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Affinité

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A regarder de près Le fond de ta pensée J’ai découvert en toi Le point qui nous unit La part d’intimité Qui peut nous rassembler Et faire de notre histoire Une belle amitié janvier 2016 visuel: Eve Eden/Chris Voisard

L'âge ingrat

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Quand mon corps a grandi Je ne savais que faire De tout ce qui poussait J’ai dépassé les cases Pour m’étendre plus loin Mais je n’étais pas bien Je n’étais pas en phase Avec le quotidien Il y avait toujours Une sorte de frein Qui m’empêchait alors D’aller bien au-delà D’une réalité Qui rendait étriqué Le moindre de mes gestes J’ai voulu dépasser Les limites du temps Agir sur le destin Quand la vie m’a giflée Pour me faire revenir Parmi tous ces vivants Qu’on appelait des grands Mais tu vois je m’en fous J’ai franchi les tabous Pour ne pas m’installer Dans les faibles courants Tu vois j’ai préféré Nager en remontant Et je suis demeurée Une éternelle enfant janvier 2016 visuel: Eve Eden/Chris Voisard

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Inventer un langage Où les mots ne seraient Qu’une somme accessoire J’ai senti la douceur Me pénétrer le cœur Plutôt que de t’écrire En lettres alignées J’ai mis de la couleur Sur le blanc du papier J’ai fait pousser le blé Pour donner à la vie Une teinte dorée Et j’ai posé le ciel En un point azuré Ecoute un peu le vent Jouer à travers champs Au milieu de la page Mon poème grandit Et devient paysage janvier 2016 visuel: Eve Eden/Chris Voisard

Rejoindre le silence

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Rejoindre le silence Quand les mots sont vidés Du moindre de leur sens Quand le verbe exprimé N'a plus de consistance Il me semblait pourtant Que j'avais à te dire Encore une ou deux choses Qui pouvaient je le crois Avoir leur importance Je ne me souviens plus La rivière s’est tarie J’ai creusé dans son lit Mais je n’ai rien trouvé J’ai perdu l’éloquence Pour ne pas avoir su Parler au bon moment Ce qui était pour moi Une belle évidence A soudain disparu De mon vocabulaire Alors je me retiens J’hésite et ne dis rien Je me tais pour de bon Ma pensée s’interrompt Et demeure un mystère Une interrogation Plus rien que ton prénom En suspension dans l’air janvier 2016

Signature

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Ton sexe s’érigeait Au centre du jardin Je ne voyais que lui Parmi les ombres mortes Quelque part le rouge A l’intérieur de moi J’avais tant attendu Ce qui n’existe pas Et puis tu étais là Tu t’exposais à moi Tu t’épanchais en moi Je sais que rien ne dure Mais seulement voilà J'étais faite pour toi Je n’ai pas oublié La chaleur de mon ventre Quand tu as apposé Ta tendre signature janvier 2016 Photo:  Judith Jidb

Maintenant

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Elle avait oublié Comment elle s’était Retrouvée dans ses bras D’ailleurs peu importait Seul le moment comptait Son corps dans la lumière Et les yeux grands ouverts Elle contemplait la vie Elle avait pris conscience De sa propre existence Au fond de son regard A lui janvier 2016

Matière

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Je puise à l’infini Au fond de l’encrier Le mauve de la nuit Déteint sur le papier Mes doigts en sont tachés J’écris sans m’arrêter Donne mes impressions Le ciel est si profond Que parfois je m’y perds J’en oublie les couleurs De la réalité Et puis vient le moment Où je me dois de faire Le chemin à l'envers Je rêve encore un peu Je traîne et je m'égare Dans le grand univers Je m'en prends plein les yeux Quitte à être en retard Je puise à l'infini Les mains dans la matière Je ne suis pas pressée De revenir sur terre janvier 2016

Ton ultime caresse

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Ton ultime caresse Sur ma peau en détresse J’ai toujours détesté L’ambiance des départs Mais il se faisait tard Le train était à quai J’avais le sentiment De te perdre à jamais Ton ultime caresse Pour la beauté du geste Je crois que je savais Qu’il était le dernier Et j’allais en souffrir Je n’ai pu m’empêcher De te tendre un sourire Plutôt que de pleurer janvier 2016

Naïve

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Elle avait beau tenter D’éviter les écueils Où l’amour imprévu Pouvait se déclarer Elle n’avait pas su Refuser sans détour Ce qu’il lui proposait Malgré sa volonté Elle ne put dire non A son invitation Il lui tendit les bras Pour la serrer si fort Que son cœur chavira Troublée par l’émotion Elle lui dit encore Dans un souffle de voix Il ne répondit rien Préféra l’embrasser Elle ferma les yeux Et se laissa bercer Le ciel était grand bleu S’étalait dans le jour Elle se sentait bien Elle y croyait toujours janvier 2016

Semblant

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Elle avait simulé Pour ne pas s’embarquer Dans de sales histoires Dehors la pluie tombait Et sa peau ruisselait De pensées inutiles Elle aurait tant souhaité Ne rien avoir à dire Mais il fallait parler Comme si de rien n’était Dehors le vent soufflait Elle se perdit alors Dans l’ombre d’un soupir Qui pouvait ressembler A l’once d’un désir Des mots tambourinaient Sur les volets fermés C’était des mots perdus Elle n’arrivait plus A les enjoliver Dehors l’hiver passait Et son corps frissonnait De frissons d’amertume Mais son esprit disait Va où il faut aller Va où le cœur te dit Tandis qu’il répétait Des gestes à l’infini Dans la froideur du lit janvier 2016

Absence

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La moiteur de ton cou Là tout contre ma joue Ton souffle me parvient Avec lui ton parfum Effluves épicés Un rêve passager Ce n’est pas pour de vrai Tu ne fais que passer Effleurant de ta main Les contours incertains De ma réalité Et pourtant tu le sais Je peux te conjuguer A n’importe quel temps Je m’accorde un moment Pour te dévisager Je ne me lasse pas Et je demeure là A trop te regarder Pour m’imprégner de toi Je deviens qui tu es Pleine de ta présence Ebauche une nuance Parmi notre infini A jamais étalé Sur le grain de ta peau Je puise et je m'épuise A te réinventer Chaque jour qui se fait Je ne doute de rien Ma passion est intense Et la palette immense janvier 2016

Des montagnes de jours

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Des montagnes de jours Amassées sur mon dos J’ai changé de parcours Pour alléger le poids De la charge du temps Affiné mon discours En fonction du courant Pour ne pas me noyer Dans le vaste océan Et me faire engloutir Par les événements Le passé, le présent Réunis dans ma vie En un seul élément Retenir simplement Ce qui est important Intimes sentiments Qui naissent au hasard Et s’installent en plein cœur Engendrant quelquefois Des vides intérieurs Retenir le moment Quand il était douceur Complice et apaisant Estomper la douleur Des montagnes de jours Amassées sur mon dos J’ai choisi de t’aimer Pour me sentir vivante Un voyage au long cours Où tout peut arriver Rien n’est jamais gagné Mais je vais rassurée Légère et confiante Car j’ai fait de l’amour Mon éternel discours J’ai fait de ta personne Mon plus beau souvenir Qui palpite et résonne Dans le petit matin Et s’ouvre à l’avenir Pour exister demain janvier 2016