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Une idée du sud

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Là-bas, le bleu s’étale Du ciel à l’infini Dans la brise marine S’inventent des parfums Respirer les embruns Plus loin vers le midi Une douceur amie Je rêve et j’anticipe Transparence de l’eau Clapotis sur la roche Crique mystérieuse Sauvage et préservée Je prolonge mes pas Vers la rive accordée Coquillages d’été Sur le sable luisant Et ma peau dénudée Qui prend le goût de sel Je m’en vais vers la vie Puissante et maternelle juillet 2016

Mise à nu

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Au cœur de ta demande Il y avait un vœu A peine formulé Mais je l’ai décelé Dans la phrase lancée Un peu trop de passion Des mots s’entrechoquaient Un trouble, une émotion Ta parole tremblait La pointe d’un désir Semblait se dessiner Une idée ébauchée Qui me faisait sourire J’en étais fort troublée Je n’avais pas songé Que je pouvais te plaire Que tu aurais envie De m’ôter le mystère D’une robe en coton Qui recouvrait ma peau Tu en as descendu La fermeture éclair Devant toi s’exhibait La pâleur de mon dos J’étais à ta merci J’en ai eu des frissons Je savais percevoir Ce que tu ressentais J'avais au creux des reins Comme une sensation Je n’ai pas eu besoin De te voir pour y croire Ta main me suffisait Pour aiguiser mes sens Ta main sur le tissu Qui frôlait l’indécence juillet 2016

Chaleur

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Etre dans la lenteur Récupérer les heures Qu’on croyait disparues Rechercher la fraîcheur Quand un soleil de plomb Irradie sans fléchir Pas d’ombre à l’horizon Des gouttes de sueur Emergent et s’insinuent Dans les plis de la peau Qui garde une moiteur Il fait tellement chaud Dans l'air une lourdeur Et le ciel s’obscurcit Du bleu il passe au gris Mais la chaleur enrobe Le moindre de mes mots J’attends ce moment où Crèvera le nuage Pour apporter de l’eau Sans faire de ravage Une ondée bienfaitrice Sans haine ni orage Qui viendra rafraîchir Un coin de mon pays Un bout de terre amie Mon jardin sous la pluie juillet 2016

La vie

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Encore un jour d’été Dans l’ombre et la lumière Vibrations de la terre Sous le bleu d’un azur Dont j’avais oublié La douce profondeur Depuis qu’il a tant plu J’invente un éphémère Empreint d’une nature Généreuse et sincère Encore un jour de plus Les blés ont déserté Les champs déjà coupés Le cycle se poursuit Les fleurs ont égrené Un peu d’une autre vie Ma page se remplit De trésors amassés Qui viennent constituer Un pan de ma mémoire Encore un jour vécu Ne pas se retourner Laisser le temps aller Même si quelquefois Je voudrais tant savoir Revenir au début juillet 2016

Rendez-vous manqué

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J’ai raté notre rendez-vous Depuis je te cherche partout A chaque endroit où nous avons Laissé du temps à l’abandon Crois-tu qu’on pourrait revenir Sur une terre désertée Depuis que nous l’avons quittée Au meilleur de nos souvenirs ? Là où nous en étions restés Assis sous l’arbre en devenir Nous avions su réinventer Un nouveau monde en plein été Le cèdre a bien grandi depuis Je viens souvent le caresser J’aime le bois de son écorce Où je devine encore tes doigts J’ai l’impression que tu viendras Je ne peux me faire à l’idée Si douloureuse et sans issue Que tout ceci n’est que passé C’était si bon de te tenir Entre mes bras qui s’imprégnaient De ta présence tant voulue Contre le cèdre généreux Ma main se promène et s’égare Je pense à toi encore un peu Je dois rentrer, il se fait tard Je rêve à toi et à nous deux Et ce que j’en tire aujourd’hui Vaut bien la peine d’être dit Je crois que tu étais heureux C’est sûr que je l’étais aussi juillet 2016

Si ...

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Si je pouvais tout arrêter Je crois bien que je le ferais Pour tenter une marche arrière Et revenir au point crucial Où l’issue apparaît fatale J’abolirais toute frontière Je changerais le cours des choses Sans me poser trop de questions J’ai besoin de métamorphose Pour adoucir mon horizon Quand la douleur se répercute Dans chaque mot, chaque regard La mort attaque nos remparts Et l’amour est déliquescence Je voudrais bien te redonner Les clés qui ouvrent l’importance Je ne suis rien et tu n’es rien Mais si tu t’arrêtes un instant Tu t’apercevras à quel point Nous cultivons des ressemblances Tu es humain parmi les tiens Les tiens sont miens par évidence Sinon que ferions-nous ici Dans cette foutue galaxie A partager un bout de terre Aussi précieuse que la vie juillet 2016

Espoir

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Quand mes doigts ont tremblé La trame de mes jours A soudain vacillé Sous mon ouvrage en cours Je devais composer Avec les éléments Et faire avec le temps J’ai tissé de mes mains Une terre écorchée Ravinée par endroits Une terre en danger Univers malmené J’avais un goût de sang Et mes tempes battaient Mon cœur était en berne Ma vision en souffrait J’en étais retournée Et le sens m’échappait Le doute m’emportait J’ai pourtant cultivé Ce sentiment d’amour Tendu un fil d’espoir De l’origine à moi Que s’est-il donc passé ? L’humain fait des ravages Pourtant je ne veux pas Abandonner l’ouvrage Je veux encore y croire Je persiste à penser Qu’il n’est jamais trop tard Pour bien recommencer Reprendre le passage Où tout a basculé juillet 2016

Il est de ces douceurs

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Il est de ces douceurs Que l’on n’oublie jamais Je garde à l’intérieur D’immenses paysages Où j’aime voyager J’y retrouve une odeur Une note boisée Ou bien le goût sucré Du fruit en plein été Quand je tourne la page Et il y a la mer Souffle léger du vent Cheveux en liberté Où s’imprègne le sel Il y a tes baisers Qui comme des caresses Embellissent mes lèvres La vague attentionnée Qui vient m’envelopper De son écume blanche La chanson d’un amour Qui s’accorde à mon pas Et puis tous ces détours Pour te retrouver là Il est de ces douceurs Que je conserve en moi juillet 2016

Mon rêve

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Tandis que je dormais par une nuit d’été Je me suis réveillée au milieu de mon rêve  Mais rien n’avait changé Le rêve continuait même les yeux ouverts J’avais beau me pincer, l’image persistait Quand je me suis levée J’ai entrevu la porte un peu entrebâillée Derrière, une lumière qui semblait s’animer C’était des feux follets aux teintes mordorées Je me suis approchée puisque c’était mon rêve J’ai voulu regarder et j’ai tendu la main Actionné la poignée pour aller de plus près Tout s’est évaporé au moment où j’entrais Je me suis retrouvée au milieu d’un désert Avec une autre porte qu’il me fallait ouvrir Je me suis demandé si cela finirait Mais je n’ai pas bronché, j’ai franchi la frontière Après tout je rêvais et je n’avais que faire Des portes mal fermées Si ce n’est d’aller voir qui vivait à côté J’ai ouvert mille portes afin de te trouver J’ai bien cru que jamais je n’y arriverais Je ne sais pas vraiment où sera la dernière Mais tant que tu es là à visiter mes rêves Je ne vois ...

Vers moi

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Quand tu auras franchi le pas Quand tu seras tout près de moi J’irai me perdre dans tes bras Qui m’accueillent à chaque fois Quand je ne sais plus où je suis Et qu’il commence à faire froid Tu sais, tout juste avant la nuit Il te suffit d’une enjambée N’hésite pas à traverser Le peu de vie qui nous sépare Car je suis là, tellement près Tu pourrais même me frôler Oui, maintenant si tu voulais Tu pourrais même m’effeuiller Dans la tiédeur des draps offerts Et peut-être me renverser Si vraiment tu savais y faire juillet 2016

Ta main

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De courbes en volutes De la volute au mot Et du mot à la peau J’aimerais que ta main Ecrive et me sidère Pénètre mes secrets S’engage et réitère Aille s’aventurer D’une rive à une autre J’aimerais que ta main Décèle mes trésors Ceux qui ne se voient pas Que je garde pour toi Tu sais je suis d’accord J’aimerais que ta main Dessine le chemin Où l’audace est permise A peine un léger frein Tu m’as déjà conquise J’aimerais que ta main Absorbe l’étendue De ma peau mise à nu Me touche et me parvienne Encore un peu plus loin Toujours un peu plus mienne juillet 2016

Désamour

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J’ai survécu au désamour Eloignement et non-retour Je n’ai pas su river le temps A la beauté de nos vingt ans J’ai compris avec les années Qu’il n’y avait pas d’idéal Ni de trésor à conserver Il fallait bien se projeter Savoir grandir pour avancer Je me souviens d’un plein été Quand la saison nous fut fatale Rouge était la teinte annoncée Fragile fleur des champs de blé Tombent un à un les pétales Je n’ai plus qu’à les ramasser Si jamais tu te rappelais De quelque chose entre nous deux N’hésite pas à revenir J’ai encore plein de souvenirs Je crois que je reconnaîtrai La tiède odeur de tes cheveux Quand le vent les ébouriffait Et que mes doigts les effleuraient J’ai cueilli un coquelicot Mais seul le cœur en est resté Petites graines de pavot Je n’avais plus qu’à les semer Pour inventer un autre été Je devais bien me consoler Et j’ai emprunté le chemin Qui m’emmenait jusqu’à demain J’ai survécu au désamour Eloignement et non-retour juillet 2016