dimanche 23 septembre 2018

Liberté

Crépuscule automnal dans le ciel embué
Rivés à la forêt dans un effort ultime
Les arbres se cabraient pour ne pas défaillir
Ce fut plus fort que moi
Je suis allée au vent comme on part en voyage
Chercher d’autres racines


septembre 2018


Mouvement


Casser cette attitude 
Susciter l’immédiat sans le dénaturer
Je pourrais raconter ce que tu n’entends pas
Je pourrais t’énoncer ce que tu ne vois pas
Mais je me tais souvent pour ne pas blasphémer
Et laisse le vent jouer autour de mes épaules
Avant les premiers gels
L’automne s’annonçait dans un pan de lumière
Où s’attardaient gaiement
Le murmure des voix et toutes ces promesses
Auxquelles on voulait croire

Chasser cette habitude 

Et prendre une autre pose 
En épousant le soir

septembre 2018


Aller vers


Je ne redoute plus
Ni l’acier ni le froid 
Ni les pavés glissants 
Ni les prisons dorées
Ni le tableau trop noir
Par-delà les néons
Qui tremblent dans la nuit
J’entends une musique
Nimbée de ce temps-là
Quand le ciel en terrasse
Me souhaitait bienvenue

Je libère les mots
Qui me collent au palais
Entrouvre une autre cage
Celle où l’on m’a cloitrée
Infiniment depuis
Le ventre de ma mère 
Et toi, comment vas-tu ?
Ecris-moi s’il te plaît
Quelque chose d’inné
Et je te répondrai 
Le temps d’un paysage
Où j’aurai un trajet

septembre 2018


Continuité


Je t’ai tant écouté pour la beauté des mots et ce qu’ils révélaient. Ils m’ôtaient cette peur de ne pas exister. Enfin, pas pour de vrai. Nous avons contemplé le même point de mire. Au cœur d’une intention, nous étions authentiques. La lumière était fluide, l’entente était cordiale, le sens était limpide.
Finalement, tout passe. Je ne sais plus très bien ce que tu racontais. La vie est un roman au fleuve imperturbable. 

Pourtant je me souviens mais ça reste très vague. J’essaie de remonter le cours des éléments jusqu’à cet endroit-là.
La vérité des choses … les rencontres sont rares, il faut les préserver. Avant que le silence ne soit impénétrable.

septembre 2018


Après

A l’aplomb de l’été, la vie rapetissait
Entre le ciel et nous
Le vent éparpillait une idylle effrénée
Et la nuit nous prenait toujours un peu plus tôt
C’était inévitable
Je n’ai pas vu partir les frêles hirondelles
L’horizon s’est voilé
Les matins sont plus frais
Il faut couper du bois
Sur la feuille s'inscrit ce que j’ai amassé
Avant que tout m’échappe
Avant de t’oublier
J’entretiens une terre
Une île pacifique
Où les oiseaux reviennent
Quand je l’ai décidé
Après les chrysanthèmes
Et les tombes fanées
Au milieu du désert
Je viendrai te chercher


septembre 2018


Racines


L’aurore balbutiait entre les hautes branches
Mais c’était très confus 
Le ciel était chargé d’empreintes volatiles
Où dérivaient des âmes en quête d’inconnu
Toujours en décalage
Tant de bruit pour si peu brouillait les évidences
J’étais si bien ici 
A écouter les arbres aux mille et une voix
A respirer la terre et l’odeur de l’humus
Va, cours 
Et fais un bon voyage
On se verra là-haut quand tout sera fini

septembre 2018


Au naturel


Tu viens à moi comme on va vers
Un possible abandon
Il avait fait si chaud
Si lourd avant l’orage
J’ai griffonné trois mots sans avoir à les dire
Avant de libérer au gré d'une intuition
Cette pensée sauvage où rien n’est circonscrit
J’aime comme on respire

septembre 2018