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Hors chants/Les aubes

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Les aubes s’amoncellent au revers de mes yeux. Chuchotement du vent qui frôle mes cheveux. Vibration d’un moment au cœur d’une naissance. Magie d’un renouveau. Le ciel a des couleurs qu’un dieu seul sait créer. Recueillement du temps dans le petit matin. Un ange passe. La nuit soupire encore un peu. Bruissements de la vie dans les ombres chinoises. Rien n’est encore acquis. Je suis face à l’énigme du monde. Eternelle question de ma présence ici. Je soulève un possible et touche à l’infini lorsque je tends la main. octobre 2016

Hors chants/Absence

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Je voudrais devenir une plaine habitée où les jardins seraient des havres de douceur. Des terrains protégés, propices à l’abandon. Des chantiers accordés aux multiples possibles. J’ouvre grand la fenêtre. La brume se dissipe et le ciel est sans fard. Ou est-ce ton regard que je vois apparaître ? Je recherche le monde qui contient tes pas. Ma cible difficile, silhouette indocile. Je me suis attardée sur ta trace émouvante. J’agrandis de mes mains le temps qui nous convient. L e peu qui nous contient. Le tout qui nous importe. Le beau qui nous emporte. Un décor à monter, un pont à traverser, une autre vérité. Un rêve à exprimer. Je repousse l’automne, il me semble imparfait. Je n’ai pas terminé, je n’ai pas tout saisi. Je n’ai pas tout donné. Ni vraiment tout compris. Tes mots comme un écho traversent le silence. Je fixe l’horizon qui s’ouvre devant moi. Un trou dans l’atmosphère. Un vide sidéral. Il manque une charnière. Un détail essentiel. Il manque une rivière, une traînée de ble...

Hors chants/Délivrance

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Je goûte un temps qui est le mien. Apprécier cette multitude comme une page familière. Le continent de mes pensées où quelquefois tu viens échouer. J’ouvre ma chambre à tes élans. Et mes paupières nous abritent. L’immensité de mes désirs se prête aux jeux que tu inventes. Je sais que les nuages nous seront bénéfiques et le vent portera nos ébats. Encore un peu plus loin, toujours un peu plus haut. Je ne suis pas pressée, la récolte sera celle dont j’ai rêvé. Et tu viendras, p romeneur dénudé sous l’invisible étoile qui t’aura modelé. J’en découdrai de toi car c’est ma volonté. Mon lit est un palais où je t’inviterai. Mon cœur est un vaisseau sur la vague rebelle de nos idéaux. Visages épurés, lavés de tout regret. Tu me prendras d’assaut, nos vies s’enchaîneront, je te donnerai chaud. J’entends déjà ton chant, inexprimable chant qui se déjoue des mots. Un chant des profondeurs. Une note sacrée, une voix qui parvient des friches de la vie. Rien que ce cri et cette outrance qui déchaîne...

Hors chants/Effeuillage

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J’aimerais tant qu’un jour tu puisses soulever le brun de mon écorce. Peu à peu dénudée, mon flanc frissonnera. Tu me distingueras parmi les herbes folles. Mon corps émergera. Mes bras comme des branches viendront à ta rencontre. Tu fouleras le temps pour venir jusqu’à moi. La clarté de tes yeux ciblera ma présence. Mais je n’attendrai pas. Je me déserterai pour approcher de toi. Tu seras l’essentiel. Je m’abandonnerai pour connaître tes doigts. Liberté de tes mains, au creu x d’une nervure, rugosité du bois. Epluche-moi encore jusqu’à cette douceur. Cette infinie douceur qui pénètre ma sève. Et ton sang se souvient des batailles perdues, l’avenir était froid. Ne crains rien je suis là. Ne doute surtout pas. La nuit comme un linceul efface sur ton front les actes antérieurs. Découvre les étoiles et vide ta conscience. Renforce de tes pas la terre où je suis née. Les racines s’entassent, ne t’embarrasse pas. Prend ce qui te revient et renouvelle-toi. Dissous le quotidien. Périssable be...

Hors chants/ A peine

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Sur la frise du temps, l’horizon s’est ouvert dans un moment à part. La ligne était si claire, ciel et eau confondus, arrosés de lumière. Une fin de journée. Bord de mer déserté. Matière et transparence. Aucun trouble, à peine un tremblement à la surface des choses. A peine une ridule. A peine une émotion, diluée par la vague. A peine une fêlure sur la roche exposée. A peine un froissement dans l’air environnant. A peine un vague à l’âme, un léger flottement. A peine une rature, à peine un pincement. Quelque part un soleil qui cherche le couchant. Léger bruissement d’ailes effleurant le silence. A peine une césure entre deux sentiments. A peine une présence. Sur la pointe des pieds, se mettre en mouvement, s’immiscer dans l’instant. Aller jusqu’à demain. Pénétrer l’existence. octobre 2016

Hors chants/Nuit bleue

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Le jour s’est effrité et le soir en profite pour creuser sa vallée. Le soleil a glissé, le temps s’est déformé, la vie a ralenti. Quand le ciel s’est fendu, la lune est apparue. Le moment s’y prêtait. Une note a jailli dans la chaleur du cuivre. La beauté vient à ma rencontre. Bourdons de voix filtrées par l’atmosphère. Et nos mains qui se cherchent. L’empreinte d’une touche nous rapproche un peu plus. Puis nos doigts qui se trouvent. Le contact se fait et la note embellit au fur et à mesure. Elle enfle et s’atténue, ne devient qu’un filet avant de rejaillir, sensuelle et infinie. Ricochet de la vie.  Que demander de plus, nous étions tous les deux dans le même torrent. Humains et accessibles. Nos pas nous emportaient dans une même danse et nos yeux scintillaient. Habitants d’un monde similaire, nos âmes s’épanchaient, nos corps se retrouvaient, nos larmes étaient de joie. Dans un pays heureux, nous laissions faire le vent. Il aimait à venir souffler sur nos épaules avant de s’...

Le silence des mots

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En attendant je suis allée Combler le temps sur un versant Sans aucune âme qui vivait Les mots m’avaient abandonnée Aucune oreille attentionnée Les tympans se désaccordaient Ma forêt s’était desséchée Aucun ami pour m’écouter Aucune branche où m’appuyer Pas de confiance à m’accorder Rien que le vent pour m’emporter Et je renais tout doucement A la faveur de ton regard Celui que tu poses sur moi Alors que je doute de tout Je vais plus loin et je me tais Mais si jamais tu m’appelais Je crois que je te répondrais Ici, ailleurs où n’importe où C’est ainsi, je me souviendrai De toi quand tu savais me lire Quand tu voulais bien me trouver Je ne suis plus qu’un interligne Vide de mots sur le papier Après tout le blanc est parfait Comme un silence élaboré Aucune erreur à prononcer L’essentiel est à inventer octobre 2016

Hors chants/Paroles

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Je n’ai pas maîtrisé le cours des éléments. Le temps avait changé, le vent s’était levé. Je me suis accrochée, tenace et décidée. J’ai attendu longtemps et j’ai fermé les yeux quand le ciel a grondé. L’orage s’amplifiait et les feuilles volaient. Les mots s’entretuaient et se désintégraient. C’était un peu comme s’ils n’avaient pas existé. Quand tout fut balayé, je me suis retrouvée aphone et désarmée. Je n’ai su enchaîner, tout semblait si futile. Des paroles sans fond, une  prose inutile. Je n’étais plus qu’un point. Rouge de l’interdit. Mais j’étais sur ma faim. C’était comme une absence. Comme une conclusion venue un peu trop vite. L’arrêt en plein élan. Le coup était porté. Impossible d’aller voguer un peu plus loin. La force du destin qui me plaque et retient le flot de mes pensées. Ce fut un beau voyage, j’ai gardé ton image. En secret dans un coin. Et voilà cette histoire qui n’en était pas une, devant s’arrêter là. Tout le monde descend. Mais ça ne me va pas. La fin...

Le pourquoi de ma chair

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Mes jours ont rétréci Sans que j’y puisse rien Qui suis-je ce matin ? Parmi les ombres fortes Qui gagnent du terrain Je doute de moi-même Je ne sais plus très bien J’ai perdu dans la nuit Un peu de ma personne Un rêve inabouti Un souvenir en moins L’automne est à ma porte Il fait froid au jardin Le mauve de l’aster Apparaît dans un coin Bientôt les chrysanthèmes Et je les vois déjà Envahir les rayons Avant de terminer Sur la pierre tombale Dans un dernier frisson Offrande végétale Sacrifice inutile Il aurait mieux valu Laisser pousser l’ivraie La lavande est en grains J’ai rentré mes regrets Et cueilli un bouquet Fait de pluie, de soleil J'irai te l'apporter Egrener dans le vent Ce que je n’ai pas su T’offrir en temps voulu Le plus élémentaire Et le plus encombrant D’une fille à un père Mes meilleurs sentiments Face à la grande mer Je te parle souvent Le doux de mon regard Affleurera la côte Où tu as disparu octobre 2016

Nuages

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Il y a ce que je pense Et puis ce que je dis Parfois une distance Où vit le compromis Lorsque je fais silence C’est pour ne pas trahir Le fond de ma pensée Je préfère éluder Et me mettre à rêver Regarder les nuages Qui traînent si légers Aussi blancs qu’une page Où rien n’a commencé octobre 2016

Vestiges

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Mes jours ont rétréci Sans que j’y puisse rien Qui suis-je ce matin ? Parmi les ombres fortes Qui gagnent du terrain Je doute de moi-même Je ne sais plus très bien J’ai perdu dans la nuit Un peu de ma personne Un rêve inabouti Un souvenir en moins L’automne est à ma porte Il fait froid au jardin Le mauve de l’aster Apparaît dans un coin Bientôt les chrysanthèmes Et je les vois déjà Envahir les rayons Avant de terminer Sur la pierre tombale Dans un dernier frisson Offrande végétale Sacrifice inutile Il aurait mieux valu Laisser pousser l’ivraie La lavande est en grains J’ai rentré mes regrets Et cueilli un bouquet Fait de pluie, de soleil J’irai te les donner Egrener dans le vent Ce que je n’ai pas su T’offrir en temps voulu Le plus élémentaire Et le plus encombrant D’une fille à un père Mes meilleurs sentiments Face à la grande mer Je te parle souvent Le doux de mon regard Affleurera la côte Où t...

Hors chants/la chaleur de la braise

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Dans le secret des nuits qui nous appartiendront, nous donnerons du sens à chacun de nos actes et franchirons l’écart de l’incompréhension. Nous boirons tous les deux à la coupe du temps et nos désirs prendront une saveur commune. Ton regard en miroir, je saurai me trouver malgré l’obscurité. Rien ne sera chimère, tu seras vérité. Ma vérité première, occupant ma mémoire d’une unique façon. Je sourirai au monde et tu me souriras. Nous nous reconnaîtrons et tutoierons la vie sans peur du lendemain. Je serai la demeure où tu mettras la clé. Je crois que tu connais déjà mon intérieur. Pas besoin d’allumer. Mes mains te guideront jusqu’au temple sacré où la flamme patiente avant de s’emporter. Nos braises réciproques persisteront longtemps. Bien après l’incendie. Dans le secret des nuits, nous ferons de l’aurore une fête païenne où je provoquerai le temps qui nous est dû. Mon regard dans le tien, nous recommencerons dans le petit matin. octobre 2016