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Le velours de ta main A séduit le papier Feuillette encore un peu Ce temps alambiqué Où des filles en fleurs Parcourent les allées D’un jardin disparu Trouve la perspective Dans la juste lumière Aiguise de tes doigts L’angle qui te convient Amasse une heure ou deux Caresse chaque tranche A l’ombre d’une idée Un souvenir commun Décrypte le silence Et si rien ne va plus Referme le passage Où le ciel a grondé Trouve une autre étagère Change ta destinée Empoigne une inconnue Au milieu d’un roman Encore inachevé Un autre livre à lire Une autre délivrance Une robe à ôter Une suite à écrire Un corps à déchiffrer mars 2017

Jour de deuil

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Il faut un jour ou l’autre savoir porter le deuil Assumer les départs, n’attendre aucun retour Le ciel adoucira au rythme des saisons Les vestiges troublants d’un sentiment mort-né Aucune histoire à divulguer Pas de tombe pour s’épancher Aucune lettre à déchirer A peine un temps pour soupirer Au bord du vide je retiens La transparence d’un moment Aux fragiles contours à peine élaborés Je glisse avec le temps sur un autre versant Volatile présence au parfum suranné Pas d’appui, aucun lien Esquisse de l’absence Il n’y a plus que moi sur le tain du miroir Ta voix n’est qu’un écho qui ne me revient pas Je flotte un peu de temps en temps Sans pouvoir refermer la porte du cercueil J’attends sans trop y croire Une idée de l’amour qui viendrait s’immiscer Au cœur de l’abandon J’attends la délivrance au gré d’un courant d’air Et puis toi sur le seuil Je marche à pas perdus sur le fil du rasoir Demain, au bout de nulle part J’irai porter des fleurs Dis quand reviendras-tu Alimenter ma chair ? ...

Perspective

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Un jour je t’écrirai Ce que je n’ai pas su tout à fait formuler Les mots viennent et s’en vont Les mots changent de peau Les mots sont infidèles L’arbre gorgé de sève peut encore s’élancer Saluer le soleil Raconter son histoire aux beaux jours impatients Vertige viscéral De la terre à tes yeux se forme le chemin De l’incommensurable Je gratte un peu le ciel J’essaie de te trouver Le vide est infernal Un jour je sauverai Ce que je n’ai pas su poser sur le papier mars 2017

Regard

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Viens donc un peu plus près Etudier l’envergure des possibilités Affine ton regard Tu pourras déceler une autre dimension Un monde prolifère où tout peut s’inventer A la faveur du jour Accorde à chaque chose Une attention à part Même à ce petit rien Qui ricoche et s’enfuit A peine révélé Retiens La vision d’un matin Multiple et généreux Prometteur et serein La beauté du hasard La finesse d’un grain Dans l’ombre et la lumière L’inanimé prend vie L’invisible grandit L’impossible survient mars 2017

Jour de fête

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Dévoilant sa douceur aux charmes du moment Le ciel se réalise en un rêve accompli Transcende l’éphémère d’un rose fugitif Nuages vaporeux et parfums volatiles  Je défais mes cheveux pour m’offrir au printemps Le cerisier en fleurs m’envoie des confettis Il souffle un air de fête et le soleil jubile Je mets un chapeau bleu et ma robe de vent Je m’en vais au mariage du jour avec la vie mars 2017

Invitation

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J’annule ce matin Efface sans regret L’horizon tout tracé Et guide le hasard  En lui montrant du doigt Le bon chemin à prendre L’intime direction Pour aller tout là-bas Cueillir une espérance Le printemps aidera Je voudrais t’accorder La jouvence d’une aube A peine soupçonnée Je voudrais t’inviter Aux portes d’un secret Unique et féminin Te laisser emprunter Une royale voie mars 2017

Echo ...

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Repousse de tes bras Le ciel enrubanné d’un long voile de cendres Relâche et donne au vent Une odieuse pensée, un qui ne sera plus Livide et pernicieux Pourvu que le soleil Te chauffe encore un peu Va Décèle au creux du jour Ce qui est important Laisse-toi modeler Par les grands éléments Prends la vie comme elle vient Attrape dans tes mains le souffle du présent Laisse-le t’envahir S’immiscer malgré toi Acclimate le temps Ouvre grand tes paupières Le bleu est imminent Alimente ta chair D’un frisson permanent Préfère L’acide au sirupeux La morsure à l’amer Mars 2017 Merci à Jean-Claude Goiri pour la naissance de ce livre unique                                                                                                    ...

L'agrume aux mille peaux

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le contraire du temps l’agrume aux mille peaux qu’on pèle sans compter, les yeux assaillis par l’excès de saveur déjà depuis bien avant les dents derrière les yeux salive ce qui sommeille sous l’écorce déjà, le contraire du temps depuis bien avant la langue jusqu’à la morsure mars 2017 texte:  Jean-Claude Goiri visuel: Eve Eden Pour un projet de livre unique ...

Beau temps

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Dans chaque bruissement, le monde lui parlait Dans chaque hésitation, une ébauche de paix Loin de toute souillure Quelques joncs s’élançaient comme autant de pinceaux Sur la toile d’un jour Et brodaient son chemin d’un feutre délicat Le printemps serait doux Dans le moindre murmure, elle écoutait vibrer Ce qui ne s’entend pas La tiédeur du galet apaisait ses chagrins Les remous de la vie ne pouvaient plus l’atteindre Le fleuve l’appelait, défaisait ses méandres Pour mieux l’apprivoiser La rive était tranquille, le vent était serein Un oiseau rassurant traça au-dessus d’elle Une courbe éphémère Un signe de beau temps mars 2017

Epitaphe

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Je ne sais où le vent emportera mes pas Je ne sais quand les mots essouffleront ma voix Je ne sais si le ciel se souviendra du temps Où je le contemplais Naïve et sans regrets Quand je savais encore écarter les nuages Pour mieux m’approprier le bleu d’un idéal Qu’importe le silence à mille pieds sous terre Qu’importe l’apparence sous le saule alangui Qu’importe cet élan qui m’en a tant coûté Ma peau est un naufrage Qu’importe l’enjambée Pourvu qu’au bout de moi, je découvre mon île Une pierre inventée Une stèle érigée Sanguine était la vie Je ne suis qu’éphémère Pourvu que les oiseaux se mettent à chanter Ma peau en parchemin au gré de tes dix doigts Pourvu que mes baisers aient pu fertiliser Un petit peu de rien Dont un ver égaré viendrait se délecter Qu’importe ton écorce Je ne suis que chimère mars 2017

Quelque chose de l'enfance

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Et si je revenais grappiller vers chez toi Les beautés de la vie ? Saurions-nous dénicher Cette même innocence ? Celle qui nous emporte au gré de nos désirs Dans les jardins sauvages où personne ne va Je voudrais retrouver la candeur d’un matin Habiter ton sourire Je voudrais contempler un autre paysage Fouler ce territoire Où rien n’est interdit mars 2017                                                 visuel: Chris Voisard/Eve Eden

Laisse prendre l'azur

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Trop de soleil d’un coup Nuirait à la nature Le printemps est si frêle Rêve à peine ébauché Il craquèle et s’ébruite  Comme un vague désir Laisse prendre l’azur Un petit peu de vent Et tout peut s’embraser Une simple brûlure Est si vite arrivée Je balaie l’impossible Mon seuil est encombré Une image se brise Mon miroir est tombé Un rêve se déchire Alice s’est perdue Au pays des vermeils A vouloir attiser Le rouge incandescent D’un élan révolu Je cherche une blondeur Que je n’ai jamais eue Ma porte est condamnée Laisse prendre l’azur A travers les volets mars 2017