégée par les nuages d’un avenir transi, je me suis concentrée sur le vol de l’oiseau aux plumes vaporeuses. Fragile et sans filet, il tente l’aventure, tournoie et disparaît, transperce la grisaille, ose prendre des risques malgré le temps qu’il fait. Il impose sa trace, fugitive et mouvante, presque fondamentale dans le ciel de janvier.

Puis il vient se poser sur un rameau gelé où un bourgeon pressé agonise et craquèle.

janvier 2019



Evocation

 Sur une place chaude, un papillon s’ébroue. Envolée de pollen dans le ciel aveuglant.

Battements passagers du clocher solitaire, quelque chose résonne sur le pavé brûlant, s’insinue dans mon corps, m’absorbe et me projette au-delà du cadran.
Je pars à la recherche d’une émotion vécue.
Je vais te retrouver en longeant les fougères aux ombres ciselées.
Je vais sans sourciller, contourne les massifs où flamboient les genêts. Je vais sans m’écrouler t’attendre sur la rive.
A l’endroit où le fleuve gémit contre la pierre.

janvier 2019



Présence

 Dans un jeu de lumière, un rêve inabouti émane du plancher, prodigue sa chaleur et danse sur les murs.

Virevoltent les jours, mon esprit vagabonde et ne s’accroche à rien de bien particulier.
Jusqu’à cette embrasure. Opportune embellie entre mes doigts précaires à qui j’apprends à vivre, à creuser pour écrire. Pour mieux participer.
Mes sentiments reviennent et ma voix s’éclaircit. Un oiseau m’a parlé. Malgré tous ces nuages, je tente une sortie.
Tu me vois sur l’écran ?
Rien n’est jamais figé malgré les apparences.
Je mâchonne des mots entre onze heures et midi
Je suis celle qui danse sur la veine éloquente
Où tu viens t'abreuver.

janvier 2019

Pr


mercredi 23 septembre 2020

Vision

 Au fond de mon iris, comme une moisissure qui s’étale et grandit. La vie a reflué vers d’autres horizons. Bruits de pas qui s’éloignent et de rires qui fusent.

Ici, quelqu’un éteint les dernières étoiles, ramasse les débris et balaie le plancher. Sentiment d’abandon, je crois que c’est fini.
Je te fixe des cieux, abaisse le rideau, hésite encore un peu et redescends sur terre sans avoir su comment te décrocher la lune.

janvier 2019



Dénuement

Lentement, sûrement

L’hiver m’a effeuillée jusqu’au bout des ramures
En attendant demain, à quel jeu veux-tu jouer ?
Me voici dénudée de toute conjoncture
Pas de plan préparé, de règle à respecter
Ni de mode d’emploi
L’hiver m’a dévêtue du moindre decorum
Pas de piège sournois ni de fausse ouverture
Pas de cartes truquées
Je n’ai que ma nature
Et plus rien à miser

janvier 2019



Lecture

Couchant dans les hauteurs après cinq heures du soir. Je sens une crevasse s’élargir un peu plus à l’intérieur de moi.
Aux maux, les grands espoirs, les croyances rebelles, les remèdes immédiats, les rêves salutaires.
J’entame un roman fleuve assise près du feu.
Quelques braises tournoient.
Le soleil s’évanouit à la page vingt-quatre lorsque mon cœur s'enflamme.

janvier 2019


Humain

 Il y eut ce temps fort

Avant mes mains flétries par la neige oublieuse
Il y eut ce sursaut
Une manne soudaine, juste avant le silence
Infime gazouillis
D’un oiseau en suspens qui chavirait le ciel

Au-delà des sourires venus mordre ma main
Sans savoir où me plaire
Il y eut l’impossible
Une évidence née de nos impondérables

Défais-toi du miroir où tout était parfait
Cherche en moi cette faille
Je t’aime comme seul un être peut t’aimer

janvier 2019