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Fenêtre sur

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Je t’ouvre le chemin pour venir jusqu’à moi. J’écarte le roncier de mes incertitudes et balaie le terrain pour qu’il soit accueillant. Un peu moins encombré, un peu plus éloquent, un peu moins délabré, un peu plus différent. La vague de mon âme atteint une brisure. J’assouplis le moment, efface le rocher, retire doucement l’épine de rosier qui hante ta blessure, atténue l’éraflure et lisse le prés ent, réduis la démesure qui nous éloigne tant, révèle peu à peu le bout d’un sentiment. Tout juste ce qu’il faut pour évoquer en toi un désir imminent. Une envie de m’aimer rien qu’en me regardant. J’aplanis l’étendue de nos disparités. Une flamme vacille au gré d’une émotion. Au fond de ma pupille, une fenêtre s’ouvre. La lumière jaillit dans le soleil levant. Plein été sur la vie. Je t’offre l’horizon à portée de la main. Viens. janvier 2017

Je suis

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Quand j’entrouvre les doigts, la lumière apparaît. Vois-tu, j’ai la vie dure. Mais je m’égare un peu quand le noir est complet. Je ne m’appartiens plus. C’est comme si j’étais l’illusion d’une absence, une improbable prose sur le mur du silence. Je crie un peu plus fort et l’onde se réveille. Volubile et charnelle. Vagabonde et rebelle. Des mots de tous les jours et dérives verbales par temps exce ptionnel. Ils forment une écume, bouillonnante et sincère. Je ne sais pas mentir, tricher sur l’existence. Quelque part au-devant une idée de l’amour, un refrain permanent. Une note qui enfle et soulève le vent.  C’est vrai, j’ai la vie dure et j’accorde le temps. J’apprivoise parfois un ou deux éléments. Si tu sais regarder au-delà des contours, peut-être verras-tu ce qui est important. L’évidente raison de ma présence ici. Je suis ce petit rien agrémentant tes jours. janvier 2017

Puzzle

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J’assemble et désassemble. Je coupe et synthétise, mets à part une idée. Une phrase tronquée, une banalité pour en faire un peut-être, un futur arrangé. Invente des rencontres qui n’ont pas existé dans la réalité et des déclarations qui n’auront jamais lieu. Faute de combattants et d’élans amoureux. Je m’approprie les mots qui peuvent signifier une suite acceptable. J’officie sans complexe à la p lace des dieux. Je m’invite à la table. Je découpe des livres échappés du pilon, change les destinées, libère les rayons d’une mort ordinaire, provoque le frisson dans mon imaginaire. Ma vie sur l’étagère. Et je dévore tout ce qu’on a pu me taire. Je deviens papivore sous l’ampoule de verre. Mes rêves agrandis, je tranche et considère pour sauver le héros d’un destin tout tracé, fais revivre les morts dans d’autres circonstances. Un mouvement de main, le mot change de sens. Qu’importe les faux-pas, les erreurs littéraires, tout ceci n’est qu’un jeu sans grande conséquence. Si c’était...

Transition

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A l’orée de l’hiver, un chemin embrumé, une piste à trouver et un cap à franchir. Des mots à inventer, des paroles à dire. Et puis quelques regrets. Des inexactitudes. Du papier à froisser pour tenter d’oublier ce qui ne sera plus. Des lettres à brûler, des amours consumés, des cendres à jeter.  Une feuille s’accroche et disserte à loisir sur le cours de l’été. Un détail arrogant resurgit du passé. Le givre cristallise une ou deux obsessions. Une goutte répand ma dernière émotion. Je résiste à tout vent. J’essaie de tempérer mes passions éphémères. Une larme a figé sur l’écorce glacée. J’écoute le silence, enracine mes vers au cœur d’une présence. La tienne. janvier 2017

Une suite à donner

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Quelque chose me dit Que tout n’est pas perdu Je garde au fond de moi Un désir invaincu Une folle espérance Une envie d’aller vers Un autre jour commence Et ma peau sous tes doigts Prend de la consistance Je perçois l’étendue Des possibilités J’ouvre grand les paupières Laisse entrer la lumière Pour que vive mon rêve Enfin réalisé janvier 2017

Janvier

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J’appuie sur quelques touches Sans écrire la fin En retenant mon souffle Une émotion survient Je déplie le passé Entassé dans un coin Des mots rien que des mots Et puis des boursouflures Des bleus de tous les jours Résistant à l’usure Je te regarde encore Quand tu te réfugies Dans le pli de mes yeux Je lèche mes blessures Et saupoudre de soie Les angles trop pointus Adoucis les contours J’occulte mes remords Embellit le passé Jusqu’à le transcender L’hiver est à mes pieds Rien ne sert de pleurer Le blanc lave de tout Et le froid purifie Le fond de ma pensée Quelque part au-devant Des rêves à saisir Une route à tracer Et des ponts à franchir A l’aube d’une année Où tout peut arriver Un chapitre à écrire Une page à tourner janvier 2017

L'addition

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Le poids du temps sur mes épaules, je fais la somme de mes jours. Je garde tout, ne jette rien. Même les écarts de langage et les erreurs sur mon parcours. Ils font de moi ce que je suis. Même le peu qui te contient.  J’écris à l’encre indélébile et enrichis le quotidien de mon vécu accumulé pas à pas sur le grand chemin. Droit devant moi un avenir, je ne crains pas les dérapages, je ne crains pas les mauvais choix, ils aident parfois à grandir. J’avance sans me retourner, j’ai tout en moi, c’est inutile. J’avance et ne retranche rien. Je garde tout et me souviens. Je pense à toi et additionne pour ne pas t’oublier demain. décembre 2016

Message

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Je te parle en silence sur les mots que j’écris. Je formule la vie en mon for intérieur et je mets des accents sur tous les éléments qui me sont importants. Le vent, la pluie, le soleil de minuit et ton corps endormi. Le velours de ta peau et la fibre du temps, là … si douce sous mes doigts. Je m’attarde un moment, une idée se répand.  Puis ta peau s’insinue entre les particules. En saisir la tene ur. Pénétrer le mystère et la complexité. La portée du présent dans toute sa beauté. Je te parle en confiance et ne me dis jamais : si j’avais deviné, je t’aurais évité. J’aime le résultat né de nos différences. Le pire et le meilleur.  Mais surtout le meilleur. Et tant pis pour le pire, si je sais t’exprimer malgré les aléas ce qui me tient à cœur. décembre 2016

Nocturne

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Nos corps ensommeillés Révèlent des secrets Encore inavoués Dans la chambre assombrie Respirons le parfum  De notre intimité Nos nuits sont symétriques Et nos rêves poreux Partageons nos regards Tournés vers l’intérieur Ceux qui font voyager En d’autres territoires Accordons nos pensées Conjuguons le présent Même au creux de la nuit Avançons dans l’histoire Nos souffles réunis Rythment le cours du temps décembre 2016

N'oublie pas

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Et quand le jour suivant te portera plus loin, n’oublie pas d’avancer. Là-bas sous les nuages, le bleu s’est révélé. N’oublie pas de sourire à la vie qui nourrit ta richesse intérieure et fait grandir en toi une idée du bonheur. N’oublie pas d’emporter ce qui te définit comme être à part entière. Force et fragilité. C’est important, tu sais.  N’oublie pas d’apprécier la beauté de la vie à chacun d e tes pas. N’oublie pas ceux qui t’aiment et sont proches de toi. N’oublie pas cette voix qui sait te rassurer quand tu as peur du noir et n’oublie pas ces bras qui savent te serrer pour que tu n’aies plus froid. N’oublie pas que demain se jouera à plusieurs. N’oublie rien ni personne. Le monde autour de toi te donne une valeur. N’oublie pas de tenir la main qui t’accompagne et qui te rend moins seul. N'oublie pas tout cela. décembre 2016

Fuis le vent

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Fuis le vent qui s’attarde et vient te dérober le contenu des larmes que tu as versées. Le vent assèche tout et fera de ton cœur un organe inutile si tu ne sais nourrir le meilleur de toi-même. Chaque jour, chaque nuit des drames qui se jouent dans des regards brouillés à force d’espérer l’improbable retour.  L’amour s’en est allé. Le vent dérobe tout. Les mois et les années et les parties de toi   que tu as délaissées. Les amis qu’on oublie, la femme d’une vie qui s’est évaporée.  Et l’homme abandonné au plus noir d’une nuit qui ne finit jamais. Le vent emporte tout si tu ne prends pas soin de tes plus beaux alliés. Sinon que serais-tu ? Une âme abandonnée au milieu des vestiges de ton propre passé.   Allez, souris un peu, la pluie s’est arrêtée, les démons sont partis. Nous avons tous les deux du temps à partager. Offre-moi un café. Je te raconterai. décembre 2016

Ne nous éloignons pas

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Ne nous éloignons pas de ce qui nous est cher. Ne perdons pas de vue ce qui est important. Demain on n’en sait rien. On ne sait pas du tout ce qui peut arriver. Quelque part au lointain, la terre a soulevé son échine meurtrie. Quelque part est si près et pas très loin d’ici.  Sur le seuil de ta porte, tu pourrais rencontrer le pire et la colère. La haine et la violence, la blessure éternelle dont  on ne guérit pas.  Ne nous éloignons pas des mots qu’on n’a pas dits. Ceux qu’on a réprimés pour ne pas s’exposer. Il faut les expulser. Demain est un enfer, nos rêves sentiront une odeur de brûlé. Accordons-nous l’espoir de faire et d’exprimer, de toucher une peau si douce à regarder et d’embrasser l’enfant avant les premiers rêves, de confier à l’ami une ou deux vérités et de prendre ce temps qui nous aura manqué. Accordons-nous le beau quand la laideur atteint des sommets inouïs. Retrouvons la blancheur. Dénichons la candeur qui nous fait tant défaut.  Ne nous él...